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30/01/2010

Affaire Clearstream : le procureur Jean-Claude Marin est-il vraiment indépendant ?

L’affaire « Clearstream » a connu plusieurs épisodes ou du moins plusieurs affaires Clearstream et on y retrouve déjà le procureur Jean-Claude Marin. Le procès de Sarkozy à Villepin en est le 3ème. 1895321995.JPG

Il y avait eu précédemment l’affaire dite Clearstream 1 suite à la publication par le journaliste Denis Robert en 2001 et en 2002 de Révélation$ et de La Boîte noire, soupçonnant le système et banque de compensation Clearstream (qui se nommait Cedel à l’époque), situé au Luxembourg, d’être une plate-forme mondiale de l’évasion fiscale et du blanchiment d’argent.

Puis en 2004 l’affaire Clearstream 2 (ou affaire EADS-Clearstream ou affaire du corbeau des frégates de Taïwan). Les circuits de Clearstream étaient supposés utilisés pour régler des commissions et des rétrocessions de commissions sur ventes d’armes, via les filiales de la DCNI ‘Direction des Constructions Navales International), Heine et Eurolux au Luxembourg. Le juge Renaud van Rymbecke s’est vu s’opposer le « secret défense», l’empêchant de mener l’enquête pour remonter aux bénéficiaires.

 

Le dossier judiciaire de cette dernière affaire contenait des notes dont fait référence un PV du Parquet daté du 22 novembre 2007, publié par le journal Bakchich.info, mettant en cause Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur, concernant le financement de la campagne de ce dernier en 1995. Nicolas Sarkozy était alors ministre du budget, porte-parole et directeur de campagne d’Edouard Balladur. Il avait validé et signé les commissions versées sur cette affaire. JC Marin n'a pas voulu tenir compte de ces informations, jugeant les notes succinctes et imprécises, et a classé sans suite. Ces commissions sont passées par DCN international, officine basée au Luxembourg, dont Jean-MArie Boivin, ex directeur a été viré et menaçait de faire des révélations importantes. Egalement sans suite ...

Voir http://www.bakchich.info/Fregates-le-rapport-du-parquet-de,06545.html

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Ces rétrocessions de commissions concernaient aussi la vente de sous-marins au Pakistan, débouchant sur l’affaire de l’attentat de Karachi. Même contexte. On y retrouve encore le procureur Jean-Claude Marin.

Voir http://www.rue89.com/2009/12/17/attentat-de-karachi-sarkozy-est-au-coeur-de-la-corruption-130476

L’avocat des familles de victimes,Me Olivier Morice, a déposé plainte le 14 décembre 2009 auprès du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Il déclarait : « Nicolas Sarkozy est au coeur de la corruption dans cette affaire, à la fois comme ministre du Budget [de 1993 à 1995, ndlr] et dans le rôle qu'il a joué comme porte-parole et directeur de campagne d'Edouard Balladur. »

Ce rappel étant fait, rappelons aussi que le président de la république nomme les procureurs sur proposition du garde des Sceaux, ministre de la justice …

A Villepin, Bayrou, Sarkozy : "Arx tarpeia capitoli proxima !"

Tous ceux-là, malgré la réception des honneurs,roche_10.jpg
Devraient méditer sur ce bel antique adage
Qui rappelle que nul même sous projecteurs
N'est à l'abri d'une chute après les hommages :
Le "Arx tarpeia Capitoli proxima " :
"La Roche Tarpéienne est près du Capitole"
Voilà ce dont prévient, maxime a minima,
Que même la tête des vrais preux dégringole.

L'adulé d'aujourd'hui peut être honni demain,
Quand le banni d'hier a aujourd'hui la main !

25/12/2009

Voeux de Nicolas Sarkozy : prenons-le au mot !

Dans ses voeux sur Facebook, le président Nicolas Sarkozy adresse "une pensée pour ceux qui sont en difficulté, qui souffrent en ces temps de fête. Ayons le sens du partage et à l'esprit les valeurs qui font la solidarité nationale."

Nous rappelons donc au Président de la République de tenir la promesse qu'il a faite lors d'un discours le 18/12/2006 :

483443478.jpg"Je veux, si je suis élu président de la république, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause."

Pourtant il disait aussi "Je fais ce que je dis et je dis ce que je fais" !

L'Abbé Pierre, lui, a fait ce qu'il disait ...

Je voulais poster ce message de rappel sur la page FaceBook de Nicolas Sarkozy, mais pour cela, il faut s'incrire comme fan, et cela, je n'ai pas pu ...1602876436.jpg

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22/09/2009

Clearstream2, l'enfumage qui fait oublier Clearstream1

Clearstream, littéralement "le flux limpide", est décidément plutôt un cloaque marécageux ! Quelque chose cloche depuis le début dans cette affaire : les fichiers présentés au  juge Van Ruymbeke et à Dominique de Villepin étaient évidemment faux depuis le départ et ils n'ont pu que très vite le découvrir. Ceux qui les ont falsifiés ne pouvaient pas ignorer que la supercherie serait vite découverte. Or quels que soient les fauteurs de la falsifiquation, ils n'ont pas fait cela pour faire "une bonne blague", ni pour faire accuser les personnes visées dans les fichiers puisque la falsification grossière allait être découverte. C'est intéressant de réfléchir au mobile du crime, à qui profite le crime, et en quoi cette diversion nous fait oublier le crime d'origine, celui des rétrocommissions sur les frégates de Taiwan, qui vont coûter 1,5 milliards à la France.

 

Pourquoi la falsification était si grossière qu'elle ne pouvait être crédible ?

Clearstream est un organisme central de règlement-livraison permettant à des professionnels institutionnels (banques) de s'échanger des actions et des obligations. C'est aussi une banque tenant des comptes mais pas de comptes de particuliers. Elle ne tient que des comptes d'institutionnels (banques) qui eux-mêmes détiennent des comptes clients, et plus marginalement des comptes d'entreprises (émetteurs de titres). Il n'était pas concevable que des personnalités ouvrent un compte directement chez Clearstream et cela n'aurait servi à rien à supposer qu'ils aient détenus des sous-comptes de banques non publiés (voir système décrit par Denis Robert). Pour dissimuler des transactions, il suffit d'ouvrir un compte dans une banque située dans un pays garantissant le secret bancaire, cette banque ayant elle-même un compte chez Clearstream pour permettre les règlements-livraisons des titres pour compte de ses clients, sans que ces derniers apparaissent dans les fichiers de Clearstream. Il n'y a aucune raison que Clearstream puisse détenir dans ses systèmes des fichiers comprenant des noms de personnalités. Seules les banques clientes de Clearstream connaissent leur client et si elles sont dans des paradis fiscaux les fichiers ne comportent que des numéros de comptes, sans le nom du client. Aucun système n'est censé faire le lien entre une transaction client de banque et un flux Clearstream dans les fichiers de Clearstream.

Il était donc évident que les fichiers présentés par Imad Lahoud ne pouvaient être vrais. Pas besoin d'être un expert pour le savoir. Nicolas Sarkozy comme Dominique de Villepin auraient dû en être informés très rapidement. La moindre enquête sur le sujet aurait dû tout de suite le faire remonter.

On peut donc s'interroger sur la naiveté des protagonistes. Même JL Gergorin, polytechnicien et énarque, aurait dû savoir que falsifier de telle façon des fichiers au départ réels de Clearstream, en ajoutant des noms, fussent-ils ceux de ces ennemis dans le contexte de rivalité entre EADS et Thalès et de rivalité personnelle entre lui et Philippe Delmas, ou ceux d'autres personnalités dont celle de N.Sarkozy, ne pouvait pas être crédible.

Les instigateurs de la falsification devaient savoir que la fausseté des fichiers serait rapidement avérée et que par conséquent les personnes mises en cause dans les fichiers apparaîtraient comme des victimes. L'intention était-elle donc en effet de les faire apparaître comme des victimes et de lancer la suspicion sur des personnes qui auraient pu être le falsificateur et l'instructeur de la falsification ?

 

Quel était donc le mobile du crime ?

Si le mobile visait Nicolas Sarkozy, par exemple pour le déstabiliser en vue des présidentielles, pourquoi alors avoir mis 200 noms divers, industriels, politiques, journalistes, personnes du show-biz ? Et quel risque pris, d'une falsification grossière pour un résultat qui allait de toute façon être nul, posant même Nicolas Sarkozy en victime d'un complot !

Si le mobile visait Dominique de Villepin, en le piégeant pour démontrer qu'il utilisait ses fichiers dans une intention de nuire, c'est peu probable d'avoir monter toute cette machination pour obtenir ce résultat indirect.

Et si le mobile était de détourner l'attention sur le fichier d'origine qui a fait l'objet de la falsification afin de l'invalider dans une procédure judiciaire, alors qu'il aurait permis de remonter la piste des fameuses rétro-commissions des frégates de Taiwan ?

Sachant que l'Etat français n'avait aucun intérêt à faire la lumière sur ces commissions du fait de la somme importante de pénalités réclamées par Taiwan, raison pour laquelle le secret d'Etat n'a jamais été levé malgré l'insistance des juges Eva Joly et R.Van Ruymbeke. Le secret-défense ne permet cependant pas d'éviter l'amende : le contribuable devrait payer 1,5 milliard. Mais l'Etat refuse toujours de dire où sont allées les fameuses commissions. Voir cet article de Rue89.

Dans cet article est mentionné que "deux hommes ont certainement des lumières sur cette question. A l'époque où les commissions furent versées, ils étaient au coeur de la tour de contrôle gouvernementale.

Le premier, Nicolas Bazire, est alors directeur de cabinet du Premier ministre, le RPR Edouard Balladur. Il a pour mission de suivre tous les enjeux liés aux contrats d'exportation d'armement. Le second, Nicolas Sarkozy, est ministre du Budget. Les deux hommes forment un tandem au service des ambitions présidentielles de Balladur.

En 1994, DCN International créé une off-shore au Luxembourg. Cette société fiduciaire, Heine S.A., a pour but de « gérer des contrats d'ingéniérie commerciale ». En clair, de mettre de l'huile dans les rouages. En six ans, elle déclare un chiffre d'affaires de 77 millions d'euros.

En novembre 2007, le parquet de Paris explique dans un rapport dressé après enquête de la DNIF (Division nationale des investigations financières), qu'un document saisi par les policiers mentionne :

« l'aval du directeur de cabinet du Premier ministre et celui du ministre du Budget, et laisse supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l'élection présidentielle de 1995 ».


Prudent, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, estime alors qu'il n'y a pas lieu d'étendre le champ de l'enquête à ces faits. Officiellement, ils sont prescrits."

Je vous invite aussi à lire cet article de Bakchich : http://www.bakchich.info/Fregates-le-rapport-du-parquet-de,06545.html

D'après ces articles et les pièces qui y sont jointes, notamment un procès verbal du 22 novembre 2007 en provenance du Parquet, on peut émettre l'hypothèse que N.Sarkozy ait donné son accord pour des rétrocommissions sur lesquelles il n'a aucunement intérêt à dévoiler les bénéficiaires. L'officine luxembourgeoise DCN International chargée de distribuer les commissions a pu passer par Clearstream. Un banquier avait averti d'ailleurs R.Van Ruymbeke sur la piste. Si de surcroît une partie des commissions est revenue pour financer en 1995 la campagne de E.Balladur, cela devient encore plus intéressant. L' article de Backchich explique comment le grand patron du parquet, Jean-Claude Marin, écrit "le dossier judiciaire en question contient des notes qui mettent en cause Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur, mais elles sont naturellement « succinctes et imprécises ». Mais, ajoute le haut magistrat, il est hors de question de s’intéresser à cet aspect du dossier. Comptez sur moi, aurait pu ajouter le procureur qui rêve de devenir procureur général de Paris, pour veiller au grain !"

Je constate simplement que Jean-Claude Marin, qui est maintenant procureur de Paris, s'en est pris avant même l'ouverture des débats à Dominique de Villepin, accusant ce dernier d'être un des bénéficiaires de l'affaire Clearstream :

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-08-29/proces-clearstream-le-procureur-jean-claude-marin-s-en-prend-a-dominique-de-villepin/920/0/372504

Je constate aussi que l'avocat de N.Sarkozy, Thierry Herzog, qui défendait Thalès dans le dossier des frégates et avait donc eu accès au dossier, aux fichiers Clearstream que l'instruction (R.VAn Ruymbeke) voulait utiliser pour remonter la piste en demandant la levée du secret sur les bénéficiaires des commissions.

Mediapart a aussi fait part des relations qu'entretenait Imad Lahoud, le falsificateur, avec le policier des RG François Casanova, lui-même travaillant pour N.Squarcini, proche de N.Sarkozy, ex n°2 des RG qui a ensuite été nommé à la tête de la DCRI. Et le dernier témoignage du Beau-Frère de D.de Villepin, Michel Piloquet, dévoilé par Mediapart est très intriguant : ce dernier a cotoyé Imad Lahoud, qui lui a proposé une stagiaire, qui s'avère être la fille de François Casanova, avant d'essayer de pirater son ordinateur en compagnie de la jeune stagiaire. Cela sent bien la manipulation, mais plutôt par des proches de N.Sarkozy !

La recherche du mobile de la manipulation et les supositions logiques sont une chose. Trouver des preuves et des témoignages en est une autre. D.de Villepin pouvait demander la levée du secret-défense quand il était au gouvernement, mais il ne l'est plus. Il faudrait demander le témoignage de Jean-Marie Boivin, ex patron des officines luxembourgeoises chargées, à coup de commissions, de faciliter la vente des gros contrats d’armement naval, qui menaçait de faire des « révélations » compromettantes. Mais qui le fera ? Qui osera revenir au dossier Clearstream1 au motif qu'il éclairerait les mobiles de l'affaire Clearstream 2 ?

Lire en complément un article que j'avais publié en septembre 2007 sur Agoravox, ainsi que quelques commentaires intéressants sur l'article. Et article de Philippe Vassé sur les bénéficiaires chinois des commissions versées par l'Etat français.

 

Les conférences de presse mises à mal : un symptôme de la crise de la démocratie en France

Thomas Legrand.jpgThomas Legrand, chroniqueur politique sur France Inter, vient de publier un excellent article sur Slate.fr, remarquant que Nicolas Sarkozy ne tient pas de conférences de presse en France, contrairement à ses homologues à l'étranger qui se prêtent volontiers régulièrement à l'exercice. Hormis  la grande Conférence de presse du 8 janvier 2008, exceptionnelle et très convenue, devant 400 journalistes, avec on se souvient la seule impertinence de Laurent Joffrin au sujet de la "monarchie élective", rapidement renvoyé dans ses buts par un président condescendant n'acceptant aucune critique et sous les ricanements en échos de nombreux journalistes présents, qui ont clôturé la séance par des applaudissements !

 

Comme le dit Thomas Legrand très justement :

"Dans tous les autres pays démocratiques, quand une difficulté survient, quand une polémique prend trop d'ampleur, qu'un conflit s'enlise ou, tout simplement quand le Président, ou le chef de l'exécutif, a une annonce particulièrement importante à faire, il organise une conférence de presse avec la presse accréditée chargée de suivre les activités du chef de l'État ou du gouvernement. Parfois, c'est la presse spécialisée dans un certain domaine qui est conviée pour poser des questions plus précises sur une réforme envisagée par le pouvoir. Ce sont des exercices réguliers et naturels.[...] Dans n'importe quel autre pays démocratique il n'aurait pas été possible par exemple que le Président annonce, tout de go et sans possibilité de questions, la future suppression du juge d'instruction. "

Mais lorsqu'il y a conférence de presse de personnalités politiques, j'ai remarqué que les questions étaient souvent superficielles, redondantes entre journalistes, manquaient de professionnalisme. J'ai assisté à plusieurs conférences de presse de personnalités politiques lors de la campagne des élections européennes et j'ai été très surprise (et déçue) de remarquer que toutes les questions étaient centrées sur des potins, des rumeurs, des réactions à des petites phrases, qui souvent n'avaient rien à voir avec le sujet (réaction au discours de Ségolène Royal à Dakar, main tendue de François Hollande au Modem, etc). C'est vraiment dommage, c'est gâcher l'exercice démocratique. C'est un des symptômes de la crise de notre démocratie en France. Et je ne pense pas que ce soit ce que veulent les Français.

Alors je prends Thomas Legrand au mot : chiche, faites une pétition pour tous les journalistes, afin de demander des conférences de presse régulières en direct du président de la République, et exhortant les journalistes à revenir sur les sujets de fond !

La Scientologie bénéficie-t-elle de protection en haut lieu ?

Une récente disposition législative, votée en mai parmi une liste de points divers, passée inaperçue non seulement auprès des députés qui n'y ont vu que du feu, mais aussi au parquet de Paris, protège la Scientologie de tout risque de dissolution. Cette loi du 12 mai interdisant de prononcer la dissolution de personnes morales condamnées pour escroquerie. Or, comme le rappelle Le Monde,  le parquet de Paris avait requis le 15 juin la dissolution des principales structures françaises de la Scientologie dans un dossier d'escroquerie. Le tribunal doit se prononcer le 27 octobre. Même si cette disposition ne l'exonère pas de sanction, cette secte puissante peut souffler, justement alors que doit s'ouvrir prochainement son procès, qui devait envisager cette dissolution.

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Comme le dit Corinne Lepage, qui demande l'ouverture d'une commission d'enquête sur les circonstance dans lesquelles cette loi a été votée :

"Je pense qu'un lobbying a été exercé en ce sens, même si je n'en détiens pas la preuve. La coïncidence est trop grosse. Par le passé, l'Église de scientologie a déjà profité de circonstances étonnantes qui lui ont permis d'échapper à ses procès."

Rappelons quelques épisodes passés qui démontrent que cette secte doit bénéficier de protection en haut-lieu :

- En 1998, une partie du dossier d'instruction s'était volatilisée comme par magie du palais de justice de Paris. Une chose qui n'arrive jamais, le rappelle Corinne Lepage, avocate de profession.

- Un policier chargé d'enquêter sur la Scientologie avait été mis à l'écart lorsque Sarkozy était ministre de l'intérieur. Voir article de Libe : http://www.liberation.fr/politiques/010128786-sarkozy-et-... . Comme le dit cet article de Betapolitique : "2002, Arnaud Palisson, en charge des sectes aux RG, publie sa thèse d’Etat à la Sorbonne et obtient la plus haute mention et les félicitations du jury malgré la saisine du Tribunal administratif par l’Eglise de scientologie. Favre, l’éditeur universitaire suisse le contacte et décide de publier cette thèse… et de la diffuser en ligne sur Internet. A partir de ce moment (Nicolas Sarkozy est ministre de l’intérieur), les pressions hiérarchiques sur M. Palisson commencent, et ce dernier est finalement « déchargé » du dossier des sectes, et remplacé par un inspecteur ne connaissant rien à la scientologie…"

- Le 30 aôut 2004, Nicolas Sarkozy est en poste à Bercy. Ce jour là, il reçoit en grande pompe Tom Cruise, membre actif de l'Eglise de scientologie depuis plus de vingt ans.


- Emmanuelle Mignon, alors directeur de cabinet chargée de la communication à l'Elysée, déclarait le 20 février 2008 à VSD que "les sectes sont un non-problème en France". Elle ajoutait qu'"on peut s'interroger" sur la menace représentée par la Scientologie.

 

- Dans son livre sur la République et les religions, Nicolas Sarkozy considère qu'il faut refuser les "amalgames" entre les sectes et les "nouveaux mouvements spirituels". Or, la Scientologie use de tout son pouvoir de lobbying (et elle en a) pour être universellement reconnue comme un "nouveau mouvement spirituel" !

 
Beaucoup d'indices convergent en effet, pour attester d'une certaine complaisance de N.Sarkozy à l'égard de cette secte, qui semble-t-il a les tentacules longues ...

 

02/07/2009

La recomposition politique française devrait s'articuler autour de la confrontation entre deux modèles de société

Quelques réflexions personnelles sur le paysage politique français en vue de proposer une approche pour les prochaines échéances électorales :

 

Il y a les partis, les idéologies et les leaders politiques

 

Certains partis sont des partis initialement fondés sur une idéologie plus que sur un leader (le PS, le PC ou Front de Gauche, Les Verts) et d’autres sont des partis rassemblés autour d’un leader, qui montre le chemin et fédère soit par sa personnalité soit par les valeurs qu’il représente (l’UMP avec Nicolas Sarkozy, le Mouvement Démocrate avec François Bayrou). Le NPA étant une combinaison des deux avec le leadership d’Olivier Besancenot.

Certains partis ont une base idéologique affirmée (NPA, Front de Gauche et PC basés sur la lutte des classes, la lutte sociale), d’autres en avaient une mais qui est dépassée (le PS, basée sur le collectivisme et le rôle central de l’Etat), d’autres encore n’affichent pas franchement leur idéologie même si elle est sous-jacente à leur programme (UMP, avec une politique néocapitaliste, centrée sur l’argent, le profit individuel, les valeurs matérielles et la loi du plus fort, même si elle est mâtinée de protection sociale et d’interventionnisme de l’Etat avec notamment la récente crise).

 

Dans ce paysage, le PS est un parti ancien, ancré, avec de nombreux élus mais souffrant à la fois d’un problème de leadership (trop de prétendants, en lutte dans une guerre de concurrence autodestructrice, se livrant une guerre fratricide) et d’un problème de clarification idéologique. Son contenu programmatique s’est construit autrefois dans un certain contexte puis a dû s’adapter, nécessitant des « synthèses » de plus en plus difficile à élaborer et à exprimer en cohérence notamment avec les anciens fondamentaux idéologiques et même avec son nom « Socialisme » devenu obsolète. Ainsi comment faire la synthèse entre les partisans du oui et du non à l’Europe, entre les tenants de l’économie de marché dont certains, notamment dirigeants du FMI et de l’OMC (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy), s’affichent très libéraux et d’autres au contraire partisans d’une économie régulée par l’Etat.

 

Les Verts sont un parti non fondé sur une véritable idéologie mais basé sur la défense de l’environnement, délivrant un programme centré sur ce thème et donc partiel. En termes de leaders, les élections européennes montrent un décalage entre le contenu programmatique et la représentation de ses leaders, ainsi que l’importance de la communication. Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly ne s’étaient jamais montrés spécialement écologistes avant de venir porter les couleurs des Verts, traduisant un certain opportunisme, de même que Daniel Cohn-Bendit a toujours été très libéral, ayant toujours par ses votes soutenu la concurrence contre les services publics, comme l’atteste le dernier numéro du journal Marianne du 27 juin 2009, alors que dans la perception du public Les Verts sont situés à gauche. Des anciens Verts ont préféré rejoindre le MoDem, à forte composante écologique, notamment des anciens représentants du parti tels que Jean-Luc Bennhamias et Yann Wehrling. Point assez paradoxal et qui démontre le succès de communication de Daniel Cohn-Bendit : la manière dont ce dernier a mené campagne en disant qu’il la faisait sur le fond, sur l’Europe, en ne rappelant pas l’orientation de ses propres votes passés (contre les services publics), en stigmatisant en même temps François Bayrou (pourtant profondément européen) qu’il désignait comme un obsédé de la présidentielle « touché par la Vierge », multipliant les petite phrases assassines et les provocations, retournant en bouquet final contre ce dernier l’accusation de phrase assassine (syndrome de l’arroseur arrosé), qu’il a fini par provoquer lui-même en retour. Trop fort ce Dany ! Son fils a raison de dire qu’il ressemble à Sarkozy, sur la com’ notamment ...

 

Le Mouvement Démocrate, issu à la fois de l’ancien parti UDF centriste démocrate et européen et du parti écologiste CAP21 fondé par Corinne Lepage, a été clairement un rassemblement d’hommes et de femmes autour d’un leader, de François Bayrou, au lendemain des présidentielles où ce dernier avait recueilli 19% des voix. Ce leader incarnant des valeurs et une nouvelle forme d’idéologie : défense des valeurs démocrates, républicaines, sociales et humanistes, priorité à l’égalité des chances et au respect de l’environnement, aux valeurs créatives, qu’elles soient appliquées à la création d’entreprise, à l’innovation et à la recherche ou à la culture. On remarquera d’ailleurs la convergence de valeurs exprimées entre le MoDem et le PS, et pour la partie écologique la grande convergence de priorités et de contenu entre le MoDem et les Verts. Le MoDem cherche à exprimer plus franchement son idéologie humaniste, remettant l’homme en tant que valeur centrale à la place de l’Etat et à la place de l’argent-roi. En termes programmatiques, d’application politique, l’Europe représente pour le MoDem un levier central et incontournable dans la mondialisation pour de nombreux sujets : réchauffement climatique, défense, immigration, spéculation mondiale et lutte contre les paradis fiscaux, crise économique et problème de concurrence non équitable engendrant des délocalisations, gestion des ressources énergétiques, accès à l’eau et aux matières premières, développement de l’Afrique, ...

 

 

Il y a les élections présidentielles et les autres élections 

 

Les élections présidentielles sont différentes des autres car même si un leader est porté par un parti, il doit obtenir une adhésion plus large que celle de son parti et doit pouvoir rassembler et représenter l’ensemble des Français. Il doit aussi être crédible en matière de capacité à former un gouvernement, des ministres qui mèneront une politique cohérente. Ce challenge est d’autant plus fort pour François Bayrou et le MoDem, parti non majoritaire et comptant peu d’élus, donc peu de ministrables.

Les élections législatives découlent des élections présidentielles, le calendrier électoral aidant, alors que les autres élections intermédiaires municipales et cantonales, européennes et régionales, dépendent plus d’enjeux locaux ou programmatiques.

Comme le montrent les résultats en France, un parti peut être majoritaire sur des élections régionales et locales (PS) alors même qu’un autre est majoritaire aux présidentielles et aux législatives (UMP), même à peu de temps d’intervalle. Le score des européennes a aussi montré sur fond de forte abstention un autre équilibre des forces politiques ainsi qu’une très forte volatilité la dernière semaine précédent le scrutin. En effet, en une semaine environ, comparé aux sondages précédents relativement stabilisés, à 27% pour l’UMP, 22% pour le PS,  13 ou14% pour le MoDem, 10% pour Europe Ecologie (Les Verts), le PS perdait finalement plus de 5 points, le MoDem également, le NPA presque 2 points au profit du Front de Gauche tandis que l’UMP gagnait 1 point et que Europe Ecologie (Les Verts) gagnaient 6 points. François Bayrou a été fortement attaqué, rendu coupable de la baisse du score attendu des listes du MoDem suite à l’escalade d’invectives dans laquelle il s’est laissé entraîner lors du débat l’ayant opposé à Daniel Cohn-Bendit, mais on peut se demander si l’effet de la diffusion du film « Home » juste avant le jour du vote, vu par 9 millions de téléspectateurs, déclenchant un réflexe écologique, n’est pas plutôt la cause majeure du renversement. En effet, la baisse constatée sur le PS est de la même ampleur que celle du MoDem, environ 5,5 points chacun (11 points en tout), alors que Europe Ecologie a récupéré 6 points au total.

 

 

Il y a ce que disent les leaders pour leur propagande électorale et il y a ce qu’ils font réellement, appliquant leur politique

 

Nicolas Sarkozy a été élu majoritairement par les Français surtout pour sa personnalité, trépidante et active, jugée dynamisante, quelle que soit l’idéologie qu’il défendait ou plutôt qui était sous-jacente à son programme de réformes, sur base de slogans simples (« travailler plus pour gagner plus », « chercher la croissance avec les dents ») et quelques thèmes phares (le pouvoir d’achat et la croissance), thèmes qui rassemblent les français à la fois de gauche et de droite. Il n’a pas été élu ni pour démanteler le contrat social et précariser encore plus les classes moyennes et pauvres, ni pour piétiner les valeurs républicaines d’égalité des chances, ni pour « monarchiser » le pouvoir du président de la République et supprimer les contrepouvoirs, ni pour mettre la main directe sur l’audiovisuel public, ni faire des cadeaux fiscaux aux riches (bouclier fiscal), ni pour rallier le commandement armé de l’OTAN (de surcroît sans conditions ...) donnant une caution atlantiste  la politique étrangère et de défense et remettant en question tout espoir de mise en place d’une politique de défense européenne indépendante), ...

Et pourtant, il a mis en place de nombreuses réformes non annoncées dans sa campagne.

De même qu’il n’a pas augmenté le pouvoir d’achat ni la croissance, même juste avant  la crise financière, qui au moins peut servir maintenant d’alibi à cet échec.

Il a aussi récemment fait de nouvelles annonces/réflexions qui reprennent des propositions que François Bayrou avait faites lors de sa campagne présidentielle : la taxe carbone, la retraite à points, la distinction entre un bon et un mauvais déficit (déficit dû à des investissements d’avenir et déficit de fonctionnement couvrant des dépenses courantes),...

Malgré toutes ces contradictions, l’UMP (dont le Nouveau Centre, La Gauche Moderne, et autres affidés), ministres et députés, suivent leur leader (aveuglément ?) et votent les réformes décidées par avance par leur charismatique président et encore officiant comme un chef de parti.

 

Concernant François Bayrou, si on compare ses actes à son projet présidentiel, les élus députés qui l’ont lâché au second tour des présidentielles pour soutenir Nicolas Sarkozy ont prétexté qu’il avait dérivé de sa ligne en disant qu’il « ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy », voyant en cela à un virage à gauche, même s’il n’a pas soutenu Ségolène Royal, étant en désaccord avec son programme malgré la convergence des valeurs. Les militants n’ont pas suivi ces élus et ont considéré qu’au contraire, François Bayrou était bien fidèle à la ligne défendue, notamment sur l’incompatibilité des valeurs défendues avec celles de Nicolas Sarkozy. Deux ans après, suite aux élections européennes dont le résultat a déçu fortement les têtes de listes et les militants du MoDem, certains parmi eux ont fait ressortir des défauts de gouvernance du parti, notamment le caractère trop autocratique de François Bayrou, la nécessité d’un management plus collégial. Ils considèrent que François Bayrou se doit d’afficher un comportement exemplaire respectant les valeurs que lui-même a toujours prônées, de représentation démocratique des citoyens comme de la manière de faire de la politique, sur les sujets de fond et non sur des querelles de personnes, une attitude d’opposition systématique (à Nicolas Sarkozy) ou se laissant aller à des invectives personnelles. Bref, ils sont les premiers à le rappeler à l’ordre, comme quoi contrairement à ce que disent de mauvaises langues, le MoDem n’est pas un club de fans et de « béni-oui-oui » ! Simplement, je pense qu’ils n’auraient pas dû le faire en public, sous forme de lettre ouverte sur internet avec en plus une pétition publique, ce qui ajoute de la critique à la critique. Les problèmes internes doivent être réglés en interne, en famille.

 

 

Conclusion

 

Sur le fond, la forte convergence de valeurs entre le MoDem, le PS et Les Verts, pour un modèle de société alternatif humaniste et durable, est favorable aux alliances entre ces partis. Ce modèle à construire est en opposition avec le modèle néocapitaliste libéral dérégulé dans la mondialisation que défendent Nicolas Sarkozy (donc l’UMP dans son sillage) et José Barroso au niveau de l’Europe. Il y a clairement une idéologie convergente à défendre et c’est cela qui est important, au-delà de la concurrence entre personnalités présidentiables. Surtout suite à la grave crise que nous vivons, qui prouve l’échec de la politique précédente. Mais Nicolas Sarkozy, devant l’échec du capitalisme mondialisé, devant la perversion à laquelle a mené la financiarisation de l’économie, commence à adopter un langage plus social, plus régulateur, plus étatiste, pour rassurer, même si les actes ne vont pas vraiment dans le même sens (il ne revient pas sur le bouclier fiscal, il ne fait rien sur les stock-options et les salaires exorbitants des dirigeants, les mesures contre les paradis fiscaux sont purement cosmétiques,...).

Le débat politique devrait se recentrer sur l’affrontement entre deux modèles de société, d’une part le modèle actuel capitaliste centré sur la maximisation des profits individuels, même s’il est soi-disant « refondé » et mieux régulé, d’autre part sur un modèle alternatif qu’on peut qualifier d’humaniste.

Une entente de convergence sur le modèle de société alternatif peut être matérialisée dans des alliances tout d’abord sur le front européen contre la nomination de Barroso, puis aux régionales, dans des positions communes au Parlement en France comme au niveau européen, puis dans une entente de second tour à la présidentielle.

Il s’agira de maximiser les chances au second tour, quel que soit le candidat arrivant au 1er tour, et d’envisager un gouvernement composé de personnes venues à la fois du MoDem, du PS, des Verts.

 
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