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27/06/2010

Equations économiques : la quadrature de la crise

La compréhension des grands équilibres économiques, de l’interaction des variables mise en équation pour prédire les effets d’événements exogènes ou de politiques publiques, paraît souvent réservée à des experts, incompréhensible pour le béotien. En fait, ce n’est pas si compliqué et fait appel plus au bon sens qu’à une compétence pointue.

 

Je vais essayer de résumer ci-après quelques principes simples et évidents qui vous aideront à comprendre ces mécanismes et donc, à raisonner sur les implications de nos politiques sur la résolution de la crise et des déficits publics.

 

Tous d’abord listons quelques variables en jeu :

 

·        La croissance, exprimée en % du PIB : elle représente la création de richesse supplémentaire, de valeur ajoutée. Cette création de richesse provient soit d’une hausse de demande interne au pays, soit d’une hausse de demande externe (excédent des exportations sur les importations). Elle correspond aussi à des gains soit en salaire, soit en capital ;

 

·        Le déficit public : c’est la différence entre les recettes de l’Etat (essentiellement fiscales) et ses dépenses, qui peuvent être des dépenses de fonctionnement, d’investissement ou de charge financière de la dette (intérêt et remboursement de capital). Selon que l’Etat soit déjà endetté ou au contraire prêteur (certains pays comme les pays exportateurs de pétrole ou la Chine le sont), il est financé par incrémentation de la dette existante, donc un emprunt supplémentaire, ou par décrémentation du solde du fonds souverain ;

 

·        La dette publique : c’est le solde des emprunts en cours de l’Etat, net de leur remboursement. Ce solde est incrémenté par le déficit public. La dette peut être réduite grâce à des excédents publics futurs, générés par des recettes publiques nouvelles, l’impôt induit par la croissance, soit par une augmentation de l’impôt, soit par une diminution des dépenses de l’Etat. La dette publique est financée par un emprunt souverain sous forme de bons du trésor (à court terme, de 3 mois à 2 ans) ou par des obligations d’Etat (OAT en France), en général à 10 ans), le plus souvent à taux fixe. Ces emprunts sont souscrits soit par des institutionnels (fonds OPCVM, compagnies d’assurances, banques), soit par des fonds souverains (Etats en excédent qui placent leurs fonds et leurs réserves de change), soit par des particuliers qui placent leurs économies ou leur fortune. La dette publique de la France est détenue aux 2/3 par des acteurs étrangers (50% en dehors de la zone euro), ce qui la rend sensible aux avis des agences de notation, à la concurrence des autres dettes publiques qui peut faire subir un effet haussier sur les taux. Chaque année, des anciennes lignes tombent à échéance et l’Etat émet de nouveaux emprunts aux taux d’intérêt du moment pour remplacer ces lignes et financer le nouveau déficit public qui a donc incrémenté la dette ;

·        Les recettes publiques, essentiellement les impôts, dépendent directement de la croissance car plus de richesses sont créées, plus les impôts provenant des entreprises augmentent et plus les impôts sur revenus augmentent aussi. Les calculs montrent que en gros il faut pour générer la recette fiscale supplémentaire de x% générer une croissance du PIB double ;

 

·        La balance commerciale : différence entre la valeur des exportations et celle des exportations (en volume on appelle cela les « termes de l’échange »). Il y a un lien direct entre ce solde et le déficit public. Face aux échanges de biens et services, il y a une valeur monétaire. Cette valeur monétaire peut perdre de la valeur (baisse du cours de change) ou en gagner, selon les termes de l’échange avec les autres pays, selon la confiance accordée à la dette souveraine de ce pays, selon les taux d’intérêt de la dette publique de ce pays ;

 

·        L’épargne privée nationale : détenue par les personnes privées et les banques ou entreprises. Elle peut être investie en dette publique (bons du trésor ou obligations d’Etat) ou en obligations privées ou en actions privées, nationales ou étrangères, ou encore en parts de fonds d’investissement (OPCVM : SICAV ou Fonds communs de placements) ou assurance vie ;

·        L’investissement productif : financé soit par l’autofinancement de l’entreprise, soit par émission d’action ou d’obligation (dette) soit par emprunt bancaire ;

 

Rappelons maintenant quelques principes de base. Les économistes aiment raisonner sur l’évolution d’une variable (dite exogène) lorsque les autres restent stables « toutes choses égales par ailleurs »  (ceteris paribus) et les modèles de simulation cherchent à simuler et projeter les impacts de multiples variables. Par exemple :

 

Ø      l’équation de parité entre taux de change, taux d’intérêt et inflation (∆ représente le différentiel, l’évolution) :
∆Taux de change anticipé = -∆Taux d’intérêt - ∆Taux d’inflation
Plus le taux d’intérêt est élevé sur une devise par rapport à une autre, moins le taux de change anticipé contre cette autre devise sera élevé, pour que les investisseurs trouvent l’équilibre. De même, plus l’inflation est élevée, moins le taux de change anticipé sera fort.
Notons même des cas atypique de stagflation (stagnation, récession en même temps qu’une déflation, une inflation négative), comme ce fut le cas au Japon pendant vingt ans depuis le début des années 1990. Le Japon a connu des taux d’intérêts nuls qui se traduisaient en taux d’intérêt « réels «  (hors inflation) positifs du fait de la déflation (inflation négative).

 

Ø      Une hausse de la dépense publique => une hausse du déficit public donc :
- soit une hausse de l’impôt => baisse de pouvoir d’achat donc baisse de la consommation intérieure=> baisse de la croissance => baisse des recettes publiques=> hausse du déficit public …,
- soit un financement par la dette, l’emprunt, ce qui a pour effet de reporter la hausse d’impôt dans le futur, sur les générations à venir,
- soit une anticipation de croissance générée grâce à cette dépense publique si c’est une dépense d’investissement, mais souvent avec un décalage dans le temps.

Ø      Il y a un lien entre la croissance, le déficit public et la dette publique : pour rembourser la dette, il ne faut plus être en déficit et il faut même être en excédent. Pour faire de l’excédent il faut de la croissance. Il existe même des niveaux de dette publique et de déficit où se produit un effet boule de neige quasi irréversible, comme pour une famille en situation de surendettement, où même avec un taux de croissance raisonnable il est difficile de rembourser la dette si sa charge financière croît plus vite que le taux de croissance des recettes publiques, donc de la croissance de l’économie. Les critères de Maastricht, limitant le niveau de dette publique à 60%, du déficit public à 3% et de l’inflation à 2%, ont été établis justement pour cela, pour ne pas tomber dans cette spirale. En fait il serait plus logique d’exprimer les taux de déficit et de dette en fonction des recettes publiques plutôt qu’en fonction du PIB. Avant la crise, en 2007,  la France atteignait exactement ces limites. La charge financière de la dette, rien qu’en intérêts, était de 3% du PIB, équivalente à l’impôt sur le revenu (50 milliards d’euros). Si les taux d’intérêt montent, notamment par l’effet de concurrence entre les dettes publiques qui ponctionnent la liquidité et la méfiance des marchés, cette charge financière peut augmenter d’autant. Il faudrait doubler l’impôt sur le revenu rien que pour absorber un doublement des taux d’intérêt ! Il ne se ferait pas en un an du fait de l’échéancier de renouvellement de la dette, mais on imagine bien les enjeux et l’on comprend pourquoi les Etats endettés sont si sensibles aux marchés, surtout lorsque leur dette est soumise aux marchés (ce n’est pas le cas du Japon dont la dette publique est financée à 95% par les épargnants via les comptes postaux).
En gros, pour pouvoir rembourser un déficit de 3% du PIB, il faut avoir une croissance supérieure à 3% (nous avons vu que en France, pour augmenter les recettes publiques de x% du PIB, il faut générer une croissance double. Il faudrait donc une croissance de 3% pendant deux ans pour générer les recettes remboursant le déficit de 3% réalisé en un an). Or nous atteignons en 2010 un déficit de 9% ! Et la croissance anticipée n’est que de l’ordre de 1 ou 1,5% … Nous sommes de fait dans la spirale, et l’équation de la crise semble bien être une quadrature, pour reprendre l’expression de l’énigme mathématique de la quadrature du cercle, introduite dans l’Antiquité par Anaxagore !

 

Ø      Une hausse de la croissance du PIB peut être répartie différemment, traduite selon les cas en :
- une hausse des salaires, qui profitera à une croissance intérieure par augmentation de la consommation,
- une hausse des salaires mais qui sera thésaurisée en épargne de précaution sans bénéficier à la croissance,
- une hausse des profits des entreprises qui pourront être soit distribués en dividendes aux actionnaires soit mis en réserve pour servie à l’autofinancement de l’entreprise ; Ce bénéfice peut profiter soit à des investisseurs français, soit à des investisseurs étrangers.

 

Par conséquent nous devons nous interroger sur diverses conséquences de la crise et des politiques publiques décidées en vue de l’endiguer, dans ce contexte de mondialisation :

 

 1-     les Etats ont souhaité faire des plans de relance, augmentant les dépenses d’investissement public, donc creusant le déficit, pour empêcher la récession. A présent, ils se rendent compte que les marchés perdent confiance, risquent de douter de la capacité des Etats à faire face au remboursement des dettes publiques (à commencer par le Grèce), donc on annonce des coupes dans les dépenses de l’Etat ou des hausses d’impôt pour réduire les déficits. Ce qui risque d’entamer la croissance par réduction de la demande interne, donc de réduire de fait les recettes fiscales, donc d’aggraver le déficit par un autre côté … 

2-     L’euro baisse par rapport au dollar suite aux annonces des plans de rigueur, d’austérité. Même si c’est bénéfique pour la confiance des marchés, ceci augure une croissance très faible comparée aux autres pays, émergents ou même aux USA, ce qui permet d’anticiper des différentiels de taux d’intérêt (donc de taux de change)  alignés sur ce différentiel de croissance.

3-     Si le taux d’intérêt de la dette publique venait à monter, voir à doubler, du fait d’une perte de confiance, la charge financière d’intérêt de la dette publique serait proportionnellement accrue et, par là, le déficit public. Cette charge d’intérêt était de 3% du PIB, l’équivalent de l’impôt sur le revenu, en 2007. Un doublement des taux d’intérêt, de 4% à 8%, équivaut à un doublement de l’impôt sur le revenu pour compenser le manque à gagner !

4-     Les différents Etats de l’Europe et en général de l’OCDE, ont procédé en même temps à des émissions record de dette publique pour financer les plans de relance. Il se trouve que par chance le contexte était propice à l’épargne, notamment une épargne de précaution (en 2009, le taux d’épargne des Français est passé de 15% à 17%, un des plus élevé). Mais les liquidités ponctionnées par la dette publique viennent en moins sur le financement de la dette privée ou des actions finançant l’économie, ce qui est absorbable en crise quand les entreprises sont en surcapacité de production et investissent moins, mais qui peut à terme perturber l’équilibre de financement de l’économie.

5-     Les pays émergents et surtout la Chine, ont basé leur croissance sur leurs exportations, supérieures à leurs importations. La politique d’arrimage du yuan au dollar (change fixe) leur impose de réinvestir leur excédent commercial en achetant des bons du trésor et obligations souveraines américaines, soutenant ainsi le dollar et permettant de garantir un pouvoir d’achat à ce dernier pour maintenir la demande de biens chinois tout en préservant la valeur des réserves de change chinoises en dollar. Mais une évolution s’opère en ce moment, avec l’amélioration du pouvoir d’achat des Chinois : la croissance peut être de plus en plus stimulée par la demande intérieure et sera de moins en moins dépendante des exportations. La Chine pourra alors décider de laisser flotter sa monnaie, avoir moins d’inconvénient à la réévaluer. Ses importations de matières premières en dollar seraient même moins chères. La Chine ne serait alors plus contrainte de réinvestir ses réserves de change en dollar. Mais ce serait catastrophique pour les Etats-Unis de ne plus trouver l’investisseur dans sa dette publique, ceci la renchérirait (augmentation du taux) et pourrait mener à une grave crise monétaire et financière.

 

 

Quelles que soient les conjectures, c’est bien une augmentation de valeur ajoutée, de richesse, qui permet de créer de l’emploi, de la croissance. Mais la répartition de cette richesse est alors essentielle, car lorsqu’elle bénéficie aux salariés, aux consommateurs, elle stimule la demande, donc la croissance. En revanche, lorsqu’elle bénéficie aux actionnaires, elle ne bénéficie pas à la croissance française si ces actionnaires réinvestissent plutôt à l’étranger. Or, rappelons que 40% investi dans les valeurs du  CAC40 est étranger et que la préférence des investisseurs (même français) va plus volontiers vers les pays émergents dont la croissance est plus forte, donc le rendement des investissements plus élevés), surtout si les pays occidentaux sont en surcapacité de production et ont une faible demande d’investissement.

 

Il est donc évident qu’il vaut mieux rééquilibrer la répartition de la richesse vers les salariés-consommateurs que vers les actionnaires. Soit en augmentant les salaires, soit via une réforme fiscale visant à taxer le profit distribué en dividendes ainsi que les plus-values en capital et à diminuer les taxes et charges sociales sur les entreprises (améliorant leur compétitivité) et sur les revenus des classes moyennes. Patrick Artus et Marie-Paule Virard arrivent à cette conclusion dans leur dernier livre paru en mai 2010 « Pourquoi il faut partager les revenus, le seul antidote à l’appauvrissement collectif ».

C’est un impératif d’intérêt général pour le pays.

 

 

26/06/2010

Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

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Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

Résolution du Conseil National du Mouvement Démocrate

Adoptée le 26 juin 2010

 

 

1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée.

Il s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques. Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous, ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en danger.

 

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une conquête de la production et donc d’une reconquête du travail tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail.

L’absence d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes échoueront.

 

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme ne peut éviter de répondre au défi démographique.

C’est le rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

 

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans.

Si on choisissait de ne jouer que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

 

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la réforme soit acceptable par les Français.

La première, c’est l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

 

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à unei nvalidité constatée de 20 % donnant lieu de surcroît au versement d’une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail n’est pas recevable.

Pour nous, la pénibilité doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques qu’elles font encourir à leurs salariés ce qui entraînera une évolution vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter la prévention.

 

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non !

Ce sont les salariés les plus fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite un très grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent assumer la charge de leurs ressources.

 

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice très attendue des Français : l’égalité devant la retraite.

L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ; fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour l’avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée, l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âge légal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion, « retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être

l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

 

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation.

En particulier « l’augmentation » de 1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés, épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui

doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste, proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie exonérés.

 

 

 

23/06/2010

François Bayrou : "face aux dérives, il est urgent de refonder le modèle républicain"

François Bayrou était ce matin l'invité de France Info.

Une semaine de dérives et de naufrage". constate-t-il au lendemain du dernier match des Bleus. Le problème, c’est un problème de comportement, "les valeurs humaines n’ont pas respectées". Symptomatique d'un "modèle de société dans lequel la France s'est égarée : trop d’argent, peopolisation à l'excès, un faux star-system..." Alors que la France s'est construite sur un modèle contraire à celà. Il faut mettre de la "une dose élémentaire de morale" dans le football.

De même devant les manquements, dérives et accumulations de privilèges, qui sont dévoilés par la rare presse encore indépendante (Le Canard Enchaîné, Mediapart,...), il est urgent et indispensable d'agir "pour une république irréprochable". Il y a un "bloc républicain à reconstruire" : 

  • - interdiction du cumul des rémunérations et des retraites chez les élus et ministres, ce qui serait le début de l'arrêt du cumul des mandats (affaire Boutin)
  • - prudence élémentaire pour éviter les conflits d'intérêt, le mélange des intérêts publics et des intérêts privés (affaire Woerth-Bettencourt). Le pouvoir républicain devrait être insoupçonnable.
  • - indépendance de la justice, du parquet, à l'égard de l'exécutif (les écoutes révélées par Mediapart dans l'affaire Bettencourt laisse penser que l'exécutif agit sur la justice).

François Bayrou revient sur la visite de Nicolas Sarkozy dans les Pyrénées-Atlantiques, hier, à l’occasion de l’inauguration d’une usine de turbines. A ceux qui font croire à un "rapprochement", voire des "retrouvailles" entre les deux hommes, il rétorque qu'il n'en est rien, que n’est pas "une manœuvre politique". Il rappelle qu'il a rencontré le président de la république à propos des retraites, pour faire passer des idées, notamment celle de ne pas toucher au filet de sécurité des 65 ans où on peut prendre sa retraite sans pénalisation (il n'a pas été entendu). Ensuite, au sujet de cette dernière rencontre à l'occasion de la visite de Turbomeca pour l'inauguration de la 1ère usine de fabrication de moteurs d'hélicoptère au monde, c'est parfaitement normal que le président de la république  s'y soit déplacé ainsi que lui-même, député de cette circonscription.

Sur la question d’une alliance avec Dominique de Villepin, François Bayrou ne répond pas sur le terme "alliance", mais dit que "Tous ceux qui voudraient reconstruire le bloc républicain ont quelque chose à faire ensemble, on doit se parler, c’est une grande famille."

22/06/2010

Affaire Woerth-Bettencourt : Copé collé !

cope-84ae1.jpgCe matin, l'invité de la matinale de France Inter était Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, député-maire de Meaux et de surcroît exerçant encore la profession d'avocat pour arrondir les fins de mois. Video ici. L'essentiel de son temps de parole fut consacré à prendre la défense d’Eric Woerth, dénonçant un complot construit sur des amalgames en vue de s'attaquer à une personnalité politique. En effet, toute cette polémique est basée sur des extraits d'écoutes téléphoniques douteuses et illégales et le montage, visant à démontrer par amalgame des liens entre la fonction d'Eric Woerth ministre du budget et celle de son épouse employée à la gestion de fortune de Mme Bettencourt (sans preuve qu'elle s'appliquait à des biens gérés dans des paradis fiscaux), est tout simplement fallacieux.

 

Monsieur Copé est certainement un bon avocat en exerçant ici sa compétence mais fait malheureusement abstraction de toute une vérité à laquelle se doit un parlementaire soucieux du bon exercice de la république et de la démocratie, notamment de la séparation des pouvoirs, de l'interdiction de conflits d'intérêt évidents entre la sphère privée et la sphère publique, comme l'a rappelé François Bayrou hier sur RTL.

 

En effet, même si ces écoutes n'avaient pas eu lieu, ont été tolérées de graves anomalies qui d'évidence démontrent un conflit d'intérêt majeur dans l'exercice des fonctions de Eric Woerth et de son épouse :

 

- Eric Woerth a été nommé ministre du budget en même temps qu'il exerçait la fonction de trésorier de l'UMP. D'une main il recevait et reçoit encore les dons des généreux donateurs, notamment de grandes fortunes amis de N.Sarkozy, de l'autre il collecte l'impôt et peut user de mansuétude aurpès de ces personnes en cas de litige fiscal. Il a même été remercier des généreux donateurs dans un palace en Suisse, comme le décrit cet article. Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français", explique dans l'article un banquier français résidant en Suisse.

 

- Eric Worth, affichant sa volonté de lutter contre les paradis fiscaux, est le premier à avoir accès à cette fameuse liste provenant de HSBC de 3000 comptes en Suisse non déclarés détenus par des Français et il est plus que probable que parmi ces comptes figurent des généreux donateurs de l'UMP, qui attendent une bienveillance à leur égard.

 

- Son épouse, Florence Woerth, a été recrutée par Patrick de Maistre Directrice des investissements de la société Clymène qui gère la fortune de Liliane Bettencourt, elle-même grande donatrice au profit de l'UMP et de la campagne de N.Sarkozy. Ce recrutement a eu lieu alors qu’Eric Worth était déjà ministre du budget, ce qui est de sa part une imprudence déjà impardonnable, car le conflit d'intérêt est manifeste. Le couple Woerth doit se montrer bienveillant à l'égard de Mme Bettencourt non seulement car il est redevable à l'égard de la cliente pour laquelle travaille Florence Woerth, dépendant d'elle financièrement, mais aussi à l'égard de la généreuse donatrice de l'UMP.

 

 

Nous attendions donc pour le moins un minimum de discernement et de vérité de la part du parlementaire Jean-François Copé, et non une telle mauvaise foi, une telle complaisance, masquées derrière une sombre théorie du complot ! Et je regrette que l'excellent journaliste Nicolas Demorand n'ait pas relevé ces évidences là dans son entretien.

D'ailleurs, Jean-François Copé n'a-t-il pas été imprudent lui-même en cumulant la fonction d'avocat d'affaires et de député ? C'est lui qui a fait voter en 2007 lorsqu'il était ministre du budget une loi exonérant les sociétés d'impôt sur plus-values lors de la vente de leurs filiales, à condition de les avoir détenues au moins deux ans. Or, cette exonération - appelée «niche Copé» - a généré un manque à gagner pour l'État de 3,4 milliards en 2007, 12,5 milliards en 2008 et 6,1 milliards en 2009, selon les chiffres de Bercy (environ 10 milliards par an hors effet crise). Cette niche a  bénéficié à la clientèle d'entreprise qui est aussi cliente de l'avocat d'affaires Jean-François Copé ... Même mélange des genres entre la sphère publique et la sphère privée que dans le cas Woerth !

Ceux qui pensent que je m'acharne sur Copé (un billet lui était déjà consacré hier mais vient curieusement d'être déréférencé de Google aujourd'hui !) se trompent. Je répugne aux atteintes à la république et aux donneurs de leçons sophistes de mauvaise foi. Mais à ce rythme là je vais être de plus en plus adepte du "Copé-collé" !

 

 

 

 

14/06/2010

Pourquoi Hervé Morin est dans une impasse

Afficher l'image en taille réelleLe Nouveau Centre a tenu ce week-end un congrès à Tours, reconfirmant Hérvé Morin à sa tête. Comme le décrypte Mediapart dans un article intitulé " 2012: comment Nicolas Sarkozy joue avec les centristes", Hervé Morin a un plan, celui de se présenter au premier tour de la présidentielle de 2012 (avant de rallier Nicolas Sarkozy au second), pour doper sa notoriété et peser enfin dans la majorité. Mais son plan est contrarié par l'opposition de Nicolas Sarkozy à cette éventualité, qui ne ferait que lui retirer des voix au 1er tour sans lui en apporter plus au second. Bien vu Nicolas ! Et le rusé Nicolas a plus d'un tour dans son sac : il ressort la menace les députés du Nouveau Centre de leur mettre un candidat UMP en concurrence du candidat Nouveau Centre aux Législatives de 2012, comme il l'avait fait en 2007 pour rallier leur soutien entre les deux tours.

CONCLUSION :

- soit Morin ne se présente pas et se couche devant la volonté du Prince Nicolas Sarkozy, préservant sans certitude les mandats de ses députés pour 2012, mais l'identité du Nouveau Centre perd tout crédit, et le parti fait définitivement pchitt !

- soit il se présente et il perd une majorité de ses élus qui :

  • soit l'auront quitté pour l'UMP ou le parti Valoisien aligné à l'UMP pour ne pas avoir de concurrent UMP aux législatives,
  • soit iront au casse-pipe aux législatives avec concurrence UMP, se faisant encore plus rétamer que s'ils étaient du MoDem dont l'honneur est sauf.

Bref dans les deux cas Morin est mort.

Un autre scénario : François Bayrou reprend du poil de la bête et ses anciens amis députés (sauf Morin et Leroy qui ont trop daubé sur lui !) le rejoignent en espérant gagner sous ses couleurs en 2012, qui sait ?

13/06/2010

De la manipulation de sondage à celle d'internet, aux dépens de Aubry et de Bayrou

J'ai posté hier soir sur 4 blogs dont en premier Mediapart.fr, un billet intitulé "OpinionWay et le Figaro pris en flagrant délit de manipulation d'opinion sur le sondage donnant « Borloo devançant Bayrou »". Ce billet faisait également référence au sondage précédent de OpinionWay publié et commenté par Le Figaro, donnant très abusivement "Dominique Strauss-Kahn comme candidat de la gauche préféré à Martine Aubry". Curieusement aucun billet n'a été référencé sur le moteur de recherche Google/Actualités, que ce soit sur les mots clés ou même sur le titre lui-même, ce qui ne m'est jamais arrivé précédemment. Il apparaît bien en revanche sur une recherche Google/Web, mais ce n'est pas celle-là qui alimente les alertes automatiques des internautes ...

Par comparaison, le bloggeur l'Hérétique publie 3 heures après moi un billet sur le même thème, intitulé "Bayrou et l'exégèse du Figaro", commentant ce sondage, mais qui n'a pas la virulence de mon titre et ne s'attaque ni à OpinionWay ni au Figaro, se contentant de compléter l'interprétation de l'importante conclusion omise par Le Figaro (que 2/3 des Français souhaitent que François Bayrou et le MoDem ne fassent pas d'alliance à droite ni à gauche et restent autonomes) et de dire "Bref, le Figaro, par ailleurs quotidien de qualité, est allé un peu vite en besogne."

Je m'interroge donc légitimement sur le filtrage éventuel des billets sur le référencement de Google. Dois-je porter plainte pour qu'il y ait enquête ? Merci de vos conseils.

Nous sommes décidément entrés dans une période pré-électorale des présidentielles 2012 où il va falloir être très vigilant dans cette guerre de communication !

Référence de mes billets :
http://www.mediapart.fr/club/blog/marie-anne-kraft/120610/opinionway-et-lefigaro-pris-en-flagrant-delit-de-manipulation-d-ophttp://marie-annekraftblogpolitique.20minutes-blogs.fr/archive/2010/06/12/opinionway-et-le-figaro-pris-en-flagrant-delit-de-manipulati.html
http://mariannerepublique.hautetfort.com/archive/2010/06/12/opinionway-et-le-figaro-pris-en-flagrant-delit-de-manipulati.html
http://www.lepost.fr/article/2010/06/12/2111138_opinionway-et-le-figaro-pris-en-flagrant-delit-de-manipulation-d-opinion-sur-le-sondage-donnant-borloo-devancant-bayrou.html?doFbPublish=2111138

Billet de l'Hérétique :
http://heresie.hautetfort.com/archive/2010/06/12/bayrou-e...

12/06/2010

OpinionWay et Le Figaro pris en flagrant délit de manipulation d’opinion sur le sondage donnant « Borloo devançant Bayrou »

L’AFP vient d’émettre cette dépêche intitulée « Borloo meilleur candidat du centre, juste devant Bayrou, selon un sondage Opinionway », sondage réalisé pour le Politoscope du Figaro à paraître vendredi. L’information est déjà aussi relayée par un article sur lefigaro.fr, très orienté et que beaucoup d’internautes ont suspecté, de même qu’ils ne font absolument plus crédit à OpinionWay, « officine de l’Elysée et de l’UMP », comme en témoignent leurs commentaires (si d’ici là la direction du Figaro n’a pas décidé de les supprimer. J’en garde copie au cas où …). Un bref examen des résultats du sondage démontre qu’ils n’ont pas tort.

Ces articles nous disent que « Jean-Louis Borloo serait un bon candidat au centre au premier tour de la présidentielle de 2012 pour 30% des Français, juste devant François Bayrou (29%) ».

1ère critique :  il n’y a que 1% d’écart entre les deux (30% contre 29%), alors que l’étude avertit en page 3, méthodologie, que le sondage doit être lu en tenant compte d’une mage d’incertitude de 2 à 3 points.

2ème critique : les commentaires sont présentés tous électorats confondus (p.7), ne disent pas comment se décomposent les sondés (voir P.8), or c’est fondamental de distinguer l’opinion des sympathisants du centre de celle de ceux qui ne voteront à priori pas pour le candidat du centre. Cette distinction est d’habitude systématiquement communiquée : Borloo et Morin obtiennent ainsi de très bons score des sympathisants UMP (45% et 28% respectivement contre 19% pour Bayrou, chiffres à peu équivalent chez les électeurs de N.Sarkozy). Alors que les sympathisants du centre (Modem et Nouveau Centre) donnent respectivement 93% et 31% pour Bayrou et 11% et 74% pour Hervé Morin. On voit aussi que parmi ceux qui préfèrent François Bayrou, 62% avaient déjà voté pour lui, 28% pour S.Royal, 31% pour autre gauche et seulement 16% pour N.Sarkozy.

3ème critique : p.8 est mentionné en note pour les sympathisants du Nouveau Centre « Attention, base faible », mention alertant pour un sondage qu’on n’a pas trouvé suffisamment de personnes dans l’échantillon pour que le chiffre soit significatif !

Autre élément très intéressant et non mentionné dans LeFigaro et non commenté dans la dépêche AFP :

64% des Français, presque 2 sur 3, souhaitent que François Bayrou et le Modem « ne nouent pas d’alliance et restent autonomes», une minorité partagée souhaitant une alliance à droite (16%) ou à gauche (18%). On retrouve cette proportion quelle que soit l’origine de l’électorat. Ces chiffres valident donc la stratégie d’indépendance défendue par François Bayrou. Il aurait été intéressant de le noter !

Nous avions constaté les mêmes travers dans l’interprétation du sondage OpinionWay publié le 19 mai 2010, donnant D.Strauss-Kahn comme le candidat préféré de la gauche pour 2012 (voir cet article du Figaro.fr) alors que la question ne portait pas sur le candidat préféré mais sur divers points (stature d’homme d’Etat, possibilité de battre Nicolas Sarkozy, points sur lesquels en effet il avait le meilleur score, contrairement à d’autres questions, notamment sur la préoccupation des problèmes des Français et sur les questions de compétence telles que sur l’emploi, la protection sociale et les inégalités, les retraites, l’éducation, l’environnement, où Martine Aubry le devance et l’égalise sur la croissance économique).

 
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