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25/05/2011

François Bayrou : "Le contrat de confiance pour la France"

"Le contrat de confiance pour la France", tel pourrait être le slogan de campagne de François Bayrou pour les prochaines élections présidentielles de 2012.

Comme le remarque le président du Mouvement Démocrate, le malaise ressenti actuellement par les citoyens français, non loin d'un point de rupture, traduit par la tentation de l'extrémisme comme par la désertion des urnes, provient d'une altération profonde de la confiance des citoyens en leurs dirigeants ou représentants politiques. Les Français ont perdu confiance, pour trois principales raisons :

 

1- Quand les personnalités politiques mentent, ne disent pas la vérité

Qu’il s’agisse de fausses promesses (Nicolas Sarkozy en 2007 sur la « république irréprochable », sur l’augmentation du pouvoir d’achat, sur le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans, sur l’assurance de conserver la part de l’Etat à 70% dans le capital de GDF par exemple, ou encore Ségolène Royal qui a admis après l’élection qu’elle ne croyait pas elle-même en plusieurs point de son programme inspirés du PS ) ou de mensonges avérés (Christine Lagarde sur l’affaire Tapie), ou encore de présentation trompeuse des chiffres statistiques sur la sécurité et la délinquance, sur le chômage, ou encore sur le pouvoir d’achat. De même des arguments faux au sujet du coût du travail qui serait moins élevé en Allemagne qu’en France, alors que c’est l’inverse (c’est son augmentation sur les 10 dernières années qui a été plus forte en France qu’en Allemagne), tous cela pour nous imposer encore une stagnation des salaires et encore une limitationde la protection sociale.
Et que dire des prises de position contradictoires, comme celle de Martine Aubry en faveur de la candidature de Christine Lagarde à la direction du FMI, alors qu'à la fois la politique les oppose et que les députés socialistes ont saisi le procureur général pour une suspicion "d'abus d'autorité" de la ministre de l'Economie et des Finances dans le règlement de l'affaire Tapie-Addidas ?

 

 

2- Quand l’opinion est manipulée

Les medias et la presse appartiennent presque tous à quelques groupes (voir cet article ou celui-là), à l’exception du Canard Enchaîné, de Marianne, de Mediapart et du quotidien Le Monde : Bouygues, Bolloré, Lagardère, Dassault, amis de Nicolas Sarkozy et de surcroît dont les groupes dépendant des commandes de l’Etat, ce qui n’était même pas admis à l’après guerre dans les principes édictés par le Conseil National de la Résistance. Les dirigeants de l’audiovisuel public sont dorénavant nommés par le président de la république, selon la volonté de N.Sarkozy par une loi qu’il a pu sans difficulté faire voter par une majorité de députés et de sénateurs aux ordres, au grand étonnement de nos partenaires européens.

Les sondages façonnent l’opinion, par la manière dont sont posées les questions et dont on ne retiendra que la réponse, interprétée d’une certaine manière, dont on ne publie que ceux dont les résultats paraissent satisfaisants et ayant une influence souhaitée sur l’opinion publique, pour justifier une mesure, ou enclencher un courant porteur. L’Elysée en est le premier spécialiste, d’ailleurs la Cour des comptes avait relevé des anomalies à ce sujet et des voix se sont élevées contre le scandale des sondages de l’Elysée. Les instituts de sondage sont comme les médias entre quelques mains souvent proches du pouvoir et de ces mêmes groupes, notamment de Bolloré : OpinionWay est fortement lié au Figaro (Dassault), qui lui commande régulièrement des sondages, CSA est contrôlé par Bolloré également propriétaire du Groupe Havas, d’une télé, de plusieurs quotidiens gratuits, IPSOS est contrôlé par ses deux fondateurs après avoir attiré des riches financiers comme Pinault ou Fidelity, BVA a pour actionnaires les fonds d’investissement Rothschild et Vincent Bolloré, IFOP a pour propriétaire Laurence Parisot, présidente du MEDEF.

 

Autre fait tout récent : la remise en cause du statut d’indépendance de l’AFP par la proposition de loi annoncée le 18 mai par le sénateur Jacques Legendre et approuvée par le PDG Emmanuel Hoog et que dénonce l’ADIAFP sur son site (vous pouvez signer sa pétition).

 

3- Quand nos dirigeants et les personnalités politiques ne sont pas exemplaires

Qu’il s’agisse à gauche comme à droite, de l’affaire Woerth/Bettencourt, du scandale de l’affaire Tapie, des probables rétrocommissions sur marchés d’armement (Frégates de Taiwan et Agosta/Karachi), des scandales sur emplois fictifs, sur les marchés publics comme avec l’affaire Guérini (que Martine Aubry couvre semble-t-il malgré un rapport accablant), des élections internes truquées du PS (ayant donné Martine Aubry gagnante contre Ségolène Royal à quelques voix près), du comportement maladif et compulsif de Dominique Strauss-Kahn à l’égard de l’argent et des femmes, qui était connu mais surtout tu, …

 

Les Français ne supportent plus cela et ont perdu confiance. Plutôt que rejeter tout le système et toutes les personnalités politiques, il existe quelques rares candidat(e)s potentiel(le)s crédibles en lesquel(le)s on puisse faire confiance pour dire la vérité aux Français, pour agir dans le sens de l’intérêt général et non des intérêts privés, pour envisager l’avenir avec sérénité et espoir. François Bayrou est de ceux-là., crédible, expérimenté, sans casserole. Il dit la vérité aux Français et souvent avant les autres, comme il l’a maintes fois prouvé, que ce soit sur le problème de la dette et de déficit public, ou encore sur les abus de pouvoir du gouvernement Sarkozy.

J'en profite pour lui souhaiter un bon anniversaire !

12/05/2011

TOUT part de la langue !

 

bentolila.jpgLe linguiste et humaniste Alain Bentolila a fait une brillante intervention le 11 mai 2011 dans le cadre de l'Université Populaire du Mouvement Démocrate sur le thème « Démocratie et langue commune ». Il nous démontre que TOUT part de la langue, du langage, de la manière dont il se construit lors de la petite enfance, quand les mots prennent forme et que l'enfant relie le sens aux sons, puis aux signes écrits.

La langue est ce qui construit notre pensée, notre conscience, notre rapport à l'autre. Celui qui ne la maîtrise pas, en tout cas pas suffisamment, se met en position d'exclusion sociale. C'est le principal problème des ghettos urbains, qui développent un langage simplifié, insuffisant pour exprimer une pensée complexe et même pour pouvoir expliquer ses actes, décrire un argumentaire. D'où la violence des banlieues. L'origine de cette violence provient souvent d'une incapacité à s'exprimer par les mots. Je ne puis m'empêcher de penser à Jacqueline de Romilly : "Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l’autre, c’est être capable de dialoguer, c’est le seul moyen d’endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s’exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n’est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle.” (Le Point, 25 janvier 2007.)

La formation du langage et l'apprentissage de la lecture, se font dans la petite enfance, étape primordiale à la construction d'un enfant. Tout se joue là. L'apprentissage d'une deuxième langue nécessite d'abord la maîtrise d'une première langue. Il ne suffit pas de déchiffrer des mots, des syllabes (être un "syllabant"), il faut appréhender le sens des mots pour devenir un "comprenant". A l'entrée en maternelle, un enfant maîtrise normalement environ 2000 mots, mais un enfant issu de milieu défavorisé dont on s'est peu occupé, avec qui on a peu parlé, ne maîtrise que 600 mots et aura dès l'entrée à l'école un référentiel trois fois moindre pour relier du sens aux sons, pour comprendre et relier les mots.

Beaucoup de problèmes de notre temps proviennent d'une incapacité à maîtriser la langue : éducation, violence, banlieues, et même la démocratie, la citoyenneté, la compréhension du discours politique.

J'ajouterai une autre cause majeure à la dégradation du niveau d'éducation des élèves, notamment de la grammaire et de l'orthographe : l'omniprésence de la télévision (plus de trois heures par jour en moyenne dans les foyers français), qui prend le temps disponible au détriment de la lecture et qui incite à une attitude passive, contrairement à la lecture, qui fait appel à l'imaginaire, au questionnement, à une zone différente du cerveau (signes écrits vs image visuelle).

Nous perdons aussi progressivement le sens des mots. C'est particulièrement vrai en politique, où il est facile d'employer des mots-valises, sans en préciser le contenu ("réformes", "valeur travail",...) ou des mots qui ne veulent plus rien dire ("formidable", qui étymologiquement signifie "qui fait peur" !) ou qui décorent le discours officiel, l'humanisent ("démocratie", "républicain", "humaniste",...), ou encore des oxymores ("droite sociale", "gauche moderne"). Même le nom des partis ont perdu leur sens : l'UMP n'est plus "populaire", le parti socialiste n'est plus "socialiste" (au sens initial de l'économie administrée par un Etat possédant les moyens de production), le parti radical n'est plus "radical" (initialement ce terme signifiait l'extrême, éloigné du centre, sur l'échiquier politique), le Nouveau Centre n'est pas au "centre" puisque rallié à la droite et même, selon les dires de Hervé Morin, une "deuxième droite" !

Comme François Bayrou aime souvent le rappeler par cette citation (semble-t-il apocryphe) d' Albert Camus : "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Les nommer précisément, justement, exactement, n'ajouterait pas au malheur du monde. Les nommer en plus joliment, avec élégance, ce serait ajouter au bonheur du monde et pour le grand bien de tous !

Ainsi la langue nourrit, structure la pensée et c'est à partir d'une pensée claire et structurée que s'énoncent une parole et un écrit justes et compréhensibles pour autrui.

Déjà au XVIIème siècle, Boileau exprimait en dans "L'Art poétique" :

 "Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont, d'un nuage épais, toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

..."

Alain Bentolila, professeur à l'université Paris V-Descartes et auteur de Parle à ceux que tu n'aimes pas. Le défi de Babel (Odile Jacob)

08/05/2011

François Bayrou au centre du débat sur Europe1

François Bayrou était l'invité de Jean-Pierre Elkkabach au  Grand Rendez-vous d'Europe 1 et du Parisien dimanche 8 mai 2011. Voir des extraits sur ce lien. Voici ses principales interventions, reclassées dans un ordre d'importance, différent de celui de l'interview :


Interrogé sur ses mesures fortes pour la France :
1- Produire en France. Dans un contexte où la France s'appauvrit de 5 milliards d'euros par mois, il est impossible de soutenir le modèle social français. Il faut reconquérir les domaines perdus. Si nous n'enrichissons pas le pays, nous ne créons pas d'emplois et tout le reste en dépend (chômage, retraites, intégration, banlieues, protection sociale,...). Il n'est pas vrai que la production ne dépende que du coût du travail et il y a des moyens de s'en sortir, notamment par l'automatisation de la production.
2- Rendre à la France la meilleure éducation du monde. Depuis le temps où j'ai été ministre de l'Education Nationale, nous avons perdu 14 places dans le classement international. Il est possible selon moi d'atteindre cet objectif en 5 ans.
3- Assurer une vie civique respectable et honorable, arrêter l'arbitraire. La fonction présidentielle ne doit pas être partisane, les responsables politiques doivent donner l'exemple et défendre des valeurs.


Réaction de François Bayrou à la mort de Ben Laden :
"
Obama a pris la bonne décision. Il a été de manière générale à la hauteur de sa fonction. Il a donné des Etats-Unis la meilleure image depuis longtemps. La première personne qui m'a parlé de BEn Laden fut Massoud en 2001, quand il est venu au Parlement européen pour nous alerter sur ce personnage, milliardaire financé par le trafic de drogue. C'était tellement incroyable qu'on n'y a pas vraiment prêté attention. Il avait raison. Le 9 septembre 2001, il était assassiné et deux jour après avait lieu l'attentat du 11 septembre. Ces deux événements étaient liés. Concernant les révoltes arabes, remarquez qu'on s'attendait à une reprise en main des fondamentalistes et en fait il n'en est rien, les peuples veulent avant tout la liberté et la démocratie et combattre la dictature et la corruption."

Interrogé sur "l'Europe" :
"Cela fait des années que l'Europe est absente et illisible, car on lui a donné des institutions incompréhensibles, qu'elle est trop éloignée des citoyens. Les choses sont devenues trop complexes, sans communication".
" Il est honteux de laisser l'Italie en 1ère ligne face aux migrants. Elle aurait dû conduire un plan d'aide aux pays d'origine et un plan d'accueil humanitaire"."Les déficits sont une menace qui fragilise tous les pays européens. La seule solution est d'exercer la solidarité. Chaque pays est une digue pour les autres".



Son avis sur "le Centre",  sur la volonté de JL Borloo de rassembler  les "centristes" :
"Le vrai centre n'est ni la gauche ni la droite. Arrêtons de vouloir à tout prix le classer d'un côté ou de l'autre. C'est comme si vous disiez sur le drapeau français bleu-blanc-rouge : le blanc est-il plus bleu ou plus rouge ?
Quand Hervé Morin dit "Nous voulons bâtir une 2ème droite", il a tout dit.  Borloo et Morin veulent défier l'UMP à l'intérieur de la majorité. Après avoir adulé Nicolas Sarkozy, avoir fait de la lèche pour garder ou obtenir des postes lorsque ce dernier avait la cote, ils se mettent à le rejeter, le critiquer, le mépriser quand il baisse dans les sondages et que les Français ce rendent compte de la réalité. Ce n'est PAS DU TOUT LE CENTRE !
"

A propos de la montée de l'extrême droite en France :

"La progression de l'extrême droite et des extrémismes en général est l'expression d'un symptôme et non une volonté de la société française. C'est là qu'on voit que ça va mal, que la population exprime son désarroi. Si leurs idées l'emportaient, si on sortait de l'euro, on irait au désastre et à la misère."



Sur la polémique des  quotas pour la sélection des joueurs dans le football et la mise en cause de Laurent Blanc :

" Je ne crois pas que Laurent Blanc soit raciste d'ailleurs dans les conveersations reportées il n'en est pas fait mention, il ne prononce pas le mot "quota". C'est un homme bien, équilibré, mesuré. Cette affaire intervient à la veille d'élections, il peut y avoir des enjeux, de la manipulation, je ne sais pas"."En tout cas cette affaire est révélatrice. Je suis opposé aux quotas, à tout ce qui stigmatise la couleur de peau, l'origine. L'extrémisme surfe sur cette vague. Les responsables doivent donner l'exemple, que ce soit les politiques, l'école. Même si je suis pour la séparation des pouvoirs, que le politique ne se mêle pas de la gestion de la FFF, sur ce sujet le ministère de tutelle doit rappeler à l'ordre".

Au sujet de la polémique sur la voiture de luxe utilisée par DSK :
"La campagne électorale fait feu de tout bois et notamment le moins honorable. Le niveau du débat n'est pas à l'honneur de ce que devrait être ce grand rendez-vous national. Cependant, il faut prendre très au sérieux l'impression qu'ont les citoyens qu'il y a une paroi de verre entre d'un côté les dirigeants, les élites, qui ont des privilèges,et de l'autre le peuple. Le président de la république n'est pas un citoyen "normal" car il doit avoir une vision à long terme et porter de grandes responsabilités, mais il doit néanmoins rester enraciné dans la vie des gens. "

20/04/2011

La candidature Borloo face à Villepin et Bayrou est-elle crédible et utile ?

On peut sérieusement s’interroger sur l’utilité de la candidature Borloo, face aux candidats potentiels Bayrou et Villepin. Le phénomène Borloo va-t-il faire pchitt... ?

 

 

Jean-Louis Borloo est la récente vedette des médias, présenté pratiquement comme un héros, depuis son annonce de rupture avec l’UMP et son intention affichée d’être candidat à l’élection présidentielle 2012. Il est qualifié de « centriste » et aussi d’« écologiste », avec une « fibre sociale et humaniste», alors que les faits ne l’attestent pas vraiment :

- pendant neuf années, il a été ministre des gouvernements Chirac et Sarkozy sans jamais émettre de réserve sur la politique du gouvernement : bouclier fiscal et suppression des droits de succession, intégration du commandement de l’OTAN, discours de Dakar, Discours de Grenoble, réforme de l’audiovisuel public, affaire Tapie, affaire Bettencourt, affaire Pérol, affaire Epad/Jean Sarkozy, etc.

- il y a tout juste un mois, il rêvait encore d’être premier ministre de Nicolas Sarkozy, lui faisant allégeance, ayant pris soin de changer sa coiffure pour se faire une mine moins chiffonnée. S’il avait été nommé, il n’aurait bien sûr pas eu cette posture et cette annonce d’intérêt pour la candidature à la présidentielle ...

- il n’a jamais été écologiste, d’après l’écologiste Fabrice Nicolino, qui vient de publier « qui a tué l’écologie ? ». Ce dernier disait ce matin à la matinale de France Inter: « il est arrivé là par hasard en héritant du ministère de l’écologie, mais n’a jamais eu cette sensibilité », le Grenelle de l’environnement a été médiatisé mais a accouché d’une souris, le gouvernement n’ayant même pas mis en place la mesure phare que devait être la taxe carbone, mal ficelée. Capable de signer les autorisations d'exploration de gaz de schiste sans même consulter le premier ministre et de dire ensuite qu'il a manqué de vigilance, il démontre son inconscience écologique et son irresponsabilité. Et qu’a-t-il dit quand le gouvernement a décidé de supprimer une aide fiscale à l’investissement en panneaux photovoltaïques ?

- des belles paroles peu suivies d'actions, des promesses non tenues : par exemple l’échec du programme visant à faciliter l’accès à la propriété des gens modestes avait été lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale et du Logement du gouvernement Villepin. Six ans après, sur les 20.000 logements prévus, seuls 600 sont sortis de terre. Ces « maisons Borloo » annoncées à 100 000 euro, coûtent finalement 150 000 euros aux familles, qui se plaignent de malfaçon et doivent se pourvoir en justice, comme le relate cet article, ou celui-ci ou encore celui-là.

- Fibre sociale ? François Chérèque, secrétaire général de la CFDT s’exprime : «Je ne reconnais aucune fibre sociale à une personne qui ne s'est pas exprimée sur le blocage du dialogue social pendant six mois.» Ajoutant aussi : «Il était le ministre du travail quand il y a eu le CPE (Contrat de première embauche), donc on a l'habitude de M. Borloo, qui a un double discours, qui ne dit rien alors qu'il a des responsabilités.»

- Rappelons-nous aussi, avant son élection à la mairie de Valencienne, sa vie passée de riche avocat d’affaires spécialisé dans le droit des faillites et les reprises d’entreprises en difficulté (avec financement à effet de levier gagés sur les actifs) et notamment dix ans auprès de Bernard Tapie comme l’explique cet article de Martine orange,

- Enfin, si l’on regarde ceux qui grenouillent autour de lui, comme le décrit bien cet article du site Marianne2.fr, tout montre l’opportunisme, les combinaisons, de ceux dans son entourage, élus radicaux valoisiens ou du Nouveau Centre, qui cherchent à se positionner, à monnayer leurs suffrages, surfant au gré des sondages, jouant sur deux tableaux : prêts à se rallier à Sarkozy au 2ème tour ou éventuellement juste avant le 1er s’il a encore une chance et si leurs voix peuvent peser pour ne pas être responsables d’un « 21 avril à l’envers » PS face au FN, ou si le vent a vraiment tourné court pour Nicolas Sarkozy, espérer être devant N.Sarkozy et fédérer des voix de Villepin et de Bayrou pour atteindre le 1er tour.

- De plus, notons une complicité médiatique présentant des sondages en faveur de Borloo, qui paraît suspecte, comme si tout cela était organisé : "Borloo serait considéré par 37% des Français comme le meilleur candidat du centre, loin devant Hervé Morin (7%) mais au coude à coude avec François Bayrou (36%)", selon un sondage IFOP pour le JDD il y a une semaine". Or c'est Bayrou qui est le candidat légitime du centre pour les électeurs centristes : chez les sondés situés au centre, Bayrou est plébiscité à 53% contre 27% pour Borloo, car ce sont les sondés sympathisant de l'UMP et du FN qui plébiscitent Borloo !

La plupart des commentaires des internautes attestent qu’ils ne sont pas dupes, comme le relate cet article du Point ou encore les commentaires de l’article de Marianne2.fr.

Alors, même s’il fait le « mec sympa », populaire, plus social que Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo est-il crédible ?

S’il est encore à droite mais en désaccord avec la dérive droitière de l’UMP, en rupture avec Nicolas Sarkozy, souhaitant une politique plus républicaine et plus sociale, pourquoi ne pas rejoindre Dominique de Villepin, qui occupe déjà ce créneau ?

S’il se prétend du centre, alors il doit être indépendant, et de surcroît démocrate et humaniste,  alors pourquoi ne pas rejoindre François Bayrou ?

10/04/2011

Candidature Borloo face à Bayrou : encore une manipulation de sondage !

Bayrou_borloo.JPG

Le JDD vient de faire paraître un sondage fondé sur la question suivante : "Parmi les personnalités politiques suivantes, laquelle selon vous incarne le plus les idées et les valeurs du Centre ?"

Résultat affiché : Jean-Louis Borloo obtient 37% et François Bayrou 36 %.

Or si l’on regarde bien le détail des résultats du sondage, deux éléments sont à noter :

1- 1 % d'avance, c'est moins que la marge d'erreur du dit sondage (2,7 points).

2- Mais surtout, l'échantillon repose sur l'ensemble de l'électorat et non pas uniquement l'électorat centriste : on s'aperçoit alors dans le détail que François Bayrou arrive largement en tête (53%) chez les électeurs qui ont voté au centre en 2007, tandis que Jean-Louis Borloo est en net recul sur ce segment de la population (seulement 27%).

De même, les électeurs de Gauche sont 40 % à citer François Bayrou contre 33 % pour Borloo. En revanche, une part importante des électeurs de droite (41%) considèrent Borloo comme centriste : c'est ce qui lui permet sur la moyenne générale de la population sondée d'arriver d'une courte tête (sans être avérée avec 1%) devant François Bayrou.

Conclusion de ce sondage : les électeurs qui ont déjà voté et voteront au Centre, confortent bien François Bayrou dans sa position de leader centriste, tandis que l'UMP poursuit sa campagne de communication pour tenter de placer Borloo en voiture-balai des centristes pour la future campagne de Nicolas Sarkozy.

En juin 2010, nous avions déjà dénoncé une manipulation de sondage dans cet article :
OpinionWay et Le Figaro pris en flagrant délit de manipulation d’opinion sur le sondage donnant « Borloo devançant Bayrou »

Ainsi, la manipulation continue. N’oublions pas non plus qui sont les commanditaires et les diffuseurs (les actionnaires des entreprises de presse) de ces sondages. Rappelons-nous aussi le fameux rapport de la Cour des Comptes en 2009 qui dénonçait des irrégularités et des dépenses exhorbitantes injustifiées au sujet des sondages d’opinion commandés par l’Elysée (pages 11 et 12).

Enfin, en regardant la façon dont nous est présentée cette candidature probable de Jean-Louis Borloo, organisant une « alliance républicaine de centre-droit », il semble bien que ce soit une opération concertée avec l’Elysée et même orchestrée par Nicolas Sarkozy.

Acte 1 : Jean-Louis Borloo n’est pas nommé 1er ministre et quitte le gouvernement,

Acte 2 : La dérive droitière de l’UMP, privilégiant les thèmes sécuritaires et sur l’immigration, déjà lancée lors du discours de Grenoble, est confirmée lors des élections cantonales et suite aux diverses déclarations de Claude Guéant, ministre de l’intérieur.

Acte 3 : la stratégie s’avère catastrophique : elle profite au Front National, conduit à un échec cuisant de l’UMP aux élections cantonales. Des sondages alarmants montrent que le candidat Sarkozy risque de ne pas atteindre le 1er tour des élections présidentielles, avec un scénario de « 21 avril inversé » où Marine Le Pen pourrait atteindre le 1er tour face au candidat du PS. Peur dans le camp de la majorité, crainte des députés pour leur prochain mandat aux législatives … Ce qui divise le clan de la majorité présidentielle, au sein de l’UMP en deux.

Acte 4 : à la veille des élections présidentielles, alors que Nicolas Sarkozy, candidat « naturel » de l’UMP, cherche à tout prix à éviter les candidatures concurrentes pour optimiser les voix du 1er tour, la stratégie ne tient plus. Les « centre-droit » seront à nouveau tentés par la candidature Bayrou ou Villepin si ce dernier se présente encore.

Acte 5 : Jean-Louis Borloo, invité de Arlette Chabot à l’émission « A vous de juger », annonce sa soi-disant émancipation de l’UMP, ainsi que de sa probable candidature à l’élection présidentielle pour représenter « l’aile gaulliste et humaniste de la droite et du centre-droit ».

Les médias et la presse cherchent à démontrer, par les réactions des ténors de l’UMP, que Jean-Louis Borloo fait ainsi trembler l’UMP en divisant la majorité, concentrant ainsi sur cette candidature les électeurs déçus de Sarkozy.

Or, « Borloo divorce de l'UMP mais y reste financièrement lié » ! Tout est résumé dans le titre de cet article du Monde le 8 avril. Pourquoi Nicolas Sarkozy accepte-t-il ainsi de continuer à financer un soi-disant concurrent si ce n’est parce qu’il est convenu d’avance un ralliement en sa faveur ? Cela dit, Jean-Louis Borloo pourra toujours trouver une source de financement, notamment auprès de son grand ami Bernard Tapie, donc aux dépens du contribuable source de son argent, pour financer sa campagne en faveur finalement de celle de Sarkozy !

Voici le futur dénouement de la pièce : les sondages nous montreront par tous les moyens que Borloo dépasse Bayrou, pour convaincre ce dernier de rallier un rassemblement du centre conquérant. Dans tous les cas de figure, Jean-Louis Borloo a très probablement prévu de ne se maintenir avant le 1er tour qu’à condition que les sondages le fasse atteindre le 1er tour. Dans l’autre cas, il se désistera en faveur de Nicolas Sarkozy pour ne pas diviser la droite.

Mais les voix n’appartiennent pas aux candidats … Si Dominique de Villepin et François Bayrou se maintiennent, les électeurs sauront reporter leurs voix ailleurs que sur la candidature Sarkozy !

Un autre scénario est possible : que réunies, les voix de Borloo+Bayrou permettent aux centristes (ceux du centre-droit et les vrais centristes indépendants) d'atteindre le 1er tour face au PS. Dans ce cas, Borloo et Bayrou pourraient faire un deal : celui des deux qui recueille le plus de voix dans les sondages avant le 1er tour serait le candidat de ce rassemblement. Mais à condition que les sondages ne soient pas trop manipulés ... Chiche !

07/04/2011

Projet du PS 2012 : des convergences et des divergences avec la vision du MoDem


François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a réagi au projet du PS annoncé la veille, dans un entretien au Figaro paru ce jour :
"Il y a dans ce texte des idées que j'approuve et défends, notamment sur l'investissement des entreprises ou les institutions. Mais je suis en profond désaccord sur deux points : tous les problèmes du pays sont renvoyés à la dépense publique - allocation pour tous les jeunes, emplois d'avenir, recrutements publics, recours à l'impôt pour de nouvelles dépenses. J'ai l'impression de retrouver le jugement de Frédéric Bastiat : «La grande fiction qui fait que tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.» Et ensuite, ce qui manque, c'est la vision d'un pays actif, volontaire, qui préfère que les gens s'en tirent par eux-mêmes, qui choisit de mobiliser ses forces propres : la création, l'innovation, la recherche. L'avenir du pays ne peut pas être l'assistance généralisée."

En effet, plusieurs idées de François Bayrou et du MoDem ont été reprises dans ce projet, ce qui est nouveau comparé à 2007, que nous ne pouvons qu'approuver, citons notamment :
- renfort des contrepouvoirs, l'indépendance de la justice (carrières des magistrats non soumises au pouvoir politique) et des médias (revenir sur la nomination des presponsables de l'audiovisuel public par le président de la république), 
- l'introduction d'une dose proportionnelle  aux législatives, 
- la séparation des activités de banque d'investissement et la limitation des activité spéculatives des banques de dépôt, remettre le système bancaire au service de l'économie réelle,
- droits de douane sur les produits ne respectant pas les normes internationales/européennes en matière sociale, sanitaire ou environnementale,
- euroobligations pour financer des projets d'infrastructure européens,
- les propositions sur la réforme fiscale (fusion de l'IR et de la CSG, taxer le revenus du capital de même que ceux des bonus et des stock-options comme ceux du travail, taxe sur les transactions financières, une TVA modulables selon critères écologiques, vont dans le sens des propositions du Modem,
- une incitation à l'investissement des entreprises : la modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction du réinvestissement des bénéfices vs distribution des dividendes,  banque publique d'investissement ( cela dit nous l'avons déjà un outil avec la CDC et le FSI, reste à bien le faire fonctionner et veiller à ce qu'il ne soit pas une façon d'assurer l'exercice de vente d'actions/Stock options des grands patrons comme avec le cas Lagardère/EADS !),
- développement massif des économies d'énergie et des énergies renouvelables pour sortir progressivement de la dépendance du nucléaire et du pétrole,
- soutien à une agriculture responsable et de proximité,
- sur l'immigration, une approche à la fois intransigeante pour lutter contre les entrées illégales, juste et humaine sur l'accueil et l'intégration.

En revanche, et c'est toujours la tentation irrésistible des socialistes, le projet distribue allocations, subventions, aides diverses, encore dans un esprit d'assistanat dans un contexte non financé :
- création de 300 000 emplois publics pour les jeunes, de 10 000 postes de gendarmes et de policiers,
- allocation d'étude pour les jeunes adultes,
- retour sur la retraite à 60 ans (ou bien il faut préciser qu'elle ne vaut que pour les personnes ayant leurs annuités, ou bien ils ne disent pas que c'est au prix d'une réduction du montant de retraite),
- construction massive de logements sociaux.

Concernant le financement des nouvelles dépenses, chiffrées à 25 milliards, le projet laisse entendre qu'elles sont financées par l'impôt, ou plus exactement l'annulation d'anciennes diminutions d'impôts (exonération des heures supplémentaires, de la TVA sur la restauration, de nombreuses niches fiscales) qui s'élèvent à 50 milliards, permettant de consacrer 25 milliards par an au remboursement de la dette. Mais il ne faut pas oublier que nous étions déjà dans un contexte où ces cadeaux fiscaux se sont faits en empruntant, car nous étions déjà en déficit, donc ils ont été financés par le contribuable ! Ce qui revient à accepter que ces nouvelles dépenses soient encore financées par de la dette, donc potentiellement par les contribuables.

Par ailleurs, C'est aussi dans ses manques que ce projet est critiquable :
- très peu de chose sur le développement économique et la création d'emplois (hormis les emplois jeunes aidés) par un redéploiement de la création, de la production industrielle, des relocalisations (sauf une modulation de droits de douane, rien sur la nécessaire amélioration de la compétitivité, l'efficacité économique dans la mondialisation, qu'il ne faut pas récuser à condition de ne pas l'exercer au détriment des valeurs humaines et de notre socle de protection sociale,
- rien sur la politique étrangère, sur une vision internationale visant à réguler la mondialisation, à lutter contre les paradis fiscaux,
- presque rien sur l'éthique en politique, la lutte contre la corruption, les conflits d'intérêt, l'emprise des puissances financières sur les médias et leurs liens avec les commandes d'Etat, ...
- toutes les propositions sont quantitatives, plus que qualitatives : allocations, subventions, imposition, construction de logements, création de x emplois pour les jeunes ...

D'un côté les socialistes prônent la fraternité, l'altruisme et le "care", de l'autre ils pensent que l'interventionnisme de l'Etat permet de les exercer. Alors que ces vertus ne se décrètent pas. Il est nécessaire d'éveiller la conscience et la responsabilité citoyenne et d'impulser en profondeur un comportement plus humain pour recréer le lien social, la bienveillance et la confiance, s'appuyant sur des activités qui ne sont pas nécessairement des échanges lucratifs et qui ne passent pas nécessairement par l'intervention de l'Etat. L'individu doit être reconnu par sa valeur, sa compétence, son travail, son utilité sociale, en exerçant sa responsabilité, alors que des aides, allocations, subventions, le maintiennent dans l'indigence en l'infantilisant, en le rendant dépendant deces aides et en même temps en le dévalorisant. En ce sens, la vision "humaniste" du Mouvement Démocrate" diffère d'une vision "socialiste".

Quant à l'impôt à la source, qui paraît être une modalité de paiement plus simple et plus transparente, elle implique des effets non négligeables que le contribuable n'acceptera probablement pas facilement :
Avantage pour l'Etat : cette nouvelle modalité de paiement de l'impôt à la source revient à supprimer l'avance de trésorerie consentie à l'Etat sur une année et même plus du fait des paiements en général par tiers au titre des revenus de l'année précédente. L'impôt sur le revenu représentant environ 50 milliards, auxquels il faut ajouter celui sur le revenu du capital qui devrait aussi être concerné, cela fait donc plus et permettrait de réduire d'autant la dette publique la première année de mise en place.

Inconvénient pour le contribuable : comment les Français accepteront-il de payer la première année à la fois les impôts au titre de l'année précédente et l'impôt à la source sur l'année courante ? Soit ils empruntent (la diminution de la dette publique est reportée sur de la dette privée), soit l'Etat consent un étalement (ce qui diminuerait l'avantage ci-haut). L'Etat peut aussi octroyer une diminution d'impôt correspondant au moins aux intérêts de l'avance de trésorerie.

J'en profite pour souligner l'attitude infantile et méprisante des porte-parole de l'UMP qui se sont rués sur les micros pour critiquer le projet socialiste à l'unisson, obéissant à leurs "éléments de langage", sur le ton du mépris de la moquerie sans aborder le fond, sans répondre à l'analyse introductive très juste sur les causes profondes de nos crises et sur la critique faite au gouvernement ("ce n'est plus le care, mais l'antiquaire" pour Luc Chatel, "c'est une auberge espagnole" pour Luc Besson, "Martine Aubry vient d’inventer la décongélation électorale: son projet consiste à sortir du frigidaire dix ans après la plupart des propositions et des idées qui avaient échoué entre 1997 et 2001" pour M.P Daubresse, ou encore pour d'autres "c'est du Jospin réchauffé", "encore les vielles recettes de martine Aubry", ...). François Bayrou, de même que les autres porte-parole du Modem, répondent eux sur le fond et sur un autre ton.

02/04/2011

Affaire Tapie : après Christine Lagarde devant la CJR, Nicolas Sarkozy pourrait-il être destitué avant les présidentielles 2012 ?

Rebondissement explosif de l'affaire Tapie : de nouvelles preuves viennent d'être établies attestant d'un véritable scandale d'Etat, qui pourrait coûter sa place à Christine Lagarde et peut-être ... à Nicolas Sarkozy !

Non seulement l'Etat n'aurait jamais du admettre (encore moins favoriser) ni n'en avait le droit, une suspension de la justice en donnant un accord pour un arbitage privé au dépens des deniers publics, point sur lequel Christine Lagarde s'est défendue avec plusieurs mensonges, ce que François Bayrou a été le premier à dénoncer et il avait d'ailleurs déposé un recours au tribunal, mais il y a eu en plus falsification du compromis présenté au Conseil d'administration du CDR. Ce dernier indiquait initialement “En leur qualité de liquidateurs des époux Tapie, les parties B limitent le montant de l'ensemble de leurs demandes d'indemnisation à 50 millions d'euros”. Il a été remplacée par la rédaction suivante : “En leur qualité de liquidateurs des époux Tapie, les parties B limitent le montant de l'ensemble de leurs demandes d'indemnisation d'un préjudice moral à 50 millions d'euros”. Ce point était pourtant de première importance pour les finances publiques dès lors que l'indemnisation d'un préjudice moral était laissée à la libre appréciation du juge, que la procédure d'arbitrage est confidentielle et échappe ainsi aux comparaisons et que les sommes n'avaient pas à supporter l'impôt.

Pour avoir un bon résumé et accès au rapport parlementaire d'information publié jeudi 31 mars en fin de journée dévoilant les faits reprochés, lire l'article de Laurent Mauduit (Mediapart) .

Voici également une série d'articles entre le 30 mars et aujourd'hui (mais ce n'est pas un 1er avril !) :

http://www.marianne2.fr/Exclusif-affaire-Tapie-Des-foncti...
http://www.leprogres.fr/actualite/2011/04/02/encore-des-p...

Réponse de Bernard Tapie (reprise de la dépêche AFP): http://www.20minutes.fr/article/699391/politique-affaire-...

Cette affaire Tapie est bien un abus de bien social organisé par l'Etat au dépens du contribuable. Non seulement l'Etat n'avait pas le droit d'accepter un l'arbitrage privé, même si le CDR est une structure privée, car sous tutelle de l'Etat, mais en plus il y a eu falsification du compromis présenté au conseil d'administration du CDR !

Les députés du PS viennent de demander la saisie de la Cour de justice de la République, qui pourrait traduire la ministre Christine Lagarde :
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/le-ps-demande-la-s...
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/04/02/le-ps-...

Mais au dessus de Christine Lagarde, qui a donné des instructions aux fonctionnaires dirigeants le CDR et l'EPFR, il y a le président de la république, Nicolas Sarkozy, qui a reçu au moins 10 fois Bernard Tapie discrètement à l'Elysée (par la porte de derrière, selon plusieurs témoignages de journalistes), avant que les décisions soient prises.

Une question se pose donc : s'il est établi que Nicolas Sarkozy a commis une faute en donnant l'instruction de favoriser des intérêts privés au dépens de l'Etat, des contribuables, donc un abus d'autorité et de bien social, peut-il être traduit en Haute Cour et être destitué ? Ce qui changerait encore la donne pour les prochaines présidentielles en 2012 ... D'ailleurs, même s'il n'était pas destitué, sa réputation serait trop compromise pour légitimer sa candidature.

Rappel de la loi sur la responsabilité pénale du chef de l'Etat et la destitution du Président de la république :

selon l'article 68 de la Constitution : "Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour."  
Il restait à prononcer la loi organique définissant les conditions de mise en oeuvre. A commencer par le projet de loi et son étude d'impact (mais il faut la voter !). Comme le précise cet article de droit public :
"Le gouvernement a adopté [le 22 décembre 2010] un projet de loi organique découlant de la révision constitutionnelle de février 2007 voulue à l’époque par Jacques Chirac. Le texte porte sur la responsabilité pénale et juridictionnelle du chef de l’Etat. Il précise notamment les conditions de mise en oeuvre d’une éventuelle procédure de destitution du président de la République par le Parlement. L’irresponsabilité pénale de l’hôte de l’Elysée reste entière pour tout acte accompli en sa qualité de chef de l’Etat (article 67 de la Constitution). L’inviolabilité de son statut est même étendue à tout acte commis, dans le cadre de ses fonctions ou pas, jusqu’à la fin de son mandat. Il s’agit donc d’une modification qui va dans un sens plus protecteur pour le président de la République.

« En échange de cette immunité élargie, il a été décidé de poser le principe d’une responsabilité constitutionnelle du chef de l’Etat », explique Dominique Rousseau, professeur de droit public à l’université Panthéon-Sorbonne. Le chef de l’Etat peut ainsi être destitué « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », précise l’article 68 de la Constitution modifié. Il ne s’agit ni de responsabilité politique, ni de responsabilité pénale, mais du fait que « quel que soit l’acte commis par le chef de l’Etat, cet acte ne doit pas nuire à sa fonction. C’est une disposition qui vise à protéger la fonction présidentielle », souligne Anne Levade, professeur de droit public à l’université Paris-Est Créteil. Avant 2007, cette responsabilité était circonscrite au cas de « haute trahison » (intelligence avec l’ennemi par exemple), dont l’occurrence semble aujourd’hui bien désuète. La nouvelle rédaction du texte, beaucoup plus large, peut englober bien des cas. Celui d’un président qui refuserait de promulguer une loi, par exemple, ou qui ne respecterait pas l’indépendance de la Justice, dont il est, de par la Constitution, le garant. Le caractère très ouvert de l’article 68 modifié est compensé par un encadrement strict de la procédure de destitution. Elle ne peut être enclenchée que par le Parlement, constitué en Haute Cour, et sur proposition conjointe des deux assemblées qui doivent statuer à la majorité des deux tiers. Ce n’est qu’une fois la destitution votée, et dans un délai d’un mois, qu’une action en justice peut être intentée. Ce projet vient mettre un terme au vide juridique qui existait depuis février 2007 sur le sujet."

 

 

 
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