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28/05/2007

Quelle politique aujourd’hui pour quelle société demain ? Leçons de la campagne électorale...

La campagne électorale pour les présidentielles fut un zapping sur quelques mesures phares, rebondissant chaque jour selon les événements de l'actualité, et surtout une bataille d'image... Elle a beaucoup parlé de « pouvoir d’achat » (orienté consommation !) et d’identité nationale mais n'a malheureusement pas été l'occasion de débattre du sens que nous souhaitons donner à notre vie en société (est-ce trop intellectuel d'en parler ?).

Et les grands dossiers de la réduction de la dette, des retraites, du déficit de la sécurité sociale et de l’aggravation du problème de la dépendance avec l’allongement de la durée de vie, de la mutation de notre monde avec l’explosion économique de la Chine et de l’Inde et l’abandon de l’Afrique… ont été plutôt « effleurés », pas traités à la mesure de l’importance qu’ont aurait dû leur accorder.

Nous n’avons pas beaucoup parlé également de la manière de conduire la politique (sauf François Bayrou prônant un gouvernement d’union, de rassemblement ainsi qu’un assainissement des institutions) et Ségolène Royal avec ses débats participatifs et sa forte incitation à adhérer à un syndicat. Pourtant, malgré l’intérêt que les citoyens français ont manifesté lors de cette élection présidentielle, force est de constater la faiblesse de leur adhésion dans les partis et les syndicats comparée à nos pays voisins, la perte progressive de leur implication en dehors du vote qui délègue des représentants à l’assemblée, dans les mairies et conseils généraux, au Parlement Européen. Alors même que le média internet est en train de révolutionner l’information et l’expression citoyenne…Dommage !

 

Dans la « politique », qui touche à la manière d'organiser la vie en société et l'exercice du pouvoir dans cette société organisée, il y a trois choses :

- l'idéologie, les valeurs, la mystique, un référentiel, le sens que l'on souhaite donner à la vie des humains sur cette planète, c'est la destination cible, c’est par là qu’il faut commencer avant de proposer un « programme » d’actions,

- la mise en pratique afin que les décisions et les actions économiques, sociales, éducatives, financières etc, dans un contexte donné, permettent d'y arriver au mieux (le "programme", les lois...) : c'est le chemin, l'itinéraire,

- enfin la manière de conduire la politique, comment faire fonctionner la démocratie, la représentativité et la participation citoyenne, l’exercice du pouvoir et son contrôle : c'est le moyen de transport. …

Les "grands" partis dominants que sont l'UMP et le PS nous ont proposéde prendre un ticket de train sans nous indiquer la destination du train et en nous donnant quelques indices de chemin, qui comme un jeu de piste peuvent nous aider à déceler la destination.

Ainsi, le référentiel de Nicolas Sarkozy, même s’il n’est pas avoué, semble  privilégier les valeurs de l'argent, du "chacun pour soi", de la loi du plus fort, de l'apparence et de l'image, bref de l'avoir et du paraître sur l'être... et à surfer aussi sans l'exprimer trop fort sur les valeurs d'exclusion du Front National. C’est pourquoi François Bayrou, dont le référentiel est à l’opposé, s’est refusé à voter pour lui au second tour.

Cependant, une fois dans le train et ayant embarqué dedans tous ses électeurs et aussi les autres, Nicolas Sarkozy a priorisé des sujets qui n’étaient pas ses thèmes favoris mais plutôt ceux de ses concurrents (l’Europe, le dialogue social avec les syndicats, le co-développement, l’écologie et…l’image d’union et de rassemblement en faisant venir aux gouvernement des ministres de gauche et du centre). C’est difficile pour ses détracteurs de critiquer une approche qu’eux-mêmes préconisent, mais cela sent bien la manœuvre électorale de désamorçage de la concurrence en ciblant les législatives, sinon pourquoi n’aurait-il pas annoncé ces priorités avant ? D’ailleurs les ténors de l’ UMP et ses électeurs n’en disent rien y compris sur le gouvernement de pseudo-ouverture que pourtant Nicolas Sarkozy dénigrait avant l’élection quand Bayrou le proposait, et qui pour le moment exclut des fidèles de Nicolas Sarkozy en priorisant des places de ministère au profit de personnes venant de la gauche et du centre … de même qu'après les annonces plus vertueuses de préoccupation de la dette, le nouveau gouvernement décide soudain de faire « une pause »…

Quant au PS, tiraillé par des factions à idéologies divergentes ou incertaines (qu'il convient donc de taire) et aussi, sur des désaccords sur le chemin à emprunter, la question du moyen de transport devient dérisoire...

François Bayrou de son côté me paraît être le seul à s'être exprimé sur ces trois volets de la politique et c’est pourquoi j’ai été personnellement séduite par son approche et son projet :

  •   Le référentiel, le cap, qu'il décrit dans son projet d'espoir, souhaitant remettre l'homme eu centre ainsi que la survie de notre planète, privilégier l'être sur l'avoir et le paraître, optimiser le bonheur dans la société des humains par une mise en valeur ou une redécouverte du respect et de l'écoute de l'autre, le don de soi, le partage, la transparence, la vérité et non le mensonge, privilégian tl’intérêt général sur l’intérêt particulier, la vision à long terme et une action s’intégrant dans une continuité dépassant un mandat présidentiel sur celle à court terme, s’inspirant d’une morale humaniste. Cette litanie de valeurs peut paraître à certains désuète, fleurant la morale "chrétienne", mais il y a aussi du bouddhisme dans tout cela... En tout cas j'adhère à ces valeurs et Bayrou est le seul dans la campagne à nous avoir exprimé où il voulait aller, quel sens il proposait de donner à notre société, notre vie entre humains.
  •  Son « programme", qui était complet, quoiqu' aient pu en dire ses concurrents qui prétendaient qu'il n'existait pas, pour mieux ensuite entre les deux tours dire qu'il convergeait énormément avec le leur... Mais il diverge encore de celui de l’UMP sur certains points relatifs à la dette, à la solidarité (contre la franchise de l’assurance maladie), l’égalité des chances (carte scolaire et suppression des droits de successions, du moins avec un seuil) et aussi de celui du PS surtout en terme d’interventionnisme de l’Etat.
  • Enfin sur la manière de conduire la politique, là Bayrou est révolutionnaire, et pourtant sa proposition consiste simplement à prôner le dialogue et le rassemblement entre des personnes de partis différents, autour de valeurs communes et de l’intérêt général et d’appliquer les règles de respect élémentaire de la démocratie alliée à un certain pragmatisme, la représentation légitime des citoyens (50% de proportionnelle aux législatives), de responsabilité de ces derniers ainsi que de leurs élus (pas de cumul de mandats, présence à l'assemblée, la séparation des pouvoirs politiques, juridiques, financiers, médiatiques, participation citoyenne renforcée…), une expérimentation des solutions envisagées et une évaluation permanente des mesures prises pour statuer de leur efficacité et de la réponse aux besoins...

Je respecte le vote des Français, qui est démocratique, mais je reste aussi sur une amère impression que beaucoup de Français ont voté en « zappant », regardant surtout TF1 ou quelques journaux  orientés, sans avoir eu le temps ou pris la peine de réfléchir au sens de notre vie en société. Avoir du boulot et un pouvoir d’achat c’est essentiel. Etre protégé contre l’insécurité urbaine, la délinquance, je comprends. Adhérer au sentiment d’appartenir à une nation et d’en être fier, pourquoi pas ? Mais pour quel type de société ? Quel objectif collectif ? Comment et pour quoi voulons-nous vivre ensemble ? Est-ce trop intellectuel d'en parler ?

19/05/2007

Quand Sarkozy fait soudain du Bayrou : conviction profonde ou tactique politicienne ?

Cela frise l’hystérie dans les hautes sphères de l’UMP !
Les postes de Ministres étaient déjà limités (à 15), impliquant une lutte de concurrence entre les fidèles lieutenants de Nicolas Sarkozy, mais qui a viré carrément à la panique quand le chef adulé décide, une fois élu, de se montrer grand rassembleur et chantre de l’union nationale rêvée et proposée par François Bayrou, en annonçant que plusieurs ministères, et non des moindres, seront offerts à des centristes et des figures du PS ! Côté centriste : Hervé Morin (pour la défense), Maurice Leroy (un secrétariat d'Etat faute du ministère de l’Agriculture), mais on ne cite plus Gilles de Robien ni André Santini... Côté PS : Bernard Kouchner (aux affaires étrangères),  Claude Allègre et Eric Besson (secrétariats d'Etat).
Par ailleurs, quels sont les premiers sujets auxquels s’attaque prioritairement notre nouveau Président ? La sécurité ? L’identité nationale ? Le pouvoir d’achat et la valeur travail ? Que nenni ! Point ses thèmes de campagne, mais ceux de ses ex-concurrents : la concertation syndicale, le co-développement en Afrique, la relance de l’Europe, et même l’écologie...
De deux choses l’une :

- soit Nicolas Sarkozy a soudain réalisé que le projet de François Bayrou était finalement meilleur que le sien et il s’est fait élire par démagogie sur des thèmes rentables électoralement, orientant sa campagne au gré des multiples enquêtes d’opinion et, se sentant maintenant libéré de ses contraintes électorales, il nous permet de découvrir le sens profond des valeurs qui l’animent,

- soit l’opportunisme électoral et le machiavélisme de notre nouveau Président de la République lui dictent un comportement visant à optimiser la victoire de son camp aux législatives en désamorçant toute opposition à la fois des électeurs de Bayrou et de Royal, montrant bonne figure et ouverture à leur endroit, et faisant fi des manquements à la fidélité envers ses lieutenants, leur rétorquant d’ailleurs que « le Président doit faire primer l’efficacité du gouvernement sur la fidélité des sentiments ». Mais finalement tout ceci est pour leur bien à tous !


A moins que ce soit un véritable coup monté et qu’après les législatives donnant une victoire écrasante à l’UMP et ayant minimisé les contre-pouvoirs, il décide de revoir à nouveau la composition du gouvernement, sacrifiant éventuellement pour cette noble cause quelques centristes ou ministres de gauche, afin de représenter plus justement une France s’étant montrée plus majoritairement UMP aux législatives... Ce qui prouvera qu’il n’est pas chien avec ses fidèles, qui retrouveront finalement le maroquin convoité !

L’avenir nous permettra de répondre à ces interrogations et à juger du niveau de notre paranoïa...

De l’effet Bayrou au Mouvement démocrate : illusion ou véritable refondation ?

Bilan de cette élection présidentielle : Sarkozy est élu brillamment, finalement pas de surprise cette fois ; Royal est sauvée par un score honorable même s’il cache des querelles intestines au PS ; Bayrou, malgré ses presque 20% de suffrages exprimés au 1er tour, est ignoré voire censuré par les médias dès l’élection passée, ces derniers entretenant l’illusion que le clivage gauche-droite s’est renforcé et que le centre n’existe plus ou est sérieusement menacé. Or, analysons ce qu’il se passe. Un séisme peut se produire dans la recomposition du paysage politique français et réserver la fameuse surprise pour les législatives …

Gauche, droite, centre : que signifient à présent ces termes ?

Avant que tombe le mur de Berlin, l’antagonisme entre les modèles de gauche et de droite avaient une signification idéologique, opposant :

-         pour la gauche, un modèle de société basé sur une idéologie communiste ou socialiste basée sur l’appropriation par l’Etat des moyens de production et la distribution équitable des richesses aux citoyens et passant forcément au début, comme le justifiait Karl Marx, par une « dictature du prolétariat » (version du communisme appliquée en Union Soviétique et en République Chinoise),

-         pour la droite, un modèle de société basé sur le libre-échange, le capitalisme (les moyens de production étant détenus par des propriétaires privés tirant des revenus du placement de leur capital, récompensant un risque), la concurrence des marchés, devant mener par une sorte de loi naturelle à une croissance permanente et un enrichissement optimum des actionnaires et des travailleurs-consommateurs.

Ces deux modèles extrêmes ont prouvé leurs limites et c’est le deuxième qui s’est imposé sur la planète : effondrement du bloc de l’Est, privatisation de ses entreprises (au bénéfice d’une nouvelle caste de privilégiés) en même temps que la population s’est paupérisée et a vu son espérance de vie baisser de 4 ans, ouverture de la Chine au capitalisme, préservant néanmoins une « dictature du prolétariat » et développant une nouvelle forme d’esclavage. Le capitalisme est devenu dominant et s’est étendu à toute la planète, nourri par la mondialisation des capitaux et des échanges. Mais en même temps qu’il a prouvé une certaine efficacité motrice sur la croissance matérielle, l’enrichissement global (croissance mondiale de +5% par an ces dernières années), il a aussi mis à jour un accroissement des inégalités sociales, entre les revenus du capital et ceux du travail, une inefficacité à trouver un équilibre entre l’adéquation de l’offre et de la demande sur l’emploi, les compétences requises, une aggravation des inégalités entre les pays riches et les pays pauvres en terme de niveau de vie et d’accès à la santé, une priorisation du profit à court terme sur le long terme (difficulté à investir à long terme dans l’entreprise et pour répondre aux contraintes de l’environnement durable).

Lorsque l’on parle maintenant de « gauche » et de « droite », les références sont plutôt devenues :

-         pour la gauche, un modèle de société de type « scandinave », où un système capitaliste encourageant l’entreprise privée cohabite avec un Etat qui joue un rôle important dans sa fonction protectrice et re-distributrice des richesses : impôts élevés, protection importante en cas de chômage associée à une possibilité pour l’entreprise de facilement  licencier et à un accompagnement actif du chômeur pour retrouver du travail.  L’homme, le respect de sa personne, est une valeur prioritaire. Ces sociétés ont un véritable fonctionnement démocratique et bénéficient d’une forte implication de la population dans la vie politique et civile, la représentation syndicale, permettant une médiation véritable entre les citoyens et l’Etat pour une meilleure concertation préalable sur les réformes à effectuer et, partant, de l’adhésion de la population à ces réformes.

 

-         pour la droite, un modèle de société ultra-libéral de type « anglo-saxon ». Ce modèle met l’enrichissement matériel au centre des priorités, privilégie la rémunération du capital sur le travail, fonctionne sur la domination des pouvoirs financiers, débouchant en général sur une connivence de ces derniers avec les médias, eux-mêmes entreprises privées soumises à la loi de l’actionnaire, et n’a fait que renforcer les inégalités sociales.

Ces deux modèles ont prouvé qu’ils peuvent fonctionner et co-exister dans un monde globalement mondialisé. Faudrait-il encore pouvoir mesurer le niveau de « bonheur de la population dans les deux cas… Mais on a vu le modèle scandinave récemment se « droitiser » et le modèle anglo-saxon s’effriter et souffrir d’un rejet de la population quant à ses dérives (rejet de Bush, Blair, Berlusconi, Aznar,…).

On a vu aussi émerger récemment en Europe (Allemagne, Italie, Espagne…) un nouveau modèle : celui des gouvernements d’union, de coalition « droite-gauche », de sociaux démocrates, qui finalement combinent les avantages du système libéral et de la flexibilité de l’emploi et les gardes fous aux dérives de ce système, une protection sociale garantie, une gestion saine et une démocratie respectée, favorisant l’expression des différents courants politiques du pays et une concertation entre eux pour proposer et valider les réformes, garantissant un meilleur consensus et une adhésion de la population, donc une paix sociale, tout en relançant l’économie et sa croissance.

Or, c’est justement ce type de modèle que propose le centre, représenté par François Bayrou. Et il ne s’agit pas seulement de défendre des valeurs où l’homme est remis au centre des priorités, tout en préservant la croissance des entreprises, l’ordre et une gestion saine des finances publiques, mais il s’agit également de préserver la démocratie et de proposer une nouvelle façon de gouverner où la représentation des différents courants politiques est garantie, où un consensus est assuré, où la population est responsabilisée et impliquée.

Alors que Sarkozy représente le modèle anglo-saxon ultra-libéral justement rejeté chez nos voisins. Bien qu’il essaie de combler son excès d’autorité par une apparente sympathie et son accaparation du pouvoir par une illusoire invitation à sa majorité d’un pôle du centre et même d’un pôle de gauche, sa proposition de réforme des institutions est très timide comparée à celles de François Bayrou et de Ségolène Royal pour garantir la représentation parlementaire, et la connivence qu’il entretient avec le monde financier et des médias ne sera que renforcée, menaçant gravement notre démocratie.

Ségolène Royal de son côté, a tenté de promouvoir un modèle « scandinave » mais dans une société qui n’est sans doute pas prête à fonctionner ainsi, la représentation syndicale étant très faible, l’assistanat et la déresponsabilisation face à un Etat trop coûteux ayant gangrené le système. Elle a été tiraillée d’un côté entre cet appel au centre, dévoilant entre les deux tours une soudaine sympathie pour François Bayrou et ses idées, les encouragements des rénovateurs, de Bernard Kouchner, Michel Rocard, Claude Allègre, des Gracques, du mouvement Spartacus, et de l’autre côté  les rappels à l’ordre des éléphants conservateurs (Hollande, Jospin, Fabius, Emmanuelli, Mélenchon…). Le PS n’est pas uni comme il veut faire semblant de l’être. Il y a bien en son sein un courant proche du « centre », social-démocrate et européen, dans le même courant que François Bayrou, et également un courant conservateur dépassé, anti-européen, croyant en un Etat omnipotent qui peut tout régenter et se financer par l’impôt et la dette.

Ce courant du « centre », que l’on baptise maintenant plus volontiers « centre-gauche », existe bel et bien. Les médias cherchent à l’étouffer (mais vous savez qui tient ces médias !). La majorité des élus centristes UDF a soutenu le vote Sarkozy après le 1er tour, sans même d’ailleurs attendre l’issue des débats Royal-Bayrou et Royal-Sarkozy. Car on sait que leur réélection aux prochaines législatives dépend de la concurrence d’un candidat UMP, et Sarkozy ne cache même pas le chantage qui leur est fait. Ils font croire que Bayrou a dérivé de sa ligne politique initiale, vers la gauche, justifiant ainsi leur ralliement à la « majorité présidentielle ». Or, Bayrou a parfaitement gardé la ligne de son discours, qui était déjà critique à l’égard de Sarkozy avant le 1er tour, quand ses élus le soutenaient en ce sens, Hervé Morin et Maurice Leroy les premiers. Le fait d’annoncer la création d’un nouveau parti pour succéder à l’UDF, plus ouvert à la fois à droite et à gauche (mais on l’a compris, surtout plus à gauche), et sans doute d’envisager une alliance avec le PS, voire des désistements réciproques aux législatives, imposait aux élus UDF d’officialiser leur choix et de saisir rapidement la proposition de Sarkozy. C’était programmé par l’UMP pour opérer une désertion en rase campagne des fidèles de Bayrou et affaiblir ce dernier aux législatives. C’est sans compter sur la résistance du Béarnais, et surtout le soutien et l’adhésion de ses électeurs qui, loin d’être des citoyens hésitant entre la soi-disant droite et la soi-disant gauche, ont entendu le projet d’espoir réaliste et démocratique qui leur était proposé et ne souhaitaient pas cette façon de gouverner de Sarkozy ni le projet du PS, même si le 2ème tour leur imposait de faire un choix cornélien !

Bayrou a en ce moment la meilleure cote de popularité (65% des Français souhaitent le voir jouer un rôle important dans la politique française, devant Sarkozy à 56% et Royal à 52%), il aurait, d’après les sondages, emporté la victoire au second tour à 55% à la fois contre Royal et contre Sarkozy s’il avait accédé à ce second tour. Ces chiffres prouvent qu’il aurait été le meilleur consensus pour satisfaire l’ensemble des français ou faire moins d’insatisfaits.

Si le PS avait fait sa révolution culturelle avant l’élection présidentielle et que les sociaux-démocrates du PS avaient rejoint Bayrou, ce centre démocrate aurait gagné l’élection. Il n’est pas trop tard pour les législatives. Mais le PS, déchiré en interne et désireux de garder bonne figure, va probablement essayer de montrer qu’il se rénove en proposant de créer un vaste rassemblement de la gauche et du centre au sein d’un parti vraiment « social-démocrate », comme le prône Pierre Moscovici.

François Bayrou réussira-t-il son pari de créer son nouveau Mouvement Démocrate sans aucun député sortant ? Ce mouvement sera-t-il nourri d’une part importante venant du PS ? L’UDF va-t-elle éclater, aspirée en partie par l’UMP et en partie par un PS « rénové », être englobée dans le Mouvement démocrate ou disparaître tout simplement ? Ceci avant l’échéance des législatives ou après, le deuxième tour donnant lieu éventuellement à des accords de désistement réciproques sur de nombreuses triangulaires (entre 400 et 500 sur 577 !) qui pourraient rendre possible, grâce à une alliance, une victoire de ce parti démocrate ou de l’association de ce parti et du PS, face à l’UMP. L’UMP, n’ayant pas la majorité parlementaire, pourrait devoir composer avec ces nouvelles forces alliées ou associées et le gouvernement se retrouver de fait obligé à l’union nationale, comme chez nos voisins,…avec Bayrou comme premier Ministre ?

 
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