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19/06/2009

Post-mortem des élections européennes : le vrai débat à lancer

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Alors que la presse et des blogueurs et un récent sondage relaient les messages répétés de « Bayrou est KO debout », « Bayrou a perdu ses chances d’être président de la république », « Bayrou a versé dans l’anti-Sarkozysme primaire au lieu de parler d’Europe », etc., jusqu’à déstabiliser une partie des militants du MoDem, il est temps de reprendre ses esprits pour s’interroger sur le fond, d’une part sur les véritables raisons de l’échec des listes du MoDem (8,45%) aux Européennes et d’envisager la recomposition politique sous un angle autre que purement politicien.

 

Tout d’abord, une semaine avant le scrutin, les sondages donnaient encore le MoDem à 14%, les Verts à 11% et le PS à 20%. Que s’est-il passé entre-temps ?

 

 

 

Deux événements :

-        d’une part le fameux débat télévisé tournant à l’invective entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou, à la suite duquel les hommes politiques comme la presse n’ont relayé que la réplique de François Bayrou et non l’insulte préalable lancé par l’ineffable Dany à la figure de François Bayrou (« Tu n’es qu’un minable, ... ») ; on n’ose pas non plus reparler des écrits libertaires de Dany, auxquels a fait allusion François Bayrou dans sa réplique car bien sûr c’est tabou et le médiatique Dany a fait « amende honorable » en 2001 en se justifiant par un « j’ai écrit cela pour choquer le bourgeois »,

-         d’autre part la diffusion du film « Home », magnifique et très inquiétant sur le sort de la planète, annonçant la disparition prochaine de l’espèce humaine, déclenchant un réflexe écologique qui porta tous les indécis sympathisant du PS et du MoDem à marquer un soutien étiqueté de l’écologie.

 

Alors bien sûr, quand les chroniques font le post-mortem du résultat électoral, on charge la barque, du MoDem comme du PS, et on tire surtout sur Bayrou, occasion rêvée de s’en débarrasser : « Bayrou a fait une campagne présidentielle basée sur l’anti-Sarkozysme primaire au lieu de présenter un projet sur l’Europe », « Bayrou paye pour la personnalisation de son parti, son autocratisme et des problèmes de gouvernance au MoDem », ...

 

C’est un peu facile, et la presse s’en est fait écho, répétant les petites phrases assassines des politiciens trop heureux de taper sur un concurrent, les incrustant dans les oreilles et les yeux du public, sans se poser de question ...

 

Mais si c’était le cas, les sondages une semaine avant auraient dû refléter déjà le résultat du scrutin !

 

En quoi un résultat si volatil préfigure-t-il d’une recomposition structurelle des partis d’opposition ? A moins que le résultat lui-même, au départ conjoncturel déclenché par deux événements finalement mineurs, n’influence lui-même les électeurs pour la suite, les convainquant que le paysage a structurellement changé et fige ou stabilise le vote des ex-indécis ? Ou qu’il ait soudain vraiment éveillé une conscience écologique profonde qui sourdait dans le tréfonds des âmes. Cependant sur le fond, le projet écologique du MoDem avait quasiment le même contenu que celui des verts (tout en étant plus complet sur le reste), mais qui a lu les programmes ?

 

Pendant que l’on débat de la recomposition des forces politiques, que l’on envisage le remaniement ministériel et la poursuite de son ouverture déstabilisant l’opposition et que certains se positionnent pour la prochaine élection présidentielle, je constate que personne (pas la presse en tout cas) ne parle du fond, de la question essentielle qui devrait être débattue aujourd’hui, en pleine crise économique d’un système libéral dans la mondialisation, générateur d’inégalités croissantes et destructeur pour la planète, crise démocratique, crise démographique, celle d’un modèle de société alternatif, esquissé pourtant dans les contenus programmatiques du MoDem, du PS et des Verts, avec leurs points de convergence et de complémentarité, plus juste, plus social, plus équitable et plus durable, que le modèle qui nous a été imposé dans la mondialisation dérégulée et vers lequel nous a entraîné Nicolas Sarkozy avec l’UMP. Ce dernier essaie maintenant de faire bonne figure en prônant une refondation et une moralisation du capitalisme, avec plus de régulation, se met à vanter le modèle français dans les instances internationale, celui-là même qu’il désignait il y a peu comme ringard et attardé, désirant copier le modèle américain ... Mais en soutenant la candidature de José Manuel Barroso. En maintenant le bouclier fiscal dans un contexte de déficit insupportable et d’injustice sociale où les plus faibles vont cruellement souffrir de la crise, en faisant croire qu’on supprime les paradis fiscaux alors qu’on ne fait rien, ...

 

Je continue de penser que sur le fond, c’est François Bayrou qui a raison, qui a bien posé le problème de projet de société, d’une manière globale, et son livre « abus de pouvoir », bien au-delà de l’argumentation d’une opposition au gouvernement actuel, n’est rien d’autre que la proposition d’un autre modèle, que ce soit pour la France comme pour l’Europe et le Monde. C’est ce débat-là qui doit être ouvert, avec les différents partis en présence, plutôt que celui des luttes partisanes et des alliances pour les prochaines élections. 

 

 

 

 
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