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09/05/2010

L’épargne privée au secours de la dette publique ?

 

L’épargne privée au secours de la dette publique ?

 

Plutôt que célébrer la victoire du 8 mai 1945, rendons hommage aujourd’hui à Lavoisier, cet éminent agronome, philosophe, chimiste et économiste aussi, guillotiné le 8 mai 1794 par les révolutionnaires, sous la Terreur.  On lui attribue la maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », qui en fait est la reformulation d'une phrase d'Anaxagore de Clazomènes, philosophe présocratique (premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide comme élèves) : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

 

Si Lavoisier et Anaxagore pouvaient observer la crise financière actuelle, ils pourraient valider leur théorie sur le plan économique, au sujet de la dette, dans la globalisation, avec la séquence suivante :

1-     la dette privée des subprimes aux Etats-Unis s’est transmise aux banques par la titrisation,

2-     la dette privée des banques a été ensuite transmise à des Etats qui, en renflouant ces banques ainsi qu’en finançant des plans de relance à l’économie souffrant des conséquences de la crise, notamment du financement, ont financé ces dépenses par du déficit public, incrémentant la dette publique,

3-     la dette publique d’Etats emprunteurs, comme la Grèce, se transmet ensuite à d’autres Etats qui financent les premiers qui ont du mal à trouver prêteurs ou à un taux prohibitif, en empruntant eux-mêmes, en creusant leur propre déficit.

4-     Et maintenant que tous les Etats pratiquement sont endettés (la dette publique de la zone euro s’élève fin 2009 à 78,7% du PIB comme le montre Eurostat), interrogeons-nous sur les nouveaux créanciers de ces Etats …

 

Je posais déjà le problème il y a plus d’un an dans cet article faisant le bilan financier mondial de la crise et les conséquences, les leçons à en tirer. Je faisais remarquer que « L’émission massive de dette publique va ponctionner des liquidités sur les marchés financiers. Les fonds souverains ne pourront pas l’absorber, ayant eux-mêmes subi des pertes. » et aussi que « Les bons du Trésor et obligations d’Etat vont donc être achetés par des acteurs investisseurs, particuliers et banques (en partie via des fonds) à la recherche d’investissements sûrs, en remplacements d’actifs moins sûrs, d’actions et d’obligations privées… »  

… « Nous assistons dans un premier temps de la crise à une baisse des taux, favorisée par les banques centrales, au risque de provoquer comme l’a connu le Japon dans la décennie 1990 une « trappe à liquidité » (la notion de trappe à liquidité apparaît avec Keynes et désigne une situation où la politique monétaire n’est d’aucun recours pour stimuler l’économie). Puis au fur et à mesure des émissions massives d’emprunts d’Etat (bons du Trésor et obligations d’Etat) et du phénomène de tension sur les taux bancaires et obligataires du fait de la demande des entreprises en financement, ainsi que de la concurrence entre les différents emprunts publics, les Etats vont devoir émettre de nouveaux emprunts à des taux plus élevés, ce qui risque de dégrader sur le marché secondaire la valeur boursière de la dette publique déjà émise à des taux plus faibles, obligeant les banques centrales à soutenir ces dernières en achetant des bons du Trésor et obligations d’Etat (c’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer la Fed). Ce qui revient à de la pure création monétaire, s’ajoutant à celle induite par la hausse des encours de crédits bancaires. On risque alors, après une première période de déflation, d’entrer dans une période d’inflation et même d’hyper-inflation, qui du reste serait une manière de déprécier la dette des Etats, leur permettant de la rembourser plus facilement  plutôt qu’en augmentant les impôts. »

 

Nous y sommes donc. Les taux se tendent sur les dettes souveraines, d’une part par le double effet de la demande conjointe des Etats sur les marchés face à une offre constante de liquidités, d’autre part pour rémunérer le risque croissant pris par l’emprunteur sur des Etats désormais suspectés de pouvoir faire faillite, avec un effet domino.

 

La Grèce accuse un déficit public record de -13,6% et une dette publique de 115,1% en 2009. Son cas est aggravé par la spéculation qui accentue toutes les tendances haussières ou baissières (les marchés jouant un rôle déstabilisateur plutôt que autorégulateur).

 

Fin 2009, la dette publique de la France s’élève à 1457 milliards d’Euro (77,6% se son PIB, 84% étant anticipé en 2010) et son déficit public à -7,5% du PIB. Or la dette publique française est par ailleurs plutôt sous-estimée, comme le rappelait le rapport Pébereau en 2005, car elle ne comprend pas les factures impayées et autres créances diverses qui sont pourtant aussi dans le passif comptable. Elle ne tient pas non plus compte des engagements hors bilan selon la norme comptable adoptée (une autre norme comptable du privé imposerait de les inclure dans le bilan) incluant, entre autres engagements réels de l'État, les retraites des fonctionnaires non financées qui représentent des engagements des administrations publiques, estimés à environ 900 milliards d'euros. Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique, l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette compris entre 790 et 1 000 milliards d'euros[3]. Si l’on intégrait ce montant, la dette publique serait de 2500 milliards d’euros, soit 134% du PIB ! Imaginez que le FMI ou la BCE demande à la France de rectifier ses comptes en provisionnant les retraites des fonctionnaires ! On dirait que comme l’Etat grec, la France a maquillé ses chiffres et la note de la France plongerait soudain … Il serait très intéressant d’ailleurs de savoir si les autres pays européens ont provisionné les retraites de leurs fonctionnaires. Sachant que pour ceux qui fonctionnent en retraite par capitalisation, l’abondement du fonds qui sert à générer le revenu des retraites est compris dans la dette publique, comme aux Etats-Unis (c’est, je crois aussi, le cas du Royaume-Uni).

 

En juin 2009, le rapport annuel de la Cour des comptes[1] sur la situation et les perspectives des finances publiques souligne le risque d'« emballement de la dette » conduisant notamment à une possible « remise en cause de la signature de la France ».

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Cependant, il y a des cas apparemment pires que la Grèce et la France. Au Japon[2], l'endettement public devrait dépasser cette année les 200% du PIB et son déficit public en 2009 est à un niveau de 10%.  Mais l'un des points forts du Japon est que sa dette est détenue à plus de 93% par des investisseurs japonais, notamment la Banque de la Poste du Japon. Autrement dit la majorité de la dette publique est détenue par les japonais eux-mêmes, qui ont un taux d’épargne très important (17% fin 2009). Au Japon[3] la poste est une gigantesque machine à transformer l'épargne privée en dette publique. 80% de l'épargne de ses clients (dépôts postaux) est réinvesti dans la dette publique. Donc le risque de défaut de l’Etat nippon est faible, donc les marchés sont rassurés.

Qui détient la dette publique ? Là semble donc être la clé de la confiance que les marchés ont en cette dette, ainsi que de l’effet transmetteur de la dette, selon le principe de nos amis Anaxagore et Lavoisier.

Pour s’endetter, l’Etat émet sur les marchés financiers des obligations OAT ou des bons du Trésor. Ces titres sont achetés par d’autres agents (assurances, établissements de crédit, organismes communs de placement, non-résidents...).  Sur le site de l’Agence France Trésor (AFT), qui gère les émissions d’obligations OAT et de bons du Trésor de l’Etat français, on voit[4] que deux tiers de notre dette est détenu par des non résidents (25 % pour les Etats-Unis (en 2007), quasiment nulle au Japon. D’ailleurs quand on dit que la Chine finance la dette des Etats-Unis, c’est largement exagéré : les non-résidents représentent un quart des détenteurs, et parmi eux la Chine arrive en tête avec un quart de cette part, soit au total (un quart de un quart) soit un peu plus de 6 %). Le site de l’AFT[5] indique aussi que 34% de la dette publique française est détenu par des assurances et établissements de crédits nationaux et 6% par des OPCVM ou « autres », c'est-à-dire des épargnants français. Comme le remarque Philippe Herlin[6], « jusqu’ici tout va bien et nos émissions obligataires sont largement souscrites. Mais si une défiance envers la signature de la France venait à apparaitre, cela nous mettrait immédiatement en situation de faillite puisque notre économie ne pourrait pas suppléer d’un coup à ces investisseurs étrangers. Il y a donc ici une fragilité très grande qu’il faut prendre en compte, au-delà du montant de la dette. »

Une dégradation de la note de la France peut déclencher la rupture de confiance des investisseurs dans le monde.

Pour sécuriser la dette publique française, on peut donc se demander si, par acte patriotique ou par intérêt, les Français seraient prêts à souscrire ces bons du trésor, à l’instar des citoyens nippons, soit directement, soit via l’épargne collective en OPCVM (SICAV et FCP).

Intéressons-nous donc au taux d’épargne des ménages en France. Il est particulièrement élevé comparé à la zone euro. Ci-dessous comparaison avec quelques pays européens en 2007 (chiffres Eurostat) :

 

Chiffres 2007 UE France Danemark Finlande Suède Norvège
Taux Epargne des ménages 10.75 15.34 5.13 6.38 11.72 4.64

Allemagne Espagne Italie Royaume-Uni
16.69 10.23 14.53 2.46

Il s’est accru semble-t-il avec la crise, passant à 17% fin 2009, un record depuis la fin de l’année 2002[7] (13,3 en UE et 15,1 en zone euro[8]). Malgré la stagnation de leurs revenus, les Français n'ont jamais autant épargné depuis sept ans, une "épargne de précaution" sur laquelle ils préfèrent miser face à la hausse du chômage. Eric Heyer, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), explique à l’AFP que « face à la hausse du chômage et même s'ils ne sont pas directement touchés, les Français ont tendance à faire de "l'épargne de précaution". A l'inverse, entre 2002 et 2008, quand le chômage avait reculé, le taux d'épargne avait baissé ». Les Français ont d'ailleurs plébiscité cette année les placements les plus sûrs, souvent moins rémunérateurs, comme le livret A et l'assurance-vie.

Ce comportement validerait la théorie économique de l’« équivalence ricardienne [9]». Selon ce théorème, « il y aurait, sous certaines conditions, équivalence entre l'augmentation de la dette publique aujourd'hui et l'augmentation des impôts requise demain pour le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. Si les agents économiques  se comportent de manière rationnelle, une politique de relance (distributions de revenus financée par la dette publique) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser (augmentation des taux d'épargne), en prévision de hausse d’impôts future. »

Une étude de la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique (DGTPE) a suggéré que les ménages de la zone euro et en France, pouvaient suivre un comportement ricardien : « une hausse de 1 point de PIB du déficit public structurel serait compensée par une augmentation de 3/4 de point de PIB de l'épargne privée, ce qui serait cohérent avec un comportement largement ricardien des ménages de la zone euro. »

Ainsi, il existe un équilibrage naturel qui consiste à financer la dette publique par l’épargne privée, cette dernière étant encline à le faire en tant de crise qui implique une augmentation de cette dette publique. Ce qui transfère finalement le risque sur les ménages … leur capacité d’épargne, de financement, de renouvellement de l’encours de dette publique. En effet, si avec la crise  leurs revenus stagnent ou baissent, ils n’auront pas une capacité croissante d’épargne. De plus ils vont substituer ce placement à d’autres placements sans doute moins sûrs (actions, obligations privées, immobilier,…) et à la consommation, ce qui accentuera les problèmes de l’économie par ailleurs.

On peut continuer la chaîne à l’infini. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme … »

        



05/05/2010

François Bayrou sort de son silence : Grèce et Europe, dette publique, retraites, burqa ...

Enfin, François Bayrou sort de son silence depuis les Régionales ! Il était l'invité ce mercredi de la matinale de France Inter.  

 

Le Président du Mouvement Démocrate a répondu aux questions relatives à la situation de la Grèce, de l'état des finances en France et des perspectives pour résoudre la crise qui affecte le pays.

Il a également donné son point de vue sur la législation relative au port du voile intégral, mais aussi sur les élections législatives en GrandBretagne et l'émergence d'un "troisième homme" en la personne de Nick Clegg, leader des Lib-Dem.

 

1ère partie :  http://www.dailymotion.com/video/xd6vx1_francois-bayrou-f...

 

François Bayrou s'exprime sur la Grèce et les problèmes du décifit, de la dette publique. Et l'effet domino de la crise en Europe. Comme la Grèce, la France est un des dominos. La Grèce est le premier touché mais la France fait partie de la chaîne, et la France a moins de "réserves" que la Grèce, ayant un taux de prélèvements obligatoires (Taxes et charges sociales) un des plus élevé d'Europe (45%) alors que celui de la Grèce s'élève à 32% et en plus 30% de l'économie de la Grèce est "au black" donc non soumis à taxes ni à charges, donc il y a une marge possible d'augmentation des prélèvements (sans compter une réduction des dépenses d'armement les plus élevées d'Europe du fait du conflit sur Chypre ...). Il est urgent de rééquilibrer les comptes, en diminuant les dépenses, en trouvant de nouvelles ressources auprès de groupes favorisés qui n'ont aucune raison de ne pas participer à l'effort (suppression du bouclier fiscal et d'avantages fiscaux) et surtout aussi en créant plus de richesses, en développant l'emploi, en redéployant des secteurs de l'industrie...

 

2ème partie :  http://www.dailymotion.com/video/xd6w9p_francois-bayrou-f...

 

François Bayrou est convaincu que pour sortir de ses graves problèmes, notre pays doit se rassembler en un point d'équilibre au centre plutôt que continuer le combat droite-gauche stérile, rassembler les "réformistes" de la gauche, du centre et de la droite républicaine, pour travailler sur un "réformisme dans le sens de l'intérêt général" plutôt que "au service de groupes particuliers". Oui la réforme des retraites est indispensable, à la fois en trouvant de nouvelles ressources, en élargissant des bases de cotisation, ce qu'il a discuté récemment avec les syndicats, et aussi en tenant compte de l'allongement de la durée de vie (1 trimestre par an !), donc de la durée des cotisations et de l'âge de la retraite tout en tenant compte des spécificités des carrières longues.

Concernant l'Europe et l'aide à la Grèce, nous aurions dû avoir un Fonds Monétaire Européen plutôt que faire appel au FMI et nous n'aurions pas dû faire de l'argent en sauvegardant un membre de la famille (en prêtant à 5% et en se refinançant à 3,28%, alors que le FMI prête à 3,75%)...

 

Quant à la Burqa, c'est une erreur de faire passer ce texte en urgence, alors qu'il aurait dû suivre la procédure parlementaire normal, avec un débat, normal sur un sujet de société. Il y aurait eu consensus sur un texte qui est raisonnable (principe de montrer son visage dans un espace public).

 

01/05/2010

Zahia Dehar, un joli symptôme de notre laid modèle de société

Zahia dehar une de Match.JPG« Zahia la scandaleuse », « Zahia qui a fait tomber les bleus », « le cadeau d’anniversaire de Ribery » … fait la une des magazines people cette semaine. La brigade cherche les coupables : clients abusant d’une mineure, proxénète en profitant, les médias faisant la une sur un scandale, l’équipe des bleus est déstabilisée, … Mais le vrai coupable n’est-il pas ce modèle de société, qui valorise quotidiennement à la télévision comme dans les magazines, les valeurs du sexe et des paillettes, le star system, le fric et le toc ?

 

Prostituée ? Non, « escort-girl » dit-elle. Mineure ? Non, j’avais 16 ans, je pensais que je n’étais plus Zahia-Dehar-VSD-1705-01-400x499.jpgmineure, dit-elle aussi … Quel délit ? Pour Ribery et Benzema, « Sollicitation de prostituée mineure », passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende (si les joueurs connaissaient son âge … ce qui ne paraît pas être le cas). Quant à Abou Sofiane, interpellé pour proxénétisme aggravé, est-il vraiment proxénète ou « intermédiaire rémunéré pour service, mise en contact » ? Telles sont les questions qui font la une des journaux et aucun, je dis bien aucun, ne pose le problème sur le fond : comment cette jeune fille, libre, consentante et décomplexée, en est arrivée là ?

 

Zahia hehar.jpgMontrée par les médias comme provocante et vénale, Zahia est en fait une ravissante jeune fille timide et plutôt innocente, adorable, de surcroît gracieuse et charmeuse, qui a découvert assez tôt les plaisirs du sexe et surtout la fascination qu’il exerce sur les hommes, le pouvoir qu’il confère aux femmes sur les hommes, puis l’argent facile, en tout cas quand on est bien dotée par la nature …

 

 

 

Zahia était dans la classe de mon fils en 5ème et sa famille réside dans mon quartier. Très jolie, elle faisait déjà des photos de mannequinât. Dès l’année suivante, elle ne cachait pas non plus à ses camarades qu’elle avait des activités sexuelles et qu’elle y prenait goût. Son rêve ? Côtoyer des stars, l’argent facile, c’est tout simplement ce que véhiculent en permanence nos médias et en particulier la télévision. La reconnaissance sociale passe par l’argent et le star system (émissions comme  « La nouvelle Star »), la beauté des femmes est stéréotypée et appelle les jeunes filles à s’y conformer (cheveux décolorés, poitrine siliconée, maigreur anorexique,…), le culte du sexe et du plaisir sexuel sans complexe est montré comme une valeur de nos temps post-modernes.

 

Zahia est en fait un pur produit de cette société. Elle n’a fait que répondre aux appels et aux sollicitations permanentes, aux nouvelles valeurs de notre temps. En toute innocence et franche naïveté, à tel point qu’elle n’a pas l’impression d’être une prostituée (préférant le terme « d’escort-girl ») même en tarifant ses faveurs, puisque c’est de son propre gré et que les clients viennent à elle sans qu’elle ait besoin de les solliciter. Elle n’avait pas non plus la conscience d’être mineure et donc dans l’infraction, croyant que la majorité était à 16 ans !

Certes, on peut aussi se questionner sur les parents, qui laissent une enfant mineure vivre cette vie, dormir on ne sait où, prendre l’avion pour Munich ou Dubaï, se faire refaire la poitrine …

 

Mais surtout, interrogeons-nous sur la raison pour laquelle cette société véhicule ces valeurs ? Est-ce que la résurgence de la burka ou du niqab, du voile intégral, n’est pas simplement une contre-réaction à cette démesure sexuelle ? Pourquoi la télévision est-elle de plus en plus crasse, une telle daube ? Parce qu’elle est plus motivée par l’audience, qui permet les recettes publicitaires notamment. Parce que c’est ce que demande le grand public … Mais est-ce ce qu'il veut pour ses enfants ?

Ceci doit nous faire réfléchir.

19/04/2010

Faut-il taxer les banques ?

 L’idée d’une taxe bancaire, visant à prévenir du risque systémique, fait son chemin et divise l’Union européenne. Les ministres de Finances réunis lors de l’Ecofin à Madrid n’ont pu trouver un accord et le débat va rebondir cette semaine au FMI. Ces réflexions et discussions sont souvent difficiles à comprendre pour le grand public, qui ne maîtrise pas ce qu’est le « risque systémique » mais qui pressent que, les banques ayant été à l’origine de la crise financière, muée en crise économique, il est logique qu’elles paient leur tribut à cette crise.

De quoi s’agit-il ? A quoi servirait une telle taxe et combien rapporterait-elle ? Y-a-t-il un rapport avec la taxe « Tobin » sur les transactions financières ? Ne faut-il pas prendre le problème autrement et plus en profondeur ?

 

 

Qu’est-ce que le risque systémique ?

Le rapport Lepetit commandé par Bercy définit le risque systémique comme « le résultat d’un accumulation de risques qui ne sont pas correctement appréhendés par les dispositifs existants de gestion des risques, de régulation et de contrôle du secteur financier ».

 

Cette taxe ne serait-elle pas plutôt une assurance contre le risque ?

L’Allemagne a déjà décidé un prélèvement censé atteindre 1 à 1,2 milliards d’euros par an afin d’alimenter l’Office de Stabilisation des Marchés Financiers (OMSA), l’organe de tutelle du fonds de soutien des banques. Ce prélèvement s’apparente donc plutôt à une forme d’assurance, de mutualisation du risque afin que l’ensemble de la profession cotise pour venir en aide à un acteur qui risquerait par sa faillite, d’entraîner les autres dans sa chute.

Le rapport Lepetit recommande d’affecter la taxe aux budgets des Etats et non à un fonds de garantie (pourquoi ?). Elle viserait les activités de marché ou de gestion concernant les actifs valorisés au moyen de modèles et peu liquides (aucunement les activités de crédits aux entreprises ou aux ménages, ni les activités d’assurances, correctement régulées). Ceci signifie que cette taxe équivaut à un prélèvement valant assurance d’un risque sur activités spéculatives, ce qui est assez choquant : les banques qui ne spéculent pas devraient-elle mettre au pot pour mutualiser les risques pris par des banques qui spéculent, évaluent mal leur risques et risquent de mettre en défaut tout le reste de la profession ? Dans ce cas ce serait même carrément immoral. Comme si nos primes d’assurance devaient couvrir les risques de faillite des personnes jouant au casino et perdant aux jeux d’argent ...

 

Autre utilité d’une telle taxe ?

Cette solution permettrait, selon Christine Lagarde, de dissuader avec plus d'efficacité les banques de prendre des risques inconsidérés. Ceci à condition que la taxe soit assise sur les risques pris par les banques, mais comme cette base n’est pas encore définie et que justement il s’agit de faire face à des risques qui ne sont pas évaluables, difficiles à anticiper, à mesurer, ceci risque d’être très difficile ... A mon avis, c’est le contraire qui risque de se passer : si les banques doivent de toute façon payer leur tribut et qu’elle ont par avance l’assurance que l’Etat ou un fonds de solidarité viendra à leur secours en cas de risque de faillite, elles sont moins incitées à la prudence ...

 

Modalités d’application  ?

L’objectif, le champ, l’assiette et le taux de la taxe devraient être définis et approuvés au niveau international. En effet, si un pays l’applique sans que d’autres pays n’y soient soumis, cela introduirait une distorsion de concurrence entre les banques taxées et non taxées, incitant les investisseurs, les actionnaires des banques, à préférer mettre leurs capitaux dans les banques non taxées.

 

Taxe en remplacement de la « taxe Tobin » ?

Selon Christine Lagarde, la création d'une telle taxe ne met pas fin aux réflexions sur une taxe sur les transactions financières, souvent comparée au projet de "taxe Tobin".

"Je ne crois pas qu'ils soient mutuellement exclusifs", a-t-elle déclaré.

"Les besoins de financement dans le domaine du changement climatique, de l'aide au développement, nécessitent des financements probablement innovants, au rang desquels on doit inclure, pour y réfléchir, une taxation sur les transactions financières", a-t-elle ajouté.

 

Enjeux financiers ?

On parle d’un enjeu de l’ordre de 50 milliards par an pour les banques au niveau européen, de un peu plus de 1 milliard pour l’Allemagne, du même ordre 1 milliard pour la France. Or il faut relativiser cet enjeu. Rappelons-nous qu’en 2008 l’Etat a dû renflouer Dexia en capital pour lui éviter la faillite, en injectant 6,4 milliards d’euros. L’Etat a aussi accordé 7 milliards d’euros à la BPCE (maison mère de Natixis) au plus fort de la crise, sous forme de titre super-subordonnée (dette équivalent à du capital), que BPCE envisage de rembourser d’ici 2013. L’Etat avait aussi renforcé les fonds propres d’autres banques, au travers de la SPPE, sous forme de prêts subordonnés (pour un montant total de 23,5 Milliards à un taux de 8,2%) et avait aussi garanti les banques pour relancer  les prêts interbancaires au travers de la SFEF, en facturant cette garantie aux établissements de crédits, son coût variant selon la prime de risque caractérisant chaque banque. En 2009, l’Etat a gagné 2 milliards sur ces deux dispositifs  dont environ la moitié de commissions de garanties pour les banques se finançant auprès de la SFEF et l'autre moitié en intérêt touché sur les TSS (Titres Super Subordonnés).

On peut donc légitimement se poser la question : est-ce que 1 milliard par an provisionné pour risque systémique est suffisant pour prévenir de la prochaine bulle ?

 

Taxer les banques pour redistribuer à l’économie ?

Outre l’intérêt de provisionner et de mutualiser un risque systémique au travers d’une taxe pour faire face à une prochaine bulle, on peut aussi se demander s’il n’est pas légitime de taxer les bénéfices des banques plus que ceux des entreprises, dans la mesure où elles captent une part importante de la valeur ajoutée. Aux Etats-Unis par exemple, la part de la valeur ajoutée totale captée par les banques et institutions financières est passée de moins de 10% à 40% entre 1980 et aujourd’hui, comme le rappelle Joseph Stiglitz. Il serait intéressant de regarder les chiffres sur la France et sur l’Europe ... Une telle taxe est proposée par les tenants d’une politique de gauche. Cependant, il faut faire attention : les bénéfices des banques servent à couvrir leurs risques et il est normal que plus elles en prennent, que ce soit de marché ou de contrepartie (sur les clients et sur les autres banques), plus elles ont intégré ce risque dans leurs tarifs et font des marges importantes, mais qu’il faut alors investir ce bénéfice en capital et non le distribuer (ce qu’imposent les règles de Bâle). Il serait alors plus logique de pouvoir provisionner tous ces risques, sur base statistique comme le font les compagnies d’assurance (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans les normes de comptabilité bancaire qui ne permettent que de provisionner les risques des défaillances avérées dans l’année suivante), mais ce qui aurait aussi pour effet, en diminuant le profit, ... de diminuer les impôts ! Il serait aussi plus logique d’assoir les bonus des traders et des dirigeants sur une base de profit après coût du risque, incitant moins les bénéficiaires à faire prendre des risques à la banque sans en prendre eux-mêmes. Ce qui réduirait les montants versés. Ces dispositions devraient être prises au niveau international pour éviter les distorsions de concurrence. Elles contribueraient à lisser les effets de cycle, alors que les règles actuelles ont accentué la procyclité (accélération et accentuation  des effets de crise et à l’inverse accentuation des périodes fastes donnant une illusion de moindre risque et de valorisation).

 

Prendre le problème autrement ? Séparer les banques d’affaires des banques commerciales et même supprimer la spéculation financière des banques ...

 

Les dérives et perversions du système actuel ont été diagnostiquées : les pertes non anticipées, mal maîtrisées, sont venues des activités de marchés spéculatives et ces dernières ont mis en péril les activités de banques commerciales classiques ainsi que les banques qui détenaient des créances ou avaient pris des risques sur les établissements en faillite, déclenchant le fameux risque systémique par l’effet domino. Si les activités de marchés, de banque d’affaires, étaient séparées capitalistique ment des autres activités de la banques, elles ne mettraient pas en péril ces dernières. Les actionnaires des activités risquées de banque d’affaire ne s’en prendraient qu’à eux-mêmes, subissant leur risque. C’était la logique du Glass Steagle Act, mis en place aux Etats-Unis en 1933 suite à la grande crise de 1929, et abrogé en 1999 lors de généralisation de la dérégulation financière, et que Barack Obama envisage éventuellement de réactiver. Cependant, on peut critiquer deux faiblesses à cette proposition : elle atténue mais ne supprime pas le risque systémique, si des banques d’affaires et banques commerciales ont des engagements (crédits) entre elles. De plus, les activités de crédits et les opérations de marchés en support et en couverture des crédits, réalisées par des entreprises, sont souvent liées, sans qu’elles soient pour autant sujettes à spéculation. Il est plus pratique pour un client de s’adresser à une même banque, qui connaît bien son risque, à la fois pour un crédit et des couvertures associées, des opérations de change et de dérivés de taux. C’est pourquoi je suggère plutôt de toujours permettre à une banque commerciale de faire des opérations de marchés pour ses clients mais de lui interdire de faire de la spéculation, du trading. Il faudrait obliger les banques commerciales à couvrir toutes leurs positions clientèle autant que possible auprès de marchés organisés (futures, options), qui sont régulés, offrent une transparence des positions prises par les acteurs, et dont le risque de marché est couvert grâce à des dépôts de garantie et des appels de marge. Pour les cas où il n’existe pas de marchés organisés, on pourrait envisager quelques établissements « teneurs de marché » auprès desquels les banques se couvriraient. Ces derniers seraient encadrés, leurs prises de risque limitées, leur capital pourrait être soit public soit comme pour une coopérative partagé entre les banques commerciales utilisatrices du service.

 

... ce qui limiterait les bonus des traders, puisqu’il n’y aurait plus de traders (en dehors des quelques opérateurs teneurs de marchés) !

 

Le rôle des banques est à repenser. La financiarisation de l’économie a montré ses dérives. Il faut revenir à des services financiers au service de l’économie et limiter la spéculation tout en prévenant des risques. Pour cela il faut se garder des attitudes populistes et manichéennes, de la tendance à chercher en temps de crise le bouc émissaire en dénonçant les banques en un bloc comme les « méchants » responsables de la crise, ne pensant qu’à les taxer sans réfléchir à la formation de leur profit et de leur risque. Il faut agir en profondeur en en prévention, selon une « régulation préventive » plutôt que simplement selon une « régulation corrective » par l’impôt. Appliqué à d’autres domaines, c’est dans la même logique de « régulation préventive » qu’il vaut mieux garantir une vraie égalité des chances scolaires plutôt que garantir des quotas d’entrée aux concours aux classes défavorisées. C’est dans cet esprit qu’il faut repenser le modèle de société.

 

http://www.agefi.fr/articles/Lidee-dune-taxe-bancaire-divise-lUnion-europeenne-1133574.html

http://www.e24.fr/finance/banque/article195095.ece/Les-banques-francaises-ne-veulent-pas-se-faire-taxer.html

http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20100415trib000499158/le-rapport-lepetit-pour-une-taxe-bancaire.html?print

http://www.lexpress.fr/actualites/2/paris-et-berlin-veulent-une-taxe-bancaire-internationale_859520.html?actu%20=%201

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2008-10-01/6-4-milliards-d-euros-injectes-dans-dexia/916/0/278203

http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/bpce-remboursera-l-etat-d-ici-2013-natixis-se-redresse-224641.php

 

11/04/2010

Réchauffement+Pollution+Dette+retraites+chômage : un cocktail explosif

 

 

Nous sommes conscients des épées de Damoclès pointées aux dessus de nos têtes, mais c'est la concomitance de l'imminente menace de ces épées qui risque de déclencher une bombe :

 

 

 

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-         Celle du réchauffement climatique qui oblige préventivement à investir dans de nouvelles énergies durables, non émettrice de CO2, en économie d’énergie,

-         Celle de l’atteinte à l’environnement et à la biodiversité, qui oblige à investir aussi dans la protection de l’environnement, dans une agriculture durable et non agressive pour l’environnement, plus biologique et faisant moins l’usage d’engrais chimiques et de pesticides, dans une gestion durable des ressources de la planète et de l’accès à l’eau.
Ces deux risques, de plus en plus conscientisés par la population mais jugés lointains, sont maintenant considérés de plus en plus rapprochés, toucheront nos propres enfants et petits enfants et commencent déjà à se concrétiser aujourd’hui par des perturbations, cyclones, inondations.

-         Celle de la dette publique, qui avait déjà atteint un niveau considérable en France, avec un coût de charge d’intérêt qui s’élevait déjà à 3% du PIB avant la crise (environ 50 milliards d’euros, équivalent à tout l’impôt sur le revenu), sans compter le nécessaire remboursement du capital (ce qui équivaut à obérer 3% de croissance, car cet argent aurait pu être utilisé à autre chose ou à une réduction d’impôt). Le déficit public, qui atteignait 3%, limite maximale autorisée par le traité de Maastricht, a atteint 7,5% en 2009 et va atteindre 8% en 2010, pour descendre à 6% en 2011, 4,6 en 2012 et 3% en 2013. Or la dette publique, qui était de 1250 milliards avant la crise fin 2007, à atteint 77,6% du PIB en 2009, est estimée à 1500 milliards fin 2010, du fait de l’accroissement du déficit dû en partie à la crise du fait du plan de relance et de la baisse des recettes en impôt, suite à la dégradation de la situation des entreprises et des ménages, et en partie au creusement devenu endémique du déficit de fonctionnement, de la dette sociale (et encore, le déficit public devrait être de 20 milliards de plus et la dette de la Sécurité Sociale très diminuée si l’Etat daignait rembourser ce qu’il doit à la Sécurité Sociale …). Il faut donc logiquement s’attendre à une hausse notable de la charge financière des intérêts sur cette dette de 20% à niveau égal de taux, soit une charge financière de 3,6% (en fait ce calcul est simplifié car la dette a été contractée par des emprunts publics sous forme d’OAT et de bons du Trésor de différentes durées à différents taux et leur renouvellement dépend de l’échéancier des tombées d’emprunt, ce qu’on peut calculer précisément en ayant toutes les information sur le site de l’AFT (Agence France Trésor). Cependant, les taux ayant été relativement bas les dix dernières années, en ce moment à 3,40% pour les OAT 10 ans, cette hypothèse est optimiste. Les taux peuvent à tout moment remonter, comme on le voit pour la Grèce, si le risque souverain augmente, renchérissant le coût de la nouvelle dette, tout en dépréciant la valeur de l’ancienne dette à taux plus faible … Pour que cette dépréciation se concrétise en baisse de la dette, il faut rembourser cette dernière par anticipation. Mais s’il est nécessaire de réemprunter, même moins grâce à la plus value, à un taux plus élevé, la charge financière annuelle à court terme augmente …

-         Celle des retraites, gros dossier à venir du gouvernement, qui fera l’objet en 2010 d’une réforme importante. En 1970, on comptait 3 cotisants pour un retraité. Ce ratio est tombé à 1,9 cette année et continue sa chute. En 2040, il devrait être compris entre 1,3 et 1,7. Le montant moyen de la retraite était de 1288 euros par mois fin 2004 (1617 euros pour les hommes et 782 euros pour les femmes). En l’absence de réforme, les taux de remplacements nets des prélèvements sociaux (retraites en % du dernier salaire) vont se dégrader. Dans l’hypothèse d’un retraite à 65 ans pour une carrière continue de 40 ans, ce taux passerait, entre 2003 et 2050, de 83,6% à 73,5% pour un non-cadre du privé, de 64,1% à 53,2% pour un cadre du privé, mais de 68,7% à 69,2% pour un fonctionnaire territorial. Pour sauver le régime par répartition actuel financé par les cotisations, sur la base de l’évolution démographique subie (nombre d’actifs/nombre de retraités), nous savons qu’il faut jouer sur trois paramètres : le niveau des cotisations, le niveau des reversions de retraites et la durée des cotisations (donc l’âge de départ à la retraite compte tenu du vieillissement de la population). Sachant qu’on peut envisager de nouveaux paramètres : de nouvelles sources de financement (TVA sociale, taxe sur le capital), une politique d’immigration ou d’incitation forte à la natalité pour augmenter le nombre d’actifs (à condition qu’ils aient du travail !). L’équation est imparable, implacable. Les solutions préconisées de retraites par point, engendrent de la souplesse au dispositif, permettant à chacun de choisir ses propres paramètres, mais en subissant de toute manière l’équation. Quant au système de retraite par capitalisation, système anglo-saxon qui suppose un fonctionnement assis sur des capitaux considérables gérés par les fonds de pension investis en bourse, en actions et en obligations, il n’assure par une solidarité intergénérationnelle, étant plus dans une logique du chacun-pour-soi. Il comporte aussi des risques de dégradation des pensions suite à la chute des bourses (les retraités américains ont vu leurs pensions se dégrader de 20 à 40% suite à la crise financière), subit de la même manière un risque démographique comme l’on démontré des économistes (le rachat des parts aux retraités liquidant leur pension par moins d’actifs faisant baisser les prix d’achat) et nous interroge sur le modèle de société qu’il implique. En effet, l’exigence de forte rentabilité des fonds propres, dit ROE (Return On Equity), la forte pression des actionnaires sur les grandes entreprises et sur les banques pour atteindre des taux de rentabilité irréalistes (de l’ordre de 15% alors que la croissance de l’économie n’était que de 5% pendant les 10 et même 20 dernières années, surtout dans cet environnement concurrentiel des marchés financiers) proviennent surtout des fonds de pension qui gèrent l’épargne des assurés, des retraités et des futurs retraités, plus encore en termes d’enjeux que les actionnaires fortunés des entreprises. Les fonds de pension détiennent 15% de la richesse mondiale en 2006, les investisseurs étrangers, majoritairement des fonds de pension, détiennent 50% des actions du CAC40 (voir cet article) ainsi que 42% du patrimoine immobilier d’entreprise en France (voir cet article) et 40% du patrimoine immobilier parisien !

-         Et enfin celle du chômage et de la récession, qui s’aggravent fortement avec la crise, le taux de chômage atteignant un niveau de 10% en Europe et en France. Comme je l’avais estimé dans un article l’an dernier sur le bilan financier mondial de la crise, qui pointait sur les conséquences de la crise, extrapolait des chiffrages, une baisse de 1 point de croissance se traduit en une perte de recettes publique d’environ 0,5 points, aggravant le déficit public d’autant. Comme le décrivent une étude de Natixis et une étude récente du Pôle emploi reprenant les chiffres de l’Insee, après une croissance de 2,4% en 2006 et de 2,3% en 2007 (avant la crise financière), devenue quasi-nulle en 2008 (+0,3%), l’année 2009 restera dans les mémoires comme une année noire en terme d’activité.  le PIB s’est en effet contracté de 2,2%, soit la plus forte récession enregistrée depuis l’après-guerre. Les destructions d’emplois devraient se poursuivre tout au long de 2010, permettant d’estimer une croissance de 1,6% en 2010 et de 1,4% en 2011.

-         il y a même une 6ème épée de Damoclès : celle du vieillissement de la population, pesant gravement non seulement sur les retraites mais aussi sur l'assurance maladie. Les progrès considérables de la médecine ont permis d'allonger la vie mais pas forcément de rester en bonne santé dans la dernière étape du 4ème âge : Alzheimer, diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires ... Comme le montre une étude sur l'impact du vieillissement sur les dépenses de santé, la consommation de soins est maximale dans les deux années qui précèdent la mort quel que soit l’âge du malade et dépasse souvent le coût de santé de la personne sur la totalité de sa vie précédent ces deux années ! les sujets âgés de 78 ans ou 79 ans en 2000 dépensaient deux fois plus qu’un patient du même âge en 1992.  La logique malthusienne voyait une régulation naturelle d'une surpopulation face aux ressources alimentaires, par les guerres et les épidémies. Est-ce que de nouvelles pandémies (grippe, ...) ou une généralisation de l'eutanasie volontaire (on se rappelle du roman de science fiction "Soleil Vert" ...) donneront raison à Malthus ?

 

Ce dont nous devons maintenant prendre conscience, c’est de la concomitance imminente de ces risques, qui non seulement convergent au même moment dans les prochaines années, mais aussi de la réaction en chaîne, tel dans un réacteur nucléaire, entre ces risques, du fait de leur interdépendance :

 

-         plus de chômage et récession, allant aussi avec stagnation des salaires, c’est moins de recettes fiscales, donc plus de déficit et plus de dette, et moins de cotisations pour les retraites. Le chômage des seniors est aussi incompatible avec la prétendue solution de prolongation de l'âge de la retraite ou des durées de cotisation, qui se traduira au mieux en transfert de déficit entre la caisse des retraites et la caisse du Pôle Emploi ...

-         plus de déficit public, c’est plus d’impôts sur les générations futures actives si la croissance n’est pas au rendez-vous,

-         une augmentation des cotisations retraites sur les générations futures sera-t-elle soutenable en même temps qu’une augmentation des impôts, de surcroît dus aux générations précédentes qui ont vécu à crédit, finançant des dépenses de fonctionnement, leurs déficits sociaux, par de la dette ? La révolte des jeunes risque de se retourner contre leurs parents, contre les retraités, dégénérant en conflit entre générations …

-         l’augmentation du déficit entretient l’augmentation de la dette et donc de la charge financière de la dette et donc, du déficit,… Le piège infernal se referme sur nous. L’Etat emprunte déjà pour rembourser les intérêts de sa dette. Effet boule de neige, comme celui de la pyramide de Ponzi pratiqué par Bernard Madoff .

-         plus d’investissements dans le développement durable et la protection de l’environnement permettrait de générer des emplois et de contribuer à la croissance, mais au prix d’un accroissement de la dette pour financer cet investissement, donc de la charge financière de la dette et des impôts futurs. Ce coût additionnel sera-t-il compensé par la croissance générée par ces nouveaux emplois ? Il faut absolument en faire d’avance le calcul et en connaître la rentabilité escomptée à la fois dans le court terme et à long terme.

 

Si nous sommes entrés dans la crise économique qui a suivi la crise financière, ce n’est rien à côté de ce que nous allons vivre dans les prochaines années. Nous allons probablement entrer dans une très grave crise sociale. L’étincelle qui peut déclencher l’explosion pourrait être une brutale remontée des taux d’intérêt, notamment dans la continuité de la crise de la dette publique grecque qui risque de contaminer d’autres pays européens comme le Portugal, l’Espagne, la France, sans oublier la Grande Bretagne. Le déficit public s’aggravant brutalement et les marchés financiers exigeant des garanties au risque d’augmenter encore les taux d’intérêt exigés sur la dette souveraine, il faudra payer. Arrivera-t-on à faire payer les riches et dans quelle proportion ? Les classes moyennes et plus défavorisées vont forcément souffrir et se rebeller fortement contre les riches, contre les injustices sociales, de même que les jeunes contre les vieux.

 

Les hommes politiques en responsabilité et les partis politiques vont-il oser dire la vérité aux Français et proposer des plans d’actions concrets ? Pour le moment cette vérité, qui n’est pas bonne à dire sous peine de démoraliser les Français, sourd insidieusement mais n’est pas encore franchement avouée et ceux qui l’annoncent, comme François Bayrou ou Jacques Attali, sont montrés comme les Cassandre, voir des populistes attisant les peurs.

 

Les discours politiques sont actuellement dérisoires, axés sur les luttes de clans, sur les questions d’alliances, de droitisation de la droite, de gauchisation de la gauche, d’explosion du ou des centres … François Bayrou, depuis les élections présidentielles, est sans doute l’homme politique qui avait eu la meilleure vision prospective de cette concomitance des dérives de la financiarisation de l’économie, de la dette et du déficit public, de la menace sur les retraites, du report insoutenable de ces problèmes sur les générations futures, du devoir de dire la vérité aux Français, de la nécessité d’une prochaine unité nationale de toutes les forces politiques afin de résoudre ces questions non clan contre clan mais tous ensemble. Sa mise au ban actuelle du terrain de jeu politique par ses concurrents et par la sphère médiatique est-elle raisonnable et responsable ? Quand sera-t-il enfin écouté ? En tout cas, il va falloir du cran et du courage au futur président de la république, car ça ne va pas être de la tarte ! Qui aura encore envie d’être candidat en 2012 ?

 

 

La Rumeur : l'enquête avance !

Elle a fait le tour du monde, la fameuse Rumeur sur Nicolas et Carla ... Les services secrets, la Direction Centrale du Renseignement intérieur (DCRI) ont mené une enquête non pour confirmer la véracité de la rumeur, mais pour en déterminer l'origine avant sa propagation sur Internet, soupçonnant un complot international^.

En remontant les pistes sur Internet, on découvre que c'est en fait Jacques Chirac qui a commencé à lancé la rumeur. En 2008, lors d'un entretien avec le journaliste Michel Denisot, il déclarait : "Carla Bruni ? Je ne connais pas personnellement cette dame. Mais on dit qu'elle a des frelons dans la culotte ..."

 

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L'avocat de Nicolas, Thierry Herzog, et je le juge chef du parquet de Paris, Jean-Claude Marin, après avoir officé dans l'affaire Clearstream sur le cas Dominique de Villepin, vont-ils recommencer pour Jacques Chirac ? Le croc de boucher est encore disponible ...

Il se trouve que Jacques pourra plaider la surdité, grâce au témoignage de Roselyne Bachelot. En effet, il avait mal compris une personne qui lui disait que "Carla ronflait comme une hulotte !"

 

Mais ce n'est pas tout ! Rachida dati, ex chouchoute du président Nicolas, est présentée comme rivale de Carla, comme le relate une autre rumeur issue de «Carla et Nicolas, La véritable histoire» (Ed. du Moment), un livre d’Yves Azéroual et Valérie Benaïm, évoquant des confidences le 31 décembre 2008 autour du lit conjugal de l'Elysée. Elle est soupçonnée d'avoir lancé la fameuse rumeur. En enquêtant bien, les services secrets devraient découvrir que les deux femmes se sont échangé des secrets de beauté pour garder leur jouvence : comme Diane de Poitier, les bains de lait. Mais surtout, conseille Rachida à Carla, "ne prends que du lait bio !" Et voilà, le lait, ça fermente, et on en fait tout un fromage !

10/04/2010

Hervé Morin, le "Besson" de l'ex-UDF

Morin 31032010.jpgHervé Morin appelle au rassemblement des "centristes" et à une candidature pour les représenter aux prochaines élections présidentielles de 2012 (la sienne étant une éventualité probable). Oui, mais "centriste" pour lui, pour eux, cela veut dire allié à l'UMP, comme le dit cette dépêche AFP, rappelant sur Europe1 que "l'UDF a toujours été l'alliée de la droite", affirmant "Je n'ai pas trahi François Bayrou c'est lui qui est parti" a rappelant que le courant centriste véhiculait des valeurs qui ne "sont pas compatibles avec celles de la gauche".

Or de quelles valeurs parle-t-il ?

Dans cet article des Echos, il définit les « marqueurs » et les formules clefs du centrisme : Europe, libertés publiques, « humanisme refondé ,« une société apaisée, une société de la reconnaissance et une société de la tolérance ».  Il se trouve que justement ce sont des valeurs clamées par la gauche, par le PS, ... ainsi que par François Bayrou !

Cherchez l'erreur ... dans la cohérence avec les actes !

Sous ce langage sirupeux d'« humanisme refondé » et de « société apaisée, société de la reconnaissance et une société de la tolérance », il a voté le budget et sa politique fiscale inégalitaire, cautionné la politique sarkozyste du bouclier fiscal, des inégalités croissantes, de la neutralisation des contre-pouvoir, de l'emprise sur les médias notamment avec la réforme de l'audiovisuel et l'alignement atlantiste avec la réintégration dans le commandement armé de l'OTAN.

Hervé Morin se proclame "centriste" tout en étant soumis à la droite ... C'est en fait tout simplement le "Besson" de l'ex-UDF !

Pense-t-il vraiment avoir l'envergure pour porter l'habit présidentiel ? Probablement pas. Tout au plus aura-t-il l mérite, ainsi que D. de Villepin, de contribuer à la division des voix de droite grâce à laquelle l'UMP n'atteindra peut-être pas le 2ème tour.

J'ai hâte de voir un 2nd tour Bayrou-Aubry (ou DSK) en 2012. L'un ou l'autre sera toujours mieux que ce régime scélérat et ces traitres soumis et baveux avec leurs phrases sirupeuses et les actes qui ne suivent pas leurs beaux discours dégoulinants.

 
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