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30/08/2012

Les faibles marges des entreprises françaises sont-elles dues au côut du travail ?

Le 20 juin 2012, l'Insee a publié une étude intitulée "éclairage sur l'évolution de l'économie française depuis la récession de 2009" qui dresse le constat de dégradation du taux de marge des entreprises (Excédent Brut d'Exploitation, après impôt et coût du travail, rapporté à la Valeur Ajoutée) qui n'a jamais été aussi faible depuis 25 ans : 28.6% comparé à 34,4% pour l'Allemagne et 38,3% sur la zone Euro, soit une dégradation de-1,5 points entre 2010 et 2011, -2,2% pour l'EBE. Quelles sont les causes de cette dégradation ?

 

Source : Insee, comptes nationaux - base 2005.

Evolution du taux de marge, du taux d'autofinancement et du taux d'endettement des sociétés non financières françaises entre 1980 et 2011

Toujours la même antienne : des patrons d'entreprises, des économistes, des politiques (d'opposition et aussi parfois du PS), suivis aveuglément par la presse, les medias, les politiques d'opposition prétendent avec évidence que c'est "le coût du travail  qui a dégradé la compétitivité de nos entreprises" (parfois aussi les 35 heures ...), analyse contestée cependant par les partenaires sociaux (CGT, CFDT,...). D'ailleurs Pierre Moscovici se fait applaudir aujourd'hui à l'université d'été du MEDEF en proclamant que "la compétitivité n'est pas un gros mot " et que "le coût du travail n'est pas une question taboue", ce en quoi il n'a pas tort, parlons-en justement !

Pourtant :

  • Le coût du travail (salaires bruts et charges patronales), à tout le moins dans l'industrie, est du même ordre et même un peu moins élevé qu'en Allemagne en particulier dans l'industrie(voir mon article avec références Insee). La croissance des salaires réels est en phase avec celle de la productivité, d'après l'Insee, donc cette explication ne tient pas.
  • Notre productivité horaire (PIB rapportée aux heures travaillées), est toujours parmi les plus élevées au monde avec le Danemark, l'Irlande, les Pays-Bas, devant l'Allemagne et la Suède (chiffres Eurostat). Elle s'est améliorée de 1,2% en 2010 et de 1,4% en 2011 (chiffres Insee). Ceci malgré les 35 heures ! Les 35 heures expliquent que l'indice PIB/habitant n'est pas un des meilleurs en France, cet indice étant souvent utilisé par ceux qui veulent mettre en exergue notre retard de compétitivité et supprimer les 35 heures, alors que l'indice réel de productivité doit être celui du PIB par heure travaillée.
  • En revanche ntre 2010 et 2011, les prix de l’énergie ont de nouveau fortement augmenté : +12,3 % (+10,0 % entre 2009 et 2010). Cette augmentation traduit celle des prix des produits pétroliers (+15,8 %), dans le sillage des cours du pétrole brut : +23,1 % pour les fiouls domestiques et +14,3 % pour les carburants. Dans le même temps, les tarifs de l’électricité se sont accrus de 6,5 % et ceux du gaz de ville de 8,5 %(chiffres Insee). D'ailleurs l'Insee relève page 2 de l'étude que la hausse des prix énergétiques pèse en effet sur les marges des entreprises.

Lorsqu'on regarde la fiche statistique de l'Insee sur l'évolution du Taux de marge et taux d'investissement des sociétés non financières de 2000 à 2011, un commentaire mentionne : "En 2011, les impôts sur la production accélèrent, en particulier du fait de la hausse du forfait social. Inversement, les subventions sur la production reculent, en raison notamment de la non-reconduction des aides à l'emploi mises en oeuvre dans le cadre du plan de relance. Au total, l'excédent brut d'exploitation se contracte (- 2,2 %), après avoir augmenté de 6,0 % en 2010. Le taux de marge perd ainsi 1,5 point entre 2010 et 2011, pour s'établir à 28,6 %, niveau le plus bas depuis 1986."

On peut donc se demander si la hausse du forfait social (passé de 2% en 2009 à 4% en 2010 puis à 6% en 2011) a pesé sur le coût du travail, mais si c'est le cas, l'Insee a par ailleurs précisé que la hausse du coût du travail avait été compensée par la productivité, et ce coût n'est toujours pas plus élevé que celui de l'Allemagne, même si ce dernier a stagné ces dernières années pendant que celui de la France augmentait.
Pourtant, des articles comme celui du Figaro  font référence à l'étude de l'Insee mentionnent la hausse du taux moyen des cotisations sociales : "Dans l'industrie, la baisse des profits dans l'industrie et plus récemment la hausse des prix de l'énergie ainsi que l'augmentation des coûts salariaux, à la fois à cause du poids des cotisations sociales à la charge des employeurs et de la hausse du salaire réel par tête. En particulier, le mode de calcul moins favorable des allégements de charge sur les bas salaires, instauré l'an dernier, se ressent. Les résultats sous pression annoncés par les grandes entreprises françaises qui doivent faire face à la concurrence - comme DanonePSAAir France ou encore ArcelorMittal - témoignent de cette érosion de la rentabilité."

Certes, il faut que nos entreprises retrouvent de meilleures marges et puissent investir, mais comment ? Si le coût du travail est le même qu'en Allemagne et même moins élevé dans l'industrie, ce doit être ailleurs qu'on peut trouver des marges de progrès ...

L'Insee souligne aussi qu'en raison de la chute de leur taux d'épargne (-11,5%) et de la remontée de leurs investissements (+7,7%), le taux d'autofinancement des entreprises est en chute libre, affichant un plongeon de 14,6%, (passant à 67,2%). En cas de resserrement du crédit bancaire, comme certains le craignent, il sera donc difficile de maintenir de hauts niveaux d'investissements, et espérer ainsi renouer avec de plus fortes marges.

La première exigence pour trouver les voies de l'amélioration est celle de la vérité des chiffres. Ceux qui manipulent les chiffres et l'opinion publique pour à toute force diminuer le coût du travail, geler les salaires ou diminuer la protection sociale doivent être mis devant l'évidence de la vérité des chiffres.

Liens sur articles :

http://www.ndf.fr/nos-breves/30-08-2012/video-le-taux-de-...
http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/alerte-rouge-sur...
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/06/20/20002-20120...
http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2012/06/20/la-...

14/08/2012

Pour de nouvelles formes de politique collaborative

Ce n’est pas en clivant les citoyens et en favorisant sans cesse le conflit politique que l’on fait avancer la société. L’heure est à la mobilisation de tous pour sortir des crises et travailler ensemble sur un projet de société commun. Sans nier leurs différences, les partis politiques devraient être plus constructifs et accepter de nouvelles pratiques collaboratives pour le bien de tous.


Les partis politiques sont censés représenter des courants d’idées qui s’appuient sur des valeurs. Ils visent des objectifs à atteindre selon certaines priorités et favorisent des moyens d’action pour atteindre ces objectifs.  Par ailleurs, l’exercice du pouvoir en démocratie est confié à des représentants élus par les citoyens. Ainsi, le parti majoritaire dispose de voix prépondérantes lui donnant le pouvoir principal de décision, mais les autres partis devraient au moins prendre leur part dans les propositions, dans la préparation des lois, jouer aussi un rôle équilibrant. Or que constate-t-on, à tout le moins en France ?

  • Les partis politiques ne sont pas clairs dans leurs intentions. Ces dernières demeurent souvent confuses, non dites, pas toujours partagées. Il peut même y avoir des contradictions d’intention au sein d’un parti (pudiquement appelées des courants) ;
     
  • Les partis font semblant de croire que leurs finalités sont claires, en affichant des objectifs concrets mais sans exprimer l’intention qui les motivent. Par exemple « réduire la dette », mais sans en expliquer le pourquoi (Pour ne pas pénaliser les générations futures ? Prétexte pour réduire les charges sociales et la dépense publique ? ). Un autre exemple : une réforme fiscale proposant des taux d’imposition jusqu’à 100% au dessus d’un revenu de 360 000 euros (proposition du Front de Gauche), est affichée comme une finalité de « partage juste de la richesse ». Mais à un tel niveau confiscatoire, la motivation à entreprendre et à gagner au-delà du seuil tombe ou alors tous les riches atteignant ce seuil s’en vont, donc au final il n’y a plus de répartition de richesse et l’intention non dite se révèle plutôt être de « faire payer les riches, de les punir » ;
     
  • Les partis se mettent en concurrence pour gagner des électorats (comme si c’étaient des marchés). Ils se livrent alors à une sorte de guerre, de lutte pour le pouvoir, et tous les moyens sont bons pour arriver à leur fin : manipulations, insultes, dégradation de l’image du concurrent. Une fois le parti gagnant au pouvoir, les partis d’opposition critiquent et dénigrent systématiquement toutes les actions du gouvernement. En cas d’alternance, le parti nouvellement élu détricote les lois mises en place par le gouvernement précédent. Il est assez rare que l’opposition collabore aux projets de lois souhaités par le gouvernement. En tout cas les partis veulent s’afficher ainsi dans ce conflit permanent, même si en réalité la pratique des commissions de l’Assemblée ou du Sénat met autour de la table des parlementaires appartenant à des partis différents : en commission, ils travaillent ensemble mais dès qu’ils se savent filmés, par exemple lors de la séance de questions au gouvernement, ils reprennent leur combat de coqs. Lorsqu’une personnalité politique étiquetée d’un parti opposé au pouvoir fait un pas dans le sens d’une volonté constructive de coopération avec le pouvoir, elle est presque toujours traitée de traître, de « collabo ». Ainsi est-il difficile et assez mal vu de monter un gouvernement d’ouverture. Que n’a-t-on dit aussi de Jacques Attali, ex-conseiller socialiste de François Mitterrand, acceptant de présider une commission de travail sur la croissance commandée par le gouvernement Sarkozy ? Pourtant des initiatives collaboratives ont été mises en place, comme la commission sur le Grand Emprunt, co-présidée par une personnalité de droite Alain Juppé et une personnalité de gauche Michel Rocard. Et quelle polémique s’est déclenchée tout récemment lorsque Robert Rochefort, député européen du MoDem, a déclaré lors d’une interview qu’il était prêt à travailler avec la nouvelle majorité gouvernementale sur les sujets économiques (il n’avait parlé ni de ministère, même si le titre de l’article le laissait entendre, ni de ralliement, il pouvait s’agir d’autres formes de collaboration). Preuve de la sensibilité du sujet, plusieurs parlementaires du MoDem se sont sentis obligés de préciser que l’heure n’était pas au « ralliement », pour éviter toute interprétation erronée. De même que Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée, a réagi en conditionnant une telle éventualité de collaboration à une approbation de l’ensemble de la politique définie par le président et le gouvernement, une sorte de soumission inconditionnelle.  Aucune nuance, réactions caricaturales. Ce à quoi Robert Rochefort a répondu « Le sujet n'est pas de devenir ministre, mais d'inventer des formes nouvelles pour permettre une plus large coopération politique », citant l’exemple de Martin Hirsch qui avait été nommé Haut Commissaire et non ministre.
     
  • Il existe un socle de valeurs commun aux partis, qui fonde notre pacte social : les valeurs de la république exprimées par le triptyque liberté-égalité-fraternité. Presque tous les partis s’entendent a priori sur ces valeurs de la république, de même que celles de la démocratie. Mais quelle définition attribuent-ils à ces valeurs ? Et mettent-ils ces valeurs dans leurs actes ? Par exemple le libre-échange prôné par un parti de droite peut être qualifiéde néolibéralisme par la gauche ; de même que l’égalité et la solidarité, prônées par un parti de gauche, peuvent être qualifiées d’égalitarisme et d’assistanat par la droite. La gauche prône plus de justice, mais la droite trouve que ce n’est pas juste de récompenser les paresseux ! L’UMP, avec la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, est allée jusqu’à proposer de nouvelles valeurs pour le modèle français : le travail, le mérite, la responsabilité. Comme si  travail,  responsabilité et  mérite  étaient opposés à justice, solidarité et  fraternité… Or il n’est pas possible de ne pas vouloir les deux en même temps, l’équilibre des deux !
     
  • Nous sommes  malheureusement dans une démocratie d’opinion. Comme le dit Roger Nifle : « L’opinion publique est simplement la marque d’une émotion publique trafiquée par les caisses de résonances que sont les médias. Convergent là les intentions malveillantes de manipulateurs, l’écho toujours plus aisé dans les zones de faiblesses humaines, [...] Démagogie et démocratie dans la plus terrible confusion. [...] La caricature grimaçante du politique. » Les médias valorisent la mise en scène des conflits, les petites phrases assassines. Faire mousser pour vendre et plus il y a de mousse, plus les journalistes sont contents. Ils pensent que le peuple aime ça. Il le pousse même à aimer ça.  Ainsi, une personnalité politique comme François Bayrou qui cherche l’équilibre, la nuance, la complémentarité, qui veut travailler à la fois avec la droite et avec la gauche pour se concentrer sur quelques sujets graves et prioritaires pour le pays en crise (emploi, finances publiques, moralisation, échec scolaire), n’est pas vendeur pour les médias, il ne joue plus la règle du jeu implicite. 

Pourtant, il existe des pays où la culture collaborative, l’esprit de coopération, une démocratie moins conflictuelle, permet une mobilisation plus constructive des élus issus de partis différents et facilite un travail en commun. C’est le cas des pays nordiques : Michel Hastings remarque que « les pays scandinaves partagent une culture politique de la négociation qui leur a permis de mettre en place un répertoire très diversifié de modalités de consultation et d’association entre le gouvernement et l’opposition parlementaire. Mais au-delà de ces diversités, on constate aujourd’hui un recul des recherches de majorités ad hoc au profit d’un soutien conçu dans la durée par des partis érigés en partenaires. Ces arrangements s’institutionnalisent progressivement, engageant désormais les loyautés et les confiances dans des programmes de plus en plus intégrés. Il est probable qu’à terme ces reconfigurations coalitionnelles s’accompagnent d’une hiérarchisation des partis d’opposition en fonction de leur potentiel d’association. »

Remarquons d’ailleurs, comme le constatent Yann Algan et Pierre Cahuc dans leur étude sur «La société de défiance »  que les pays qui favorisent cette culture de coopération ou de collaboration, tels les pays nordiques, sont plus propices au climat de confiance entre les citoyens. Ou bien le climat de confiance est-il un conditionnement préalable à un fonctionnement collaboratif ? L’étude montre que « le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération, ce qui conduit l’État à tout réglementer et à vider de son contenu le dialogue social ».

Citons aussi le Parlement européen, où les députés de partis différents arrivent mieux à travailler ensemble dans des commissions, sur des projets. Ce n’est donc pas impossible.

 

Comment redonner un sens positif à la « collaboration » ?

Ce mot « collaboration » est porteur d’un sens négatif en France, rémanence du gouvernement de Vichy, teinté de « traîtrise », de soumission au plus fort, ou parfois de mépris (lorsque Nicolas Sarkozy avait qualifié son premier ministre de simple « collaborateur »). Aussi lui préfère-t-on souvent le terme de « coopération ». Or la collaboration, qui est labeur et œuvre ensemble (co), dans un projet partagé, va plus loin que la coopération qui se limite à opérer, à faire ensemble, pour des objectifs ponctuels communs. Les notions de finalité et de sens partagé sont donc primordiales dans le concept de collaboration. Ce terme mériterait de retrouver ses lettres de noblesse.

 Collaboration à six mains
Collaboration à six mains

Il faudrait commencer par arrêter de faire semblant, de faire croire que des personnes de partis différents ne peuvent pas travailler ensemble. Certains médias devraient peut-être prendre le contre-pied du mauvais état d’esprit consistant à valoriser le conflit, en mettant en valeur les initiatives constructives, de personnes ou d’organisations, en mode collaboratif. Il en est souvent question mais cela reste des actions isolées. Il faut changer l’état d’esprit, libérer les politiques de cette quasi obligation actuelle de se critiquer mutuellement, même quand ils peuvent être d’accord sur un point ! Changeons les critères d’évaluation des politiques : les meilleurs seraient ceux qui parviennent à faire travailler les gens ensemble pour faire aboutir les projets, les objectifs communs dans l’intérêt de la France (dette, emploi, éducation, moralisation …). On pourrait suggérer un site Internet où pourraient être évalués les comportements politiques, les attitudes plus ou moins constructives, la capacité à rassembler, un peu sur le modèle du site « désintox » pour faire la chasse aux mensonges lors de la campagne présidentielle. 

Enfin pensons à de nouvelles formes de gouvernance, introduisant des plates-formes collaboratives, utilisant mieux des commissions de travail gouvernementales. Non pas des comités « Théodule » donnant l’impression que l’on traite un sujet pour mieux s’en débarrasser, mais des groupes de travail pluralistes, faisant travailler ensemble différentes nuances politiques, des experts et des acteurs de la vie civile, qui soient de véritables forces de proposition et de progrès. Le gouvernement prend des initiatives allant dans ce sens mais encore timides, limitées et dont le casting laisse à désirer … Déplorons que la Commission sur la moralisation de la vie politique, récemment constituée sous la présidence de Lionel Jospin, ne comporte qu’une personnalité d’opposition, Roselyne Bachelot, de l’UMP, aucun membre du MoDem qui pourtant a été à l’origine de cette idée, ni de EELV comme par exemple Eva Joly, dont la corruption en politique est l’un des fers de lance. Regrettons aussi qu’il n’y ait pas eu (pour le moment) de commission de travail sur le « produire en France », dont une personnalité reconnue comme Robert Rochefort aurait très bien pu prendre la présidence. 

Cette souhaitable évolution des mentalités dans le sens constructif, coopératif et surtout collaboratif, n'est ni naïve, ni angélique, c'est avant tout une question de volonté et d’affirmation claire des intentions.

 

Marie-Anne Kraft et Judith Jérusalmi

 

*Judith Jérusalmi est consultante dans la conduite mobilisatrice du changement au sein des grandes entreprises, des administrations et du secteur de la santé et du social. Elle travaille sur la motivation, l’émergence des potentiels, l’implication dans l’action et l’adhésion aux projets, par la pratique du travail collaboratif.

Marie-Anne Kraft est auteur de « La Révolution Humaniste », une réflexion sur le modèle de société. Pour remettre l’homme au centre, à la place de l’argent, pour que la politique et l’économie soient au service de l’humain, elle prône une société plus coopérative, en alternative ou en complément à la compétition, des approches plus collaboratives dans différents domaines, notamment la gestion de l’entreprise, la construction européenne et le fonctionnement politique.

 

26/06/2012

François Bayrou l’incompris

Après son échec relatif aux élections présidentielles  et la défaite de presque tous ses candidats aux législatives sauf deux, l’heure est au bilan pour François Bayrou : analyse des causes avant de penser au futur, remontée des rancœurs des militants, et le goût amer de voir les coucous pseudo-centristes ralliés à la droite prétendre s’installer dans le nid encore tout chaud d’un Centre revendiqué « à droite ». Comme eux avec la protection de l’UMP, EELV a négocié avec le PS et réservé ses places en s’assurant de ne pas avoir de concurrent PS aux législatives, pour avoir un groupe à l’Assemblée, alors que son candidat aux législatives, Eva Joly, avait fait un score bien inférieur à celui de François Bayrou (2,31% contre un malgré tout honorable 9,13%).

Pourquoi cet échec ?

Alors que François Bayrou est estimé pour ses analyses justes, pour ses propositions constructives et réalistes (sur l’équilibre des finances publiques sans sacrifier la croissance, sur l’éducation, sur la moralisation de la vie publique notamment), pour les valeurs qu’il prône (socle de la république, démocratie, solidarité et justice, responsabilité, valorisation de la création et du mérite). Les derniers sondages avant la présidentielle le donnaient au top de la cote de popularité, de confiance et de qualité des propositions. Cependant, les intentions de vote ne suivaient pas avant le premier tour, alors qu’il n’avait pas annoncé son vote personnel en faveur d’Hollande pour le second tour. L’annonce de ce vote, pourtant bien expliquée par François Bayrou sur la question des valeurs, n’a pas été comprise par une partie de son électorat traditionnel, interprétée comme un ralliement au PS (alors qu’il n’en était rien). Or l’annonce d’un vote pour Sarkozy aurait été également mal comprise, de même que celle d’un vote blanc, sachant qu’au second tour des présidentielles les électeurs de Bayrou se sont répartis à tiers quasi-égal entre les trois choix. Le résultat aurait probablement été le même, sauf pour lui-même s’il avait négocié avec l’UMP ou le PS une non concurrence sur sa circonscription. Au moins François Bayrou n’a pas renié ses valeurs et prouvé son courage, même s’il a sacrifié son poste de député.

En tout cas une chose est claire : l’engouement n’était pas le même qu’en 2007, la crise est passée par là, les positions se sont radicalisées avec la montée des extrêmes à la fois sur la gauche et sur la droite, au détriment du centre. Les trois prétendants à la présidentielle ont été évincés : Sarkozy, Royal et Bayrou. La bipolarité s’est à nouveau imposée, la chambre rose a remplacé la chambre bleue. La crise est encore là et plus encore devant nous, les belles promesses seront difficiles à tenir et le retour à la réalité va s’imposer.

La leçon de l’histoire :

-          le courage ne paie pas. En tout cas pas à court terme. Préférer défendre ses valeurs et ses idées que se vendre pour des postes ou se rallier par avance en sacrifiant ses idées, en effet, cela n’est pas payant dans le contexte de nos institutions et du vote majoritaire ;

-          François Bayrou avait fait un pari risqué : celui de dire la vérité (au sens de la réalité des faits et du pragmatisme des solutions) et d’être compris par les Français. Même si les élus, pris par leurs appareils, leurs investitures, n’osaient par franchir le pas de lui apporter leur soutien malgré un accord sur le fond, les électeurs eux-mêmes se chargeraient de les faire changer d’avis en lui donnant leur confiance lors de l’élection présidentielle. Pari perdu. Les Français n’ont pas compris. Ils n’ont pas voulu de la vérité, de l’appel aux efforts pour vaincre les temps difficiles, et ont préféré les promesses intenables et l’illusion plus confortables, et tant pis si le déficit public continue de filer, la dette déjà abyssale de s’enfler encore … après tout on a vécu longtemps comme cela, continons comme avant.

Certains déçus du Mouvement Démocrate parlent d’erreur de stratégie, renoncent à croire que l’on peut faire bouger les lignes, retombent dans le cynisme politicien, prônent de se ranger à la loi de la bipolarité en ralliant soit la droite, soit la gauche.

Certains font remonter les rancœurs : lacunes d’organisation et de communication, manque d’écoute des militants, manque de moyens, direction trop autocratique, François Bayrou mal entouré ou trop mis en avant dans les médias au détriment de son entourage … Certes, on peut toujours mieux faire. Le Modem est un parti récent qu’il a fallu construire, avec peu de moyens, mais je ne pense pas que ces questions internes soient la raison de l’échec électoral. Le goût amer de la défaite pousse à désigner des coupables, à rejeter hors de soi la marque de l’échec pour s’en laver, ne pas porter la faute. Exactement comme en temps de crise on désigne facilement à la vindicte du peuple des causes extérieures, des boucs émissaires. C’est mortel car au lieu de se serrer les coudes pour renforcer collectivement le groupe, on l’affaiblit et on introduit un poison de méfiance.

Pour enfoncer encore plus l’animal blessé, voilà que Mediapart s’en mêle avec sa Cruella de service, Valentine Oberti, qui a trouvé la géniale idée de « s’interroger » sur le label suspect du « Centre pour la France », utilisé à la place du Mouvement Démocrate pour les candidats aux élections législatives, qui serait (bien sûr ça n’est qu’une « hypothèse » !) une coquille toute trouvée pour organiser la liquidation financière d’un Modem supposé endetté (alors qu’il ne l’est pas, facile à vérifier), orchestrée en loucedé par la bande des 6 de Bayrou, bref que Bayrou est en train de se tirer avec la caisse !

Je ne dis pas que cette décision rapide avant le dépôt des candidatures ait été de toute transparence, en effet elle méritait d’être mieux expliquée. Mais Mediapart fait là un procès d’intention indigne et dépassant son rôle journalistique d’information et d’investigation, sombrant dans une autre catégorie de presse malveillante. Curieusement d’ailleurs, Cruella n’a rien dit de l’URCID, créée dans les mêmes conditions juste avant le dépôt des candidatures par Jean-Louis Borloo et une autre bande des 6, pour une affiliation financière des candidats, qui eux ont démontré moins de transparence car n’ont même pas annoncé cette affiliation à leurs électeurs, le terme URCID leur étant parfaitement inconnu !

Ceci démontre une volonté farouche d’éliminer Bayrou, non seulement de le mettre à terre mais de le tuer, de salir sa réputation d’honnête homme. Mediapart ne cache pas son positionnement à gauche, très à gauche. On aurait attendu un article pour saluer la position de Bayrou, son courage d’avoir annoncé son vote en faveur de Hollande, et rien, pas une ligne, seul mon article de blog en a témoigné sur le site.

Une volonté aussi de prétendus intellectuels bien-pensants (comme Jean-Marie Colombani à la veille du premier tour des présidentielles en 2007 avec son éditorial du Monde) d’éliminer un centre indépendant, l’idée dérangeante d’une « majorité centrale » qui pour certain est « anti-démocratique » car empêche l’alternance et risquerait de figer la position centrale entre des partis extrêmes devenus impuissants (voir le dernier éditorial de Jacques Julliard dans le dernier Marianne, « lettre à Jean-François Kahn sur un centrisme imaginaire »). Décidément, les représentations mentales sont tenaces ! Comment encore simplifier et catégoriser ainsi une "droite" en y assimilant FN et UMP (qui se sont rapprochés sur des questions d'immigration et de frontières, de valeurs conservatrices contre le mariage homosexuels ou sur le cannabis, en même temps que très éloignés sur la politique économique, l'Europe) ou en y assimilant PS, écologistes et extrême gauche (qui prônent des valeurs communes d'égalité et de solidarité, de liberté des mœurs, en même temps qu'éloignés aussi sur la politique économique, le nucléaire et d'autres sujets).

Décidément, François Bayrou dérange. Pourtant il dit vrai, ses analyses sont justes, ses propositions certainement les mieux à même de nous sortir vraiment de la crise et d’unir le pays dans l’effort. D’ailleurs ses idées seront forcément appliquées mais sans doute plus maladroitement par le gouvernement confronté à la réalité.

Les Français n’ont pas voulu entendre la vérité, la réalité des faits, le réalisme des propositions.

Les Français aiment être bercés d’illusions. Ils aiment qu’on leur désigne des coupables, des boucs émissaires : Europe, Euro, Chine, mondialisation, banques, finance, riches … et sont donc tentés par les explications « faciles » et des solutions simplistes et souvent contre-productives ou induisant de graves conséquences (sortie de l’euro, protectionnisme, création monétaire,…). Alors que nos pertes d’emplois et la chute du niveau scolaire sont surtout dues à nos propres faiblesses qu’il faut savoir affronter et corriger.

La presse et les médias ont préféré continuer à traiter la politique comme un terrain de jeu d’affrontement, comme le football à deux équipes, comme une émission de téléréalité. Mediapart ne fait pas exception.

Les Français d’ailleurs ne lisent pratiquement plus la presse ou zappent les nouvelles des JT, sans approfondir, sans se rendre compte de ce qui se passe, de ce que d’autres sont en train de décider pour eux. Après tout, ils ont élu des gouvernants qui ont laissé filer pendant trente ans ces déficits cumulés dans une dette devenue presque insurmontable, dont les intérêts seuls sont égaux au total de l’impôt sur le revenu, devenu le premier poste budgétaire avant l’éducation, 2,5% du PIB, autant qui aurait pu être employé en croissance, en création d’emplois, en dépenses utiles. L’Etat protecteur est là et veillera au grain, croient-ils !

Mais un jour, ils vont se réveiller ! A nouveau ils diront « Bayrou avait raison » …

16/06/2012

François Bayrou : le prix du courage politique

Titre à double signification : d'une part "François Bayrou paie le prix de son courage politique", d'autre part "François Bayrou mérite le premier prix du courage politique", si ce dernier existait (on connaît déjà le prix de l'humour en politique, la noix d'honneur ou le mur du çon du Canard Enchaîné, bientôt sans doute le prix des twitts politiques les plus ravageurs, mais pas encore celui-là !).

Episode 1 en 2002 :  à Toulouse, François Bayrou refuse de rejoindre l'UMP après la réélection de Jacque Chirac, en déclarant une phrase historique "Si nous pensons tous la même chose, c'est que nous de pensons plus rien !" Mais la plupart des députés de l'UDF ne résisterons pas à l'appel du pouvoir. A la veille des élections législatives, 50 des 67députés UDF rejoignent l'UMP.

Episode 2 en 2007 : entre les deux tours de l'élection présidentielle, François Bayrou franchit le rubicon avec son célèbre "Je ne voterai pas pour Sarkozy", justifiant son choix par une incompatibilité de valeurs (l'apologie de argent-roi, le bling-bling, le comportement politique divisant les Français et régnant par menace et récompenses,  ...). Même si par ailleurs, plus proche de Ségolène Royal sur le plan des valeurs, il ne partageait pas son programme. 20 députés UDF soutiennent alors Sarkozy et en échange de leur ralliement voient leur réélection facilitée par l'absence d'un concurrent UMP.

Episode 3 en 2012 : au lendemain du débat de l'entre-deux tours, François Bayrou a fait une déclaration en fustigeant  "la ligne violente qu'a choisie Nicolas Sarkozy", "une course-poursuite à l’extrême droite dans laquelle nous ne retrouvons pas nos valeurs". Sans donner de consigne de vote à ses électeurs, il déclare : "François Hollande, c'est le choix que je fais". Comme en 2007, il justifie son choix en termes de valeurs, qu'il partage avec Hollande, tout en critiquant pourtant le programme du PS, ses promesses intenables, un budget trompeur basé sur des hypothèses non réalistes,  "un programme économique inadapté à la situation du pays et encore plus à la crise qui vient".

Cette dernière position risque d'être fatale à François Bayrou, à tout le moins à court terme sur le plan électoral, car il a sucité à la fois la vengeance de l'UMP sans pour autant éveiller la reconnaissance du PS. Le report des voix de Bayrou sur Hollande a beaucoup contribué à la victoire d'Hollande : Bayrou avait fait 3,3 millions de voix au 1er tour (9,13%), et Selon un sondage IPSOS,   29% de ses voix, soit 1 million se sont portées sur Hollande. Or Hollande gagne sur  1,15 millions de voix. Donc ça n'a pas été neutre. Un appel de Bayrou à voter Sarkozy ou blanc aurait pu le faire perdre.

L'honneur de Bayrou est d'avoir affirmé ce qui lui paraissait juste pour le pays, sans rien négocier, sans tomber dans le calcul électoral.

A ceux qui lui reprochent d'avoir mis en danger son parti en donnant cette position, je répond qu'avant cette annonce, il a convoqué le Conseil National du Mouvement Démocrate, dont je suis membre et auquel j'ai assisté, et que cette position correspondait à la majorité des intentions affirmées par ses représentants, partagés entre le blanc et le vote Hollande plus affirmé, une seule s'avouant en faveur de Sarkozy. Il n'y a pas eu vote mais le résultat d'ensemble était clair.

A ceux qui sont traditionnellement de position "centre-droit", qui ont été choqués par l'affirmation de ce choix leur donnant l'impression d'un "basculement à gauche", d'un "ralliement au PS", je demande de regarder avec plus de discernement ce qui est en train de se passer sur notre scène politique :

- la droite UMP est en train de dériver vers le Front National. Aujourd'hui ce n'est même pas le discours économique sur la crise et l'Europe qui domine, mais les questions sécuritaires, d'immigration et de frontières, repris du Front National. Qui a eu le courage à l'UMP, chez les radicaux ou les pseudo-centristes, de dénoncer cette dérive ? Seuls Villepin et Paillé ont osé. Jacques Chirac lui-même, sa fille et son gendre (et d'autres Gaullistes) ont voté Hollande !

- choisir un président ne revient pas à adhérer ou se rallier au parti qui a soutenu ce président. Le choix du parti se fait dans le vote suivant : les législatives. La position de Bayrou était plus un choix de personne et de valeurs partagées. Les priorités au redressement productif, à l'éducation, à la moralisation publiques, à une meilleure justice fiscale dans la répartition de l'effort, démontrent aussi des convergences. Le point critique étant essentiellement sur la crédibilité du redressement des finances publiques.

Comme le rappelle Cynthia Fleury dans son essai philosophique "La fin du courage" : il n’y a pas de courage politique sans courage moral. Elle démontre  comment un retour à l’exemplarité politique est non seulement possible, mais urgent. 

L'important en politique, c'est le courage. Si notre attitude procède d'une morale (terme plus fort et plus profond que l'éthique) et de liberté (d'esprit, de parole, contraire à la soumission et à l'asservissement), seule la voie du courage est la bonne (et la plus difficile). Elle isole parfois, quand les autres ne sont pas eux-mêmes courageux notamment et suivent comme des moutons ...L'exemple de la Résistance face au Nazisme et au suivisme de Vichy en est une belle preuve !

François Bayrou appartient à la catégorie de ces hommes-là, qu'on appelle "hommes d'Etat", ceux qui ont encore du courage et de la résistance, la volonté de faire passer l'intérêt du pays et ce qui est juste avant l'intérêt personnel. Il mérite l'estime, il mérite d'être réélu. Et si malheureusement il ne l'était pas, il reste une voix libre qui compte dans le pays. Le Mouvement Démocrate aura souffert de la radicalisation accentuée par la crise, du rouleau compresseur électoral, de la centrifugeuse ("centri-tueuse" ?) de la bipolarité, mais reste une force libre et constructive, qui doit aussi compter dans la vie politique et dans le débat. Plus que jamais je pense que ça en vaut la peine et que l'avenir nous donnera raison.

Citations :

<<  Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'il faut renoncer à ce que l'on croit juste  >>

|                  François Bayrou 

<< Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. >>
|                
  Jean Jaures  

<< Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. À toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant pour soi les dangers. >>
|                  Jean Jaures 

<< Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. >>
|                 Georges Clémenceau 

 Pour les moins courageux :
<< Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse. C'est d'avoir une âme habituée. >>
|                 Charles Péguy

13/06/2012

Le MoDem du Val de Marne ne donne pas de consigne de vote pour le second tour

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Le bureau départemental du MoDem 94 a pris acte des résultats des élections législatives dans leVal-de-Marne.

Il regrette l'extrême bipolarisation que traduisent les résultats du 1er tour. Une fois de plus, lalogique majoritaire n'a pas permis l'expression d'un projet fondé sur un discours de vérité et sur lanécessité d'entreprendre des efforts pour redresser le pays.

Dans ce contexte difficile, les résultats des 11 candidats du Centre pour la France, qui ontcourageusement défendu les valeurs et le projet de cette famille politique, sont décevants.

Ces élections législatives n'ont pas permis à nos candidats de faire entendre le message que nous portions. C'est regrettable car le rassemblement des Français est la seule voie pour engager le redressement du pays dans les temps extrêmement difficiles qui s'annoncent.

Le bureau départemental du MoDem 94 a décidé de ne donner aucune consigne de vote pour le second tour, considérant que les électeurs qui se sont portés au 1er tour sur les candidats du Centre pour la France sont libres et responsables de leur vote.

Les membres du bureau départemental expriment enfin tous leurs voeux de réussite aux sept candidats du Centre pour la France encore en lice pour le second tour de ces élections législatives.

 

11/06/2012

Résultats du 1er tour : décevants pour le MoDem, mais ne lâchons rien !

Chers amis,

Les résultats du 1er tour de ces élections législatives sont bien sûr décevants pour le Mouvement Démocrate, pour le Centre indépendant que nous avons tant défendu, si difficile à tenir dans la broyeuse électorale de ce scrutin majoritaire qui conduit inexorablement à la bipolarité gauche-droite.

Décevant sur notre circonscription : 3,5% des voix (honorable comparé à un score compris 
entre 2% et 3,5% selon les circonscriptions du Val de Marne).


Décevant aussi sur le plan national : 3,6% des voix en moyenne sur les 400 circonscriptions où nous avons présenté des candidats.

Cependant, comme François Bayrou, nous savons que notre combat est juste : l'idée d'une majorité centrale, qui se fonde sur une majorité d'idées, sur une vision équilibrée, apaisée, solidaire, juste et efficace de notre société, est celle qui réconcilierait les Français et permettrait de mieux affronter la période difficile qui s'annonce. Il ne faut donc rien lâcher !

Je tiens à vous remercier pour votre soutien, en particulier les militants qui m'ont aidée et encouragée sur le terrain, sur les marchés, dans les gares, ou sillonnant les rues pour boîter notre message, aussi pour organiser notre réunion publique avec Jean-François Kahn qui fut très réussie.

Avec Louise Geoffroy, je vous adresse toute mon amitié,

Marie-Anne Kraft


http://www.lexpress.fr/resultats-elections/legislatives-2...

08/06/2012

L'engagement du Centre pour la France : "RELANCE"

 

Logo Le Centre pour la France avec Bayrou.JPG

L'ENGAGEMENT « RELANCE » DU CENTRE POUR LA FRANCE

« Rétablir, Epauler, Libérer, Améliorer, Nuancer, Construire, Equilibrer »

Nous traversons une période de grave crise économique et morale. La crise va obliger notre pays à changer les comportements et à transformer voire réinventer notre modèle français : solidarité, services publics, aménagement du territoire, démocratie.

Nous, candidats du Centre pour la France, adoptons une démarche à la fois vigilante et constructive pour aider au redressement du pays. Nous apporterons notre pierre à l’invention de ce nouveau modèle, plus sobre, plus durable, plus économe et plus solidaire.

1- RÉTABLIR l’équilibre des finances publiques

Comme le gouvernement lui-même l’a reconnu, « la dette est l’ennemie de la France ». Nous ne pouvons pas continuer à creuser les trous comme les gouvernements successifs le font depuis des décennies. Il faut arriver à l’équilibre, et commencer ensuite le désendettement.

Redresser les finances sans sacrifier la croissance ni la solidarité. C’est vrai au niveau européen, et c’est vrai aussi au niveau national : les économies nécessaires doivent ménager les bons investissements du pays pour permettre à l’économie de respirer, de créer de l’activité, de permettre de renouer avec la croissance pour créer des emplois et générer des recettes ficales. Les économies ne doivent pas non plus sacrifier la solidarité à l’égard des plus faibles ni amputer le pouvoir d’achat des salaires, des retraites et des allocations de solidarité.

2- ÉPAULER le gouvernement avec vigilance

En temps de grave crise, le devoir des forces politiques responsables est de contribuer au relèvement du pays. Tout blocage des institutions entre président et majorité serait irresponsable.

Nous prenons donc l’engagement d’aider au redressement, en soutenant l’action du gouvernement chaque fois qu’elle ira dans le bon sens, en alertant le pays dans le cas contraire. Nous serons un pôle critique vigilant.

3- LIBÉRER le vote parlementaire

Nous serons des voix libres, indépendantes et positives au Parlement et notre règle sera la liberté de vote. Nous repousserons toutes les attitudes sectaires d’un camp ou de l’autre.

4- AMELIORER la gouvernance et les méthodes

Par une plus grande implication des corps intermédiaires et des acteurs concernés, par une plus grande conscience des impacts des décisions sur les entreprises, les institutions et les personnes, par plus de pédagogie et le refus de la démagogie, nous pouvons améliorer la façon de conduire le pays. Il faut simplifier l’administration publique, améliorer l’équité et la mise en œuvre des lois et des décrets.

5- NUANCER les analyses

En politique, les visions et surtout les expressions sont souvent excessives, caricaturées. Il faut éviter de tomber dans une vision paranoïaque de la mondialisation, de l’euro, de la finance, de l’immigration, qui fait croire que les causes des problèmes viennent toujours de l’extérieur, qui attise les haines et les rancoeurs et qui conduit à de fausses solutions. Il faut prendre la mesure de nos faiblesses, comparer avec nos voisins européens, consulter les différents acteurs concernés, rechercher des solutions réalistes et pragmatiques.

6- CONSTRUIRE un nouveau modèle de société

Une nouvelle démocratie sociale, par laquelle forces syndicales, entreprises, pouvoirs publics et consommateurs travailleront étroitement ensemble, sera le meilleur moyen de reconstruire le « produire en France » sans lequel aucun redressement ne sera possible. Ce nouveau modèle sera durable, soucieux de notre patrimoine naturel et environnemental ou ne sera pas.

L’éducation nationale et la recherche méritent une mobilisation sans précédent. Non pas seulement en termes de protection des moyens, mais dans la recherche d’organisations nouvelles, plus simples, plus efficaces.

Enfin, la moralisation de la vie publique doit être assurée sans tarder, dans tous ses aspects, lutte contre la corruption, limitation du cumul des mandats, plus juste représentation, clarification du financement de la vie publique, etc.

7- EQUILIBRER les pouvoirs

Il serait dangereux qu’un seul parti ait tous les pouvoirs en France, sans exception, depuis le local jusqu’au national. Le pluralisme doit être mieux reconnu, et mieux défendu. Une bonne dose de proportionnelle doit être introduite au scrutin législatif pour garantir la représentativité des courants d’opinion à l’Assemblée.

 
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