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31/07/2011

L'évasion fiscale, c'est facile pour les riches : démonstration par Bernard Tapie

Selon une enquête de Charlie Hebdo et de Rue89, Bernard Tapie aurait transféré une partie importante de ses biens en Belgique, via la création d'une holding, pour échapper à l'ISF et à la taxation sur les bénéfices issus de la vente de titres de sociétés.

Bernard Tapie


Comme le rappelle aussi Le Figaro en citant Le Canard Enchaîné : "cette opération ne serait pas la seule montée par l'homme d'affaires pour échapper au fisc. Dès les années 1990, Bernard Tapie se serait en effet servi d'une autre société, nommée Superior Ventures Limited, pour dissimuler des sommes d'argent à l'expert-comptable chargé de liquider ses dettes, révèle cette semaine le Canard Enchaîné. Superior Ventures Limited est filiale d'une société établie en Malaisie et détenue pour moitié par Bernard Tapie et pour moitié par André Guelfi."

Au delà de la scandaleuse spoliation du contribuable (double peine : spoliation initiale + sur l'impôt sur le magot reçu), dénoncée en premier lieu par François Bayrou, ceci dévoile l'extrême facilité avec laquelle les gens fortunés peuvent échapper au fisc en toute impunité. Et cela se passe en Europe, entre France et Belgique, même pas dans un paradis fiscal des caraïbes !

Alors que notre dette publique est abyssale (1700 milliards d'euro) et notre déficit public toujours aussi irrésorbable  (plus de 100 milliards prévus en 2011, presque 150 milliards d'euros en 2010, triple de celui datant de 2007), la diminution des recettes fiscales annuelles depuis 2000 s'est élevée entre 100 et 120 milliards dont 2/3 en diminution d'impôts, comme en attestait  Gilles Carrez l'an dernier (voir cet article de l'Expansion). Cette diminution d'impôt a été réalisée essentiellement au profit des plus riches et des sociétés multinationales (niche fiscale Copé par exemple en 2007, exonérant les plus-values sur vente de titres de filiales), alors que les classes moyennes et les PME continuaient de payer pour les autres. Ce qui signifie que si nous n'avions pas baissé les impôts depuis l'an 2000, nous ne serions pas en déficit aujourd'hui et les inégalités de revenus seraient moins importantes.

Mais, me direz-vous, cela ne servirait à rien de les rétablir puisqu'il est si facile aux personnes fortunées, comme Liliane Bettencourt ou Bernard Tapie nous l'ont démontré, grâce à la création de holdings exonérées d'impôt sur des revenus de dividendes même en France (Téthys pour Bettencourt) ou en Belgique (GBT Holding pour Tapie), d'échapper au fisc dans ce merveilleux paradis fiscal qu'est la France !

03/07/2011

Et si Anne Sinclair était candidate aux primaires du PS ?

Après tout, c'est notre Hillary Clinton à nous ...
Intelligente, diplomate, populaire, digne et fidèle, elle a accompagné son mari ministre, homme d'Etat au FMI, parle différentes langues, belle et féminine.

 



Cela pourrait donner l'idée à Nicolas Sarkozy, s'il chute encore dans les sondages, de convaincre Carla de se présenter à sa place ...

Un monde dirigé par les femmes serait sans doute plus pacifique !

01/07/2011

La démondialisation selon Arnaud Montebourg : qu’en pense François Bayrou ?

 

Je viens de lire attentivement le petit livre que vient de publier Arnaud Montebourg intitulé « Voter pour la démondialisation !». En fait les recommandations convergent fortement avec celles déjà faite par le MoDem sur l'Europe en 2009 et ne prônent pas un vrai protectionnisme au sens habituel. Si le ton du réquisitoire donne l'impression d'être très "à gauche", la "démondialisation" d'Arnaud Montebourg paraît surtout être une opération médiatique ! 

 

Je fais ce constat après avoir analysé en profondeur le phénomène de mondialisation et de globalisation, ses conséquences sur nos économies et celles des pays émergents, sur l’Europe, lu aussi de nombreux récents ouvrages parus sur ce thème.

Le débat sur le modèle de société, à la fois social et économique, devant intégrer la dimension écologique, est essentiel pour aborder la prochaine campagne présidentielle. Les Français ont une attente sur ce sujet. Avant de se lancer dans un programme, dans des propositions sur la dette publique et la fiscalité, sur l’éducation, sur la relance économique, dans des promesses électorales auxquelles les citoyens ne croient plus, les responsables politiques devraient affirmer leur priorité à des valeurs et donner une vision du monde, pas seulement de la France et de l’Europe. Ils devraient exprimer avec pédagogie leur analyse des causes des dysfonctionnements de la société et de l’économie, leur positionnement idéologique sur la mondialisation, sur le libre-échange et le protectionnisme, sur la capacité des Etats à réguler cette mondialisation, sur les rapports de force entre la finance et l’économie des entreprises, entre les Etats et les puissances financières multinationales, sur la gouvernance mondiale et les trous noirs des paradis fiscaux, le dumping monétaire de la Chine, l’hégémonie du dollar, les grands déséquilibres entre des pays dits riches, mais avec de plus en plus de pauvres, qui vivent à crédit et de l’autre des pays pauvres pillés de leurs ressources (l’Afrique) et des pays émergents (Chine, Inde, Brésil) à forte croissance qui « aspirent » nos emplois grâce à leurs faibles coûts salariaux et financent nos dettes publiques.

C’est l’objet de ce livre, qui est percutant, pédagogique et de prime abord convaincant. Le diagnostic est éclairant. Il est vrai que les vertus du libre-échange ont été idéalisées au point d’en faire un dogme absolu, alors que nous constatons maintenant que des postulats qui fondaient la théorie étaient faux : notamment sur la libre concurrence supposée non faussée, sur « le prix de marché » réputé équilibrant, sur la non prise en compte des coûts d’externalité dans les échanges (destruction sociale et environnementale, impliquant des coûts cachés) ... L’ouverture à la mondialisation a engendré des délocalisations qui furent une cause des destructions de nos emplois.

Cependant, je vois quelques points à critiquer dans ce livre :

 

1- Critique sur le diagnostic :

-         Exagération de l’ampleur des destructions d’emplois dues aux échanges internationaux :
Page 31, le livre fait référence à un document officiel du ministère de l’Economie et des Finances, « La désindustrialisation en France » : « En trente ans, environ 2 millions d’emplois industriels ont été détruits en France (1 913 500 entre 1980 et 2007). Cela représente 71 000 emplois détruits en moyenne chaque année, et un total de 36% des effectifs industriels ». Mais lorsqu’on lit ce rapport de Bercy, il est précisé que sur ces chiffres, seuls 13% des destructions d’emplois sont expliqués par les échanges internationaux, selon une approche comptable fondée sur le contenu en emplois des échanges. Ce taux étant plus élevé sur la période plus récente 2000-2007 (28%). 25% des destructions d’emplois étant dus à des transferts de l’industrie vers les services par externalisation (donc pas une destruction d’emploi au total) et 29% dus à des gains de productivité (65% sur la période 2000-2007). Il faut donc être honnête sur les chiffres en présentant mieux la réalité.
Il faut aussi considérer que la mondialisation a eu des effets positifs sur l’échange des savoirs, la communication, nos exportations, ainsi qu’une baisse importante de prix sur des biens à la consommation (textiles, jouets, électronique,...) avec un effet favorable sur le pouvoir d’achat des consommateurs français, qu’il faudrait chiffrer. Ces avantages ne sont pas évoqués, pas plus que les inconvénients de mesures de rétorsion brutales sur nos exportations qui résulteraient de la part de pays comme la Chine de décisions françaises ou européennes d’interdiction ou de forte taxation aux frontières de leurs produits, même justifiées par des normes sociales et environnementales, surtout si ces normes ne sont pas mondiales ...

-         Occultation des points positifs de la mondialisation pour les pays pauvres et émergents :
Le livre pointe le maintien des bas salaires et d’une faible protection sociale dans ces pays malgré leur croissance forte qui en réalité bénéficie plutôt aux détenteurs des capitaux, aux actionnaires des sociétés exportatrices installées dans ces pays qui sont soit des riches privilégiés soit l’Etat (pour la Chine), qui se sert de l’excédent commercial pour acheter la dette publique américaine ou européenne ou prendre des participations stratégiques dans nos pays (ports grecs, entreprises européennes) pour accroître son pouvoir politique sur nos pays dans un rapport de force. C’est vrai mais il faut aussi reconnaître une indéniable montée du niveau de vie moyen dans ces pays émergents, dont la Chine, la constitution d’une classe moyenne visant à atteindre un niveau de vie comparable aux classes moyennes occidentales. Arnaud Montebourg conteste les chiffres annoncés par le gouvernement chinois de la population sortie de la pauvreté (400 millions sur 1,4 milliards) car le chiffre est obtenu en prenant un seuil de pauvreté de 0,4 dollar par jour.  Regardons mieux les chiffres : en Chine, d’après
cet article, on définit la classe moyenne par l’ensemble des personnes dont les revenus sont compris entre 25.000 et 100.000 yuans par an [soit respectivement 2.500€ et 10.000€]. De 2005 à 2010, son effectif a progressé de 46%. Elle représentera 57% de la population chinoise en 2010, contre 39% en 2005, et près de 75% de la totalité du pouvoir d’achat disponible de la Chine. Le salaire minimum chinois est entre 1 100 et 1 200 yuans par mois selon les provinces, ce qui donne environ 133 euros par mois (1 €=9 yuans). Arnaud Montebourg reprend page 40 le chiffre de 80 millions de Chinois gagnant aujourd’hui plus de  20 000 dollars par an, soit 5% de la population. En termes de niveau de vie dans une grande ville comme Pékin ou Shanghai, 20 000 dollars par an correspond à 120 000 yuans/an, soit 10 000 par mois, alors qu’il faut 3000/mois (dont 1000 pour le loyer d’un studio) soit 333 €/mois pour l’équivalent en niveau de vie à notre Smic à 1000 € net. Ce chiffre correspond donc à un niveau assez élevé pour un chinois (3 fois le niveau de vie d’un Smic en France).

 

-         Dénonciation du succès de Allemagne, agissant en prédateur comme la Chine pour ses voisins européens, et du « modèle allemand » en réalité égoïste :
Pour répondre à ceux qui rétorquent que l’Allemagne, avec la même monnaie l’euro et avec un modèle social comparable à la France, n’a pas détruit ses emplois industriels et en a au contraire créé dans la mondialisation, Arnaud Montebourg explique que l’Allemagne a su être compétitive au détriment de ses voisins grâce à un écrasement des salaires, qui ont stagné depuis 12 ans alors qu’ils augmentaient en France. Mais un
rapport publié par la Commission des comptes de la Sécurité sociale, datant de juin 2010,dont j’ai parlé dans un précédent article sur le mythe allemand, explique que malgré cette compression des salaires allemands, le coût du travail est aujourd’hui en moyenne un peu plus élevé en Allemagne qu’en France (alors que la France est plus productive). Même si par ailleurs il faut signaler l’absence de salaire minimum légal en Allemagne, permettant d’employer des salariés à moins de 6 € de l’heure (contre 7 € net chez nous, 9 € en brut), ayant conduit à une augmentation du nombre de travailleurs pauvres en Allemagne, comme en témoigne cet article : « Selon l'institut du travail de l'université de Duisbourg-Essen, plus de 6,5 millions de personnes en Allemagne, soit près de 20 % des travailleurs, toucheraient moins de 10 euros brut de l'heure. Le chiffre est surtout inquiétant concernant les très petits salaires : 2 millions d'employés gagnent moins de 6 euros de l'heure ».
Ce n’est pas un différentiel de coût du travail qui explique le succès allemand, pas plus qu’un comportement allemand « prédateur » et « égoïste » à l’égard de ses voisins qui explique son succès commercial à l’exportation, mais un positionnement sur des produits de qualité, à haute valeur ajoutée, que ce soit dans l’automobile ou dans le secteur de la machine outil pour l’industrie manufacturière, fournisseur non seulement de l’Europe (62% de ses exportations) mais aussi de la Chine, des pays émergents, grâce à leur croissance forte sur les secteurs de production utilisant ces machines.

-         Enfin, le ton accusateur du réquisitoire, qui frise le populisme démagogique :
Ce diagnostic cible le libre-échange qualifié d’ennemi, alors que ce sont les dérives d’un libre-échange insuffisamment régulé qu’il faudrait plutôt condamner. Ce réquisitoire  prend aussi un ton accusatoire, dénonçant une caste de nantis disposant du pouvoir au travers des puissances financières et des banques, qui auraient volontairement entretenu ce système, imposant un dogme à l’OMC comme à la Commission européenne, pour s’enrichir sur le dos des classes moyennes et défavorisées. On est proche de la théorie du complot ... Or, même si ce système capitaliste dans la mondialisation fonctionne sur l’appât du gain plutôt que sur une volonté entrepreneuriale de développement au bénéfice de l’homme, même s’il profite aux riches détenteurs de capitaux, il faut être conscient que les puissances financières sont majoritairement (nous chercherons à en évaluer la proportion dans un prochain article) des fonds de pension ou d’investissement qui investissent pour placer des liquidités des retraites par capitalisation et les économies des épargnants, défendant les intérêts financiers des ... classes moyennes occidentales.

 

2- Originalité des recommandations ?

 

Curieusement, alors que le positionnement de Arnaud Montebourg est qualifié très « à gauche », proche de Jean-Luc Mélenchon, ce qui sans doute tient au ton réquisitoire accusateur du diagnostic et à l’emploi du mot « protectionnisme » renforcé par la médiatisation de l’expression « démondialisation », les propositions en fin de livre sont très classiques et la plupart reprennent des point déjà recommandés par François Bayrou et le Mouvement démocrate dans son projet humaniste (livre orange) et dans le projet du MoDem pour l’Europe de 2009 notamment pour régulariser la mondialisation :

 

-         Concernant les point 1 et 2 « faire intégrer dans les traités de libre-échange de l’OMC de nouvelles conditions non marchandes, afin que la compétition ne se fasse pas au détriment du travail et de l’environnement » :
MODEM (p.47) =>  intégrer les objectifs environnementaux et sociaux dans les échanges internationaux, à travers une réforme de l’OMC ; dans le programme européen du Modem => Réformer en profondeur les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour intégrer davantage les exigences sociales et environnementales. Les produits qui entrent en Europe devront progressivement être soumis aux mêmes normes que ceux que nous fabriquons chez nous.

-         Sur le point 3 «  créer une agence française sanitaire, sociale et environnementale chargée de calculer le coût écologique et social des produits étrangers selon des critères transparents » :
Le MODEM propose au niveau de l’Europe (p. 47) => introduire une norme comptable fondée sur la responsabilité sociale et environnementale pour les grandes entreprises et réalisée par des agences indépendantes ;

-         Point 4 « instaurer une taxe carbone aux frontières de l’UE » et 6 (taxe appliquée aussi au sein de l’Europe) :
Le MODEM le proposait déjà dans son
programme pour l’Europe en 2009 : 
 
- Instaurer une taxe carbone européenne qui pénalisera les énergies fossiles les plus polluantes.
- Taxer les pollueurs pour qu’ils soient incités à modifier leur comportement.
 une fiscalité environnementale :
Dans son projet humaniste (p.16) =>
La fiscalité doit désormais être adaptée à l'impératif environnemental. Elle doit être liée directement aux comportements des entreprises et des particuliers. Pour les entreprises, des tranches d’impôt sur les sociétés pourraient être établies en fonction de leur performance environnementale. Pour les particuliers, la TVA pourrait être modulée en fonction de la performance environnementale des produits de consommation achetés ;
et p.19 : une fiscalité réorientée pour susciter chez chaque acteur des comportements plus éco-responsables

-         Point 11 : «  Permettre aux consommateurs d’accéder à l’information du contenu social et environnemental des produits qui leur sont proposés, par l’institutionnalisation des labels,... » :
Le MODEM, p.17-18 : encourager la consommation de produits à plus-value sociale et environnementale en clarifiant les labels et en communiquant l’empreinte sociale et environnementale des produits et services ;

-         Point 13 « Politiser le droit européen à la concurrence pour constituer des champions industriels ayant la taille critique sur le marché mondial » :
Programme européen du MoDem =>
Instaurer une politique industrielle européenne grâce à la mise en place d’un fonds stratégique l’investissement au sein de la Banque européenne d’investissement (BEI). Il financera des projets stratégiques, les nouvelles technologies de l’environnement et les PME innovantes
Projet humaniste, p.47 => soutenir les rapprochements entre entreprises pour susciter des « champions européens ». Un Fonds stratégique européen pourrait élargir les compétences actuelles du Fonds Européen d’Investissement. Il investirait dans les grandes entreprises stratégiques, les PME innovantes, les projets d’infrastructures de niveau européen ;

-         Point 14 « Mettre la convergence sociale et fiscale à l’agenda immédiat de l’Union européenne » :
Programme européen du MoDem =>
 Mettre en place un plan de convergence sociale
afin d’harmoniser progressivement nos niveaux de protection sociale en Europe.
Comme je le disais dans un article « TVA sociale : pour ou contre ? », il faut entrer dans une logique de concurrence loyale et solidaire proposant une taxe sociale et environnementale solidaire aux frontières de l’Europe. Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, a défendu ces positions lors de plusieurs interventions au Parlement européen, notamment celle-ci le 8 octobre dernier à propos de la Chine.

-         Même si malheureusement ne figure pas dans les propositions à la fin du livre la recommandation déjà faite par Arnaud Montebourg de séparer les banques de dépôt des banques d’affaire (pour que les banques ne mettent pas en danger les activités bancaires classiques en spéculant sur les marchés), comme le stipulait le Glass Steagall Act aux Etats-Unis avant son abolition en 1999, François Bayrou a été le premier à la proposer dès l’éclatement de la crise financière fin 2008. Arnaud Montebourg avait aussi parlé de « mettre les banques sous tutelle » (ce que ne recommande pas le MoDem), en prônant un pôle bancaire public, que l’on ne trouve pas dans ces 17 propositions.

 

Lacunes dans les recommandations :

Comparé à ces recommandations, même s’il n’emploie ni le mot « démondialisation » (terme utilisé dans un but médiatique comme une « marque déposée ») ni le mot « protectionnisme » (qui signifie des barrières aux frontières sur des critères que l’on ne s’impose pas à soi-même), le Mouvement Démocrate va plus loin en vue de réguler la mondialisation.

Il insiste beaucoup sur l’importance d’une gouvernance mondiale sur la concurrence déloyale monétaire, permettant à certains pays comme la Chine de pratiquer un dumping par sous-évaluation de sa monnaie.

La protection de nos emplois et de nos ressources fiscales passe également par l’interdiction des paradis fiscaux ou Etats dits « non coopératifs », au niveau de l’Europe comme au niveau mondial. Dans le programme européen du MoDem  figurait « Prendre les décisions nécessaires, avec un calendrier contraignant, pour bannir la pratique des paradis fiscaux. »

 

 

27/06/2011

Le faux procès de l'Europe

Europe drapeau gonfle.jpgLes arguments ressassés par la gauche de la gauche antilibérale (de même d’ailleurs que par l’extrême droite et la droite souverainiste) pour justifier une nécessaire sortie de l’Union européenne, voire de l’euro, ou un dénigrement très virulent des institutions européennes, sont les suivants : la politique européenne est trop libérale, prône la priorité du libre-échange sur le reste, sur les considérations sociales (services publics, droit des travailleurs, …), aboutit au moins disant social en comprimant les salaires vers le bas (le Front national ajoute en prime le laxisme volontaire de l’Europe en termes d’immigration en vue de comprimer encore plus les salaires vers le bas par une concurrence accrue de main d’œuvre bon marché). De plus, cette Europe est une Europe construite par des élites contre les citoyens, élites constituant une oligarchie dominante, privant les nations de leur souveraineté nationale, alors que la nation est le lieu privilégié de la démocratie des peuples. Donc cette institution supranationale n’est pas démocratique. De plus, l’exemple du référendum de 2005 sur le traité de réforme constitutionnelle où le peuple a voté non, suivi en remplacement par un vote d’approbation par le Parlement du traité de Lisbonne, substitué à l’initial traité, constitue un argument supplémentaire pour dire tout le mépris affiché par nos dirigeants envers le peuple français.

 

Ce langage est qualifié de « populiste » car il prétend parler au nom du peuple dans l’intérêt de ce dernier. Le terme « populiste » évoque aussi dans le langage courant, d’une manière assez péjorative, une intention démagogique, c'est-à-dire l’intention de séduire, voire de manipuler le peuple, en lui délivrant un langage simple qu’il aime entendre, dans lequel il se reconnaît, qui s’accompagne souvent de la désignation de boucs émissaires (les élites, la classe politique dirigeante, les immigrés, …). Je me méfie de l’opprobre jeté facilement sur les personnalités politiques qui tiennent ce langage, car je pense qu’elles ne le font pas forcément dans une intention démagogique, calculée, simplement pour récolter des voix. Elles peuvent être sincères, qu’il s’agisse de Marine Le Pen, de Nicolas Dupont-Aignan ou de Jean-Luc Mélenchon. Utiliser ce terme pour les qualifier péjorativement dénote un mépris à l’égard des électeurs séduits par leurs idées, renforçant la méfiance ou l’agressivité de ces derniers, et ne les invitent pas à être attentifs à un discours alternatif démonstratif visant à expliquer pourquoi ces théories sont mensongères. Ecoutons-nous plutôt les uns les autres de manière apaisée et enrichissons le débat en argumentant sur le fond !

 

L’Europe, c’est un rassemblement de nations qui ne se substitue pas aux nations. C’est un niveau d’organisation propre à traiter des sujets internationaux que la nation ne peut et ne sait traiter seule (normalisation des échanges, projets communs, négociations internationales, monnaie commune, …). C’est un moyen et non une fin, c’est un outil, un contenant, et non une politique, un contenu. Si l’Europe a poursuivi une politique libérale de libre-échange et a trop fait primer la concurrence sur la protection de nos emplois et de nos services publics, c’est parce que les représentants de cette Europe, qui décident de la politique, parlementaires comme dirigeants du Conseil (ministres), ont décidé cette politique. Ces dirigeants ont été élus par les peuples d’Europe, démocratiquement, qu’il s’agisse des députés européens élus à la proportionnelle (système plus démocratique qu’en France) ou des gouvernements nationaux qui forment le Conseil européen et désignent les commissaires européens.

 

Il est donc abusif de prétendre que l’Europe s’est faite contre le peuple, déniant la démocratie. Ceux qui récusent l’Europe et les institutions européennes, donc le contenant, parce qu’ils ne sont pas d’accord avec la politique suivie par cette Europe, le contenu, commettent donc une erreur de jugement, de logique. Même le philosophe Michel Onfray est tombé dans ce piège (voir sa tribune pages 78-89 dans le journal Marianne n° 740 de cette semaine paru le 25 juin 2011), accusant le think-tank Terra Nova et les sociaux-démocrates qualifiés de « gauche de droite » : « Ceux-là font leur thèse hégélienne à souhait : pour en finir avec le pire, il faut accélérer le pire, c'est-à-dire ne pas se soucier du peuple, célébrer « l’identité nationale intégratoire » et accélérer ce sui nous conduit dans le mur : l’Europe, encore l’Europe, toujours l’Europe, encore plus d’Europe … Si j’étais Marine Le Pen, je ferais de ces intellectuels des membres d’honneur du Front national ».

 

Michel Onfray est-il à ce point aveugle ? Ne réalise-t-il pas que Marine Le Pen utilise justement les mêmes arguments sur l’Europe que lui, que la gauche de la gauche ? Ne se rend-il pas compte, lui philosophe, qu’il commet un paralogisme*, en désignant le contenant alors qu’il conteste le contenu, comme si l’on cassait les assiettes après un repas jugé pas à son goût, et de surcroît en accusant le chef de cuisine alors que c’est lui, le client, qui a choisi le menu ?

 

Il ne faut pas se tromper d’ennemi, ni de combat. La structure supranationale Europe est utile, indispensable dans la mondialisation. Elle ne remplace aucunement les nations, comme la nation ne remplace pas la région. Les institutions européennes sont affaiblies car la gouvernance n’a pas été au bout de la logique fédérale prévue initialement. On a fait l’Europe des marchés et une Europe monétaire sans gouvernance économique. Il n’y a pas eu suffisamment de contacts et de pédagogie auprès des citoyens européens, rendant cette Europe lointaine et incompréhensible. Souvent, pour mieux se défausser de leurs propres responsabilités, les dirigeants de pays européens désignent cette Europe et ses lois comme responsables des maux, alors qu’ils ont voté eux-mêmes les lois en question, oubliant de rappeler combien cette Europe et l’euro ont aussi protégé les citoyens d’autres fléaux : inflation, pouvoir d’achat, commerce extérieur (70% au sein de l’Union), combien la facilitation des exportations a développé l’emploi en parallèle de la facilitation des importations, qu’il serait dangereux (en dehors de mesures réciproques et équitables) de limiter les importations sans s’exposer à des mesures de rétorsion en retour sur nos exportations, donc sur nos emplois. Quant à la politique libérale, il appartient aux électeurs européens d’en changer démocratiquement s’ils jugent que cette politique ne tient plus. Ce fut d’ailleurs le gros défaut du traité constitutionnel, outre d’être incompréhensible, de mélanger du contenant (constitution, gouvernance) et du contenu (priorité aux marchés et à la concurrence). Mais cela doit se faire par le vote à l’élection présidentielle comme par le vote aux élections européennes sur un contenu de projet politique que l’on souhaite voir soutenu au niveau européen, plutôt que par un rejet de l’Europe en renversant la table !

* Un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux, mais où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper. Le paralogisme est un antonyme de syllogisme. Dans la Critique de la raison pure, Kant a identifié les paralogismes comme étant des illusions de la raison.

22/06/2011

François Bayrou sur BFM : pour la binationalité, contre les jurés populaires, gel des suppressions de classes,...

François Bayrou était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce matin sur BFM TV :


Voici en résumé ses positions sur les différents sujets d'actualité :

1- Dernier sondage IFOP montrant que les Français le hissent au top comme candidat représentant mieux le centre. Pourquoi à son avis ?
=> Car les Français ne sont pas dupes. L’élection présidentielle est une élection de vérité. Tenir un cap est la qualité principale demandée à un président de la république. C’est ce qu’il fait. Les Français ont compris que si centre a une signification, c’est celle de l’indépendance.

2- Droit de la nationalité : le gouvernement veut proposer la suppression de la bi-nationalité : pour ou contre ?
=> Contre. La binationalité est légitime dans les cas de familles mixtes, d’enfants nés de parents étrangers qui veulent garder un lien avec leur pays d’origine.

3- Jurés populaires dans les tribunaux correctionnels ?
=> Contre. C’est déjà difficile et coûteux pour les jurys d’assise (2700/an) alors imaginez une extension au tribunaux correctionnels (500 000 jugements/an) ! Et même si on réduit aux affaires les plus graves, comment discerner les affaires ?
Plutôt que dans l’énoncé de la peine, c’est plutôt dans l’exécution des peines qu’il faut agir !

4- Gel des fermetures de classe annoncé par Nicolas Sarkozy : rassuré ?
=> Il ne faut pas prendre les gens pour des gogos ! Les titres des journaux annoncent ceci sans dire la suite : « sauf pour raison démographique ». Or dans la grande majorité des cas, c’est une baisse de l’effectif des écoliers qui justifie la suppression et cela continuera. Donc la formule est ambiguë et trompeuse. Il est prévu en net encore 9000 suppressions de postes d’enseignant l’an prochain. La France a rétrogradé en dessous de la 20ème place, après avoir été la meilleure du monde en matière d’éducation. Ce qu’il faut c’est sanctuariser l’éducation, son budget. Il faut se mettre autour de la table, avec les enseignants, et surtout regarder pourquoi les élèves loupent la 1ère marche en primaire : celle de la lecture et de l’écriture. Tout cela se joue très tôt, déjà en famille, quand les familles ne se parlent plus …

5- Primaires au centre ?
=> La candidature du centre ne doit pas être celle d’un seul parti mais d’un rassemblement de plusieurs sensibilités. Et la candidature à l’élection présidentielle ne s’improvise pas !

6- Dette publique et protectionnisme : faut-il rétablir des droits de douane à l’importation, réclamé par la droite (FN) comme par une partie de la gauche ?
=> N’aime pas l’expression « protectionnisme ». 1 emploi sur 3 en France dépend des exportations. Limiter ou renchérir les importations, c’est s’exposer en retour à un risque sur nos exportations, donc nos emplois. C’est une fausse idée d’imposer aux autres ce que l’on se s’impose pas à soi. En revanche, il faut être équitable, à égalité. Par exemple la sous-évaluation de la monnaie chinoise fausse la concurrence. Il est légitime d’agir pour que la Chine ne poursuive pas en ce sens et l’Europe est assez puissante pour le faire valoir, … à condition d’en avoir la volonté politique et de l’affirmer !

15/06/2011

Faites entrer la GENERATION DEMOCRATE au Conseil national du MoDem !

CN GEGEM 4.JPG

L'élection des représentants franciliens au conseil national du Mouvement Démocrate a commencé et se déroule par Internet jusqu'au 24 juin 2011.

Les six listes en concurrence pour l’Ile de France partagent toutes les valeurs et le projet démocrate et humaniste de notre mouvement, ainsi que le soutien à son président François Bayrou. Cependant elles ont des profils et des sensibilités différentes, qu’il vous appartient d’apprécier, par les priorités mises en avant, par la manière de concevoir la mission des élus au Conseil national, ainsi que par la qualité et la représentativité des candidats présentés.

La liste Génération Démocrate, conduite par Christophe Grébert et Christelle Carcone,  rassemble des militants engagés dans les 8 départements d'Ile-de-France :

- pour beaucoup élus dans leur ville (Christophe Grébert à Puteaux, Jean-François Vigier maire de Bures-sur-Yvette, Pierre Creuzet à Nanterre, Fabienne Gambiez à Issy-les-Moulineaux, Michèle Houssin à Chatoux, Tiziana Zumbo Vital à Saint-Ouen, Cécile Déniard à Villejuif, …), anciens candidats aux élections et/ou responsables de sections locales (moi-même, Claire Vigeant à Paris,),

- plusieurs très actifs dans les commissions de travail dont deux responsables de commission (Sylvain Canet à la commission éducation et Nicolas Meary à la commission économie/croissance-emploi, moi-même contribuant beaucoup aussi à la commission économie, ainsi qu’Alain Dolium),

- deux présidents des Jeunes Démocrates dans leur département (Antoine Carette pour le 94 et Flavien Bazenet pour le 78),

- certains particulièrement actifs sur le terrain associatif (Alain Dolium avec le lancement de « Echelle Humaine », expériences innovantes dans le développement économique des PME, l’éducation et l’aménagement du territoire),

- des fidèles de notre mouvement déjà du temps de l’UDF, qui ont été attachés parlementaires et membres du cabinet de François Bayrou (Christelle Carcone et Maud Gatel),

- enfin des personnes qui sont des porte-voix par leur visibilité au travers de leurs actions novatrices, de leur participation à des débats publics et de leur forte présence dans les médias et sur Internet, comme Alain Dolium, Christophe Grébert, membre de Anticor et qui mène avec brio le combat à Puteaux contre un clan UMP « dur » et a lancé avec succès la pétition contre la nomination de Jean Sarkozy à l’EPAD (plus de 100 000 signatures), moi-même y participant aussi en faisant porter la voix du MoDem sur la blogosphère et dans des débats thématiques.

- représentants tous une variété d’expériences et de compétences.

Pourquoi suis-je candidate sur cette liste et vous recommande de la soutenir ?

Génération Démocrate, avec deux conseillers nationaux sortants (Jean-François Vigier et Pierrre Creuzet), met en avant des profils de renouvellement, apporte un nouveau souffle, de la jeunesse, des idées neuves et aussi de l’expérience.

Elle a pour ambition d’être un porte-voix efficace de la réflexion et l’action des militants, de libérer les capacités de chacun, de faire naître et de relayer des propositions pertinentes, voire impertinentes. Il faut aussi que notre mouvement soit plus écouté, plus entendu et nos candidats sont un relais de transmission de cette voix, dans les réseaux, sur Internet, dans les médias. La situation très préoccupante du pays impose à notre mouvement une capacité sans faille à relayer les initiatives purement politiques mais aussi associatives cultivées sur le terrain local, afin de disposer d’un socle structurant, cohérent et crédible au projet de société qui sera porté par François Bayrou et son équipe dirigeante en 2012.

Enfin, la liste Génération démocrate veut être garante de la réflexion et l’action en circuit ouvert. Pour nous il importe tout autant de travailler avec les sympathisants, les adhérents qu'avec la société civile et les réseaux portés sur des intérêts catégoriels afin d’accroître notre valeur ajoutée politique au sein du Conseil National.


Pour participer, il faut être à jour de cotisation 2011 ( ré-adhésion ici avant de voter par internet). Lien pour voter (en utilisant ses codes d'accès reçus par Internet) : https://consultation.mouvementdemocrate.fr

Notre site ( http://generationdemocrate.lesdemocrates.fr)pour y lire notre profession de foi (en PJ), la présentation des candidats et la composition de notre liste

Chaque voix va compter : 1 siège devrait représenter une trentaine de voix. Je suis en position éligible (8ème position) si notre liste recueille au moins 25% des voix. Mon département, le Val de Marne, est particulièrement bien représenté sur cette liste (Alain Dolium, Christelle Carcone bien que récemment passée au 75, moi-même, Antoine Carette et Cécile Déniard).

Nous comptons sur vous !

Marie-Anne Kraft

(VP du MoDem 94, Resp.section de Saint-Maur, Commission Economie,

activités associatives Anticor, Pauvreté et Politique, AdiAFP)

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01/06/2011

Présidentielle 2012 : les petits calculs de Jean-Louis Borloo



"J'y vais, j'y vais pas ? J'y pense (en me rasant ?). Je t'aime (et tu me finances) mais je te quitte ... On se retrouvera de toute façon au 2nd tour ... Je m'appelle centriste mais je roule à droite, car le centre est à droite par nature (comme DSK se proclamait à gauche en se situant plutôt au centre) ..."

Tels sont les petits jeux de précampagne présidentielle entre Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy, qui alimentent la presse et les médias, plutôt que des débats intéressants sur les problèmes de l'emploi, des banlieues, de l'échec scolaire, sur les choix de modèle de société dans la mondialisation, sur la manière de sortir de la crise des dettes européennes, ... qui manquent sérieusement au programme. A dire vrai, cela finit par lasser et risque d'essoufler la campagne avant qu'elle commence et même avant la déclaration officielle des candidatures.

Alors allons droit au but sur les intentions et sur la posture politique de Jean-Louis Borloo :

1- Politiquement, son existence se mesure à l'aune de son pouvoir de nuisance ou de challenge sur Nicolas Sarkozy, seule façon pour lui de pouvoir négocier au mieux un poste de 1er ministre et pour les députés qui le suivent, l'assurance d'un mandat législatif au lendemain des présidentielles ;

2- Le contexte de baisse continue de popularité de Nicolas Sarkozy est favorable à l'émergence d'une alternative à droite, l'UMP étant de plus en plus divisée entre une aile droite populiste, jouant sur le même terrain de jeu que le FN sur les questions sécuritaires et d'immigration, une aile préservant les intérêts des hauts revenus, des plus fortunés, et une autre aile gaulliste ou plus centriste et plus sociale. Cependant, plus il y aura de candidats, moins chacun (notamment Nicolas Sarkozy) a de chance à passer le cap du premier tour de l'élection présidentielle ... D'où le sentiment de puissance du challenger, qui pourra d'autant mieux monétiser son désistement juste avant le premier tour, en fonction des sondages ...

3- Aucun risque finalement à se déclarer candidat, si ce n'est d'affaiblir Nicolas Sarkozy dans les sondages, tout en lui assurant qu'en fonction des intentions de vote affichées avant le premier tour, Jean-Louis Borloo se désistera bien entendu au bénéfice de Nicolas Sarkozy au cas où la division des voix risque de ne pas permettre à ce dernier d'atteindre le 1er tour (scénario du 21 avril à l'envers). En échange de cette promesse, Nicolas Sarkozy lui garantit encore le financement du Parti Radical jusqu'à cette échéance.

4- Sauf que ... Autre scénario possible, qu'espère Jean-Louis Borloo : celui de dépasser Nicolas Sarkozy dans les sondages d'intentions de vote à la veille de l'élection, qui lui permettrait peut-être d'atteindre le 1er tour en ralliant d'autres voix du centre, celles de François Bayrou, comptant sur un désistement de ce dernier à son profit ;

5- Sauf que ... Encore un autre scénario possible : s'il dépasse Nicolas Sarkozy dans les sondages mais reste derrière François Bayrou, c'est ce dernier, déjà légitime représentant du centre, qui devrait bénéficier d'un désistement de Jean-Louis Borloo, au détriment de Nicolas Sarkozy. Dans le cas d'une telle solution de repli, il essaierait de négocier une place de 1er ministre et ses amis députés espèreraient également se voir assurer de mandats législatifs, en reconnaissant soudain toutes les qualités de François Bayrou ...

Mais tous ces petits calculs sont sans compter sur les incertitudes suivantes :

- tout d'abord les voix n'appartiennent qu'aux électeurs, pas au candidat. En cas de désistement d'un candidat décidant d'en soutenir un autre, les reports ne sont pas si systématiques. Ainsi, si après avoir critiqué Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo se met à le soutenir, les voix ne vont-elles pas plutôt se reporter sur François Bayrou ? De même qu'après neuf années au gouvernement dont quatre sous la présidence Sarkozy il n'a rien critiqué, il a tout voté, sans jamais émettre de réserve sur la politique du gouvernement : bouclier fiscal et suppression des droits de succession, intégration du commandement de l’OTAN, discours de Dakar, Discours de Grenoble, réforme de l’audiovisuel public, affaire Tapie, affaire Bettencourt, affaire Pérol, affaire Epad/Jean Sarkozy, etc. Où est la crédibilité ?

- ensuite, comment continuer ainsi à porter des étiquettes en contradiction avec le contenu ? Les Français ne risquent-ils pas de percevoir une imposture ?

Centriste ? En fait à droite même s'il est plus modéré, il ne le nie même pas et proclame par avance un ralliement. Sinon il irait directement vers François Bayrou, qui a prouvé son indépendance tout en acceptant de dialoguer avec des personnalités politiques d'autres clans.

Social ? François Chérèque, secrétaire général de la CFDT dit de Jean-Louis Borloo : "Je ne reconnais aucune fibre sociale à une personne qui ne s'est pas exprimée sur le blocage du dialogue social pendant six mois." Ajoutant aussi : "Il était le ministre du travail quand il y a eu le CPE (Contrat de première embauche), donc on a l'habitude de M. Borloo, qui a un double discours, qui ne dit rien alors qu'il a des responsabilités."
Que dire aussi de l’échec du programme visant à faciliter l’accès à la propriété des gens modestes avait été lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale et du Logement du gouvernement Villepin ? Six ans après, sur les 20.000 logements prévus, seuls 600 sont sortis de terre. Ces "maisons Borloo" annoncées à 100 000 euro, coûtent finalement 150 000 euros aux familles, qui se plaignent de malfaçon et doivent se pourvoir en justice.

Ecologiste ? D'après l’écologiste Fabrice Nicolino, qui vient de publier "qui a tué l’écologie ?" : "il est arrivé là par hasard en héritant du ministère de l’écologie, mais n’a jamais eu cette sensibilité", le Grenelle de l’environnement a été médiatisé mais a accouché d’une souris, le gouvernement n’ayant même pas mis en place la mesure phare que devait être la taxe carbone, mal ficelée. Capable de signer les autorisations d'exploration de gaz de schiste sans même consulter le premier ministre et de dire ensuite qu'il a manqué de vigilance, il démontre son inconscience écologique et son irresponsabilité. Et qu’a-t-il dit quand le gouvernement a décidé de supprimer une aide fiscale à l’investissement en panneaux photovoltaïques ?

Enfin, alors que le scandale de l'affaire Tapie va inévitablement ressurgir, impliquant Christine Largarde et éclaboussant le président Sarkozy, Jean-Louis Borloo ne risque-t-il pas de pâtir également de sa proximité avec cet ami bien sulfureux ?

 
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