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26/01/2008

A Monsieur Jacques Attali, sur le rapport de la Commission pour la Libéralisation de la Croissance en France

26eb46d1bb553baa6621ce8c78ac9d25.jpgLe rapport que vous venez de rendre public et de remettre au Président de la République, fait l’objet de nombreuses réactions, aussi bien de la part de personnes politiquement situées dans la majorité que dans l’opposition, ainsi que de la part de professions directement visées par des mesures proposées. 
 
Reconnaissons tous au moins le mérite de cette réflexion, d'une commission spécialisée composée de membres compétents, sur la question de la croissance, de la relance de l'économie et de l'emploi en France, avec une synthèse de l'état des lieux dans ce contexte de mondialisation et des propositions intéressantes à étudier. Il ne faut pas prendre ses propositions  "à la lettre". Elles doivent absolument faire l'objet de discussions, constructives plutôt que polémiques, dans un esprit de consensus visant l’intérêt général, au Parlement (Sénat et Assemblée), ainsi qu’avec des organisations professionnelles, syndicales, associations de consommateurs, qui représentent les citoyens. Les adopter par ordonnance ou par simple enregistrement à l'Assemblée sans discussion préalable serait une erreur. Elles ne peuvent être efficaces qu'avec l'approbation de la population.

J’ai lu ce rapport. J’en critiquerais pour ma part les points suivants :

- la partie consacrée aux entreprises (PME) ne me semble pas assez développée (bien sur la réduction des délais de paiement et le statut fiscal simplifié pour les PME<CA de 100 000 €, mais développement  insuffisant sur un Small Business Act à la Française, sur l’ouverture aux marchés publics, sur la nature et l’ampleur de la baisse des charges sociales, de nouveaux outils de financement  pour les PME...) ; pourquoi ne pas reprendre l'idée des deux emplois sans charges proposée par François Bayrou, qui avait été plébiscitée par le panel d'économistes dans l'Expansion , ainsi qu'une défiscalisation des brevets d'invention, et des mesures sur l'élargissement de l'intéressement des salariés au bénéfice de l'entreprise ?

- rien concernant l'hyperfinanciarisation de l'économie dans le contexte mondialisé et nécessitant de prendre en compte le développement durable (l'environnement et l'écologie sont plutôt abordés comme opportunités de nouveau business que comme une contrainte à imposer au système économique pour garantir notre lendemain dans tout projet de croissance, en témoigne la proposition de suppression du principe de précaution (OGM)), la motivation du capitalisme d'aujourd'hui n'étant plus celle d'un capitalisme industriel visant une rentabilité à long terme de l'entreprise sur de vrais projets industriesl, mais la rentabilité à court terme, un objectif de ROE minimum de 15% (intenable économiquement sur la durée). Le monde est devenu une sorte de grand casino où on mise sur la valeur spéculée, anticipée, sur ce que le marché va croire et non plus sur une valeur économique réelle des entreprises. Les paradis fiscaux contribuent à l'évasion fiscale et au blanchiment. Dénonçons (car ne contribuent pas à la croissance) les parachutes dorés et les stocks options faramineux et non justifiés de patrons qui se les auto-attribuent en co-participant aux conseils d'administration de leurs pairs et qui forment ainsi la nouvelle aristocratie des temps modernes, la ploutocratie qui domine le monde jusqu'à la presse et les médias. Et ce n'est pas la généralisation des stock-options aux salariés (évidemment des miettes à côté de celles des patrons) qui pourra, au motif d'égalisation du dispositif, légitimer ce dispositif. Le rapport aurait dû aborder tous ces sujets !

- la flexsécurité (souplesse pour mettre fin au contrat de travail contre sécurisation assurée par la rémunération du "chercheur d'emploi" et formation et aide pour retrouver un emploi) : est-elle étendue à un ex chef d'entreprise ou indépendant, commerçant ou profession libérale ? Bien souvent, un ex salarié n'ose pas se lancer dans une entreprise à son compte car il a peur de perdre ses droits au chômage si son affaire ne marche pas. Je n’arrive pas en lisant entre les lignes du rapport à voir si ce cas est prévu, sécurisant les professions non salariées et motivant la prise de risque.

- certaines propositions sont plus des voeux pieux que des mesures concrètes, notamment celles sur l'éducation visant à acquérir un socle de connaissances en primaire. Il faudrait parler des méthodes d’éducation (échec de la méthode globale…), de la lecture abandonnée au profit de la télévision et des jeux vidéos, impliquant baisse du niveau culturel et sédentarisation (donc obésité), donc parler aussi de l’éducation familiale et sociale …

- Certains points proposés me paraissent engendrer plus de problèmes que d'avantages quant à l'emploi et la croissance : 

La déréglementation concernant la grande distribution, soit disant pour faire baisser les prix en bénéficiant au pouvoir d'achat, risque à nouveau de mettre la pression sur les producteurs, en position de soumission et de faiblesse face à ces géants de la distribution, de nuire à la qualité de l'alimentation, d'anéantir le petit commerce de proximité qui est important pour la cohésion du tissu social.

La proposition de déréglementer  les professions soumises à autorisation ou à quota comme les taxis, les pharmaciens, les notaires, doit être argumentée plus finement et nuancée (raison initiale du quota, par exemple éviter circulation dense en ville, maintenir un niveau élevé de compétence pour un niveau de besoin de population suffisant,...) et la manière de lever les quotas sans trop déstabiliser la profession et les utilisateurs des services devrait être définie (progressivité, rachat des licences au prix actuel pour revente de plus de licences à un prix moindre?...). Combien d'emplois concernés et pour quelle croissance attendue (impact minime à mon avis au regard de la déstabilisation attendue) ?

L'ouverture massive à l'immigration sur des qualifications recherchées (universitaires, santé, bâtiment,hôtellerie) doit être étudiée avec plus de prudence : concernant les qualifications supérieures, cela entraîne une fuite des cerveaux et des cadres dans les pays en développement, notamment en Afrique, qui en ont absolument besoin pour se développer chez eux, afin que ces pays s'en sortent et que la France puisse in fine endiguer l'immigration non souhaitée ; concernant les secteurs ayant des manques de qualification et de main d'oeuvre en France, pourquoi ne pas proposer plutôt d'orienter et de former les chercheurs d'emplois vers ces professions ? De plus l'immigration massive à bas coûts va faire fortement baisser les salaires des personnes employées dans ces professions, comme aux USA, et engendrer des problèmes sociaux d'intégration, de logement, etc.


- les Ecopolis, villes vertes créées de toute pièces, me paraissent une idée surtout médiatique, risquant d'engendrer les mêmes problèmes que les villes nouvelles en grande banlieue. Ne vaut-il pas mieux investir dans des villes actuelles en insérant progressivement dans le tissu social et urbain existant des infrastructures écologiques, des nouvelles énergies, des nouveaux modes d'habitats,... Est-ce que l'avenir est de construire de nouvelles villes vitrines  flambant neuf puis de demander aux habitants des villes anciennes de migrer vers les nouvelles villes ? Irréaliste …

- de nombreux points n'ont pas de rapport la croissance (ou très indirectement, alors il faudrait expliquer) avec : suppression des départements, de la carte scolaire, éducateurs en crèche, ...

- chiffrage du financement et des économies relatifs à chaque  proposition ? Je ne l'ai pas vu dans le rapport (annexe ?). C'est important notamment si certaines mesures ne sont pas retenues et d'autres oui. Il faudrait faire les comptes ... C’est bien d’avoir remis en avant le problème du déficit et de la dette publique, qu’il faut absolument endiguer (baisse du déficit de 1% du PIB par an, soit 20 milliards par an, comme le proposait François Bayrou), mais comment le financer en même temps que les investissements proposés dans l’innovation et l’éducation, la flexsécurité,, les villes Ecopolis, les constructions de logements sociaux, l’évaluation de tous les services publics,… ?
Et rien sur une taxe carbone ?
Et quelle ampleur, quelle différenciation selon les produits et services, et quel impact de la hausse de la CSG et d’une TVA sociale, sur la compensation de la baisse des charges des entreprises et sur le pouvoir d’achat des catégories moins favorisées ?


Bref, discutons, argumentons, justifions, proposons, et … décidons en connaissance de cause et dans le consensus, dans une société réconciliée !

                                                            Marie-Anne Kraft (Saint-Maur-des-Fossés)
                                                                      Citoyenne responsable et constructive
                                                                    ESSEC promo 82, cadre dans la Finance, 
                                                                       
Mère de famille, membre du MoDem

17/01/2008

Lettre ouverte de militants du MoDem à Jean-Marie-Cavada

58212d14ae9609a8e7575243dfc24f5a.jpgNous vous avions soutenu lors des élections législatives à Saint-Maur / Créteil / Bonneuil dans le Val de Marne. Vous représentiez pour nous des valeurs, une compétence, une image, un soutien exemplaire de François Bayrou et du Mouvement Démocrate. Et nous étions fiers de mener ce combat à vos côtés, ne comptant pas notre temps, tractant par tous les temps sur les marchés et dans les gares, le week-end et en semaine, participant aux multiples réunions et débats, animant votre blog de soutien militant. A l’époque, vous sembliez très attaché à vos responsabilités au Parlement Européen, néanmoins prêt à les quitter en cas de victoire aux législatives en France, jugeant l’enjeu très important pour le MoDem et pour que la France fasse avancer le projet européen, et vous vous étiez déclaré absolument pas intéressé par un mandat local de Maire, laissant donc entendre qu’il n’y aurait pas de suite à votre candidature aux élections municipales, quelle que fût l’issue des législatives.

Une chose nous avait intrigués: votre sympathie très affirmée à l’égard de Nicolas Sarkozy, proclamé publiquement comme une de vos plus proches amis, avec lequel vous avez souvent passé des vacances à Arcachon. Tout en faisant également le panégyrique de François Bayrou, de son courage, de son honnêteté et de sa droiture. Nous avons cependant aussi noté deux autres points : votre rancune à l’égard de François Bayrou qui n’aurait pas dû selon vous dire qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au second tour des présidentielles, et votre refus de partager le pouvoir au MoDem avec Marielle de Sarnez. Nous redoutions déjà une rupture …

Vous avez attendu la formation des candidatures aux municipales pour soudain basculer de camp et vous déclarer candidat tête de liste UMP aux municipales de Paris dans le XIIème arrondissement, que vous n’habitez pas puisque vous résidez à Neuilly-sur-Seine.

Nous respectons vos choix. Ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est la raison de votre décision, vos arguments nous paraissant incohérents, votre discours dévoilant vos palinodies, ou disons un désaveu.

Vous étiez parfaitement en ligne avec les valeurs et le programme du Mouvement Démocrate, qui sont très différentes de ce qu’a exprimé et met en œuvre l’UMP et le gouvernement Sarkozy. Pourtant, au motif de préférer être du côté du gouvernement pour défendre plus efficacement les idées qui ne sont pas les siennes, vous ralliez donc un camp dont vous savez bien qu’il est très difficile de faire valoir des idées contradictoires, comme nous en avons la preuve avec le Nouveau Centre, Bernard Kouchner et bien d’autres. Les députés ex-MoDem ralliés au gouvernement utilisaient les mêmes arguments que vous, proclamant avoir conservé les mêmes valeurs et programmes initialement du MoDem, et n’arrivent plus à se faire écouter, allant même jusqu’à l’autocensure, leur porte-parole François Sauvadet refusant à plusieurs reprise de faire valoir des demandes de ses pairs. On se demande aussi pourquoi vous n’avez pas rejoint ce Nouveau Centre … Sans doute car il est déjà doté d’un chef, Hervé Morin. Vous prétendez à présent vouloir fédérer les centristes, le centre gauche, bref, les démocrates …

Reconnaissez également que le principal intérêt de Nicolas Sarkozy à votre recrutement était bien celui de « casser » Bayrou et son Mouvement Démocrate, et diviser le centre comme la gauche par ces débauchages pour mieux régner sans partage et désamorcer l’opposition.

Vous venez d’annoncer hier le lancement d’un « forum d’action » ou encore d’une « structure de travail » appelée maintenant « Avenir Démocrate » (remplaçant donc le « Alliance des citoyens pour la démocratie » suivi du « Action citoyenne pour la démocratie en Europe » annoncé récemment ?). Le plagiat devient caricatural…

Quant à votre propre intérêt, puisque vous n’étiez pas motivé, selon vos propres dires, par un mandat local, il est probablement à chercher du côté de la promesse d’autres fonctions, d’un poste ministériel, tout en faisant plaisir à votre ami Sarkozy, en rejoignant sa cour.

Et enfin ce que nous ne pouvons admettre, ce sont toutes les critiques venimeuses et pleines de fiel que vous avez soudain étalées sur la place publique à l’égard de François Bayrou, critiques de surcroît infondées et dites sur un ton si passionnel qu’elles ne pouvaient qu’éveiller la suspicion de leur auditoire.

Rappelons quelques-unes unes de ces phrases assassines :

«J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaines et par fidélité aux militants. […] Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté.»
« J’ai voulu créer une structure pour accueillir les militants du MoDem en déshérence » 
 «François Bayrou a un programme romantique mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision. S’il avait voulu que ses idées prévalent, il aurait pu négocier une alliance avec le gouvernement. […] Il s’y est refusé.» 
 "Nous voulons écarter les diseurs de bonne aventure, ceux que j'ai appelés les télévangélistes, qui observent, dénoncent, critiquent, et invoquent un avenir meilleur, mais se refusent à passer à l'action" et sont "focalisés" sur la prochaine échéance présidentielle."
«Je refuse que les militants de l’UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l’échéance présidentielle de 2012»
Je vous ai même entendu dire que vous proposiez une porte de sortie aux militants du MoDem, que Bayrou envoie « à l’abattoir » en ne pensant qu’à son élection en 2012.

Trop, c’est trop ! Bayrou n’est pas un boucher et nous ne sommes ni des gogos ni des brebis égarées que l’on va bientôt égorger ! Un peu de décence aurait été plus conforme à l’image que vous donnez habituellement de vous ! La calomnie ne fait pas partie du registre des valeurs du Mouvement Démocrate, aussi cette lettre vise-t-elle à répondre à cette vilaine et indigne attitude sans pour autant vous retourner de telles paroles haineuses. Je peux vous affirmer que les militants du MoDem sont en très grande majorité très déçus de votre attitude, jugée méprisante non seulement à l’égard de François Bayrou, mais aussi à leur égard.

Par votre comportement, vous avez non seulement participé à la division et non au rassemblement des forces démocrates du pays, mais vous avez fait perdre à la France un poste important de présidence de Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement Européen, car votre ralliement à l’UMP, affilié au parti conservateur européen PPE-DE, a provoqué de vives réactions de la part de vos pairs européens démocrates de l’ADLE, vous obligeant à démissionner du poste le 15 janvier dernier, et de ce fait c’est probablement un député belge (Gérard Deprez) qui vous remplacera.

De surcroît, vous donnez aux citoyens une piètre image de la politique, laissant accroire que l’attrait des postes est plus fort que les valeurs, les idées que l’on défend, la loyauté.

Depuis votre défection, vous ne nous avez pas rappelés ni envoyé vos vœux, probablement persuadé que notre accueil ne serait pas chaleureux ou bien peut-être nous avez-vous complètement oubliés.

Nous vous souhaitons quand même une bonne année 2008, avec plus de cœur et moins de rancœur, et avons même composé pour vous et Hervé Morin ces quelques alexandrins : 

 Tous ceux-là, malgré la réception des honneurs,
Devraient méditer sur ce bel antique adage
Qui rappelle que nul même sous projecteurs
N'est à l'abri d'une chute après les hommages :
Le "Arx tarpeia Capitoli proxima " :
"La Roche Tarpéienne est près du Capitole"
Voilà ce dont prévient, maxime a minima,
Que même la tête des vrais preux dégringole.

L'adulé d'aujourd'hui peut être honni demain,
Quand le banni d'hier a aujourd'hui la main !

 

                    Marie-Anne Kraft et des militants MoDem de Saint-Maur (94)

13/01/2008

Lettre ouverte à Jacques Attali sur sa "Brève histoire de l'avenir"

Je viens de lire votre livre avec un grand intérêt, souvent avec une certaine inquiétude, parfois avec un certain amusement et ponctuellement non sans un certain agacement. Il a l’originalité de mixer différents genres littéraires : l’étude socio-économique, la science fiction et le programme politique, de faire se rencontrer mythe et réalité.

 

Je vois en ce livre de nombreux mérites :

 

-         il parle à tout être humain, de son essence et de son devenir, en l’interpellant, en le provoquant, fût-ce par la caricature et parfois la simplification, qui ont des vertus pédagogiques, en le conduisant à réfléchir sur lui-même, son rapport avec autrui, les valeurs essentielles, sur l’humanité,

-         j’ai bien aimé votre rétrospective sur l’histoire depuis l’homme préhistorique, car il faut en effet connaître et comprendre le passé pour mieux appréhender l’avenir et tirer des leçons de l’histoire, sachant qu’il ne faut pas à mon avis en tirer la conclusion que l’histoire répète les mêmes phénomènes, car les peuples gardent une mémoire des évènements, des souffrances et des erreurs, justement pour ne pas toujours les reproduire … J’ai utilisé la même démarche pour une analyse sur les causes des inégalités croissantes parmi les hommes dans un article publié sur mon blog http://mariannerepublique.hautetfort.com/archive/2007/11/24/de-l-origine-des-inegalites-croissantes-parmi-les-homme-rep.html
texte intégral : http://mariannerepublique.hautetfort.com/media/01/00/0716b6c05e7b256f8b42c0063f940a7d.pdf

 

 

-         il permet de prendre du recul sur le monde d’aujourd’hui et de relativiser l’importance que nous accordons aux biens matériels, à la recherche du profit, ainsi que la suprématie ou la supériorité que nous reconnaissons à notre civilisation, nous rappelant, comme Paul Valéry, que »nous savons à présent que les civilisations sont mortelles »,

 

 

-         il fait une analyse à mon avis très juste des points clés des moteurs de la société et des tendances observées et de leur projection dans les 30 ou 50 prochaines années (toutes choses égales par ailleurs), à partir de données factuelles et mesurées (argent, individualisme, défiance, fuite dans la consommation et le divertissement,…) et leurs conséquences (inégalités croissantes, perte du sens et perte de la relation, destruction de l’environnement, …),

 

 

-         il livre à la fin un très bon résumé de données clés, synthétiques, pertinentes, pédagogiques, sur l’état de notre société et de notre économie, en particulier de la France comparée aux autres pays,

 

 

-         enfin, il est facile à lire et divertissant.

 

 

J’y ai retrouvé de multiples données et réflexions déjà lues dans des ouvrages antérieurs, récents ou moins récents, tels que :

 

 

-         les livres de Hubert Reeves (Mal de Terre notamment, paru en 2003) et de Nicolas Hulot (notamment Pour un pacte écologique, paru en 2006),

-         les livres du biologiste Joël de Rosnay (2020-Les scénarios du futur, paru début 2007 et l’Homme symbiotique, paru en 1995),

-         la trilogie de la Fondation d’Isaac Asimov, grande référence de la Science Fiction, paru en 1966, dans laquelle l’auteur imagine le futur de l’humanité. Il commence avec l’effondrement d’un empire galactique qui se décompose. Un savant invente alors une nouvelle science, la psycho histoire, basée sur la loi des grands nombre et le calcul des probabilités qui permet de prévoir l’avenir ou, plus exactement de calculer les probabilités des différents avenirs. Le scénario rappelle au lecteur des phases connues de l’histoire : l’émiettement du pouvoir des empires romains et ottoman, l’ascension de personnes charismatiques comme Alexandre le Grand, Jules César ou Napoléon Bonaparte, les civilisations successivement dominées par la religion (Moyen-Âge), l’armée, l’industrie, … (et maintenant l’empire marchand sous le règne de l’argent, de l’informatique et de la communication). Jusqu’à ce qu’intervienne un personnage, nommé le mulet, qui va tout perturber, enrailler les prédictions…

-         concernant la France et son déclin comme ses atouts, la France qui tombe de Nicolas Baverez et les Bullocrates de Jean-François Kahn, parus en 2006, qui en prend le contre-pied.

-         Sur la domination du capitalisme et du règne du profit et de ses excès, le capitalisme total, de Jean Peyrelevade, paru en 2005 et décrivant l’évolution du capitalisme vers un capitalisme financier et total, régnant sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses, l’exigence de rentabilité excessive et à court terme des actionnaires polluant la volonté d’entreprendre et se faisant au détriment des projets industriels, économiques et durables.

Aussi aurais-je apprécié que vous eussiez fait référence à ces ouvrages, qui ont probablement alimenté vos réflexions ou celles des personnes qui vous ont aidé à écrire ce livre.

 

Enfin, ce qui me gène ou m’agace, c’est la manière autoritaire avec laquelle vous embarquez le lecteur en obligeant son consentement et son adhésion, par l’emploi sans réserve du futur et l’unicité du scénario proposé. Parfois, la prédiction que vous faites de l’avenir correspond déjà à la réalité du présent, on ne peut donc qu’y adhérer, et vous y glissez subrepticement une prédiction beaucoup plus incertaine qui, noyée dans le reste, passe clandestinement dans le cortège des évidences.

 

Vous semblez convaincu notamment de la future décomposition totale des Etats au profit des entreprises privées, y compris pour les questions régaliennes, de sécurité, de santé, de protection sociale,… La décomposition totale des familles, le nomadisme physique et l’hyper concentration des villes. Vous auriez pu à tout le moins présenter différents scénarios en fonction de différentes hypothèses.

Par exemple, on peut envisager que la conjonction du progrès technologique (Internet, vidéoconférence, traduction automatisée …) et de la nuisance des transports conduise de plus en plus à travailler à domicile ou dans des centres de proximité, permettant une plus grande décentralisation de l’habitat en province et dans les campagnes, de travailler pour des entreprises basées à l’étranger et même utilisant une autre langue.

De même la baisse de la natalité n’est pas irréversible dans les pays riches et sa croissance importante dans les pays pauvres pourrait être endiguée par le recours à la contraception, l’éducation etc.

J’ai aussi trouvé dangereux diplomatiquement et politiquement  la manière dont vous prédisez des guerres entre certains pays et assimilez globalement l’Islam à un groupe hostile à l’occident.

Enfin, après la description apocalyptique, convaincante et irréversible d’un avenir proche (2030) insupportable de stress, d’obsession de la surveillance, de l’autoprotection et de fuite effrénée dans le divertissement, avec la perte des valeurs humaines, familiales, spirituelles, sous l’hyper empire dominé par les Etats-Unis, puis celui de l’hyper conflit planétaire d’une hyper violence, vous laissez espérer l’avènement d’une hyper démocratie (si néanmoins la planète a survécu ainsi que l’espèce humaine), ce qui reste hypothétique dans de telles conditions.

 

 

Puis vous dressez soudain à la fin du livre des pistes de salut, des portes de sortie grâce à une évolution des mentalités, des gens tournés vers le relationnel, ou plus exactement « l’économie relationnelle », développant un commerce équitable ou charitable, de la fraternité, de l’intelligence universelle, démontrant l’évidence que l’altruisme est la source du bonheur et de l’accomplissement de soi, de l’épanouissement, … dans un lyrisme caricatural et peu crédible, pas assez argumenté pour convaincre. Sans expliquer comment cela peut arriver et devenir un système dominant, sans expliquer quel peut en être le moteur. Toutes vos phrases des pages finales p.390 et p.391 commencent par « je veux croire » ou « je veux espérer »… Il faut y croire, c’est tout.

 

 

Enfin, vous opérez un zoom sur la France, sur les arguments attestant son déclin comme sur ceux attestant ses atouts, ce qui est du reste intéressant et peu reluisant pour notre pays, pour terminer sur une liste de propositions qui paraissent très « ras des pâquerettes » comparé à la dimension philosophique et planétaire du livre, traitant de l’essence de l’humanité et des civilisations, même si elle reste en cohérence avec les principes vers lesquels vous avez préalablement conduit le lecteur avec argumentation, démonstration, … et croyance.

 

 

Je suis d’accord sur l’essentiel, avec cependant trois remarques :

 

-         les actions que vous préconisez visent toujours à développer l’empire marchand et à suivre le modèle américain, donc à renforcer l’hyper empire, en ayant toujours pour objectif la croissance du profit, renforcer l’efficacité du marché. Même les entreprises relationnelles sont décrites en terme marchand. Il n’y a rien sur l’éducation, la prise de conscience et la responsabilisation du citoyen, sur la proposition d’une autre manière de donner un sens à sa vie, dans la vie quotidienne citoyenne, sociale et politique.

 

-         les actions permettant de faire naître l’hyper démocratie ne sont pas assez développées (dommage !), elles sont esquissées sur seulement deux pages finales p.420 et 421 en termes vagues : « favoriser la constitution d’entreprises relationnelles », « développer la démocratie participative, en particulier régionale, en employant les technologies de l’ubiquité nomade et de l’hyper surveillance, et organiser des espaces urbains et virtuels pour que s’y rencontrent ceux qui ont envie de se rendre utiles et ceux qui peuvent offrir des occasions de l’être »,…
Or il aurait été intéressant de proposer des actions concrètes telles que des bourses d’échanges relationnelles en bénévolat, incitant chaque citoyen à donner un peu de son temps sur une compétence dont il peut faire bénéficier autrui (soutien scolaire, aide à domicile, conteur d’histoires, cours de jardinage, de couture, de cuisine, discussions philosophiques, atelier artistique, co-voiturage, prêt d’outils, …). On pourrait par exemple au départ, dans la logique marchande, envisager des « points de temps » donnant droit en retour à des services gratuits. A terme ce ne devrait plus être marchand et le plaisir de donner devrait dépasser le désir de recevoir.

 

-          vous ne parlez jamais de la relance par l’offre, pour améliorer la compétitivité des entreprises et favoriser les PME pour développer l’emploi et l’innovation. « La recherche universitaire et industrielle devra se voir attribuer des moyens beaucoup plus importants,… » (p.417), certes mais par qui ? L’état (par augmentation des impôts) ? Le privé (les actionnaires de grandes entreprises ? Une aide aux PME novatrices, par qui et sous quelle forme ?

La majorité des économistes étaient d’accord pour dire que le « Small Business Act » à la française préconisé par François Bayrou lors de la campagne présidentielle pour les PME, était de loin la meilleure proposition pour la croissance, pour une relance par l’offre : avec simplification administrative, protection des jeunes entreprises avec exemption fiscale dégressive, réduction des délais de paiement de leurs clients grandes entreprises ou Etat, accès des PME aux marchés publics (20% du volume des grands marchés et marché < 50 000 euros), ainsi que les deux emplois sans charges (limitées à 10%), qui coûtait moins de 6 milliards d’euros. Sachant que en 15 ans les PME ont créé près de 2 millions d’emplois pendant que les grandes entreprises en supprimaient près de 300 000.

 

Alors pourquoi ne pas en parler ? Pourquoi ne pas proposer cette idée dans la Commission pour la Libération de la Croissance Française, que vous présidez ? C’est pourtant une idée développée avec succès par les Etats-Unis, qui semblent être pour vous un modèle de croissance. Avez-vous aussi proposé d’exempter d'impôts les revenus les brevets déposés par des chercheurs français ou résidant en France (idée également développée par François Bayrou) ?

 

 

N’ayez pas peur de reprendre les idées de Bayrou et même de le remercier pour les avoir justement proposées, c’est cela la vraie ouverture !

En tout cas merci pour ce livre, que je recommande, restant à votre disposition pour en discuter et bien à vous,

 

                                                                Marie-Anne Kraft

                                             http://mariannerepublique.hautetfort.com/

04/01/2008

VOEUX du MoDem

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Pour cette année 2008 :

 

           

Misez tous sur des mots,

Osez ce qui démode, et surtout,…

Modémisez « de toutes vos forces » !

 

22/12/2007

Le Mouvement Démocrate : un projet de civilisation

2bf1f1b380dcc2af2e3ca5945cc17684.jpgLe projet du Mouvement Démocrate va bien au delà d'un programme politique, économique et social ; bien au delà des catalogues de mesure habituellement présentés par les partis politiques. C'est même plus qu'un projet de société : c'est un projet de civilisation.

 

Une civilisation lie des sociétés d’hommes qui se construisent sur des valeurs et une culture commune et dans un objectif commun, une même vision du progrès, dans la projection qu’elles se font de l’avenir en commun. Alors que le mot société désigne d’une manière générale un groupe de personnes ayant une forme de vie commune. La civilisation est à la société ce que l’espèce est à la race. De même que les espèces peuvent disparaître, Paul Valéry nous a avertis que «Nous autres, civilisations, nous savons désormais que nous sommes mortelles » .
Il se trouve que la civilisation actuelle connaît les premiers signes de sa mortalité, notamment au travers du défi écologique. Mais bien au delà de cette mortalité physique, elle souffre également de signes de mortalité morale et spirituelle, de perte d’humanité.
Le Projet Démocrate est un projet de civilisation car il repose sur des valeurs, résumées dans une charte des valeurs, et sur une culture (humaniste), une idée du progrès de l’homme et de l’humanité, ainsi que sur une éthique, un comportement politique et moral, résumée dans une charte éthique. Il vise un idéal humaniste, un monde de justice croissante, basé sur la confiance dans le respect de la démocratie et de la république.
Certains détracteurs du projet démocrate qualifient ce dernier d’utopie, car ils sont convaincus que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne peut être motivé par des valeurs humaines. Selon eux, seuls l’appât du gain, la recherche du pouvoir personnel et du plaisir (physique) peuvent motiver ce dernier dans ses projets et ses actions. Ils sont cyniques et politiquement suivent les principes de Machiavel décrits dans « Le Prince » afin d’acquérir ou de conserver le pouvoir, reposant sur les postulats suivants :
1- la seule motivation doit être le pouvoir
2- Il faut absolument s’affranchir de toute morale pour conduire le pouvoir
3- L’homme, le peuple comme le Prince, est naturellement mauvais ; il ne regarde que son premier intérêt avant celui d’autrui.
Rappelons cependant la définition de l’utopie : l’utopie est un régime politique idéal, qui gouvernerait les hommes parfaitement, une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Callipolis de Socrate) ou encore une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie (l’Abbaye de Thélème, dans Gargantua, de Rabelais, en 1534). Ce terme a été dévoyé, désignant une réalité difficilement admissible, un monde irréaliste. Ainsi, qualifier un projet d’utopiste consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel. Comme si le fait d’envisager une société idéale, qui doit être un objectif, était du domaine du rêve irréalisable, l’idéal étant de fait incompatible avec le réel.
Il se trouve que cette utopie démocrate a le mérite de présenter au moins une cible, un projet de société et même comme nous l’avons dit de civilisation, plutôt que naviguer à vue sur des mesures à court terme et sans fondement de valeurs, et qu’elle s’inscrit par ailleurs dans la réalité de ce monde, ne niant pas la mondialisation et le fonctionnement capitaliste de l’économie. Il s’agit de reconnaître des priorités nouvelles dans nos actions personnelles, les actions des entreprises, de l’Etat, et de mettre en place des garde-fous, ceci dans un contexte plus global, d’abord européen, voire mondial. Il est tout à fait possible de réfléchir sur le réel, sur l’amélioration concrète de nos conditions de vie, par une représentation objective du monde que nous souhaitons.
Le modèle démocrate (appelons-le ainsi) s’oppose donc à un autre modèle de civilisation dominant, qui est celui du néo-capitalisme basé essentiellement sur des valeurs matérialistes, la recherche du profit, la valeur de l’argent, et le règne de l’image, du paraître, au détriment des valeurs humaines et spirituelles. Dans ce modèle règne la loi du plus fort. Ce modèle fertilise son pouvoir sur le terrain de la mondialisation. Il génère des inégalités croissantes dans le monde et dans chacune des sociétés qui le composent. Il ne sait pas venir à bout de la pauvreté dans le monde ni du désastre écologique qui menace la planète, car les intérêts matériels et particuliers à court terme l’emportent toujours sur l’intérêt général à long terme. Il ne paraît pas non plus rendre les gens plus heureux, contribuer à augmenter le niveau de bonheur des populations, sinon par une éphémère impression de bonheur représentée par l’argent, un pouvoir d’achat. La domination du monde par ce modèle induit implicitement cette civilisation à sa propre destruction.
Les partisans de ce modèle, au travers de partis politiques, ne clament pas bien sûr qu’ils recherchent les inégalités croissantes et la loi du plus fort, qui en fait sont implicites des valeurs matérialistes qu’ils érigent comme prioritaires. Ils aiment se proclamer tenants de la Démocratie et de la République, bien qu’ils n’en respectent pas des principes fondamentaux, galvaudant ces nobles termes pour épicer leurs discours ou les rendre convenables. Leur stratégie politique est basée sur la séduction, le pouvoir des médias, la soumission aux sondages, une forme de populisme, la conservation du pouvoir par les puissants tout en entretenant une volontaire léthargie, passivité des masses, en les divertissant par les jeux, les programmes télévisés, en les faisant rêver par l’entretien d’événements people, le star system, l’espérance de gains où chacun a sa chance (loterie et loto), … et l’illusion que le salut est dans l’action effrénée, quel que soit son aboutissement, du moment que « ça bouge ». C’est la société du « zapping » perpétuel.
Un autre modèle de civilisation a tenté de s’imposer au XXème siècle avec l’échec que l’on connaît matérialisé par la chute du mur de Berlin en 1989 et la période de la Perestroïka en URSS : le modèle socialo-communiste, très dirigiste, prônant l’appropriation des terres et bien de production par l’Etat, avec une centralisation extrême du pouvoir et de la redistribution des revenus. Ce modèle aboutit à un appauvrissement de la population, une déresponsabilisation des citoyens, à la prise de pouvoir par une oligarchie représentant l’Etat et s’octroyant des privilèges, à la dictature.
Il y a donc bien à présent deux modèles de civilisation qui s’affrontent aujourd’hui sur notre planète, dont la concurrence alimentera le combat politique des prochaines décennies, pas seulement en France mais également chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis et même dans le reste du monde, remplaçant le traditionnel clivage « Gauche-droite » en France, aujourd’hui dépassé :
-                      d’un côté le modèle néo-capitaliste basé sur des valeurs matérialistes, la loi du plus fort, qui génère des inégalités croissantes,
-                      de l’autre le modèle démocrate et humaniste, priorisant les valeurs humaines et spirituelles, visant une justice croissante et un développement humain. Sans cependant nier la réalité économique et le contexte de la mondialisation.
Quel Projet de Civilisation propose le Mouvement Démocrate ?
Comme nous l’avons dit, le Projet Démocrate vise un idéal humaniste, un monde de justice croissante, basé sur la confiance dans le respect de la démocratie et de la république. Décrivons ci-après les fondements de cet idéal, les valeurs qui l’animent.
L’idéal humaniste à pour objectif le progrès de l’Humanité. L’humanisme place l’Homme au centre, lui reconnaissant en tant qu’individu sa conscience, sa responsabilité, sa valeur et son potentiel, quelles que soient son identité, sa naissance, son origine sociale, ethnique et culturelle. Les valeurs de l’Humanisme sont des valeurs de confiance, de respect, de tolérance, d’authenticité, de transparence, de justice et de solidarité. Ainsi l’Humanisme s’oppose au matérialisme, qui gangrène de plus en plus nos sociétés aujourd’hui, laissant s’instaurer une domination par l’argent, confisquant le pouvoir au bénéfice des riches et des puissants, accréditant que nos motivations essentielles sont l’acquisition des richesses et la consommation, modèle aboutissant finalement à une société d'inégalités croissantes. Ce courant humaniste est résistant, révolutionnaire et pacifique.
Résistant car les valeurs qu’il prône sont des valeurs de résistance : la liberté individuelle doit se gagner face à un monde où ce qui est naturel, c’est la domination de l’autre. L’égalité entre les hommes ne va pas de soi non plus dans un monde où chacun cherche à défendre ses acquis. La solidarité et la fraternité ne sont pas non plus systématiques, l’égoïsme, l’individualisme et d’hédonisme étant aussi des attitudes plus faciles à adopter chez l’homme.
Révolutionnaire car il affronte la domination des esprits et de l’argent par les puissants, il bouleverse les pouvoirs établis.
Pacifique car il croit en une émancipation des hommes qui sont de plus en plus formés et informés pour élever leur conscience et prendre leurs responsabilités, notamment dans les pays qui fonctionnent en démocratie, par l’expression et le vote. Il a également l’espoir que les puissants eux-mêmes adhèrent aux valeurs de l’Humanisme et réalisent que seules ces valeurs sont à même de porter le progrès de l’Humanité et de sauver le devenir même de l’espèce humaine et de donner sens à son existence.
Inspirés d’Humanisme, les Démocrates veulent construire une société de confiance, tant au niveau individuel que sur le plan collectif, une société qui donne le sens de « vivre ensemble », où les relations entre les humains ne sont pas systématiquement monnayées ou « marchandisées ». La société de confiance s’oppose à une société de défiance, où l’inégalité germe dès la naissance, où domine la loi du plus fort et du plus riche, où l’apparence, la caste et le carnet d’adresse priment sur la compétence, où règnent l’anonymat, l’isolement, le « chacun pour soi » et le « sauve-qui-peut ».
Cette société s’inscrit dans un projet de civilisation transversal et universel, dans un univers mondialisé, se traduisant aussi bien au niveau individuel, de la famille, de la commune, de la région, de la nation, de l’Europe et du Monde. Ce projet doit viser la prospérité, pas seulement matérielle mais aussi humaine et spirituelle, redonner le goût de l’entreprise et de l’innovation, une motivation sur des objectifs industriels visant un progrès et une valeur humaine, pas seulement une « valeur ajoutée » financière, ne visant que la rentabilité financière à court terme.
Ce projet doit aussi viser la préservation de la planète et ce qu’on appelle le « développement durable ». Ce terme ne devrait pas être limité au souci de permanence des sources d’énergie et des ressources en général, mais considérer plus généralement le « devoir de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre pour autant la capacité des générations futures à répondre des leurs », quel que soit le domaine où il s’applique. C’est vrai notamment pour la gestion de la dette publique qui grève les générations futures.
Le Projet Démocrate veut réconcilier l’Europe avec les Nations. L’Europe ne doit pas être  réduite à un simple espace de libre échange. Elle doit être le lieu de rassemblement des problèmes communs des pays européens, pour protéger et promouvoir leurs ressources, leurs cultures, leurs valeurs. Les problèmes de ressources énergétiques, d’environnement, d’immigration, de défense doivent être traités au niveau de l’Europe.
Il s'agit également de protéger nos racines, notre identité, nos traditions, notre culture et nos langues régionales, face à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle et idéologique.
Le Mouvement Démocrate est convaincu que l’organisation sociale et politique la mieux à même de répondre à cet idéal est la démocratie. La démocratie permet de construire l’Homme, reconnaît sa place en tant que citoyen autonome libre de corps et de pensée, ayant une conscience et une capacité de jugement, responsable de ses actes moralement. La démocratie donne la parole et le pouvoir au citoyen, pouvoir qu’il organise en le déléguant et en le contrôlant. Elle suppose idéalement que le citoyen bénéficie d’une transparence de l’information, d’un accès aux connaissances et à l’éducation.
Le Mouvement Démocrate propose une démocratie proche du citoyen, qui l’informe sur les problèmes du pays, de l’Europe, du Monde, lui explique les solutions proposées et lui donne les moyens de s’exprimer.
Il prône également la démocratie sociale, qui redonne au travail une valeur capitale, car ce qui fonde le lien entre les hommes, c’est essentiellement l’utilité sociale, c’est à dire le travail. C’est par là que l’individu acquiert une reconnaissance, donc une source d’épanouissement de ses talents, et non simplement par la garantie d’un revenu assuré.
Aussi faut-il être intransigeant sur les valeurs fondamentales de la Démocratie, tenir pour prioritaire le droit à l’expression, à l’éducation et à l’information du citoyen, défendre la juste représentation des courants d’opinion, le pluralisme, l’indépendance des médias et accorder priorité à l’éducation.
Le pouvoir du citoyen ne doit plus être limité à la désignation de ses dirigeants par son suffrage, qui ensuite peuvent régner et décider sans lui rendre de comptes ou bien en lui en rendant mais toujours à sens unique, sans concertation. Il faut aller plus loin en changeant le statut du citoyen, en lui  donnant un rôle d’acteur et tenir compte de son avis au sein d’une véritable concertation. Pas une consultation d’apparence où l’on fait mine d’écouter pour ensuite imposer ce qu’on a décidé. Le conflit est sain car permet l’expression des attentes et dénoue les tensions. La contradiction renforce ainsi l’autorité et donne légitimité à son exercice.
La République formalise et institutionnalise la démocratie en la dotant d’une constitution et d’institutions lui permettant de bien fonctionner. Comme le stipule notre constitution, la République est « démocratique, laïque et sociale ». Elle repose sur les valeurs de  « Liberté, Egalité et Fraternité » qui sont des droits du citoyen. Elle garantit aussi son identité, sa citoyenneté, sa sécurité physique et la propriété, la protection de ses biens. Elle confère au citoyen des droits mais en retour ce dernier  a aussi des devoirs : le respect de l’autorité, le civisme, une forme de patriotisme. La République impose la séparation des pouvoirs et l’impartialité de l’Etat.
Le Mouvement Démocrate défend ces valeurs de la République contre toutes les dérives. Ces valeurs sont bien souvent piétinées, bafouées, contournées. Il faut assainir les institutions et mieux garantir la séparation des pouvoirs, non seulement exécutif, législatif et juridique, mais aussi financier et médiatique. La République a ses espaces sacrés, certains lieux qui méritent d’être « sanctuarisés », notamment l’Ecole, le tribunal et le Parlement. Même si le rôle de l’Etat est important dans sa fonction régalienne, protectrice et re-distributive de richesses, le Mouvement Démocrate ne croit pas à un Etat omnipotent qui gère tout et laisse penser qu’il prend tout en charge dans la vie du citoyen et dans la gestion du pays. Pour redonner au citoyen un rôle acteur et participatif, organiser une concertation entre le pouvoir et le peuple, il propose une gestion plus décentralisée de certains problèmes et le renforcement des corps intermédiaires, des représentations citoyennes tels que les syndicats, les corporations, les associations. Il faut réinventer un modèle de société. C’est une tâche et une responsabilité immense qui nous incombe, à nous Démocrates, celle d’un véritable projet de civilisation. Le programme politique du Mouvement Démocrate traduit finalement en propositions concrètes la manière de réaliser cet idéal, en ayant tout d’abord évalué les moyens les plus judicieux pour y arriver sans compromettre pour autant ses valeurs, en étant attaché avec réalisme à l’efficacité de ces moyens, en ayant recours à une évaluation de ces derniers dans des contextes similaires, par expérience passée ou par comparaison avec d’autres pays les ayant employés. En ce sens ce programme s’inscrit dans une approche réaliste et non utopiste (dans le sens irréalisable).
                             Marie-Anne Kraft (alias "Marianne")

24/11/2007

"De l'origine des inégalités croissantes parmi les hommes" : réponse à François Bayrou (partie 1)

Article assez long (25 pages) dont ce texte est la première partie. Ci-joint l'article entier pour les courageux lecteurs.Moteur d'une socit de justice V3.pdf

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1         La grande question de civilisationbfde2ef0f1951e167d5255d329a17889.jpg

En octobre 2007, sur les ondes de radio et de télévision, ainsi que dans le numéro 119 de la revue Commentaire, François Bayrou fait le constat suivant :

« Ce qui a triomphé, à la surface de la planète, c’est non pas le libéralisme stricto sensu mais le principe d’inégalité croissante. L’inégalité croissante a été acceptée et choisie … à partir du succès économique américain, comme moteur du développement des sociétés. Il est vrai que ce moteur a été, dans l’ordre matériel, infiniment puissant, … interdisant progressivement toute redistribution par l’effacement des frontières, notamment fiscales, proscrivant cette redistribution … puisque rien n’est plus facile aux riches que de changer de pays » … Pour François Bayrou « ce principe d’inégalité croissante … heurte les valeurs fondamentales de notre civilisation ». « Quand la réussite personnelle se mesure seulement à l’aune de la réussite matérielle et financière, la société a changé de nature. Pour dire vrai, elle n’est plus société, association, vie en compagnonnage, elle devient collection de solitudes et de compétitions individuelles. » Selon François Bayrou, c’est l’enrichissement personnel (enrichissement matériel), l’argent, le culte de l’argent en tant que valeur dominante motivant les hommes et la société, qui est actuellement le moteur de nos sociétés et qui a engendré ces inégalités croissantes, associé au fait que la mondialisation rend la redistribution inopérante. Par ailleurs, le modèle alternatif socialo-communiste qui s’appuie sur une centralisation dirigiste du pouvoir et des moyens de production par l’Etat en vue d’une distribution égalitaire des richesses, a échoué. Partant de ce constat, François Bayrou pose une question fondamentale : « Nous visons une société de justice, ce doit être l’objectif de notre civilisation. Mais quel peut être le moteur d’une société de justice ? » Autrement dit renversons l’équation en fixant un résultat souhaité (supposant l’adhésion à cet objectif) pour trouver la ou les variables permettant d’arriver à ce résultat. Quel doit être le nouveau modèle, et comment motiver les hommes, les entreprises, les collectivités, afin d’engendrer naturellement une société de justice, de confiance, d’égalité des chances et ainsi réduire les inégalités ? Nous proposons d’étudier cette question. Cette analyse pourra paraître à certains déconcertante et originale, dans la mesure où elle sort des études habituellement réalisées, limitées au registre social, économique et financier, essayant de comprendre plus profondément les racines psychologiques et biologiques de l’attachement que l’homme et la société ont dévolu à l’argent et comment nos sociétés sont devenues matérialistes et sources de développement des inégalités. En ce sens notre démarche relève d’une approche philosophique plutôt qu’économique. En comprenant mieux la source de ces maux, ce qui sous-tend le modèle actuel de nos sociétés, il sera plus facile d’en proposer un autre, de définir et mettre en place un nouveau « moteur ».

Mais avant de réfléchir au « moteur », à ses éléments constitutifs et à son carburant, aux interactions entre la motivation de l’homme, son moteur individuel, et celle de la société des hommes, un moteur collectif, attestons tout d’abord le constat fait par François Bayrou sur les inégalités croissantes de nos sociétés et analysons les causes profondes et  le « moteur » actuel qui les a engendrées et les perpétue.

2         Le constat : une société d’inégalités croissantes

La démocratie et le libre-échange étaient ensemble porteurs d’une promesse d’épanouissement de l’individu et de son confort, ainsi que de réduction des inégalités. Tout le discours économique est basé sur la recherche à tout prix de la croissance, de la valeur ajoutée globale, du PIB (Produit Intérieur Brut), par pays et globalement.

La production et donc la richesse globale, représentées par le PIB, ont connu dans le monde une croissance moyenne de 2,5% par an depuis 25 ans et de 5% par an environ depuis 2004 et malgré la dispersion du taux selon les pays, toujours positive.

 


Evolution de la croissance économique selon la zone géographique (source : IMF, avril 2006)

Evolution et projection de la croissance économique selon la zone géographique
Zone 2004 2005 2006* 2007*
Pays industriels 3,3 % 2,7 % 3,0 % 2,8 %
dont Etats-Unis 4,2 % 3,5 % 3,4 % 3,3 %
Zone euro 2,1 % 1,3 % 2,0 % 1,9 %
Japon 2,3 % 2,7 % 2,8 % 2,1 %
Nouveaux pays industrialisés asiatiques 5,8 % 4,6 % 5,2 % 4,5 %
Autres pays émergents et pays en développement 7,6 % 7,2 % 6,9 % 6,6 %
dont Afrique 5,5 % 5,2 % 5,7 % 5,5 %
Europe centrale et orientale 6,5 % 5,3 % 5,2 % 4,8 %
Communauté des Etats Indépendants 8,4 % 6,5 % 6,0 % 6,1 %
Chine 10,1 % 9,9 % 9,5 % 9,0 %
Inde 8,1 % 8,3 % 7,3 % 7,0 %
Moyen-Orient 5,4 % 5,9 % 5,7 % 5,4 %
Brésil 4,9 % 2,3 % 3,5 % 3,5 %
Mexique 4,2 % 3,0 % 3,5 % 3,1 %
Monde 5,3 % 4,8 % 4,9 % 4,7 %

* estimations

Mais il faudrait attacher une égale importance à d’autres indicateurs, notamment le  PIB/habitant moyen, ainsi que sa dispersion dans les catégories de population (riches vs pauvres), ainsi que l’évolution du rapport entre les revenus du dernier décile (10% de la population la plus riche) et ceux du premier décile (10% de la population la plus pauvre).

On devrait aussi réfléchir à de nouveaux indicateurs permettant de mesurer un « Bonheur Intérieur Brut », le « BIB », plutôt que le PIB…Ce sera l’objet d’une autre étude !

 Or que constate-t-on ? Les inégalités se sont effectivement accrues, les écarts se sont creusés, notamment en terme de revenus et de niveau de vie dans chaque continent, dans chaque pays, dans le monde (Nord/sud).

De surcroît, on constate qu’elles acquièrent une permanence et même une accentuation par le phénomène de l’héritage, de la transmission du patrimoine des plus riches à leurs enfants, ces derniers bénéficiant d’avantages fiscaux sur l’actionnariat, les plus-values, comparés aux revenus salariaux, et ayant recours à des outils financiers ad hoc et aux paradis fiscaux pour préserver leur trésor et même le soustraire aux obligations fiscales.

Les études récentes attestent le constat d’inégalités croissantes, entre nations et au sein même des pays, entravant les progrès dans de nombreux domaines (voir notamment le rapport du PNUD publié fin 2006 et le rapport 2006 de la Banque Mondiale). Quelques chiffres pour illustrer le propos :

-          20% de la population détient 90% des richesses mondiales,

-          Entre 1970 et 1985, le PIB mondial a augmenté de 40%. C’est le cas en France d’ailleurs. Au cours des 30 dernières années, la France est devenue 2 à 3 fois plus riche qu’elle n’était, selon cet indicateur mesurant la production de richesse. Mais le nombre des pauvres c’est accru considérablement. Dans plus d’une centaine de pays, le revenu par habitant est aujourd’hui plus bas qu’il n’était il y a quinze ans. Près de 1,6 milliards d’individus, déjà en situation de pauvreté, vivent plus mal qu’au début des années 1980.

-          Près de 3 milliards d’individus sur la planète vivent en dessous du seuil de pauvreté (2 $ par jour), soit 40%. Leur nombre s’est accru de 36% depuis 1981. 50% des travailleurs de la planète en font partie.

-          1,1 milliards, soit un sixième, vit dans l’extrême pauvreté (moins de 1 $ par jour). 3% de plus qu’en 1981.

-          En Afrique, le taux de population en situation d’extrême pauvreté est passé de 41,6% en 1981 à 46,9% en 2001. Compte tenu de la croissance démographique, cela veut dire que le nombre d’Africains vivant dans l’extrême pauvreté a presque doublé, passant de 164 millions à 316 millions de personnes. 1 personne sur 3 souffre de faim chronique en Afrique subsaharienne.

-          Le rapport entre les 10% des pays les plus riches (revenu par habitant >29 000$, 18 pays dont la France est le 17ème) et les 10% des pays les plus pauvres (<1800 $, 30 pays dont 27 en Afrique sub-saharienne), est passé de 23,9 en 1995 à 33,5 en 2004. Autrement dit, un habitant du groupe des 18 pays les plus riches est 33,5 fois plus riche qu’un habitant moyen du groupe des 30 pays les plus pauvres.

-          Par ailleurs, à l’intérieur des pays, les inégalités se sont également creusées :

o        Dans les pays riches, les inégalités de salaires se sont accrues depuis 25 ans. En fait, toute la richesse créée dans ces pays a été captée par une tranche étroite de la population, les revenus médians étant stagnants alors que les revenus des 0,1% des plus riches augmentent en flèche. Le rapport entre le salaire des 10% les mieux payés et celui des 10% les moins bien payés a augmenté de 14% dans l’OCDE. Mais les inégalités sont restées stables en France et au Japon, selon les données officielles, hors revenus du patrimoine et en écarts relatifs. Si on en tenait compte, on observerait une hausse des inégalités en France, car ceux-ci progressent rapidement et sont très majoritairement détenus par les catégories les plus aisées. En observant les mêmes statistiques sur des franges plus extrêmes, les quintiles (5%) ou les centiles (1%), le rapport est de plus en plus élevé.
D’après une étude de l’Ecole d’économie de Paris portant sur la période 1998-2006, dont Libération a publié les résultats le 29 juin 2007, 1% des Français les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 19%, 0,1% des plus riches de 32% et 0,01% des plus fortunés de 42,5%. Alors que l’Insee, qui mesurait l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres attestait une réduction du fossé depuis les années 70 jusqu’en 2000 où la tendance commence à s’inverser.
Un autre indicateur : la pauvreté des enfants a augmenté dans les pays riches (pour 17 des 24 pays de l’OCDE) entre 1991 et 2000.

o        Les inégalités internes aux pays se sont plus accrues dans les pays à forte flexibilité du droit du travail et à moindre protection sociale, comme les pays anglo-saxons (Grande Bretagne et Etats-Unis) que dans des pays comme la France où le droit du travail, le SMIC, protège les salariés.

o        Les Etats-Unis sont l’un des pays les plus riches de la planète, mais aussi, parmi ceux-ci, l’un de ceux où les inégalités sont les plus fortes. Depuis plus de deux décennies, les inégalités économiques se creusent : les plus riches ont connu dans les années 1980 et surtout dans les années 1990 une période de rapide croissance de leurs revenus et de leur patrimoine, tandis que la classe moyenne et les pauvres n’ont bénéficié pendant la même période que de faibles gains. Depuis 1980, en effet, la croissance des revenus des familles est presque totalement concentrée sur les 5 pourcents les plus élevés de l’échelle des revenus : en termes réels, le quintile le plus pauvre gagne aujourd’hui à peine plus qu’en 1980, tandis que les 5% des familles les plus aisées ont vu leurs revenus doubler. Parmi les bénéficiaires de cet accroissement de revenus, se trouvent en particulier les dirigeants d’entreprises dont la rémunération (au sens large : salaire de base, bonus, actions attribuées, profit réalisé lors de l’exercice des stock-options, contributions aux assurances-santé et retraite…) a augmenté de plus de 300% entre 1990 et 2001. A l’opposé, le salaire minimum fédéral n’a progressé que de 35% pendant la même période, passant de 3,8 $ à 5,15 $ par heure, sans changement en termes de pouvoir d’achat.
 Si on considère la mesure scientifique des inégalités de revenu utilisant l'indice de Gini, celui-ci valait 0.45 pour les Etats-Unis en 2004, alors qu'il était de 0.267 en 2002 pour la France (dernière valeur connue d'après l'INSEE). Les inégalités de revenu sont bien plus fortes aux Etats-Unis qu'en France et le phénomène va en s’amplifiant.

o        En Chine, entre 1983 et 2004, on est passé d’un rapport de 6 à 15 (comme aux Etats-Unis !) entre le revenu moyen des 10% les plus riches et celui des 10% des plus pauvres. D’après les chiffres de la Banque Mondiale, le différentiel de revenus, entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres, est passé de 6,5 en 1990 à 10,6 en 2001, ce qui fait de la Chine le pays le plus inégalitaire de toute l’Asie. Depuis 2001, ce processus s’est clairement poursuivi. Par ailleurs, entre 1990 et 2001, la part des richesses nationales détenue par les 10% les plus riches est passée de 24,6 à 33,1%.

L’accroissement global des richesses et du niveau de vie, que l’on met plus volontiers en exergue, a masqué ces effets d’inégalités croissantes. On ne peut nier les progrès globalement réalisés : en un demi siècle, l’espérance de vie est passée dans le monde en développement de 41 à 64 ans, la part de population n’ayant pas accès à l’eau potable est tombée de 65 à 20%, la mortalité infantile a été réduite de moitié et l’analphabétisme a baissé de 52 à 26%.

Conclusion :

Nous sommes dans un monde globalement plus riche dans lequel il y a plus de pauvres, où les riches sont plus riches et où les pauvres sont plus pauvres.

19/09/2007

Face à des philosophies différentes de l’approche de l’homme par la droite et la gauche, la position de Bayrou et de son Mouvement Démocrate

Nous tentons de différencier les partis en comparant leur contenu politique. Or, qu’est-ce qu’un contenu « politique » ?

Ce devrait être une déclinaison en projet, en programme d’actions, de valeurs que l’on cherche à promouvoir selon certaines priorités, en privilégiant des moyens qui semblent les mieux appropriés à répondre à leur mise en œuvre.

Il faut donc logiquement bien définir au préalable ces valeurs et priorités et bien argumenter quant à l’efficacité des moyens préconisés, usant de pragmatisme (par comparaison avec nos pays voisins notamment) et expérimentation (dans le passé ou sur un sous-ensemble limité avant de les généraliser).

Il m’est apparu que si l’on doit résumer au plus simple « la mystique », ce qui motive profondément les intentions de « la droite », découle d’une conviction intime, d’un postulat, que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne pourra pas s’améliorer. Il est ainsi et il faut optimiser le monde autour de ce constat. D’où les priorités d’ordre sécuritaire, à la répression plutôt qu’à la prévention, certaines croyances quant aux prédispositions génétiques, l’acceptation de la loi du plus fort, une reconnaissance des riches et des puissants, des « stars people », quels qu’aient été leur mérite, leur chance ou leur héritage justifiant leur succès matériel et médiatique, leur opulence matérielle servant de modèle ultime plutôt que les qualités morales et spirituelles. En terme de moyens, « la droite » croit plus en l’autorité, la centralisation des pouvoirs imposant des décisions (marquée par un étatisme important et de puissants lobbies sous couvert d’un apparent mais trompeur libre-échangisme), la motivation matérielle (l’outil fiscal notamment) et quantitative (culture du chiffre que ce soit pour la police, l’école, le chômage…).

De l’autre côté, la conviction intime de « la gauche » me paraît découler de l’hypothèse rousseauiste que l’homme est intrinsèquement bon. D’où la dérive libertaire et le déni des problèmes de sécurité (responsable de l’échec du PS en 2002), l’idée que tous les problèmes viennent du manque de moyens donnés à l’homme et à la prévention du mal, que ce soit sur les problèmes d’éducation (il suffit de plus d’enseignants et de surveillants…), de chômage (il suffit d’offrir une formation et une assurance sécurité emploi, de redistribuer le temps de travail quitte à sacrifier généreusement les heures supplémentaires de ceux bénéficiant d’un travail, …), au point d’en oublier les réels levier de la croissance, l’entreprise, et entretenant une illusion et, par là, des déceptions.

En terme de moyens, « la gauche » prône un interventionnisme important de l’Etat protecteur et re-distributeur. Tandis que « la droite » prône également la toute puissance de l’Etat, mais plutôt au profit de la centralisation du pouvoir et de l’application de son autorité… « La gauche » n’a pas la culture du chiffre de « la droite ». Elle est plutôt dans le registre qualitatif, plus subjectif, moins mesurable, plus flou.

La gauche comme la droite, ont infantilisé le citoyen, cet enfant intrinsèquement bon ou mauvais, lui laissant croire que l’Etat tout puissant va régler tous ses problèmes, qu’il suffit de voter, de déléguer le pouvoir et d’obéir, faire confiance… Les psychologues diront que la droite représente le père et la gauche la mère.

La gauche comme la droite, prônent la démocratie alors même que leurs gouvernements ont galvaudé ce terme et n’ont pas respecté la démocratie. La suppression de la proportionnelle à l’Assemblée puis le maintien confortable de cet état de fait, empêchant la représentativité des différents courants d’opinion au motif d’éviter celle du Front National ou d’assurer une franche majorité est une piètre excuse. L’autorisation de cumul de mandats doublée d’absentéisme à l’Assemblée est indigne. La compromission entre le pouvoir politique, financier et médiatique rend forcément illusoire la démocratie, l’information libre du citoyen. Démocratie signifie « pouvoir du peuple », s’appuyant sur sa conscience et sa responsabilité, le contraire de l’infantilisation.

Face à ces approches, le Mouvement Démocrate (MoDem)  en a une autre. Il refuse la qualification de « centre », qui fait référence à quelque chose qui se situerait dans l’espace entre la gauche et la droite (donc ici entre la croyance en un homme un peu bon et un peu mauvais, entre le père et la mère …). Le MoDem est inspiré d’humanisme et de démocratie au sens originel des mots. Il a la conviction que l’homme n’est ni intrinsèquement bon ni intrinsèquement mauvais mais qu’il porte en lui biologiquement à la fois des pulsions agressives de survie (le bas cortex, la première couche dite « reptilienne » du cerveau), une affectivité (seconde couche du cerveau commune aux mammifères), et enfin une couche supérieure qui caractérise l’homme, le cerveau supérieur, qui contrôle les pulsions et l’affectivité, qui est capable de se fixer une ligne de conduite, de réfléchir sur ce qui est bon et mauvais à titre individuel et aussi à titre collectif dans le sens de l’intérêt général même si parfois il contraint un intérêt particulier.

L’humanisme vise l’amélioration de l’être humain et le progrès de l’humanité. Il croit que l’homme est en devenir vers un « meilleur », de même pour l’ensemble de la société humaine. Et que pour se faire, il doit exercer sa conscience et sa responsabilité (vis à vis de lui-même, des autres, des générations futures…), pas simplement se laisser guider et se faire dicter une conduite.

En ce sens il est logique que le MoDem commence avant toute chose à définir une charte des valeurs et une charte éthique, une manière de conduire la politique. Le nom de « Mouvement démocrate » n’est pas choisi au hasard. Le « mouvement » traduit cet homme et cette société en devenir. Démocrate reprend le sens originel de son nom. Est-ce un hasard aussi si en verlan Modem donne « Demo », qui signifie « le peuple » ?

Et nous ne sommes pas dans un monde fermé, il faut maintenant travailler avec nos homologues européens démocrates, ce que fait le MoDem bien plus que les autres partis.

Concernant les moyens d’actions de la politique, le MoDem a une approche pragmatique afin de bien comparer l’efficacité des moyens d’actions entre les pays qui ont appliqué différentes méthodes et dans quel contexte (notamment TVA sociale, leviers de croissance…) avant de s’en inspirer.

Il faut du PRAGMATISME et surtout de l’EFFICACITE. Il était reconnu que les deux emplois sans charges par entreprise relanceraient efficacement la croissance par l’offre (avec un coût inférieur à 6 milliards d’euros sans compter les rentrées fiscales liées au bénéfice de la croissance), alors que le bouclier fiscal décidé par Nicolas Sarkozy est un cadeau aux plus riches sans efficacité quant à la croissance (pour un coût de 15 milliards !) et que la croyance en une relance par la consommation est aujourd’hui plus illusoire que celle par l’offre (amélioration de la compétitivité des entreprises par allègement de charge et incitation à l’investissement), car les français consomment plus de 50% de produits importés …

Vous me trouverez sans doute « utopiste », je vous répondrai que je suis plutôt volontariste et que je garde espoir, qu’un monde humaniste prenne le dessus sur un monde matérialiste et dominé par l’argent et la violence. Le MoDem me semble être le seul parti aujourd’hui à prendre le problème par le bon côté et être porteur de cet espoir, de la fondation de ce nouveau modèle de société. Les tentatives actuelles d’expression d’une nouvelle « gauche moderne », qui accepte la mondialisation, le libre-échange, prône l’humanisme et ne considère plus que l’Etat doit tout prendre en charge reprennent ni plus ni moins ce qu’a déjà décrit François Bayrou. Comme Nicolas Sarkozy s’en inspire également de plus en plus, d’abord dans la formation d’un gouvernement d’ouverture, de sensibilités politiques plurielles, et récemment dans la proposition d’un « small business act » à la française pour la relance des PME. C’est un signe que Bayrou a raison, c’est lui qui montre le chemin.

L’enfant citoyen est sur le point de devenir un adolescent, l’éveil de sa conscience et de sa lucidité peut se faire grâce à un homme providentiel tel que François Bayrou. L’adolescent porte en lui l’émancipation et la révolte, mais également le désir de devenir adulte et responsable. Et je pense que c’est cette attitude qui permettra à l’homme de sauver son devenir existentiel et la survie même de son espèce et de la planète. Le « surhomme », qu’annonçait Nietzsche après la phase de nihilisme de nos sociétés dites modernes et évoluées, c’est celui qui saura passer cette crise d’adolescence et rendre dominant ce nouveau modèle de société qu’est l’humanisme.

 
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