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18/03/2010

Corinne Lepage, coucou du MoDem prédateur de François Bayrou

 

898817-1062927.jpgLa démission de Corinne Lepage du MoDem était attendue. La justification qu'elle évoque dans sa lettre aux militants du MoDem serait la gouvernance du parti, jugée selon elle insuffisamment démocratique, trop verrouillé par François Bayrou et son exécutif rapproché, ainsi que la stratégie uniquement au service de l'ambition présidentielle de son président. En revanche elle reste tout à fait en phase avec les valeurs et le projet, le contenu des idées développées par le MoDem.

Ceci me rappelle la réaction de Jean-Marie Cavada, qui comme elle a été élu député européen grâce au MoDem (UDF à l'époque) et a claqué la porte en évoquant les mêmes raisons suite à son échec aux législatives, pour rejoindre le clan de l'UMP. Je savais qu'il avait des relations amicales et personnelles avec Nicolas Sarkozy, tout en soutenant apparemment François Bayrou qui critiquait fortement Nicolas Sarkozy et cela m'avait intriguée. Avec recul, j'ai compris qu'il était là pour surveiller François Bayrou et le planter au bon moment, là les municipales.

Proche de Bayrou, la sénatrice du Loir-et-Cher Jacqueline Gourault, a estimé que Corinne Lepage avait «profité des voix» du MoDem pour se faire élire eurodéputée en 2009, estimant que ce départ est «ce qu'il y a de plus moche dans la vie politique». «Corinne Lepage a été effectivement au début de la fondation du MoDem avec Cap21. Mais aussitôt qu'elle a été élue député européen, on ne l'a guère vue, elle a été totalement absente».

Il faut bien sûr s'interroger sur les raisons affichées de la défection, qui s'appuient sur une part de vérité certainement. Mais il faut aussi s'interroger sur les motivations réelles, au delà de celle affichées. S'agirait-il en politique d'une espèce volatile (à double sens, faute d'être loyale) du coucou qui squatte un nid pour s'y développer, y mettre ses oeufs, puis s'en retourner avec ses petits avec tous les avantages ?

Sur les raisons affichées, il y a une part de vérité sur la gouvernance : le Modem est dirigé par François Bayrou, qui en est le principal porte-parole, qui intervient s'il juge que des décisions ne sont pas bonnes (par exemple lorsqu'il souhaitait que Patrice Drevet fasse alliance avec le MoDem au 1er tour). Mais Corinne Lepage a toujours eu la parole dans la presse et les médias, elle s'est même permise des critiques depuis presque deux ans qui n'auraient pas été acceptées dans d'autres partis. Et c'est un atout aujourd'hui dans un parti, surtout pour les présidentielles, d'avoir un vrai leader. En revanche, sur le fonctionnement jugé insuffisamment démocratique, il y a certes toujours des choses à améliorer, mais il me semble que cela fonctionne bien. Les statuts et le règlements internes ont été conçus démocratiquement et votés par les militants, avec élections de représentants au Conseil national (parlement du MoDem), dans les Mouvements départementaux (Fédérations) et dans les sections. Ce réglement a été respecté. La constitution des listes pour les régionales a semé le trouble. Il était prévisible que le MoDem obtiennent moins de mandats d'élus, ne permettant pas le renouvellement des anciens et en plus il fallait faire la place aux nouveaux. Il n'était pas prévu de primaires pour les candidatures et le règlement prévoyait une consultation des Mouvements départementaux, ce qui a été fait. Les têtes de listes ont été approuvées par vote (certes un peu tardif car difficile de réagir en cas de refus des candidats ...).

Je constate surtout que Corinne Lepage a attisé la rebellion chez les militants depuis presque deux ans, depuis la création du MoDem en particulier lors des discussions entre militants sur les statuts et le réglement intérieur. Elle a conservé CAP21 comme un clan à part, avec une autonomie programmatique, son congrès, son conseil etc., déstabilisé les troupes et créé des dissensions entre les militants en évoquant toujours ce manque de démocratie, en martelant que François Bayrou ne l'écoutait pas et n'écoutait pas les militants. J'étais très étonnée que François Bayrou, s'il était vraiment si tyrannique et autocratique, n'ait pas déjà évincé une vice-présidente qui jetait tant le trouble.

De plus, je ne suis pas persuadée que CAP21 ait un fonctionnement plus démocratique que le MoDem. Comme l'explique un militant de l'Alsace sur son blog, en Alsace, seulement 28% des adhérents CAP 21 se sont prononcé pour un soutien / une alliance avec Europe Ecologie, les 72% restant se prononçant pour une alliance au centre (MoDem ou centriste dissident). Même au sein des adhérents CAP 21, rien ne justifiait ce soutien tapageur à la candidature d'Europe Ecologie, contre celle de Yann Wehrling, du Modem et écologiste. Un rassemblement de 2nd tour avec les écologistes et socialistes pouvait tout à fait être envisagé, comme était de toute façon prévisible une liste de fusion. De plus, dans d'autre régions comme les Pays de Loire, Corinne Lepage a soutenu l'alliance au 1er tour de CAP21 avec Europe Ecologie au premier tour, contre la liste MoDem conduite par Patricia Gallerneau qui, comme Yann Wehrling en Alsace, est issue des Verts et a rejoint le MoDem en 2006.  Corinne Lepage n'a pas respecté le pacte initial entre CAP21 et le MoDem, qui devait faire cause commune. Les adhérents du MoDem ainsi que le Conseil national ont voté une stratégie d'autonomie au 1er tour, quitte à envisager le rassemblement au 2nd tour et elle n'a pas respecté ce choix démocratique. Donc quand elle dit qu'elle n'était pas d'accord avec la stratégie de François Bayrou, en fait elle n'était pas d'accord avec la stratégie votée par les militants démocratiquement et elle n'a pas respecté la démocratie en dérogeantà cette décision. Elle aurait pu alors démissionner, à ce moment-là !

J'y ajouterai une sacrée dose de mauvaise foi car une alliance de 1er tour entre le MoDem et Europe Ecologie était radicalement refusée par Jean-Vincent Placé, qui n'acceptait que les membres de CAP21 sur ses listes. Donc de toute façon cela ne pouvait pas être envisagé. Ce qui n'empêchait pas, je le répète, de préparer un rassemblement de 2nd tour !

Ma conclusion est donc que cette manoeuvre de déstabilisation du MoDem, et surtout de François Bayrou, engagée depuis la création du MoDem par Corinne Lepage, a été volontairement montée pour évincer François Bayrou de la scène politique, tout en servant les intérêts personnels de Madame Lepage, qui a l'intention, bien qu'elle dise ne pas y penser, de se présenter aux élections présidentielles pour représenter les "écolo-démocrates" et pouvoir négocier un poste de ministre quelle que soit l'issue de cette élection. Le mandat de député européen n'aura été qu'un tremplin.

 

 

 

 

15/03/2010

François Bayrou : la voie difficile du courage moral et politique

Cynthia Fleury démontre dans son dernier essai philosophique "la fin du courage" combien le courage de défendre ses idées implique la solitude, rappelle qu’il n’y a pas de courage politique sans courage moral et démontre comment un retour à l’exemplarité politique est non seulement possible, mais urgent.

« J’ai perdu le courage comme on égare ses lunettes. Aussi stupidement. Cela m’est arrivé alors que je voyais la société dans laquelle je vivais être sans courage. J’ai glissé avec elle. Dans elle. C’est étonnant d’apprendre que parfois le monde et soi-même avons le même âge. C’est rare. Mais dans cette époque sans courage, nous sommes tous naissant. »
Comment convertir cette épreuve du découragement en reconquête de l’avenir ? Notre époque est celle de la disparition et de l’instrumentalisation du courage, or ni les individus, ni les démocraties ne résisteront longtemps à cet avilissement moral et politique. Comment reformuler une théorie du courage, comment résister à la capitulation et à ses légitimations perpétuelles ?


L'important... en politique, c'est le COURAGE. Si notre attitude procède d'une morale (terme plus fort et plus profond que l'éthique) et de liberté (d'esprit, de parole, contraire à la soumission et à l'asservissement), seule la voie du courage est la bonne (et la plus difficile). Elle isole parfois, quand les autres ne sont pas eux-mêmes courageux notamment et suivent comme des moutons ...L'exemple de la Résistance face au Nazisme et au suivisme de Vichy en est une belle preuve !

François Bayrou a ce courage là, cette résistance là, sur cette voie difficile de l'indépendance et sur ce terrain de jeu politique et médiatique moutonnier. Il faut aussi se rendre à l'évidence que les Français sont encore en léthargie, n'ont pas encore pris pleine conscience de la gravité de la situation du pays et ne nous ont pas encore entendu sur le fond. Notre message est brouillé, parasité. Nous avons un devoir de vérité et de responsabilité mais il faudra un peu de temps pour qu'ils s'en rendent compte, pour que cela sédimente dans les esprits pour qu'ils réalisent que que François Bayrou avait raison sur tout et qu'on aurait dû mieux l'écouter. Ce temps viendra, j'en suis sûre.

François Bayrou : "une vérité ne cesse pas d'être vraie parce qu'elle est minoritaire".

13/03/2010

Régionales Ile de France 2010 : 20minutes pour comparer les programmes

Suivant  attentivement la campagne électorale de ces élections régionales 2010, son actualité, les programmes des candidats, les articles de presse et des blogs, ainsi que les réactions des gens sur le terrain, dans la rue, chez les commerçants et au travail, je vous livre à la veille du scrutin mes principales impressions ainsi qu'un comparatif des contenus des programmes. Même si je soutiens personnellement un des partis, je me suis efforcée d'être non partisane dans cet exercice.

1- La presse et les médias ont très peu parlé des sujets de fond, des problématiques de la région.

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Ils se sont concentrés sur les sondages (songez que les gens étaient sondés sans savoir pourquoi ils votaient et sans savoir ce que les partis proposaient !), les querelles entre individus, les petites phrases assassines, les casiers judiciaires des uns ou des autres. Seuls deux journaux ont fait un effort pédagogique pour rappeler les compétences de la région, ses enjeux, ainsi qu'une petite actualité quotidienne sur des sujets : les deux gratuits Direct Matin et 20minutes. Il n'y a eu qu'un débat télévisé le 1er mars à 23h sur France2 (Mots Croisés) et un seul débat citoyen entre têtes de liste le 9 mars à Nogent-sur-Marne (94), organisé par l'association citoyenne "Le Forum Nogentais", à laquelle je rend 20minutes.jpghommage pour cette action citoyenne de chaque élection. Sur les blogs, j'ai trouvé ce comparatif de programmes fait par le PS, donc partisan et qui n'inclut ni le Mouvement Démocrate ni le Front National. Je le cite : "J’aurais pu ajouter MoDem d’autant qu’ils ont un programme solide, bien construit mais, je vais me concentrer sur la gauche et leur principal adversaire l’UMP." Affligeant !

Je donne la palme de la meilleure information citoyenne et de la meilleure analyse au quotidien 20minutes, en version papier comme en version site internet 20minutes.fr avec son club animé de blogueurs. En deuxième je citerai Mediapart.fr, le journal uniquement disponible sur le Net et par abonnement, qui livre des analyses de qualité, avec références, qui a fait une cartographie des régions mais qui s'est à mon avis trop concentré sur la bataille politicienne entre candidats, les enjeux des alliances (comme le prouve un aperçu du sommaire des articles sur le sujet), et pas assez sur le contenu des programmes. Le journal 20minutes a notamment publié une excellente analyse de ce qu'avait accompli la Région IDF lors du dernier mandat comparé aux promesses de campagne, avec arguments chiffrés et notation justifiée, démontrant que la Région a dans l'ensemble respecté dans l'ensemble plus de 50% de ses promesses. A fait pas mal avec ses moyens limités, mais peut mieux faire ! C'est également 20minutes qui a publié hier un double page donnant le résumé comparatif des programmes par thème. C'est écrit petit, tous à vos lunettes ! Je vous passe ci-dessous les deux pages concernées. 

2- Démocratie en danger - Les gens ne s'intéressent pas à cette élection

Paradoxe de la démocratie. Schizophrénie des citoyens. Plus ils ont la liberté et l'accès à l'information, plus ils ont le droit de vote, et moins ils s'intéressent à la politique, plus ils s'abstiennent. Ils disent être écoeurés de la politique et prétendent vouloir que ça change,... et ne font rien pour faire bouger les choses. Démobilisation citoyenne, chute du lectorat des journaux au profit du 20 heures de TF1, démobilisation syndicale, faible activité associative ... La participation électorale est plus forte pour les présidentielles, élection nationale emblématique qui trace la direction du pays et incarne son âme en un dirigeant, et les municipales, élection de proximité, relation forte des citoyens avec leur maire. La Région, elle, leur paraît lointaine, désincarnée. Presque 70% des Français ne connaissent pas leurs élus régionaux, leur président de région, ni ne savent quelles sont les compétences de la région. Et pourtant, il s'agit de la vie de tous les jours, concernant les transports, le soutien à l'emploi, aux entreprises, à la formation professionnelle et à l'apprentissage, aux activités culturelles, sportives et associatives. L'actualité politique nous impose de plus deux sujets importants confrontant politique nationale et politique régionale : le projet Grand Paris, projet gouvernemental qui va s'imposer à la région, aux départements et aux communes, et la réforme des collectivités territoriales, avec la fusion annoncée de la gouvernance de la région et du département et surtout une réforme du mode de scrutin anti-démocratique inacceptable telle qu'envisagé (scrutin  à un tour, qui éliminerait les partis minoritaires et sacrifierait la proportionnelle.

Je vous recommande cet article entretien de Jacques Attali qui regrette la manière dont la campagne a été traitée, néfaste pour la démocratie, que tout n'est pas joué d'avance et que les citoyens devraient vraiment réfléchir avant de voter et sur le sujet qui est l'objet du vote : la politique de la région.

3- Comparatif des programmes des candidats

Je vous invite à lire le double page de 20minutes, qui est assez fidèle à ce que j'ai examiné moi-même en m'informant sur les programmes. Malheureusement n'y figure pas les partis minoritaires pourtant d'envergure nationale comme le NPA, "Debout La République" et "L'Alliance des Ecologistes Indépendants". Ces deux partis présentent pourtant des idées tout à fait intéressantes et j'ai été impressionnée par la qualité de l'intervention de Nicolas Dupont Aignan au débat du 9 mars à Nogent, qui présente l'intérêt d'une alternative à droite autre que le Front National, plus républicaine et sociale que l'UMP, avec des arguments très concrets.

Examinons les points de convergences et de divergence, par thème, entre les partis :

Page 1 :

Sur les transports, ils sont tous d'accord pour rénover les lignes RER et les prolonger, ainsi que des lignes de métros et de tramways, simplifier la tarification, faciliter et développer la circulation de bus de préférence "propres". Le principal noeud de désaccord est sur le projet GRAND PARIS, entre d'un côté l'UMP qui est pour, soutenant bien sûr la décision de Nicolas Sarkozy, et de l'autre côté tous les autres partis qui sont contre, arguant que ce projet, imposé à la région et sans concertation citoyenne par le pouvoir central du gouvernement, ne va pas dans le sens d'une région plus humaine, mais va intensifier le bétonnage et le déséquilibre entre l'Est et l'Ouest, renforcer le pouvoir de l'Etat au détriment de la région et être un gouffre financier qui privera les autres projets de ressources, sans améliorer le maillage de la grande ...couronne.

En termes d'environnement, Europe Ecologie n'a pas l'exclusivité des propositions. Le MoDem et le PS ne sont pas en reste. Que ce soit sur l'isolation thermique et phonique, les économies d'énergie, le soutien aux énergies renouvelables, aux métiers et à la formation à développer dans ces secteurs, ainsi que le recyclage des déchets. L'UMP vient ensuite avec moins de propositions. Pratiquement rien du côté du Front de Gauche et du Front National.

Concernant le logement, beaucoup de convergences des partis, tant pour le soutien au logement social et respect de la loi SRU (Front de Gauche+PS+EE+Modem), à la construction et à la rénovation, la mise aux normes environnementales HQE des logements sociaux et des bâtiments publics. L'originalité de nouvelles propositions revient au PS et au MoDem : un guichet unique sur les offres de logement disponibles et pour coordonner le logement social. Le Front de Gauche axe ses propositions sur un développement énorme du logement social (50 000/an en petite couronne, alors que les villes communistes comme Vitry, Champigny, Bonneuil etc. dépassent les 60% de HLM, guettoïsant la banlieue et nuisant à la mixité sociale ...). Le FN ne propose que le soutien à l'accession à la propriété et au 1er logement.

L'économie, l'emploi, l'innovation,  la formation,doivent faire l'objet, selon tous les partis, d'un soutien aux PME et d'un développement accru de l'apprentissage, la formation des jeunes en alternance avec un travail en entreprise, qui maximise fortement leur chance de trouver un 1er emploi. C'est le MoDem qui présente le plus de propositions sur le développement de l'emploi, le soutien aux PME et aux TPE (fonds de garantie pour les prêts bancaires aux PME notamment), à l'innovation, à l'adéquation de la formation à l'offre d'emploi. On sent l'empreinte de Alain Dolium, entrepreneur de PME et animant une association développant les talents des jeunes ! L'UMP et Europe Ecologie insistent sur la formation des métiers de l’habitat durable et des énergies renouvelables.

Page 2 :

Les lycées devraient, pour l'UMP comme pour le MoDem, ouvrir leurs locaux le soir pour accueillir des universités populaires, des cours du soir, de même que les bibliothèques ouvrir tard le soir pour permettre aux étudiants, y compris ceux qui travaillent à temps partiel, d'étudier à ces heures. Proposition concrète du MoDem : rémunérer des étudiants qui ont besoin de financer leurs études en leur proposant des postes de surveillant en lycées et de tenue en soirée de bibliothèques ouvertes le soir, ainsi que d'animation de cours du soir et d'universités populaires.

Concernant la santé et le handicap, le PS et le MoDem ont des propositions convergentes, notamment pour les jeunes, les handicapés, les urgences médicales de proximité, l'évaluation préalable et la prévention des risques sanitaires. L'UMP est le moins convaincant (avec le FN qui ne propose pratiquement rien), proposant une "mise en réseau" des services d'urgences ou hospitaliers mais sans parler des moyens, alors que la politique du gouvernement restreint les moyens de l'hôpital et supprime des postes ... Hormis sa proposition de mutuelle pour les jeunes et de baisse du seuil d'exposition autorisé aux ondes électromagnétiques Europe Ecologie n'est pas clair : "plan qualité de vie" ... Le Front de Gauche soutient l'emploi des professionnels de santé dans les hôpitaux, des infirmières et puéricultrices. Le FN ne dit pas grand chose à part le soutien à l'installation de médecins dans les territoires ruraux (de l'Ile de France ?).

La culture, le sport et le tourisme sont les thèmes sacrifiés dans cette campagne. C'est le PS et le MoDem qui font le plus de propositions. Europe Ecologie , le Front de Gauche et le Front National peu diserts sur ces sujets. Europe Ecologie utilise un langage peu clair : "label tourisme durable IDF" pour valoriser et encourager l'écotourisme ... Le Front de Gauche parle d'augmenter le budget sans dire vraiment quoi faire. Quant au FN, il propose de "participer à l'entretien du patrimoine artistique et culturel", ce qui est déjà fait actuellement, dans les compétences de la région ... 

Sur la politique de la famille, des jeunes et des seniors, tous veulent développer les places en crèche (sauf le FN). Les seniors sont particulièrement choyés par l'UMP, le FN et Europe Ecologie. La maladie d'Alzheimer fait l'objet d'une particulière attention au PS, chez EE et au FN. Le Modem ayant de son côté plus de propositions pour les jeunes, le logement des jeunes, l'attribution des logements vacants pour les jeunes et les familles.

En termes de sécurité, le PS axe son attention sur la sécurisation des transports en commun et propose un service de consultation juridique gratuit. L'UMP sur la vidéo protection, des surveillants régionaux et des SMS d'alerte (proposition un peu gadget, car on peut déjà téléphoner aux secours à partir d'un portable et se faire repérer par GPS ...). Europe Ecologie est à nouveau dans le langage boisé (moins péjoratif et plus vert que la langue de bois ;-), en proposant "des Etats généraux de la tranquillité publique" et "des médiateurs de la tranquillité publique", avec un point d'honneur sur sa proposition de places d'accueil pour les femmes victimes de violence. Le MoDem développe la police de proximité, la mixité urbaine, la police de transport, bref la présence humaine plutôt que la vidéosurveillance sans intervenants actifs de proximité. Le FN veut renforcer la police et les contrôles, "rétablir la sécurité des HLM" (oui, certes, mais comment ?).

EN CONCLUSION :

- beaucoup de convergences des différents partis sur les transports (sauf clivage UMP contre les autres sur le Grand Paris), le soutien à l'emploi (PME et secteurs en développement), la formation et l'apprentissage, la prise en compte du durable, de la protection de l'environnement, qui n'est pas l'exclusivité et Europe Ecologie même s'il en porte l'étiquette.

- le PS a les propositions les plus développées, les plus détaillées, une meilleure connaissance des dossiers (normal puisqu'il était aux commandes !) mais peut souffrir d'un bilan mitigé, de critiques sur les points noirs surtout concernant le dysfonctionnement et les insuffisances des transports en commun en banlieue, des problèmes du RER notamment.

- l'UMP cherche à être en phase avec la politique du pouvoir central, du gouvernement (Grand Paris) et développe moins les propositions sur l'environnement que le PS, EE et le MoDem. Il vise clairement l'électorat âgé (politique sécuritaire, résidences personnes âgée, Alzheimer,...).

- le MoDem priorise les jeunes, l'égalité des chances et l'emploi, en particulier le soutien aux PME avec des propositions très concrètes sur ce sujet. Sa communication est sur le registre de la relation humaine, d'une façon de vivre plus humaine, du respect de la personne, de l'égalité des chances, de la mixité sociale et le vivre ensemble, de l'équilibre entre l'Est et l'Ouest, de l'équilibre des contre-pouvoirs (il est en ce sens "humaniste") alors que les autres sont plus sur un registre "matérialiste", y compris les partis de gauche (répartition des richesses, droits à des services publics gratuits) et Europe Ecologie (la nature prime sur l'homme, le respect de l'environnement prime sur le respect de l'homme, sur le vivre ensemble).

- le Front de Gauche et le Front National sont les partis qui affichent le moins de propositions pour la région. Pas d'originalité, pas d'idées vraiment nouvelles. Le FN est toujours dans les propositions sécuritaires et le front de gauche dans la défense de l'emploi public et le développement excessif des logements sociaux en particulier dans les zones déjà très urbaines en petite couronne.

Si l'on doit donner un avis sur l'attrait physique et le comportement des candidats, ce qui ne se fait pas mais je le ferai quand même à titre personnel, Alain Dolium est sans conteste le plus beau et le plus sympa, toutes les femmes le disent sur les marchés et dans la rue (et de surcroît très compétent et communicatif), et Cécile Duflot la plus jolie et la plus mignonne (mais elle devrait faire un peu moins la morale aux autres, c'est agaçant à la fin !). Jean-Paul Huchon a une fausse apparence molle et débonnaire. Il est compétent, professionnel, consensuel, constructif et respectueux de ses partenaires et adversaires, il sait travailler en équipe. Je n'aime pas, mais pas du tout, le comportement de Valérie Pécresse, agressive, irrespectueuse de ses adversaires, attaquant sans cesse. Elle ne siégeait que très rarement au Conseil régional et ne sait pas bien travailler en équipe avec des gens d'avis différent. J'ai apprécié Pierre Laurent, que j'ai écouté lors du seul débat du 9 mars, exposer un diagnostic juste et des propositions concrètes, même si je n'ai pas retrouvé d'originalité et de proposition concrète de développement économique et durable dans le programme du Front de Gauche.

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06/03/2010

Nicolas Sarkozy ne défend pas les agriculteurs

Cette parade de Nicolas Sarkozy ce matin au Salon de l'Agriculture est une parodie. Alors qu'il tente de montrer compassion envers les agriculteurs en détresse, d'envisager des aides palliatives, rappelons-nous que le gouvernement a été complice des causes de cette détresse, a approuvé la suppression des quotas, la libéralisation excessive qui conduit à casser les prix, en dessous des prix de revient. Et au delà de ces paroles quels actes ? 
Le texte présentant la position du gouvernement français sur la stratégie de l'Union européenne à horizon 2020,  pour préparer le Conseil européen des 19-20 mars prochains, ne parle pas du tout de l'agriculture !

 

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Le président de la République a annoncé ce matin ses mesures pour aider le secteur à sortir de la crise. «Je ferai pour l'agriculture française et européenne ce que nous avons déjà fait pour sauver la finance, a martelé Nicolas Sarkozy. Voir l'article du Figaro.

 

Ces mesures annoncées pour soutenir les agriculteurs sont : 800 millions d'euros supplémentaires de prêts bonifiés, et 50 millions en plus d'allègements de frais financiers pour les emprunts anciens. Sans oublier l'exonération des charges patronales pour les saisonniers et un probable allègement des contraintes écologiques qui pèsent sur l'agriculture (fi du Grenelle de l'environnement !).

 

C'est le pansement sur la jambe de bois ! Songez que les agriculteurs français ont perdu 20% de leur revenus en 2008 et 30% en 2009. 1/3 des exploitations menacées de disparition à très court terme. Les agriculteurs ne peuvent même plus vivre de leur travail.

 

Les causes profondes viennent de ce modèle de société dérégulé dans la mondialisation, de la dictature des prix du marché et de la loi du plus fort,, où les prix font la voltige au gré des déséquilibre de l'offre et de la demande marginale, imposant un prix à tous, d'un marché dominé par des centrales d'achat puissantes face à des milliers de producteurs sans pouvoir. Ce monde nous conduit vers l'éradication de l'agriculture familiale, des petites exploitations, favorisant les grandes industries agricoles inhumaines. la concentration des moyens de production pour une agriculture intensive et loin des lieux de consommation, donc coûteuse en carbone. "L'Europe doit rééquilibrer le marché en permettant l'organisation des producteurs", comme l'a préconisé François Bayrou.

 

Or, c'est bien notre gouvernement actuel qui a favorisé cette politique de dérégulation, qui a approuvé la suppression des quotas européens de production, notamment les quotas laitiers, qui permettait de réguler les prix. Enfin, dans le débat sur l'avenir de la PAC, qui doit être revue avant 2013, Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à diminuer le budget de plus de 50 milliards d'euros mais à condition que les agriculteurs vivent avec des prix décents et que l'on applique la préférence communautaire. Il s'est aussi engagé à défendre l'agriculture française à Bruxelles.

 

Alors, que propose le gouvernement à l'Europe en matière de politique agricole  ?

RIEN.

 

Je vous invite à lire le document remis le 13 janvier 2010 par le gouvernement français à la Commission européenne, rédigé sous la responsabilité de Pierre Lelouche, donnant la position de la France sur la stratégie de l'Union Européenne à horizon 2020. Voir aussi l'article de Euractiv.fr.

 

Vous serez étonnés de lire que le sujet de l'agriculture et de la PAC n'y est absolument pas abordé, de même que d'autres sujets tout aussi importants tels que la lutte contre les paradis fiscaux et la corruption, une taxe carbone européenne ou  une taxe carbone aux frontières, le renforcement de l'Europe dans les instances internationales pour parler d'une voix, la mise en place d'une veritable force d'intervention européenne en cas de conflit ou de catastrophe (cf Haïti), l'action européenne envers les PVD et le problème de la crise alimentaire, la lutte contre la faim dans le monde, même si on évoque au moins une volonté de lutter contre la pauvreté.

 

23/02/2010

Sélection de citations pour le MoDem et pour François Bayrou

"Seuls les poissons morts nagent dans le sens du courant" (proverbe chinois)

"Etre humain, c'est aimer les hommes. Etre sage, c'est les connaître" (Lao Tseu)

"Dire des idioties de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante" (Boris Vian)

"Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes" (Jacques Rouxel, Les Shadoks)

"Les gens qui ne tiennent jamais leurs promesses sont les seuls à qui ont puisse faire entièrement confiance" (Yvan Audouard)

Spécialement pour François Bayrou : "Ad augusta per angusta" ou  "ad astera per aspera" ... ou encore "Per aspera ad astra"

Expression latine « à de grands résultats par des voies étroites », ou encore « la gloire, ou les sommets, par des sentiers sinueux, escarpés », une façon de dire que la gloire n'arrive pas facilement, reprise par Victor Hugo (mot de passe des conjurés d'Hernani  - acte IV).

Et ce  précepte chinois sur l'argent, qui exprime bien l'opposition de l'humanisme au matérialisme. Vous remarquerez d'ailleurs que le capitalisme (culte du profit et de l'argent), comme le socialisme (idéal collectif de partage des richesses) et même aussi l'écologisme (priorité de la nature sur l'homme, préservation des ressources naturelles même si au détriment du développement humain), ont des valeurs articulées sur une logique matérialiste 

L'argent peut acheter une maison

             Mais pas un foyer.

Il peut acheter un lit

             Mais pas le sommeil.

Il peut acheter une horloge

             Mais pas le temps.

Il peut acheter un livre

             Mais pas la connaissance.

Il peut acheter une position

             Mais pas le respect.

Il peut payer le médecin

             Mais pas la santé.

Il peut acheter du sang

             Mais pas la vie.

Il peut acheter du sexe

             Mais pas de l'amour !

20/02/2010

François Bayrou, bouc émissaire des éconduits du MoDem aux régionales

Trop, c’est trop ! Je ne voulais pas intervenir pour ne pas alimenter la polémique, mais cela devient insupportable. Plusieurs cadres militants du MoDem en dissidence ou éconduits des listes ont récemment démissionné à grand bruit, avec lettres ouvertes sur place publique relayées sur la Toile. La presse, avide de querelles alimentant ses colonnes, ainsi que les partis politiques ravis de voir déstabilisé de l’intérieur un concurrent potentiel, se sont empressés de relayer ces polémiques, rendant inaudible tout autre discours, notamment de fond sur le projet du MoDem pour les élections régionales.

Un mauvais sondage, quelques défections ou quelques ralliements de cadres à une liste concurrente, d’une extrême banalité en période de bouclage de liste, auxquels s’ajoute une critique d’une personnalité représentative comme Corinne Lepage, suffisent à la presse pour conclure à la débâcle électorale et adopter un ton catastrophiste, attestant que l’optimisme orange est passé au blues …

Je voudrais simplement dire qu’il est tout à fait normal qu’il y ait beaucoup de déçus dans ce contexte électoral. Le score des dernières élections régionales en 2004 avait été en moyenne de 12% pour l’UDF, dont 16,1% pour l’Ile de France. En général, les sortants sont motivés pour être reconduits. De surcroît la rémunération due au poste met du beurre dans les épinards (1508 à 2640 euros par mois pour un simple conseiller, 3771 avec indemnités et majoration selon cet article). Or, d’une part le Modem n’est plus l’UDF, il s’est renouvelé de nombreux militants, parfois nouveaux en politique, comptant parmi ses cadres autant sinon plus de nouveaux, qui prétendent autant que les anciens à être candidats, d’où un ratio de reconduction des anciens élus sur les listes inférieur à 50%. Le contexte actuel étant devenu aussi plus difficile, les sondages menaçant le MoDem d’un score de 5%, l’éligibilité des candidats sur les listes est divisée par 2  ou par 3. Ce qui donne en moyenne à un ancien élu candidat 1 chance sur 4 à une chance sur 6 d’être reconduit sur son mandat, même en gardant le même rang sur la liste. Il faut savoir aussi que sous le score de 5%, les frais de campagne sont à la charge des candidats, éventuellement subventionnés par le parti. On comprend alors la bataille naturelle qui s’engage entre les anciens et les nouveaux, sans qu’ils osent bien sûr l’avouer … On comprend aussi plus facilement la tentation de rejoindre des listes concurrentes qui présentent des sondages plus avantageux, heureuses de compter des MoDem dans leurs rangs en affaiblissant ainsi un concurrent. Les malheureux éconduits des listes ou frustrés de ne pas se trouver dans une position éligible, qui ont inondé la toile et la presse de leur atermoiements, se gardent bien de dire l’origine réelle de leur frustration. Ils évoquent alors toujours les même arguments : manque de démocratie interne, problème de gouvernance, flou de stratégie et … autocratisme de François Bayrou. Il a bon dos l’autocratisme ou l’égocentrisme de François Bayrou ! Ecoutez-le, connaissez-le ! Il n’est pas vrai qu’il décide seul. Il décide avec son bureau exécutif (et pas seulement sa fidèle Marielle de Sarnez), il écoute ses cadres, il s’appuie sur des relais car il ne peut pas gérer seul. Cet argument est utilisé toujours en dernier ressort par ceux qui ne savent pas en opposer d’autres pour justifier leur défection ou leur désaccord.

 

Pourtant, les statuts et le règlement intérieur du MoDem, élaboré par les militants et voté par les adhérents en Conseil national, ont été parfaitement respectés. Il n’était pas question de primaires sur les candidatures, mais de consultation des Mouvements départementaux pour avis sur les listes, ce qui a été fait. L’approbation des têtes de listes a été soumise au vote des adhérents. Certes, il y a eu un couac sur l’approbation des têtes de listes départementales, assez tardif, donc qui permettait difficilement les ajustements de dernière minute. Il y a eu aussi une maladresse en Languedoc-roussillon où malgré un vote des militants approuvant Marc Dufour, François Bayrou souhaitait une alliance avec l'ex-journaliste météo Patrice Drevet, tête de liste de l'Alliance écologiste indépendante. Ils n’ont pas su se mettre d’accord et au final tout a capoté, Patrice Drevet a présenté sa propre liste et Marc Dufour a retiré sa liste au dernier moment.

 

Il y a aussi le courant de Cap21 présidé par Corinne Lepage, co-fondateur du MoDem et intégré au MoDem, mais qui a gardé ses instances, son Conseil national, une indépendance programmatique, ses propres cotisations, se présentant comme le courant écologiste du MoDem (alors qu’il y a de nombreuses sensibilités écologistes au MoDem qui ne sont pas de Cap21, tels Yann Wehrling et Jean-Luc Bennhamias, anciens secrétaires des Verts …). Dès que Europe Ecologie a connu ce flambant succès aux européennes, beaucoup de militants de Cap21 ont senti le vent tourner au vert et se sont montrés plus critiques, à commencer par sa présidente. Ils souhaitaient des accords d’alliance de 1er tour du MoDem avec les listes Europe Ecologie, mais la majorité des adhérents a voté en congrès une préférence pour des listes MoDem autonomes au 1er tour, marquant l’identité de notre sensibilité et réservant au 2nd tour les possibilités d’alliance. Ils déplorent donc une « mauvaise stratégie » (pourtant décidée démocratiquement) et certains ont fait dissidence en ralliant des listes EE dès le 1er tour. Ce comportement est parfaitement logique. De plus, Corinne Lepage, de plus en plus critique à l’égard de François Bayrou, n’a jamais caché ses ambitions présidentielles et elle aurait sans doute aimé être la candidate du MoDem (... et maintenant de Europe Ecologie ?). On comprend alors aussi ses motivations … Le sondage de popularité commandé par Cap21 sur sa présidence n’est pas anodin et cherche à mettre en avant cette dernière. Elle peut tout à fait être candidate à la candidature, si elle est encore au MoDem le moment venu et les adhérents se prononceront par le vote. Mais François Bayrou a un grand capital confiance au sein du MoDem et encore une belle cote de popularité dans l’ensemble de la population (40% dernièrement). Sa détermination est intacte, sa vision juste. Il reste un repère pour nombre de Français.

Ces événements ont contribué à la baisse du MoDem dans les sondages et à son inaudibilité sur les régionales. Malgré tous ces incidents, nous sommes nombreux et même majoritaires à être engagés dans ce Mouvement pour défendre une autre politique, un modèle de société plus humain, plus épanouissant, plus créatif et plus équilibré. Faire partie du MoDem, aujourd’hui, c’est faire acte de résistance. Résistance à l’oppression, à la pression médiatique et à la désinformation, au rouleau compresseur des partis dominants et du pouvoir de l’argent, résistance à toutes les dérives démocratiques et aux atteintes aux principes républicains notamment d’égalité des chances et des libertés individuelles. Mais plus qu’un môle de résistance, le Mouvement Démocrate est une force de proposition, de construction, des compétences solides en réserve sur les questions économiques, le développement durable, la défense, l’agriculture…, des profils nouveaux issus de la vie civile, entrepreneurs et acteurs de la vie associative, comme Alain Dolium, des militants chaleureux, courageux et enthousiastes. Même si les circonstances sont difficiles, il n’y a aucune raison pour que ce mouvement ne s’épanouisse pas. Quels que soient les sondages, la bête bouge encore … Et les sondages ont toujours eu tort. A nous de les faire à nouveau mentir, si possible cette fois à notre avantage !

30/01/2010

Affaire Clearstream : le procureur Jean-Claude Marin est-il vraiment indépendant ?

L’affaire « Clearstream » a connu plusieurs épisodes ou du moins plusieurs affaires Clearstream et on y retrouve déjà le procureur Jean-Claude Marin. Le procès de Sarkozy à Villepin en est le 3ème. 1895321995.JPG

Il y avait eu précédemment l’affaire dite Clearstream 1 suite à la publication par le journaliste Denis Robert en 2001 et en 2002 de Révélation$ et de La Boîte noire, soupçonnant le système et banque de compensation Clearstream (qui se nommait Cedel à l’époque), situé au Luxembourg, d’être une plate-forme mondiale de l’évasion fiscale et du blanchiment d’argent.

Puis en 2004 l’affaire Clearstream 2 (ou affaire EADS-Clearstream ou affaire du corbeau des frégates de Taïwan). Les circuits de Clearstream étaient supposés utilisés pour régler des commissions et des rétrocessions de commissions sur ventes d’armes, via les filiales de la DCNI ‘Direction des Constructions Navales International), Heine et Eurolux au Luxembourg. Le juge Renaud van Rymbecke s’est vu s’opposer le « secret défense», l’empêchant de mener l’enquête pour remonter aux bénéficiaires.

 

Le dossier judiciaire de cette dernière affaire contenait des notes dont fait référence un PV du Parquet daté du 22 novembre 2007, publié par le journal Bakchich.info, mettant en cause Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur, concernant le financement de la campagne de ce dernier en 1995. Nicolas Sarkozy était alors ministre du budget, porte-parole et directeur de campagne d’Edouard Balladur. Il avait validé et signé les commissions versées sur cette affaire. JC Marin n'a pas voulu tenir compte de ces informations, jugeant les notes succinctes et imprécises, et a classé sans suite. Ces commissions sont passées par DCN international, officine basée au Luxembourg, dont Jean-MArie Boivin, ex directeur a été viré et menaçait de faire des révélations importantes. Egalement sans suite ...

Voir http://www.bakchich.info/Fregates-le-rapport-du-parquet-de,06545.html

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Ces rétrocessions de commissions concernaient aussi la vente de sous-marins au Pakistan, débouchant sur l’affaire de l’attentat de Karachi. Même contexte. On y retrouve encore le procureur Jean-Claude Marin.

Voir http://www.rue89.com/2009/12/17/attentat-de-karachi-sarkozy-est-au-coeur-de-la-corruption-130476

L’avocat des familles de victimes,Me Olivier Morice, a déposé plainte le 14 décembre 2009 auprès du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Il déclarait : « Nicolas Sarkozy est au coeur de la corruption dans cette affaire, à la fois comme ministre du Budget [de 1993 à 1995, ndlr] et dans le rôle qu'il a joué comme porte-parole et directeur de campagne d'Edouard Balladur. »

Ce rappel étant fait, rappelons aussi que le président de la république nomme les procureurs sur proposition du garde des Sceaux, ministre de la justice …

 
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