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24/04/2011

Une élection présidentielle 2012 à trois tours, les sondages étant le premier tour

La bipolarité : psychose maniaco dépressive de la vie politique en France

 

Les sondages prennent de plus en plus d'importance dans la vie politique et notamment à l'approche de grandes élections. En effet, leur prise en compte par l'électeur peut avoir un effet inductif et réflexif sur la décision de son vote, soit par effet d'entraînement sur un réflexe primaire, favorisant un candidat en hausse, soit par un effet plus secondaire et plus réfléchi quant à l'impact de son vote. Par ailleurs, les sondages sont également une base importante de décision des candidats à l'élection, influençant leur stratégie d'alliance, de soutien, de maintien ou de désistement.

Ainsi, les sondages, à l'approche du premier tour des présidentielles 2012, pourraient bien constituer une primaire aux élections, un premier tour avant le premier tour, d'une élection qui en comporterait finalement trois.

L'élection présidentielle en France s'effectue au suffrage universel et  selon deux tours : le premier où se présentent toutes les sensibilités, les candidats des différents partis, petits ou grands, voire sans parti, et le second tour où ne restent en lice que les deux candidats qui ont recueilli le plus de suffrages au premier tour. Ce mécanisme favorise la bipolarité, c'est à dire la prédominance des deux partis majoritaires, en général celui de droite (UMP) et celui de gauche (PS), qui tentent au second tour de bénéficier du soutien des candidats et des partis minoritaires qui n'ont pas passé le premier cap.

Du fait des élections législatives, qui suivent directement les élections présidentielles et qui sont également organisées à deux tours, selon un scrutin majoritaire et non proportionnel, cette bipolarité est renforcée et les soutiens du second tour de la présidentielle se monnayent souvent en places accordées par les partis majoritaires aux partis minoritaires, c'est à dire des promesses de non concurrence de candidats aux législatives pour favoriser l'élection de candidats de partis minoritaires.
Cette bipolarité renforcée conduit la France à une guerre permanente clan contre clan et finalement à la victoire d'un des clans, qui en fait a recueilli moins d'un tiers des suffrages du premier tour (quelquefois moins de 20%, même pas un Français sur 5, comme ce fut le cas en 2002 pour Jacques Chirac avec 17%) et un peu plus de 50% au second, ce qui signifie presque 50% de Français mécontents.

L'alternance, consistant tour à tour, du fait du balancier dont le poids du mécontentement fini par faire pencher la balance vers le parti majoritaire concurrent qui n'était pas au pouvoir, n'est en aucun cas une "alternative". Elle consiste souvent à déconstruire tout ce qu'à fait le gouvernement précédent. Ce cycle de haut et bas inflige une maladie mentale à la société qui n'est pas sans rappeler la bipolarité qui chez un être humain est une psychose maniaco dépressive, alternant les phases d'euphorie, d'expansion, d'excitation, avec les phases de dépression psychique et physique, de mélancolie, d'atonie.

L'élection présidentielle du 21 avril 2002, a vu exceptionnellement un parti minoritaire arriver au premier tour : le Front National. Ce parti étant aux extrêmes de l'échiquier, le vote de second tour n'était plus un vote d'adhésion mais un vote d'exclusion : je vote pour celui que je ne veux surtout pas ; c'est bien entendu Jacques Chirac qui l'a emporté avec 80% des voix. Mais ce dernier, qui devait sa victoire à tous ceux qui avaient voté contre le Front National, aurait dû en tenir compte et former un gouvernement d'union nationale, ce qu'il n'a pas fait. L'UMP a cassé le centre en imposant quasiment un ralliement de la majorité des députés de l'UDF, les plus courageux résistant à la pression autour de François Bayrou. Ceci a encore plus favorisé la bipolarité et le conflit entre clans, que nous payons encore aujourd'hui.

En 2007, un autre scénario a été à deux doigts de se réaliser : l'arrivée du troisième homme, François Bayrou, au premier tour. Il a frolé cette victoire. Les sondages qui précédaient le scrutin le donnait gagnant à 55%, à la fois face à Nicolas Sarkozy et face à Ségolène Royal, s'il avait atteint ce premier tour. Ce qui signifie que c'est le candidat qui aurait satisfait le plus de Français au final. Si l'on fait confiance aux sondages (je ne parle pas de leur interprétation dans la presse, mais bien de leur résultat lorsqu'il est franc et sans appel), ces derniers peuvent nous aider à prendre notre décision de vote. Les sondages donnaient en 2007 Ségolène Royal perdante face à Nicolas Sarkozy et ceci même si François Bayrou s'était désisté avant le premier tour en sa faveur et même s'il avait soutenu Royal au second tour. Un duel Sarkozy-Royal donnait Nicolas Sarkozy gagnant d'une façon franche. Ce qui signifie que les électeurs de gauche, s'ils avaient réfléchi, auraient dû voter François Bayrou pour ne pas laisser gagner Nicolas Sarkozy !
Cet épisode démontre que si un candidat situé plus au centre (comme François Bayrou ou Nicolas Hulot) arrive à atteindre le premier tour, même si c'est a priori plus difficile dans ce contexte de bipolarité, il a plus de chance de l'emporter au second car les voix des électeurs de l'aile déchue préfèreront se reporter sur le centre que sur l'aile opposée. Ce qui n'est pas le cas si une aile extrême (Front National ou Front de Gauche) arrive au premier tour face à un clan moins extrême.

Ce qui signifie que si les Français veulent vraiment changer cette alternance maniaco dépressive et au final obtenir un centre de gravité plus stable, optimisant la capacité de la France à se rassembler, c'est plus l'option du centre qui doit être favorisée.

Or que se passe-t-il en ce moment, notamment du fait des sondages donnant Marine Le Pen au premier tour devant Nicolas Sarkozy ? L'UMP est aux abois et va tout faire pour décourager les candidats de droite et de centre-droit pour maximiser au premier tour les chances de Nicolas Sarkozy (ou du candidat alternatif éventuel en cas de poursuite de sa pente descendante). La candidature Borloo, qui fait croire à une candidature du centre tout en s'avouant soutien de la majorité, ne pourra y résister et, s'il est candidat, il est certainement convenu qu'il se désistera avant le premier tour en fonction des sondages (son maintien n'étant prévu que si les sondages le montre en capacité d'atteindre le premier tour face au PS). A la limite la candidature Villepin, en opposition avec Nicolas Sarkozy, serait plus crédible à s'allier avec le centre de François Bayrou. C'est donc manifestement un leurre. De même, du côté du Front de Gauche et des Ecologistes, la pression est forte pour envisager une candidature de rassemblement juste avant le premier tour si jamais les sondages précédant ce dernier montrent qu'il y a un risque d'atteinte du premier tour par le Front National face à la droite UMP & Co.

Conclusion : ce sont les sondages juste avant le premier tour de la présidentielle 2012 qui vont servir de primaires au premier tour. Ils vont foisonner, s'affoler, imaginer toutes les combinaisons d'alliance, de ralliement, de désistement (à moins que les instituts de sondage subissent des pressions pour ne pas faire paraître des résultats qui donnent des "mauvaises" idées aux électeurs ou aux candidats minoritaires (quand on sait qui est derrière ces instituts, comme le rappelle cet article (Bolloré, Parisot, Pérol, Buisson), on peut s'interroger ...). Les électeurs devraient décider leur vote de premier tour en fonction des résultats des sondages pour le second tour, selon les hypothèses de premier tour (comme ils auraient dû le faire en faveur de François Bayrou en 2007 pour contrer Nicolas Sarkozy, au lieu de voter Royal) et les candidats vont décider leur éventuel désistement avant le premier tour dans le cas où ils ne soient pas annoncés vainqueur et que leurs voix perdues risquent de faire passer au premier tour et en particulier au second le candidat de l'aile opposé qui ne leur apportera rien aux législatives. Mais fait nouveau, ce ne sera peut-être pas cette fois un parti dit majoritaire qui atteindra  le premier et le second tour tant convoité ... Et si pour changer vraiment et sortir de la psychose maniaco dépressive, on songeait à une nouvelle polarisation au centre, avec Bayrou, Hulot et Villepin par exemple ?

20/04/2011

La candidature Borloo face à Villepin et Bayrou est-elle crédible et utile ?

On peut sérieusement s’interroger sur l’utilité de la candidature Borloo, face aux candidats potentiels Bayrou et Villepin. Le phénomène Borloo va-t-il faire pchitt... ?

 

 

Jean-Louis Borloo est la récente vedette des médias, présenté pratiquement comme un héros, depuis son annonce de rupture avec l’UMP et son intention affichée d’être candidat à l’élection présidentielle 2012. Il est qualifié de « centriste » et aussi d’« écologiste », avec une « fibre sociale et humaniste», alors que les faits ne l’attestent pas vraiment :

- pendant neuf années, il a été ministre des gouvernements Chirac et Sarkozy sans jamais émettre de réserve sur la politique du gouvernement : bouclier fiscal et suppression des droits de succession, intégration du commandement de l’OTAN, discours de Dakar, Discours de Grenoble, réforme de l’audiovisuel public, affaire Tapie, affaire Bettencourt, affaire Pérol, affaire Epad/Jean Sarkozy, etc.

- il y a tout juste un mois, il rêvait encore d’être premier ministre de Nicolas Sarkozy, lui faisant allégeance, ayant pris soin de changer sa coiffure pour se faire une mine moins chiffonnée. S’il avait été nommé, il n’aurait bien sûr pas eu cette posture et cette annonce d’intérêt pour la candidature à la présidentielle ...

- il n’a jamais été écologiste, d’après l’écologiste Fabrice Nicolino, qui vient de publier « qui a tué l’écologie ? ». Ce dernier disait ce matin à la matinale de France Inter: « il est arrivé là par hasard en héritant du ministère de l’écologie, mais n’a jamais eu cette sensibilité », le Grenelle de l’environnement a été médiatisé mais a accouché d’une souris, le gouvernement n’ayant même pas mis en place la mesure phare que devait être la taxe carbone, mal ficelée. Capable de signer les autorisations d'exploration de gaz de schiste sans même consulter le premier ministre et de dire ensuite qu'il a manqué de vigilance, il démontre son inconscience écologique et son irresponsabilité. Et qu’a-t-il dit quand le gouvernement a décidé de supprimer une aide fiscale à l’investissement en panneaux photovoltaïques ?

- des belles paroles peu suivies d'actions, des promesses non tenues : par exemple l’échec du programme visant à faciliter l’accès à la propriété des gens modestes avait été lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale et du Logement du gouvernement Villepin. Six ans après, sur les 20.000 logements prévus, seuls 600 sont sortis de terre. Ces « maisons Borloo » annoncées à 100 000 euro, coûtent finalement 150 000 euros aux familles, qui se plaignent de malfaçon et doivent se pourvoir en justice, comme le relate cet article, ou celui-ci ou encore celui-là.

- Fibre sociale ? François Chérèque, secrétaire général de la CFDT s’exprime : «Je ne reconnais aucune fibre sociale à une personne qui ne s'est pas exprimée sur le blocage du dialogue social pendant six mois.» Ajoutant aussi : «Il était le ministre du travail quand il y a eu le CPE (Contrat de première embauche), donc on a l'habitude de M. Borloo, qui a un double discours, qui ne dit rien alors qu'il a des responsabilités.»

- Rappelons-nous aussi, avant son élection à la mairie de Valencienne, sa vie passée de riche avocat d’affaires spécialisé dans le droit des faillites et les reprises d’entreprises en difficulté (avec financement à effet de levier gagés sur les actifs) et notamment dix ans auprès de Bernard Tapie comme l’explique cet article de Martine orange,

- Enfin, si l’on regarde ceux qui grenouillent autour de lui, comme le décrit bien cet article du site Marianne2.fr, tout montre l’opportunisme, les combinaisons, de ceux dans son entourage, élus radicaux valoisiens ou du Nouveau Centre, qui cherchent à se positionner, à monnayer leurs suffrages, surfant au gré des sondages, jouant sur deux tableaux : prêts à se rallier à Sarkozy au 2ème tour ou éventuellement juste avant le 1er s’il a encore une chance et si leurs voix peuvent peser pour ne pas être responsables d’un « 21 avril à l’envers » PS face au FN, ou si le vent a vraiment tourné court pour Nicolas Sarkozy, espérer être devant N.Sarkozy et fédérer des voix de Villepin et de Bayrou pour atteindre le 1er tour.

- De plus, notons une complicité médiatique présentant des sondages en faveur de Borloo, qui paraît suspecte, comme si tout cela était organisé : "Borloo serait considéré par 37% des Français comme le meilleur candidat du centre, loin devant Hervé Morin (7%) mais au coude à coude avec François Bayrou (36%)", selon un sondage IFOP pour le JDD il y a une semaine". Or c'est Bayrou qui est le candidat légitime du centre pour les électeurs centristes : chez les sondés situés au centre, Bayrou est plébiscité à 53% contre 27% pour Borloo, car ce sont les sondés sympathisant de l'UMP et du FN qui plébiscitent Borloo !

La plupart des commentaires des internautes attestent qu’ils ne sont pas dupes, comme le relate cet article du Point ou encore les commentaires de l’article de Marianne2.fr.

Alors, même s’il fait le « mec sympa », populaire, plus social que Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo est-il crédible ?

S’il est encore à droite mais en désaccord avec la dérive droitière de l’UMP, en rupture avec Nicolas Sarkozy, souhaitant une politique plus républicaine et plus sociale, pourquoi ne pas rejoindre Dominique de Villepin, qui occupe déjà ce créneau ?

S’il se prétend du centre, alors il doit être indépendant, et de surcroît démocrate et humaniste,  alors pourquoi ne pas rejoindre François Bayrou ?

16/04/2011

Pour un gouvernement mondial, par Jacques Attali

 

Attali_gouvmonde.jpgJacques Attali, fervent partisan d’une vraie gouvernance mondiale, d’une monnaie mondiale, d’une démocratie à l’échelle mondiale, vient de publier chez Fayard « Demain, qui gouvernera le monde ? ». En fait, ce titre est inapproprié car ce n’est pas à cette question que répond le livre, mais plutôt dans l’ordre :

 

1- Quelles catastrophes vont encore nous tomber dessus si nous continuons ainsi dans un tel chaos, dans un concert des nations sans chef d’orchestre, jouant le sauve-qui-peut, la préservation des intérêts de chacune à court terme au détriment de l’intérêt général à long terme ? Une vision d’avenir effrayante, des projections argumentées par des chiffres imparables … Désordres financiers en chaîne, démographie hors de contrôle, guerres en cascade, pénurie de matières premières et de denrées alimentaires, destruction de la nature et des espèces, chocs probables d’astéroïdes,… rien ne nous sera épargné d’ici 2030 si le monde continue ainsi sa course.

 

2- En quoi les pouvoirs politiques, cantonnés au niveau des nations et parfois de continents (Europe) sont devenus impuissants face au pouvoir grandissant des marchés dans la mondialisation, de la pieuvre des mafias et du terrorisme, des pandémies ? En quoi ce qu’on appelle « la communauté internationale », l’ensemble des ONG et institutions internationales (ONU, OMC, OIT, FMI, Banque mondiale, les Gx, etc.) est insuffisant, mal coordonné, souvent inefficace, parfois illégitime sur le plan démocratique, pour résoudre les immenses défis écologiques, démographiques, alimentaires, sanitaires, énergétiques, économiques et financiers, météorologiques, etc. qui surgissent en même temps ?

3- Quel seraient la structure et le mode de fonctionnement d’un gouvernement mondial idéal, avec légitimité démocratique et doté de moyens d’action appropriés, de pouvoirs de sanction, qui au-delà d’un dispositif permettrait d’élaborer, de construire, de financer de véritables projets mondiaux d’intérêt général, de préserver les biens publics, d’assurer à tous un accès équitable à l’eau, à l’énergie, aux matières premières ?
Un projet fédéral et fédérateur, qui assure la subsidiarité (les Etats nationaux et supranationaux comme l’Europe délégueraient au gouvernement mondial uniquement les compétences qui relèvent des problèmes qui ne peuvent être résolus qu’à ce niveau supra). Envisager un Parlement élu par les citoyens du monde, un Sénat représentant les nations, une chambre garantissant les intérêts des générations futures sous tous les aspects, un gouvernement exécutif nommé par les trois chambres, un système judiciaire crédible …

4- Comment passer de la situation actuelle à ce gouvernement idéal ? Il ne s’agit pas de casser les instances multilatérales existantes mais de les transformer et de les faire évoluer tout en les complétant vers le gouvernement idéal, en garantissant leur coordination, la cohérence de leurs actions : par exemple le FMI deviendrait ministère des finances du monde, la BRI la Banque centrale mondiale, avec une monnaie fondée sur trois piliers : le dollar, l’euro, le yuan, la Banque mondiale le financier des biens publics mondiaux et l’acteur de la croissance planétaire. Le regroupement de peuples, de nations, dans des ensembles régionaux pas nécessairement disjoints (par exemple la Turquie pourrait à la fois être membre d’une Union européenne et d’une Union orientale, ou encore des regroupements sur la culture et la langue, sur des thèmes tels que le nucléaire ou la production de matières premières,…). Sans oublier les nouvelles formes d’action citoyenne transnationale dans une démocratie mondialisée, avec l’aide d’Internet et des réseaux sociaux.

5- Quelles réformes proposer et quels chantiers prioritaires lancer ?

 

Pour ne pas tout dévoiler et vous laisser lire le livre, j’en resterai là. Un livre indispensable recommandé à tous, lucide et constructif par ses propositions crédibles. Voir aussi cet article des Echos, et écouter les émissions sur France Culture et sur BFM.

Pour acheter ce livre, aller de préférence chez votre libraire pour soutenir le commerce de proximité, sinon ici sur Internet.

« Un jour, l’humanité comprendra qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde, dépassant les intérêts des nations les plus puissantes, protégeant l’identité de chaque civilisation et gérant au mieux les intérêts de l’humanité.
Un tel gouvernement existera un jour. Après un désastre, ou à sa place.
Il est urgent d’oser y penser, pour le meilleur du monde.
» Jacques Attali.

10/04/2011

Candidature Borloo face à Bayrou : encore une manipulation de sondage !

Bayrou_borloo.JPG

Le JDD vient de faire paraître un sondage fondé sur la question suivante : "Parmi les personnalités politiques suivantes, laquelle selon vous incarne le plus les idées et les valeurs du Centre ?"

Résultat affiché : Jean-Louis Borloo obtient 37% et François Bayrou 36 %.

Or si l’on regarde bien le détail des résultats du sondage, deux éléments sont à noter :

1- 1 % d'avance, c'est moins que la marge d'erreur du dit sondage (2,7 points).

2- Mais surtout, l'échantillon repose sur l'ensemble de l'électorat et non pas uniquement l'électorat centriste : on s'aperçoit alors dans le détail que François Bayrou arrive largement en tête (53%) chez les électeurs qui ont voté au centre en 2007, tandis que Jean-Louis Borloo est en net recul sur ce segment de la population (seulement 27%).

De même, les électeurs de Gauche sont 40 % à citer François Bayrou contre 33 % pour Borloo. En revanche, une part importante des électeurs de droite (41%) considèrent Borloo comme centriste : c'est ce qui lui permet sur la moyenne générale de la population sondée d'arriver d'une courte tête (sans être avérée avec 1%) devant François Bayrou.

Conclusion de ce sondage : les électeurs qui ont déjà voté et voteront au Centre, confortent bien François Bayrou dans sa position de leader centriste, tandis que l'UMP poursuit sa campagne de communication pour tenter de placer Borloo en voiture-balai des centristes pour la future campagne de Nicolas Sarkozy.

En juin 2010, nous avions déjà dénoncé une manipulation de sondage dans cet article :
OpinionWay et Le Figaro pris en flagrant délit de manipulation d’opinion sur le sondage donnant « Borloo devançant Bayrou »

Ainsi, la manipulation continue. N’oublions pas non plus qui sont les commanditaires et les diffuseurs (les actionnaires des entreprises de presse) de ces sondages. Rappelons-nous aussi le fameux rapport de la Cour des Comptes en 2009 qui dénonçait des irrégularités et des dépenses exhorbitantes injustifiées au sujet des sondages d’opinion commandés par l’Elysée (pages 11 et 12).

Enfin, en regardant la façon dont nous est présentée cette candidature probable de Jean-Louis Borloo, organisant une « alliance républicaine de centre-droit », il semble bien que ce soit une opération concertée avec l’Elysée et même orchestrée par Nicolas Sarkozy.

Acte 1 : Jean-Louis Borloo n’est pas nommé 1er ministre et quitte le gouvernement,

Acte 2 : La dérive droitière de l’UMP, privilégiant les thèmes sécuritaires et sur l’immigration, déjà lancée lors du discours de Grenoble, est confirmée lors des élections cantonales et suite aux diverses déclarations de Claude Guéant, ministre de l’intérieur.

Acte 3 : la stratégie s’avère catastrophique : elle profite au Front National, conduit à un échec cuisant de l’UMP aux élections cantonales. Des sondages alarmants montrent que le candidat Sarkozy risque de ne pas atteindre le 1er tour des élections présidentielles, avec un scénario de « 21 avril inversé » où Marine Le Pen pourrait atteindre le 1er tour face au candidat du PS. Peur dans le camp de la majorité, crainte des députés pour leur prochain mandat aux législatives … Ce qui divise le clan de la majorité présidentielle, au sein de l’UMP en deux.

Acte 4 : à la veille des élections présidentielles, alors que Nicolas Sarkozy, candidat « naturel » de l’UMP, cherche à tout prix à éviter les candidatures concurrentes pour optimiser les voix du 1er tour, la stratégie ne tient plus. Les « centre-droit » seront à nouveau tentés par la candidature Bayrou ou Villepin si ce dernier se présente encore.

Acte 5 : Jean-Louis Borloo, invité de Arlette Chabot à l’émission « A vous de juger », annonce sa soi-disant émancipation de l’UMP, ainsi que de sa probable candidature à l’élection présidentielle pour représenter « l’aile gaulliste et humaniste de la droite et du centre-droit ».

Les médias et la presse cherchent à démontrer, par les réactions des ténors de l’UMP, que Jean-Louis Borloo fait ainsi trembler l’UMP en divisant la majorité, concentrant ainsi sur cette candidature les électeurs déçus de Sarkozy.

Or, « Borloo divorce de l'UMP mais y reste financièrement lié » ! Tout est résumé dans le titre de cet article du Monde le 8 avril. Pourquoi Nicolas Sarkozy accepte-t-il ainsi de continuer à financer un soi-disant concurrent si ce n’est parce qu’il est convenu d’avance un ralliement en sa faveur ? Cela dit, Jean-Louis Borloo pourra toujours trouver une source de financement, notamment auprès de son grand ami Bernard Tapie, donc aux dépens du contribuable source de son argent, pour financer sa campagne en faveur finalement de celle de Sarkozy !

Voici le futur dénouement de la pièce : les sondages nous montreront par tous les moyens que Borloo dépasse Bayrou, pour convaincre ce dernier de rallier un rassemblement du centre conquérant. Dans tous les cas de figure, Jean-Louis Borloo a très probablement prévu de ne se maintenir avant le 1er tour qu’à condition que les sondages le fasse atteindre le 1er tour. Dans l’autre cas, il se désistera en faveur de Nicolas Sarkozy pour ne pas diviser la droite.

Mais les voix n’appartiennent pas aux candidats … Si Dominique de Villepin et François Bayrou se maintiennent, les électeurs sauront reporter leurs voix ailleurs que sur la candidature Sarkozy !

Un autre scénario est possible : que réunies, les voix de Borloo+Bayrou permettent aux centristes (ceux du centre-droit et les vrais centristes indépendants) d'atteindre le 1er tour face au PS. Dans ce cas, Borloo et Bayrou pourraient faire un deal : celui des deux qui recueille le plus de voix dans les sondages avant le 1er tour serait le candidat de ce rassemblement. Mais à condition que les sondages ne soient pas trop manipulés ... Chiche !

07/04/2011

Projet du PS 2012 : des convergences et des divergences avec la vision du MoDem


François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a réagi au projet du PS annoncé la veille, dans un entretien au Figaro paru ce jour :
"Il y a dans ce texte des idées que j'approuve et défends, notamment sur l'investissement des entreprises ou les institutions. Mais je suis en profond désaccord sur deux points : tous les problèmes du pays sont renvoyés à la dépense publique - allocation pour tous les jeunes, emplois d'avenir, recrutements publics, recours à l'impôt pour de nouvelles dépenses. J'ai l'impression de retrouver le jugement de Frédéric Bastiat : «La grande fiction qui fait que tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.» Et ensuite, ce qui manque, c'est la vision d'un pays actif, volontaire, qui préfère que les gens s'en tirent par eux-mêmes, qui choisit de mobiliser ses forces propres : la création, l'innovation, la recherche. L'avenir du pays ne peut pas être l'assistance généralisée."

En effet, plusieurs idées de François Bayrou et du MoDem ont été reprises dans ce projet, ce qui est nouveau comparé à 2007, que nous ne pouvons qu'approuver, citons notamment :
- renfort des contrepouvoirs, l'indépendance de la justice (carrières des magistrats non soumises au pouvoir politique) et des médias (revenir sur la nomination des presponsables de l'audiovisuel public par le président de la république), 
- l'introduction d'une dose proportionnelle  aux législatives, 
- la séparation des activités de banque d'investissement et la limitation des activité spéculatives des banques de dépôt, remettre le système bancaire au service de l'économie réelle,
- droits de douane sur les produits ne respectant pas les normes internationales/européennes en matière sociale, sanitaire ou environnementale,
- euroobligations pour financer des projets d'infrastructure européens,
- les propositions sur la réforme fiscale (fusion de l'IR et de la CSG, taxer le revenus du capital de même que ceux des bonus et des stock-options comme ceux du travail, taxe sur les transactions financières, une TVA modulables selon critères écologiques, vont dans le sens des propositions du Modem,
- une incitation à l'investissement des entreprises : la modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction du réinvestissement des bénéfices vs distribution des dividendes,  banque publique d'investissement ( cela dit nous l'avons déjà un outil avec la CDC et le FSI, reste à bien le faire fonctionner et veiller à ce qu'il ne soit pas une façon d'assurer l'exercice de vente d'actions/Stock options des grands patrons comme avec le cas Lagardère/EADS !),
- développement massif des économies d'énergie et des énergies renouvelables pour sortir progressivement de la dépendance du nucléaire et du pétrole,
- soutien à une agriculture responsable et de proximité,
- sur l'immigration, une approche à la fois intransigeante pour lutter contre les entrées illégales, juste et humaine sur l'accueil et l'intégration.

En revanche, et c'est toujours la tentation irrésistible des socialistes, le projet distribue allocations, subventions, aides diverses, encore dans un esprit d'assistanat dans un contexte non financé :
- création de 300 000 emplois publics pour les jeunes, de 10 000 postes de gendarmes et de policiers,
- allocation d'étude pour les jeunes adultes,
- retour sur la retraite à 60 ans (ou bien il faut préciser qu'elle ne vaut que pour les personnes ayant leurs annuités, ou bien ils ne disent pas que c'est au prix d'une réduction du montant de retraite),
- construction massive de logements sociaux.

Concernant le financement des nouvelles dépenses, chiffrées à 25 milliards, le projet laisse entendre qu'elles sont financées par l'impôt, ou plus exactement l'annulation d'anciennes diminutions d'impôts (exonération des heures supplémentaires, de la TVA sur la restauration, de nombreuses niches fiscales) qui s'élèvent à 50 milliards, permettant de consacrer 25 milliards par an au remboursement de la dette. Mais il ne faut pas oublier que nous étions déjà dans un contexte où ces cadeaux fiscaux se sont faits en empruntant, car nous étions déjà en déficit, donc ils ont été financés par le contribuable ! Ce qui revient à accepter que ces nouvelles dépenses soient encore financées par de la dette, donc potentiellement par les contribuables.

Par ailleurs, C'est aussi dans ses manques que ce projet est critiquable :
- très peu de chose sur le développement économique et la création d'emplois (hormis les emplois jeunes aidés) par un redéploiement de la création, de la production industrielle, des relocalisations (sauf une modulation de droits de douane, rien sur la nécessaire amélioration de la compétitivité, l'efficacité économique dans la mondialisation, qu'il ne faut pas récuser à condition de ne pas l'exercer au détriment des valeurs humaines et de notre socle de protection sociale,
- rien sur la politique étrangère, sur une vision internationale visant à réguler la mondialisation, à lutter contre les paradis fiscaux,
- presque rien sur l'éthique en politique, la lutte contre la corruption, les conflits d'intérêt, l'emprise des puissances financières sur les médias et leurs liens avec les commandes d'Etat, ...
- toutes les propositions sont quantitatives, plus que qualitatives : allocations, subventions, imposition, construction de logements, création de x emplois pour les jeunes ...

D'un côté les socialistes prônent la fraternité, l'altruisme et le "care", de l'autre ils pensent que l'interventionnisme de l'Etat permet de les exercer. Alors que ces vertus ne se décrètent pas. Il est nécessaire d'éveiller la conscience et la responsabilité citoyenne et d'impulser en profondeur un comportement plus humain pour recréer le lien social, la bienveillance et la confiance, s'appuyant sur des activités qui ne sont pas nécessairement des échanges lucratifs et qui ne passent pas nécessairement par l'intervention de l'Etat. L'individu doit être reconnu par sa valeur, sa compétence, son travail, son utilité sociale, en exerçant sa responsabilité, alors que des aides, allocations, subventions, le maintiennent dans l'indigence en l'infantilisant, en le rendant dépendant deces aides et en même temps en le dévalorisant. En ce sens, la vision "humaniste" du Mouvement Démocrate" diffère d'une vision "socialiste".

Quant à l'impôt à la source, qui paraît être une modalité de paiement plus simple et plus transparente, elle implique des effets non négligeables que le contribuable n'acceptera probablement pas facilement :
Avantage pour l'Etat : cette nouvelle modalité de paiement de l'impôt à la source revient à supprimer l'avance de trésorerie consentie à l'Etat sur une année et même plus du fait des paiements en général par tiers au titre des revenus de l'année précédente. L'impôt sur le revenu représentant environ 50 milliards, auxquels il faut ajouter celui sur le revenu du capital qui devrait aussi être concerné, cela fait donc plus et permettrait de réduire d'autant la dette publique la première année de mise en place.

Inconvénient pour le contribuable : comment les Français accepteront-il de payer la première année à la fois les impôts au titre de l'année précédente et l'impôt à la source sur l'année courante ? Soit ils empruntent (la diminution de la dette publique est reportée sur de la dette privée), soit l'Etat consent un étalement (ce qui diminuerait l'avantage ci-haut). L'Etat peut aussi octroyer une diminution d'impôt correspondant au moins aux intérêts de l'avance de trésorerie.

J'en profite pour souligner l'attitude infantile et méprisante des porte-parole de l'UMP qui se sont rués sur les micros pour critiquer le projet socialiste à l'unisson, obéissant à leurs "éléments de langage", sur le ton du mépris de la moquerie sans aborder le fond, sans répondre à l'analyse introductive très juste sur les causes profondes de nos crises et sur la critique faite au gouvernement ("ce n'est plus le care, mais l'antiquaire" pour Luc Chatel, "c'est une auberge espagnole" pour Luc Besson, "Martine Aubry vient d’inventer la décongélation électorale: son projet consiste à sortir du frigidaire dix ans après la plupart des propositions et des idées qui avaient échoué entre 1997 et 2001" pour M.P Daubresse, ou encore pour d'autres "c'est du Jospin réchauffé", "encore les vielles recettes de martine Aubry", ...). François Bayrou, de même que les autres porte-parole du Modem, répondent eux sur le fond et sur un autre ton.

04/04/2011

POUVOIR D'ACHAT : le scandale des chiffres !

 


Dans la série "On ne nous dit pas tout !", voici encore une annonce de chiffres en trompe l'oeil, qui agace les Français au plus haut point. Selon une étude de l'Insee parue le 25 mars 2011 (ici version en PDF résumée), le pouvoir d'achat des Français aurait augmenté de 1,2%,en 2010 (après +1,6 % en 2009). Mesuré par unité de consommation, ce qui permet de le ramener à un niveau individuel moyen, il aurait augmenté de 0,4 % (après +0,8 %).

En moyenne sur 2010, Le taux d'épargne a quant à lui baissé de 0,4 point, pour s’établir à 15,8 %. Notons aussi au passage que au total, le taux de marge des entreprises (SNF, Sociétés Non financières) diminue de 0,5 point, à 29,3 % fin 2010.

Or, les Français ont majoritairement l'impression que leur pouvoir d'achat et leur niveau de vie en général s'est bien dégradé : d'après un sondage CSA pour '20 minutes' rendu public le 4 avril 2011 (résultats complets ici), une grande majorité de la population française (77%) estime que son pouvoir d'achat a diminué au cours des derniers mois. Et ce n'est pas qu'une impression quand on regarde la réalité des hausses des prix face aux revenus des ménages qui ont augmenté de 2,4% en valeur nominale en 2010 (1,2 après prise en compte de l'inflation basée elle-même su un indice global). Les prix ont beaucoup augmenté à la consommation, dans l'alimentaire notamment, comme l'a montré cette étude de l'association de consommateur CLCV et comme l'expliquait un article de La rédaction du Post, et ce n'est pas fini ! cette augmentation s'ajoutant à celle de la flambée des prix de d'électricité (+6,4% en un an, 30% annoncé sur prochaines années), du gaz (+16%), des carburants (+17,3%).

Il se trouve que ces hausses de prix touchent beaucoup plus les ménages modestes et les classes moyennes que les plus favorisées, en proportion des revenus, car la structure de consommation des ménages est très différente selon les niveaux de revenus.

Il se trouve également que les hauts revenus ont beaucoup plus augmenté, notamment les revenus financiers (dividendes, plus-values, revenus immobiliers), en ligne avec la hausse des profits du CAC40 en 2010 (+85%, passant de 50 à 82 milliards d'euros) et des distribution de dividendes (40 milliards en 2010).

Conclusion : en moyenne l'Insee a probablement raison, le pouvoir d'achat par unité de consommation s'est accru de 0,4% mais c'est la hausse de pouvoir d'achat d'une minorité des plus riches qui compense une baisse notable du pouvoir d'achat des plus défavorisés et des classes moyennes !

Il faut exiger la transparence des chiffres. Demandons que l'Insee fournisse des chiffres par classe de revenu ! Bien sûr c'est plus difficile à faire car cela nécessite une analyse plus fine que la compilation macroéconomique des chiffres globaux de la comptabilité nationale. Il faudrait d'une part reprendre les données d'évolution des revenus par classe de revenu, différencier les revenus salariaux ou des professions commerçantes et libérales des revenus purement financiers, d'autre part les mettre en regard pour chaque classe d'une structure de consommation moyenne (part des dépenses contraintes de loyer (ou crédit immobilier), d'électricité, de gaz, de carburant/ transport, de téléphonie-internet,d'équipement, d'habillement, de loisir,...), chacune des rubriques étant soumise à une évolution de prix, ce qui permettrait de calculer un taux d'inflation par budget et donc un pouvoir d'achat réel moyen par classe de revenu.

C'est possible. Exigeons-le !

02/04/2011

Affaire Tapie : après Christine Lagarde devant la CJR, Nicolas Sarkozy pourrait-il être destitué avant les présidentielles 2012 ?

Rebondissement explosif de l'affaire Tapie : de nouvelles preuves viennent d'être établies attestant d'un véritable scandale d'Etat, qui pourrait coûter sa place à Christine Lagarde et peut-être ... à Nicolas Sarkozy !

Non seulement l'Etat n'aurait jamais du admettre (encore moins favoriser) ni n'en avait le droit, une suspension de la justice en donnant un accord pour un arbitage privé au dépens des deniers publics, point sur lequel Christine Lagarde s'est défendue avec plusieurs mensonges, ce que François Bayrou a été le premier à dénoncer et il avait d'ailleurs déposé un recours au tribunal, mais il y a eu en plus falsification du compromis présenté au Conseil d'administration du CDR. Ce dernier indiquait initialement “En leur qualité de liquidateurs des époux Tapie, les parties B limitent le montant de l'ensemble de leurs demandes d'indemnisation à 50 millions d'euros”. Il a été remplacée par la rédaction suivante : “En leur qualité de liquidateurs des époux Tapie, les parties B limitent le montant de l'ensemble de leurs demandes d'indemnisation d'un préjudice moral à 50 millions d'euros”. Ce point était pourtant de première importance pour les finances publiques dès lors que l'indemnisation d'un préjudice moral était laissée à la libre appréciation du juge, que la procédure d'arbitrage est confidentielle et échappe ainsi aux comparaisons et que les sommes n'avaient pas à supporter l'impôt.

Pour avoir un bon résumé et accès au rapport parlementaire d'information publié jeudi 31 mars en fin de journée dévoilant les faits reprochés, lire l'article de Laurent Mauduit (Mediapart) .

Voici également une série d'articles entre le 30 mars et aujourd'hui (mais ce n'est pas un 1er avril !) :

http://www.marianne2.fr/Exclusif-affaire-Tapie-Des-foncti...
http://www.leprogres.fr/actualite/2011/04/02/encore-des-p...

Réponse de Bernard Tapie (reprise de la dépêche AFP): http://www.20minutes.fr/article/699391/politique-affaire-...

Cette affaire Tapie est bien un abus de bien social organisé par l'Etat au dépens du contribuable. Non seulement l'Etat n'avait pas le droit d'accepter un l'arbitrage privé, même si le CDR est une structure privée, car sous tutelle de l'Etat, mais en plus il y a eu falsification du compromis présenté au conseil d'administration du CDR !

Les députés du PS viennent de demander la saisie de la Cour de justice de la République, qui pourrait traduire la ministre Christine Lagarde :
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/le-ps-demande-la-s...
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/04/02/le-ps-...

Mais au dessus de Christine Lagarde, qui a donné des instructions aux fonctionnaires dirigeants le CDR et l'EPFR, il y a le président de la république, Nicolas Sarkozy, qui a reçu au moins 10 fois Bernard Tapie discrètement à l'Elysée (par la porte de derrière, selon plusieurs témoignages de journalistes), avant que les décisions soient prises.

Une question se pose donc : s'il est établi que Nicolas Sarkozy a commis une faute en donnant l'instruction de favoriser des intérêts privés au dépens de l'Etat, des contribuables, donc un abus d'autorité et de bien social, peut-il être traduit en Haute Cour et être destitué ? Ce qui changerait encore la donne pour les prochaines présidentielles en 2012 ... D'ailleurs, même s'il n'était pas destitué, sa réputation serait trop compromise pour légitimer sa candidature.

Rappel de la loi sur la responsabilité pénale du chef de l'Etat et la destitution du Président de la république :

selon l'article 68 de la Constitution : "Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour."  
Il restait à prononcer la loi organique définissant les conditions de mise en oeuvre. A commencer par le projet de loi et son étude d'impact (mais il faut la voter !). Comme le précise cet article de droit public :
"Le gouvernement a adopté [le 22 décembre 2010] un projet de loi organique découlant de la révision constitutionnelle de février 2007 voulue à l’époque par Jacques Chirac. Le texte porte sur la responsabilité pénale et juridictionnelle du chef de l’Etat. Il précise notamment les conditions de mise en oeuvre d’une éventuelle procédure de destitution du président de la République par le Parlement. L’irresponsabilité pénale de l’hôte de l’Elysée reste entière pour tout acte accompli en sa qualité de chef de l’Etat (article 67 de la Constitution). L’inviolabilité de son statut est même étendue à tout acte commis, dans le cadre de ses fonctions ou pas, jusqu’à la fin de son mandat. Il s’agit donc d’une modification qui va dans un sens plus protecteur pour le président de la République.

« En échange de cette immunité élargie, il a été décidé de poser le principe d’une responsabilité constitutionnelle du chef de l’Etat », explique Dominique Rousseau, professeur de droit public à l’université Panthéon-Sorbonne. Le chef de l’Etat peut ainsi être destitué « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », précise l’article 68 de la Constitution modifié. Il ne s’agit ni de responsabilité politique, ni de responsabilité pénale, mais du fait que « quel que soit l’acte commis par le chef de l’Etat, cet acte ne doit pas nuire à sa fonction. C’est une disposition qui vise à protéger la fonction présidentielle », souligne Anne Levade, professeur de droit public à l’université Paris-Est Créteil. Avant 2007, cette responsabilité était circonscrite au cas de « haute trahison » (intelligence avec l’ennemi par exemple), dont l’occurrence semble aujourd’hui bien désuète. La nouvelle rédaction du texte, beaucoup plus large, peut englober bien des cas. Celui d’un président qui refuserait de promulguer une loi, par exemple, ou qui ne respecterait pas l’indépendance de la Justice, dont il est, de par la Constitution, le garant. Le caractère très ouvert de l’article 68 modifié est compensé par un encadrement strict de la procédure de destitution. Elle ne peut être enclenchée que par le Parlement, constitué en Haute Cour, et sur proposition conjointe des deux assemblées qui doivent statuer à la majorité des deux tiers. Ce n’est qu’une fois la destitution votée, et dans un délai d’un mois, qu’une action en justice peut être intentée. Ce projet vient mettre un terme au vide juridique qui existait depuis février 2007 sur le sujet."

 

 

 
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