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30/05/2010

Selon François Bayrou, la réforme des collectivités territoriales est anticonstitutionnelle et annonce un grand désordre

Décidément, jamais le mot le plus long de la langue française, ANTICONSTITUTIONNELLEMENT, n'aura tant qualifié un gouvernement que sous la Présidence de Nicolas Sarkozy : Hadopi, Burqa, ou des sujets annoncés incompatibles avec le droit européen (suppression du juge d'instruction, justice et médias sous l'emprise de l'exécutif ...) et maintenant ce nouveau sujet de la réforme des collectivités territoriales. C'est ce que dénonce François Bayrou à la tribune de l'Assemblée nationale jeudi dernier, à propos du mode de scrutin proposé, de même qu'il énonce les défauts intrinsèques de contenu de cette loi sur le statut des métropoles, vidant de leur substance les compétences des régions, départements et communes pour créer des gros machins, sortes de conglomérats concentrés et superpuissants dominés par quelques élus au superpouvoir (dans la même logique que le Grand Paris qui permet à l'Etat de faire une OPA sur la région Ile de France et prévoit de s'imposer aux communes en préemptant les terrains autour des gares pour financer le projet par des opérations immobilières), déconnectant encore plus les citoyens d'élus de proximité en prise avec les réalités du terrain et les problèmes de désertification des campagnes et des territoires, de cette intimité qui relie encore les gens de la vraie vie, dans les campagnes, dans les petites et moyennes communes, à la vie démocratique et à la confiance qu'ils peuvent encore avoir en l'Etat, en leurs institutions.

Les Français devraient s'intéresser de plus près à ce sujet de la réforme des collectivités territoriales qui paraît technique, ou du moins technocratique et rébarbatif. Cette réforme voulue par le gouvernement, fusionnant la direction de la région et de ses départements (les élus territoriaux siégeant à la fois au Conseil régional et au Conseil départemental) est motivée au départ (affichage d'un voeu vertueux) par un double objectif , que François Bayrou a lui-même le premier appelé de ses voeux dans son programme présidentiel :

- une optimisation de la gestion des territoires : le cloisonnement entre la gestion de la région et du département est absurde. Les deux institutions s'occupent de problématiques locales ayant trait au développement économique, social, culturel, des infrastructures de transport, des équipements sportifs et éducatifs (par exemple les lycées gérés par la région et les collèges par le département),

- une économie d'élus (3000 au lieu de 6000), réduisant les dépenses de l'Etat.

Seulement voilà. Le gouvernement veut en profiter pour changer le mode de scrutin des élus, généralisant le scrutin majoritaire à deux tours, qui est actuellement celui des Conseillers généraux (du département), alors que le mode de scrutin actuel de la région, est proportionnel (avec prime majoritaire de 25% au gagnant), basé sur des listes de partis concurrents, respectant la parité par alternance femme-homme, sur lesquelles sont élus dans l'ordre en proportion des voix, les représentant du peuple. Aujourd'hui environ 1/3 des élus territoriaux sont des conseillers régionaux élus sur ce mode et 2/3 sont des élus départementaux élus selon le scrutin majoritaire à deux tours, qui ne permet ni d'assurer la parité femme-homme, ni la représentation pluraliste des différents partis car c'est en général toujours les deux partis majoritaires qui emportent les sièges. La proposition du gouvernement est donc une régression, qui va à l'encontre de la constitution, de l'article 1 (parité, accès égal aux hommes et aux femmes aux fonctions électives) et de l'article 4 (pluralisme), comme le rappelle François Bayrou.

Comme le résume François Bayrou : "Le culte, l’obsession majoritaire conduit en réalité à la dictature des majorités sur les minorités."

Cette approche concentrationnaire est subie tant par les partis minoritaires, les petits territoires, les petites villes ou petites communes, les petits commerçants face à la grande distribution, les PME face aux puissances financières du CAC40 ...

Citoyens, réveillez-vous, secouez-vous, alertez vos élus députés et sénateurs sur cette dérive de nos institutions, de moins en moins démocratiques, de moins en moins représentatives, de plus en plus éloignées de leur base !

 

15/05/2010

Comment réduire le déficit public à 3% d’ici 2013 ?

Réduire le déficit public de la France de 8% actuellement (140 milliards) à 3% du PIB en 2013 (50 milliards à PIB constant), revenant au niveau de 2007, c’est l’objectif annoncé par François Fillon[1] la semaine dernière pour «assurer la crédibilité de notre stratégie de redressement des comptes publics» vis-à-vis de l'Union européenne. Ce qui nécessite soit des coupes drastiques dans les dépenses de l’Etat, soit une hausse des recettes (des impôts), ou une combinaison des deux.

 

« Rigueur » ou « cure d’austérité », peu importe les termes, qui signifient la même chose : il va falloir se serrer la ceinture. Le gouvernement a choisi de geler et même de réduire les dépenses de l’Etat, notamment dans les dépenses d’intervention à caractère social, sans néanmoins toucher au bouclier fiscal ni augmenter les impôts. Combien de temps tiendra-t-il ? Comment pourra-t-il demander des efforts à l’ensemble des Français et surtout aux plus défavorisés, réduisant les aides sociales, sans demander aux plus aisés de contribuer à cet effort ?

 

Voici le plan du gouvernement (annonces de François Fillon) :

 

«Les dépenses de fonctionnement courant de l'Etat diminueront de 10% en trois ans, avec une baisse de 5% dès 2011». Pour y parvenir l'Etat compte «adopter d'ici à la fin de l'année un programme de cinq milliards d'euros d'économies sur deux ans en réduisant les niches fiscales et sociales».  De même, «la politique de non remplacement d'un départ à la retraite sur deux sera poursuivie dans la Fonction publique». Enfin, les aides économiques, les aides à l'emploi et les aides sociales, seront soumis à «un réexamen». Dans la lettre de cadrage qu'il a envoyée à tous les ministères, François Fillon exige une baisse de 10 % en valeur des dépenses d'intervention sur la période 2011 à 2013[2]. Ces aides étant de 67 milliards, une économie de 10% correspond à environ 6 à 7 milliards. Ces dépenses concernent des exonérations de charges ciblées, aides au logement, RSA, contrats aidés…) et des subventions (culture, transports notamment). Le gouvernement a assuré ne pas vouloir toucher aux critères d’attribution du RSA mais Bruno Lemaire est revenu sur ses promesses d’aides aux agriculteurs …

On voit bien que pour arriver à une économie de 90 milliards par an de dépenses, le compte n’y est pas encore …

 

Maintenant examinons des sources d’économie ou de recettes, avec notre propre vision :

 

-         suppression du « paquet fiscal » de la loi TEPA : 13 milliards (dont 0,5 au titre du bouclier fiscal)

-         suppression ou plus sévère plafonnement des niches fiscales : sur un total de 75 milliards, le gouvernement n’annonce qu’une réduction de 5 milliards. Nous pourrions peut-être aller jusqu’à 50, non ? Rien que la "niche Copé" à elle seule, qui défiscalise les plus-values de cession de part de filiales des grandes entreprises, permettrait de gagner environ 10 milliards par an, le coût des 35 heures (éxonérations de charges des grandes entreprises notamment), les 3 milliards correspondant à la baisse de TVA sur la restauration et l’hôtellerie qui n’ont finalement créé aucun emploi,…

-         suppression des paradis fiscaux et intransigeance à l’égard de l’évasion fiscale et la fraude fiscale en général, qui est estimée entre 30 et 50 milliard par an[3]. Ne peut-on pas en récupérer la moitié en mettant en place une politique beaucoup plus sévère ? Les américains ont prévu en 2010 de récupérer environ la moitié de cette évasion, avec en plus des arriérés. Faisons de même, ce qui permettrait de récupérer entre 15 et 25 milliards !

-         revue à la baisse de nos dépenses militaires : nous dépensons 2 milliards de plus relativement à ce que dépensent l’Allemagne ou la Grande Bretagne,

-         réduction du train de vie fastueux de l’Elysée (hausse inconsidérée des dépenses de communication et de voyage), notamment le non remplacement de l’avion présidentiel qui coûte une fortune (coût de l’avion entre 100 et 300 millions d’euros, sans compter le coût de près de 30 millions pour son aménagement intérieur) ; même si cela pèse peu sur le total, une réduction de ces dépenses aurait valeur d’exemple,

 

Si je compte bien, rien que ces solutions nous permettent d’atteindre le chiffre de 90 milliards d’euros de réduction de déficit, sans couper dans les dépenses sociales ni même poursuivre le non remplacement de 1 fonctionnaires sur 2 partant en retraite, notamment dans des domaines comme l’éducation, la police et la justice !





[3] La fraude fiscale coûte à la France entre 30 et 40 milliards d’euros d’après le Conseil des prélèvements obligatoires en mars 2007 – et peut-être plus de 50 milliards d’euros d’après le Syndicat national unifié des impôts (Snui). C'est 10% des recettes fiscales et l’équivalent du déficit budgétaire !

 

12:13 Publié dans Finance | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : déficit public, france, rigueur |  Facebook | | |

09/05/2010

L’épargne privée au secours de la dette publique ?

 

L’épargne privée au secours de la dette publique ?

 

Plutôt que célébrer la victoire du 8 mai 1945, rendons hommage aujourd’hui à Lavoisier, cet éminent agronome, philosophe, chimiste et économiste aussi, guillotiné le 8 mai 1794 par les révolutionnaires, sous la Terreur.  On lui attribue la maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », qui en fait est la reformulation d'une phrase d'Anaxagore de Clazomènes, philosophe présocratique (premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide comme élèves) : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

 

Si Lavoisier et Anaxagore pouvaient observer la crise financière actuelle, ils pourraient valider leur théorie sur le plan économique, au sujet de la dette, dans la globalisation, avec la séquence suivante :

1-     la dette privée des subprimes aux Etats-Unis s’est transmise aux banques par la titrisation,

2-     la dette privée des banques a été ensuite transmise à des Etats qui, en renflouant ces banques ainsi qu’en finançant des plans de relance à l’économie souffrant des conséquences de la crise, notamment du financement, ont financé ces dépenses par du déficit public, incrémentant la dette publique,

3-     la dette publique d’Etats emprunteurs, comme la Grèce, se transmet ensuite à d’autres Etats qui financent les premiers qui ont du mal à trouver prêteurs ou à un taux prohibitif, en empruntant eux-mêmes, en creusant leur propre déficit.

4-     Et maintenant que tous les Etats pratiquement sont endettés (la dette publique de la zone euro s’élève fin 2009 à 78,7% du PIB comme le montre Eurostat), interrogeons-nous sur les nouveaux créanciers de ces Etats …

 

Je posais déjà le problème il y a plus d’un an dans cet article faisant le bilan financier mondial de la crise et les conséquences, les leçons à en tirer. Je faisais remarquer que « L’émission massive de dette publique va ponctionner des liquidités sur les marchés financiers. Les fonds souverains ne pourront pas l’absorber, ayant eux-mêmes subi des pertes. » et aussi que « Les bons du Trésor et obligations d’Etat vont donc être achetés par des acteurs investisseurs, particuliers et banques (en partie via des fonds) à la recherche d’investissements sûrs, en remplacements d’actifs moins sûrs, d’actions et d’obligations privées… »  

… « Nous assistons dans un premier temps de la crise à une baisse des taux, favorisée par les banques centrales, au risque de provoquer comme l’a connu le Japon dans la décennie 1990 une « trappe à liquidité » (la notion de trappe à liquidité apparaît avec Keynes et désigne une situation où la politique monétaire n’est d’aucun recours pour stimuler l’économie). Puis au fur et à mesure des émissions massives d’emprunts d’Etat (bons du Trésor et obligations d’Etat) et du phénomène de tension sur les taux bancaires et obligataires du fait de la demande des entreprises en financement, ainsi que de la concurrence entre les différents emprunts publics, les Etats vont devoir émettre de nouveaux emprunts à des taux plus élevés, ce qui risque de dégrader sur le marché secondaire la valeur boursière de la dette publique déjà émise à des taux plus faibles, obligeant les banques centrales à soutenir ces dernières en achetant des bons du Trésor et obligations d’Etat (c’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer la Fed). Ce qui revient à de la pure création monétaire, s’ajoutant à celle induite par la hausse des encours de crédits bancaires. On risque alors, après une première période de déflation, d’entrer dans une période d’inflation et même d’hyper-inflation, qui du reste serait une manière de déprécier la dette des Etats, leur permettant de la rembourser plus facilement  plutôt qu’en augmentant les impôts. »

 

Nous y sommes donc. Les taux se tendent sur les dettes souveraines, d’une part par le double effet de la demande conjointe des Etats sur les marchés face à une offre constante de liquidités, d’autre part pour rémunérer le risque croissant pris par l’emprunteur sur des Etats désormais suspectés de pouvoir faire faillite, avec un effet domino.

 

La Grèce accuse un déficit public record de -13,6% et une dette publique de 115,1% en 2009. Son cas est aggravé par la spéculation qui accentue toutes les tendances haussières ou baissières (les marchés jouant un rôle déstabilisateur plutôt que autorégulateur).

 

Fin 2009, la dette publique de la France s’élève à 1457 milliards d’Euro (77,6% se son PIB, 84% étant anticipé en 2010) et son déficit public à -7,5% du PIB. Or la dette publique française est par ailleurs plutôt sous-estimée, comme le rappelait le rapport Pébereau en 2005, car elle ne comprend pas les factures impayées et autres créances diverses qui sont pourtant aussi dans le passif comptable. Elle ne tient pas non plus compte des engagements hors bilan selon la norme comptable adoptée (une autre norme comptable du privé imposerait de les inclure dans le bilan) incluant, entre autres engagements réels de l'État, les retraites des fonctionnaires non financées qui représentent des engagements des administrations publiques, estimés à environ 900 milliards d'euros. Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique, l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette compris entre 790 et 1 000 milliards d'euros[3]. Si l’on intégrait ce montant, la dette publique serait de 2500 milliards d’euros, soit 134% du PIB ! Imaginez que le FMI ou la BCE demande à la France de rectifier ses comptes en provisionnant les retraites des fonctionnaires ! On dirait que comme l’Etat grec, la France a maquillé ses chiffres et la note de la France plongerait soudain … Il serait très intéressant d’ailleurs de savoir si les autres pays européens ont provisionné les retraites de leurs fonctionnaires. Sachant que pour ceux qui fonctionnent en retraite par capitalisation, l’abondement du fonds qui sert à générer le revenu des retraites est compris dans la dette publique, comme aux Etats-Unis (c’est, je crois aussi, le cas du Royaume-Uni).

 

En juin 2009, le rapport annuel de la Cour des comptes[1] sur la situation et les perspectives des finances publiques souligne le risque d'« emballement de la dette » conduisant notamment à une possible « remise en cause de la signature de la France ».

[

Cependant, il y a des cas apparemment pires que la Grèce et la France. Au Japon[2], l'endettement public devrait dépasser cette année les 200% du PIB et son déficit public en 2009 est à un niveau de 10%.  Mais l'un des points forts du Japon est que sa dette est détenue à plus de 93% par des investisseurs japonais, notamment la Banque de la Poste du Japon. Autrement dit la majorité de la dette publique est détenue par les japonais eux-mêmes, qui ont un taux d’épargne très important (17% fin 2009). Au Japon[3] la poste est une gigantesque machine à transformer l'épargne privée en dette publique. 80% de l'épargne de ses clients (dépôts postaux) est réinvesti dans la dette publique. Donc le risque de défaut de l’Etat nippon est faible, donc les marchés sont rassurés.

Qui détient la dette publique ? Là semble donc être la clé de la confiance que les marchés ont en cette dette, ainsi que de l’effet transmetteur de la dette, selon le principe de nos amis Anaxagore et Lavoisier.

Pour s’endetter, l’Etat émet sur les marchés financiers des obligations OAT ou des bons du Trésor. Ces titres sont achetés par d’autres agents (assurances, établissements de crédit, organismes communs de placement, non-résidents...).  Sur le site de l’Agence France Trésor (AFT), qui gère les émissions d’obligations OAT et de bons du Trésor de l’Etat français, on voit[4] que deux tiers de notre dette est détenu par des non résidents (25 % pour les Etats-Unis (en 2007), quasiment nulle au Japon. D’ailleurs quand on dit que la Chine finance la dette des Etats-Unis, c’est largement exagéré : les non-résidents représentent un quart des détenteurs, et parmi eux la Chine arrive en tête avec un quart de cette part, soit au total (un quart de un quart) soit un peu plus de 6 %). Le site de l’AFT[5] indique aussi que 34% de la dette publique française est détenu par des assurances et établissements de crédits nationaux et 6% par des OPCVM ou « autres », c'est-à-dire des épargnants français. Comme le remarque Philippe Herlin[6], « jusqu’ici tout va bien et nos émissions obligataires sont largement souscrites. Mais si une défiance envers la signature de la France venait à apparaitre, cela nous mettrait immédiatement en situation de faillite puisque notre économie ne pourrait pas suppléer d’un coup à ces investisseurs étrangers. Il y a donc ici une fragilité très grande qu’il faut prendre en compte, au-delà du montant de la dette. »

Une dégradation de la note de la France peut déclencher la rupture de confiance des investisseurs dans le monde.

Pour sécuriser la dette publique française, on peut donc se demander si, par acte patriotique ou par intérêt, les Français seraient prêts à souscrire ces bons du trésor, à l’instar des citoyens nippons, soit directement, soit via l’épargne collective en OPCVM (SICAV et FCP).

Intéressons-nous donc au taux d’épargne des ménages en France. Il est particulièrement élevé comparé à la zone euro. Ci-dessous comparaison avec quelques pays européens en 2007 (chiffres Eurostat) :

 

Chiffres 2007 UE France Danemark Finlande Suède Norvège
Taux Epargne des ménages 10.75 15.34 5.13 6.38 11.72 4.64

Allemagne Espagne Italie Royaume-Uni
16.69 10.23 14.53 2.46

Il s’est accru semble-t-il avec la crise, passant à 17% fin 2009, un record depuis la fin de l’année 2002[7] (13,3 en UE et 15,1 en zone euro[8]). Malgré la stagnation de leurs revenus, les Français n'ont jamais autant épargné depuis sept ans, une "épargne de précaution" sur laquelle ils préfèrent miser face à la hausse du chômage. Eric Heyer, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), explique à l’AFP que « face à la hausse du chômage et même s'ils ne sont pas directement touchés, les Français ont tendance à faire de "l'épargne de précaution". A l'inverse, entre 2002 et 2008, quand le chômage avait reculé, le taux d'épargne avait baissé ». Les Français ont d'ailleurs plébiscité cette année les placements les plus sûrs, souvent moins rémunérateurs, comme le livret A et l'assurance-vie.

Ce comportement validerait la théorie économique de l’« équivalence ricardienne [9]». Selon ce théorème, « il y aurait, sous certaines conditions, équivalence entre l'augmentation de la dette publique aujourd'hui et l'augmentation des impôts requise demain pour le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. Si les agents économiques  se comportent de manière rationnelle, une politique de relance (distributions de revenus financée par la dette publique) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser (augmentation des taux d'épargne), en prévision de hausse d’impôts future. »

Une étude de la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique (DGTPE) a suggéré que les ménages de la zone euro et en France, pouvaient suivre un comportement ricardien : « une hausse de 1 point de PIB du déficit public structurel serait compensée par une augmentation de 3/4 de point de PIB de l'épargne privée, ce qui serait cohérent avec un comportement largement ricardien des ménages de la zone euro. »

Ainsi, il existe un équilibrage naturel qui consiste à financer la dette publique par l’épargne privée, cette dernière étant encline à le faire en tant de crise qui implique une augmentation de cette dette publique. Ce qui transfère finalement le risque sur les ménages … leur capacité d’épargne, de financement, de renouvellement de l’encours de dette publique. En effet, si avec la crise  leurs revenus stagnent ou baissent, ils n’auront pas une capacité croissante d’épargne. De plus ils vont substituer ce placement à d’autres placements sans doute moins sûrs (actions, obligations privées, immobilier,…) et à la consommation, ce qui accentuera les problèmes de l’économie par ailleurs.

On peut continuer la chaîne à l’infini. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme … »

        



05/05/2010

François Bayrou sort de son silence : Grèce et Europe, dette publique, retraites, burqa ...

Enfin, François Bayrou sort de son silence depuis les Régionales ! Il était l'invité ce mercredi de la matinale de France Inter.  

 

Le Président du Mouvement Démocrate a répondu aux questions relatives à la situation de la Grèce, de l'état des finances en France et des perspectives pour résoudre la crise qui affecte le pays.

Il a également donné son point de vue sur la législation relative au port du voile intégral, mais aussi sur les élections législatives en GrandBretagne et l'émergence d'un "troisième homme" en la personne de Nick Clegg, leader des Lib-Dem.

 

1ère partie :  http://www.dailymotion.com/video/xd6vx1_francois-bayrou-f...

 

François Bayrou s'exprime sur la Grèce et les problèmes du décifit, de la dette publique. Et l'effet domino de la crise en Europe. Comme la Grèce, la France est un des dominos. La Grèce est le premier touché mais la France fait partie de la chaîne, et la France a moins de "réserves" que la Grèce, ayant un taux de prélèvements obligatoires (Taxes et charges sociales) un des plus élevé d'Europe (45%) alors que celui de la Grèce s'élève à 32% et en plus 30% de l'économie de la Grèce est "au black" donc non soumis à taxes ni à charges, donc il y a une marge possible d'augmentation des prélèvements (sans compter une réduction des dépenses d'armement les plus élevées d'Europe du fait du conflit sur Chypre ...). Il est urgent de rééquilibrer les comptes, en diminuant les dépenses, en trouvant de nouvelles ressources auprès de groupes favorisés qui n'ont aucune raison de ne pas participer à l'effort (suppression du bouclier fiscal et d'avantages fiscaux) et surtout aussi en créant plus de richesses, en développant l'emploi, en redéployant des secteurs de l'industrie...

 

2ème partie :  http://www.dailymotion.com/video/xd6w9p_francois-bayrou-f...

 

François Bayrou est convaincu que pour sortir de ses graves problèmes, notre pays doit se rassembler en un point d'équilibre au centre plutôt que continuer le combat droite-gauche stérile, rassembler les "réformistes" de la gauche, du centre et de la droite républicaine, pour travailler sur un "réformisme dans le sens de l'intérêt général" plutôt que "au service de groupes particuliers". Oui la réforme des retraites est indispensable, à la fois en trouvant de nouvelles ressources, en élargissant des bases de cotisation, ce qu'il a discuté récemment avec les syndicats, et aussi en tenant compte de l'allongement de la durée de vie (1 trimestre par an !), donc de la durée des cotisations et de l'âge de la retraite tout en tenant compte des spécificités des carrières longues.

Concernant l'Europe et l'aide à la Grèce, nous aurions dû avoir un Fonds Monétaire Européen plutôt que faire appel au FMI et nous n'aurions pas dû faire de l'argent en sauvegardant un membre de la famille (en prêtant à 5% et en se refinançant à 3,28%, alors que le FMI prête à 3,75%)...

 

Quant à la Burqa, c'est une erreur de faire passer ce texte en urgence, alors qu'il aurait dû suivre la procédure parlementaire normal, avec un débat, normal sur un sujet de société. Il y aurait eu consensus sur un texte qui est raisonnable (principe de montrer son visage dans un espace public).

 

01/05/2010

Zahia Dehar, un joli symptôme de notre laid modèle de société

Zahia dehar une de Match.JPG« Zahia la scandaleuse », « Zahia qui a fait tomber les bleus », « le cadeau d’anniversaire de Ribery » … fait la une des magazines people cette semaine. La brigade cherche les coupables : clients abusant d’une mineure, proxénète en profitant, les médias faisant la une sur un scandale, l’équipe des bleus est déstabilisée, … Mais le vrai coupable n’est-il pas ce modèle de société, qui valorise quotidiennement à la télévision comme dans les magazines, les valeurs du sexe et des paillettes, le star system, le fric et le toc ?

 

Prostituée ? Non, « escort-girl » dit-elle. Mineure ? Non, j’avais 16 ans, je pensais que je n’étais plus Zahia-Dehar-VSD-1705-01-400x499.jpgmineure, dit-elle aussi … Quel délit ? Pour Ribery et Benzema, « Sollicitation de prostituée mineure », passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende (si les joueurs connaissaient son âge … ce qui ne paraît pas être le cas). Quant à Abou Sofiane, interpellé pour proxénétisme aggravé, est-il vraiment proxénète ou « intermédiaire rémunéré pour service, mise en contact » ? Telles sont les questions qui font la une des journaux et aucun, je dis bien aucun, ne pose le problème sur le fond : comment cette jeune fille, libre, consentante et décomplexée, en est arrivée là ?

 

Zahia hehar.jpgMontrée par les médias comme provocante et vénale, Zahia est en fait une ravissante jeune fille timide et plutôt innocente, adorable, de surcroît gracieuse et charmeuse, qui a découvert assez tôt les plaisirs du sexe et surtout la fascination qu’il exerce sur les hommes, le pouvoir qu’il confère aux femmes sur les hommes, puis l’argent facile, en tout cas quand on est bien dotée par la nature …

 

 

 

Zahia était dans la classe de mon fils en 5ème et sa famille réside dans mon quartier. Très jolie, elle faisait déjà des photos de mannequinât. Dès l’année suivante, elle ne cachait pas non plus à ses camarades qu’elle avait des activités sexuelles et qu’elle y prenait goût. Son rêve ? Côtoyer des stars, l’argent facile, c’est tout simplement ce que véhiculent en permanence nos médias et en particulier la télévision. La reconnaissance sociale passe par l’argent et le star system (émissions comme  « La nouvelle Star »), la beauté des femmes est stéréotypée et appelle les jeunes filles à s’y conformer (cheveux décolorés, poitrine siliconée, maigreur anorexique,…), le culte du sexe et du plaisir sexuel sans complexe est montré comme une valeur de nos temps post-modernes.

 

Zahia est en fait un pur produit de cette société. Elle n’a fait que répondre aux appels et aux sollicitations permanentes, aux nouvelles valeurs de notre temps. En toute innocence et franche naïveté, à tel point qu’elle n’a pas l’impression d’être une prostituée (préférant le terme « d’escort-girl ») même en tarifant ses faveurs, puisque c’est de son propre gré et que les clients viennent à elle sans qu’elle ait besoin de les solliciter. Elle n’avait pas non plus la conscience d’être mineure et donc dans l’infraction, croyant que la majorité était à 16 ans !

Certes, on peut aussi se questionner sur les parents, qui laissent une enfant mineure vivre cette vie, dormir on ne sait où, prendre l’avion pour Munich ou Dubaï, se faire refaire la poitrine …

 

Mais surtout, interrogeons-nous sur la raison pour laquelle cette société véhicule ces valeurs ? Est-ce que la résurgence de la burka ou du niqab, du voile intégral, n’est pas simplement une contre-réaction à cette démesure sexuelle ? Pourquoi la télévision est-elle de plus en plus crasse, une telle daube ? Parce qu’elle est plus motivée par l’audience, qui permet les recettes publicitaires notamment. Parce que c’est ce que demande le grand public … Mais est-ce ce qu'il veut pour ses enfants ?

Ceci doit nous faire réfléchir.

 
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