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21/09/2011

Bayrou et Peyrelevade, en écho pour une politique de l’offre

François Bayrou et Jean Peyrelevade résonnent et raisonnent de concert. François Bayrou a publié le 18 août son dernier livre intitulé « 2012, état d’urgence ». Jean Peyrelevade vient de publier à son tour un essai dont le titre résonne en écho à celui de François Bayrou : « France, état critique ». Cette résonance ne se limite pas au titre, mais elle est confirmée dans le contenu, sur le volet économique de l’analyse, du diagnostic, ainsi que des propositions.

 

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Tous deux font une analyse en profondeur des causes du mal qui ronge l’économie française depuis une vingtaine d’années. Le creusement des déficits publics et sociaux, incrémentant une dette devenue abyssale, de notre balance commerciale du commerce extérieur, perte des emplois, chômage croissant et tassement du pouvoir d’achat, appauvrissement, tous ces mots sont des symptômes et il faut s’attaquer aux vraies causes plutôt qu’aux symptômes.

On aura beau augmenter les impôts où les répartir autrement, réduire les dépenses publiques, favoriser la consommation avec des primes à la casse pour relancer l’économie, créer des emplois jeunes financés par l’Etat, s’il n’y a pas de création de richesses, de nouvelle production pour créer de vrais emplois non subventionnés, tout cela ne servira à rien et le pays s’enfoncera encore. Même la relance de la consommation profite souvent plus aux importations et peut contribuer à creuser notre déficit extérieur au profit des autres pays, comme on l’a vu avec l’automobile française, dont la production est à présent réalisée à plus de 50% hors de France.

 Nos déficits publics répondent à un autre déficit croissant : celui de la balance commerciale extérieure, l’écart entre nos importations et nos exportations se creuse chaque année depuis 2003, du fait des délocalisations, de la sous-traitance aux pays tiers (dont 60% en Union Européenne). Voir une synthèse des chiffres du commerce extérieur de la France ici.

Mais il faut aussi préciser, comme le montre cette étude publiée par Bercy, que seuls 13% des 2 millions d’emplois industriels perdus depuis 1980 sont dus aux délocalisations (28% depuis 2000), qui se traduisent par ce creusement du déficit extérieur. La majorité des pertes d’emplois industriels sont causées par une croissance de la productivité : 29% dus à des gains de productivité (65% sur la période 2000-2007) et 25% des destructions d’emplois étant dus à des transferts de l’industrie vers les services par externalisation (donc pas une destruction d’emploi au total).

Cela n’affaiblit aucunement la conclusion de nos deux auteurs, qui est exacte : la France produit de moins en moins sur son sol et sa forte productivité (une des plus forte de l’UE, meilleure que celle de l’Allemagne), traduite par des pertes d’emplois, est insuffisamment compensée par la création d’emplois ou par une demande en qualifications non trouvées en France, notamment du fait d’une formation insuffisante ou inadéquate des jeunes et des chômeurs à reconvertir. Ce qui explique aussi que les deux priorités de François Bayrou soient « produire » et « instruire », les deux mamelles de la France, en écho à Sully qui disait à son époque : « Labourage et élevage sont les deux mamelles de la France ».

Il convient également de constater que l’accroissement de notre déficit public a été causé par une baisse de recettes fiscales annuelles de 100 à 120 milliards d'euros depuis l'an 2000 (soit 0,5% du PIB) dont 2/3 en diminution d'impôt comme en attestait  Gilles Carrez l'an dernier ).

Et comme le remarquait Laurent Mauduit dans un article de Mediapart sur ce rapport "Dans ce bilan des baisses d'impôts conduites depuis dix ans, la gauche a aussi sa part de responsabilité. Car si les impôts ont au total baissé de 77,7 milliards d'euros au cours des années 2000-2009, les baisses s'élèvent à presque 26 milliards d'euros pour les seuls trois premiers exercices, ceux des années 2000-2002, comme le relève le rapport de Gilles Carrez. » L’augmentation de la charge financière de la dette publique, du fait de l’augmentation de sa base, la dette publique qui s’incrémente du déficit, ainsi que d’une augmentation potentielle des taux d’intérêt, encore plus menaçant aujourd’hui, contribue aussi à creuser le déficit. Cette charge financière des intérêts est équivalente à l'impôt sur le revenu : 50 milliards d'euros, soit la moitié de notre déficit. Pour rappel notre déficit public s’élève à presque 150 milliards d'euros en 2010 et plus de 100 milliards estimés pour 2011). Nous empruntons pour payer nos intérêts. L’Etat est surendetté. Notre déficit primaire, avant prise en compte de cette charge, est négatif de 50 milliards, ce qui signifie que si les marchés arrêtent de prêter à l’Etat Français, ce dernier se verrait dans l’impossibilité de payer ses dépenses, ses fonctionnaires. Ce qui n’est pas le cas de l’Italie par exemple.

 

Jean Peyrelevade, comme François Bayrou, étayent leur analyse d’une comparaison très intéressante avec l’Allemagne, argumentation répondant à ceux qui dénoncent l’euro et prônent des remèdes protectionnistes. Par contraste comparée à la France, l'Allemagne a un faible taux de chômage (6,1% en juin 2011 contre 9,2% pour la France), une balance extérieure en fort excédent (154,3 milliards d'euro en 2010 et en hausse de 11,2% sur 2009, contre un déficit de commerce extérieur de 68 milliards en 2010 pour la France, qui s'aggravera en 2011 à un niveau de 75 milliards), des exportations en hausse de 18,5% (60% à destination de la zone euro), un déficit public égal à 3,3% du PIB en 2010 (contre 7,7% du PIB en France). Pourtant en 2004, c'était l'inverse. L'Allemagne subissait les coûts de la réunification, était très endettée et a dû faire appel à une aide de l'Europe, comptait 10% de chômeurs. Ce pays a réussi à s'en sortir, certes en faisant des sacrifices (gel des salaires, augmentation de la TVA) consentis par la population grâce à une nouvelle majorité d'union au centre à l'initiative de Gerhard Schroeder et surtout en adoptant une bonne stratégie industrielle.

La France et l'Allemagne sont très comparables en terme de modèle de société et baignent dans le même contexte économique.

Reprenons quelques points de comparaison entre la France et l'Allemagne :

-         L’Allemagne et la France partagent la même monnaie, l’euro. L’euro n’a pas empêché l’Allemagne d’exporter ;

-         L’Allemagne et la France partagent également le même modèle social et les mêmes niveaux de salaires, même s'il existe quelques différences, par exemple le fait qu'il n'y ait pas de salaire minimum réglementaire national en Allemagne. Comme le montre ce rapport à la Commission des comptes de la Sécurité Sociale) : le coût du travail reste aujourd'hui plus élevé en Allemagne, en brut commet en net, même si ces dix dernières années l'évolution relative a été favorable aux entreprises allemandes. Les salaires bruts sont 34% en moyenne plus élevés en Allemagne qu'en France. En net de charges et d'impôt sur le revenu, l'écart se réduit car les prélèvements sont plus élevés en % en France, mais restent encore 6% supérieurs.  La réduction de l'écart tient à l'importance relative plus grande des prélèvements patronaux en France et de l'impôt sur le revenu en Allemagne. - les charges sociales patronales sont plus élevées en France mais les charges sociales  salariales sont plus élevées en Allemagne et donc au final les salaires allemands sont plus élevés en moyenne pour permettre aux salariés de payer leur couverture sociale, avec aussi plus de recours à des complémentaires privées santé et retraite,

-         La productivité (PIB/heure travaillée) est  en moyenne meilleure en France qu'en Allemagne, Le niveau supérieur du salaire moyen et du coût annuel du travail en Allemagne ne semble pas justifié par une productivité supérieure du travail et n'est que partiellement lié au nombre d'heures travaillées (d'après l'OCDE, le PIB par heure travaillée est plus élevé en France qu'en Allemagne (96,2% du niveau des Etats-Unis pour la France contre 91,4% pour l'Allemagne).

-         Les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France en % du PIB mais la part des prélèvements sociaux et de l'impôt sur le revenu dans le coût du travail est supérieure en Allemagne (52% contre 49,3%),

-         La mise en place des 35 heures a provoqué brutalement une variation relative en défaveur de la France (représentant un renchérissement du coût du travail de 11% pour notre société globalement concernant les salariés) mais pour arriver in fine à une durée comparable (même légèrement supérieure) à celle des Allemands. La moyenne des heures travaillées par semaine est légèrement plus élevée en France qu'en Allemagne, comme le pointe cet article montre cette étude de l'Insee. La France, avec 1.559 heures en 2007 se situant au niveau de la moyenne de l'UE (1.564 heures). Voir aussi cette étude comparée entre pays européens, datant de janvier 2011 : avec 41 heures de travail hebdomadaire, les Français se situent un peu en dessous de la moyenne européenne (41,5) et les Allemands sont à 41,7 heures malgré une durée conventionnelle de 37 heures. Ceci malgré la mise en place des 35 heures ... La durée conventionnelle moyenne de temps de travail dans l'UE est de 38,6 heures par semaine.

-         Enfin, parlons de la TVA sociale, mise en place par les Allemands en 2007, équivalant à une dévaluation compétitive opérée par le transfert d'une partie des charges sociales sur la TVA.  L’Etat allemand a augmenté la TVA de 3 points (3%) pour financer des charges consécutives à sa réunification, dont 1 point au titre d’un report de charges sociales. Ce coût a été transféré des entreprises vers les ménages, ponctionnant donc en partie leur pouvoir d'achat. Mais l'Allemagne partait d'un taux de TVA beaucoup moins élevé que le nôtre (16%)  et arrive maintenant à 19%. L’effet relatif de compétitivité de prix des produits allemand a été très faible car les importateurs de leurs produits sont peu sensibles aux prix (preuve en est de l’insensibilité à une hausse de l’euro).

Ce qui justifie le succès incontestable des entreprises allemandes à l’exportation, surtout vers les pays émergents dans le secteur spécialisé des machines outils, ceci malgré le renchérissement de l’Euro face au dollar et au Yuan, donc malgré la cherté relative des marchandises, c’est une expertise industrielle, c’est la haute qualité des produits, peu sensibles à la concurrence. L'effort d'investissement productif explique aussi probablement ce meilleur positionnement.

Jean Peyrelevade démontre en effet la dégradation de l’investissement privé en France (réalisé par les entreprises françaises) alors qu’il augmente en Allemagne. L’économiste enseignant Yves Besançon avait fait le même diagnostic dans cet article sur Mediapart. Il démontrait combien l’investissement productif était essentiel de la croissance économique.

Or pour investir, l’entreprise a besoin de sources de financement, soit en prélevant sur sa marge, soit en empruntant. Jean Peyrelevade constate que les marges brutes  des entreprises françaises se sont réduites relativement à L’Allemagne. Les marges des entreprises françaises se sont dégradées, passant de 32% du PIB en 2000 à seulement 30% en 2007. En Allemagne, elles s’élèvent à 42%. Le taux d’autofinancement des entreprises françaises est ainsi tombé à 50%, un niveau historiquement bas. Il est de 100% en Allemagne, ce qui rend le tissu productif largement indépendant des perturbations financières. Remarquons pour finir que les Allemands se sont spécialisés dans certains secteurs exportateurs (et n’ont pas hésité parallèlement à en abandonner d’autres), alors que la France ratisse large, mais peu : les exportations françaises croissent deux fois moins rapidement que le commerce mondial. 

 

En conclusion, il ne sert à rien de dénoncer l’euro et la mondialisation, les problèmes viennent de chez nous et les remèdes doivent aussi venir d’une volonté de s’en sortir par des choix économiques et politiques, favorisant la création et la commercialisation, la recherche de clients et le partage de brevets, par une mise en réseau des acteurs, favorisant le  développement des entreprises notamment des PME innovantes et même de PME produisant des produits classiques sur lesquels nous pouvons avoir un avantage compétitif, sur la qualité et par une production plus intelligente. Sans oublier l’action sur la formation, des jeunes, en commençant dès l’école, jusqu’aux choix d’orientation aux études supérieures, sans oublier non plus la formation professionnelle, la reconversion des chômeurs.

Jean Peyrelevade, banquier social démocrate qui se dit « de gauche » et a soutenu François Bayrou en 2007, s’est récemment à nouveau tourné vers le PS, soutenant François Hollande aux primaires, puis a annoncé le week-end dernier qu’il préférait maintenant soutenir Manuel Valls, très proche de François Bayrou sur ses propositions économiques.

Il n’a pas encore choisi entre François Bayrou et Manuel Valls pour 2012, mais si ce dernier n’emporte pas les primaires, il sera certainement à nouveau tenté par François Bayrou. Il encourage en tout cas une « nouvelle majorité » de centre-gauche, composée du vrai centre qu’est le MoDem et du PS qu’il souhaite plus réaliste et moins illusionniste, moins démagogique.

François Bayrou, lui, prône une « majorité centrale », celle « du courage », allant de la droite sociale et républicaine favorable à une Europe forte à la gauche sociale-démocrate en passant par le centre, réalisée à partir d’un projet, de valeurs et de propositions pour reconstruire la France, s’attaquant aux vraies causes des problèmes et fondée sur un discours de vérité.

08/05/2011

François Bayrou au centre du débat sur Europe1

François Bayrou était l'invité de Jean-Pierre Elkkabach au  Grand Rendez-vous d'Europe 1 et du Parisien dimanche 8 mai 2011. Voir des extraits sur ce lien. Voici ses principales interventions, reclassées dans un ordre d'importance, différent de celui de l'interview :


Interrogé sur ses mesures fortes pour la France :
1- Produire en France. Dans un contexte où la France s'appauvrit de 5 milliards d'euros par mois, il est impossible de soutenir le modèle social français. Il faut reconquérir les domaines perdus. Si nous n'enrichissons pas le pays, nous ne créons pas d'emplois et tout le reste en dépend (chômage, retraites, intégration, banlieues, protection sociale,...). Il n'est pas vrai que la production ne dépende que du coût du travail et il y a des moyens de s'en sortir, notamment par l'automatisation de la production.
2- Rendre à la France la meilleure éducation du monde. Depuis le temps où j'ai été ministre de l'Education Nationale, nous avons perdu 14 places dans le classement international. Il est possible selon moi d'atteindre cet objectif en 5 ans.
3- Assurer une vie civique respectable et honorable, arrêter l'arbitraire. La fonction présidentielle ne doit pas être partisane, les responsables politiques doivent donner l'exemple et défendre des valeurs.


Réaction de François Bayrou à la mort de Ben Laden :
"
Obama a pris la bonne décision. Il a été de manière générale à la hauteur de sa fonction. Il a donné des Etats-Unis la meilleure image depuis longtemps. La première personne qui m'a parlé de BEn Laden fut Massoud en 2001, quand il est venu au Parlement européen pour nous alerter sur ce personnage, milliardaire financé par le trafic de drogue. C'était tellement incroyable qu'on n'y a pas vraiment prêté attention. Il avait raison. Le 9 septembre 2001, il était assassiné et deux jour après avait lieu l'attentat du 11 septembre. Ces deux événements étaient liés. Concernant les révoltes arabes, remarquez qu'on s'attendait à une reprise en main des fondamentalistes et en fait il n'en est rien, les peuples veulent avant tout la liberté et la démocratie et combattre la dictature et la corruption."

Interrogé sur "l'Europe" :
"Cela fait des années que l'Europe est absente et illisible, car on lui a donné des institutions incompréhensibles, qu'elle est trop éloignée des citoyens. Les choses sont devenues trop complexes, sans communication".
" Il est honteux de laisser l'Italie en 1ère ligne face aux migrants. Elle aurait dû conduire un plan d'aide aux pays d'origine et un plan d'accueil humanitaire"."Les déficits sont une menace qui fragilise tous les pays européens. La seule solution est d'exercer la solidarité. Chaque pays est une digue pour les autres".



Son avis sur "le Centre",  sur la volonté de JL Borloo de rassembler  les "centristes" :
"Le vrai centre n'est ni la gauche ni la droite. Arrêtons de vouloir à tout prix le classer d'un côté ou de l'autre. C'est comme si vous disiez sur le drapeau français bleu-blanc-rouge : le blanc est-il plus bleu ou plus rouge ?
Quand Hervé Morin dit "Nous voulons bâtir une 2ème droite", il a tout dit.  Borloo et Morin veulent défier l'UMP à l'intérieur de la majorité. Après avoir adulé Nicolas Sarkozy, avoir fait de la lèche pour garder ou obtenir des postes lorsque ce dernier avait la cote, ils se mettent à le rejeter, le critiquer, le mépriser quand il baisse dans les sondages et que les Français ce rendent compte de la réalité. Ce n'est PAS DU TOUT LE CENTRE !
"

A propos de la montée de l'extrême droite en France :

"La progression de l'extrême droite et des extrémismes en général est l'expression d'un symptôme et non une volonté de la société française. C'est là qu'on voit que ça va mal, que la population exprime son désarroi. Si leurs idées l'emportaient, si on sortait de l'euro, on irait au désastre et à la misère."



Sur la polémique des  quotas pour la sélection des joueurs dans le football et la mise en cause de Laurent Blanc :

" Je ne crois pas que Laurent Blanc soit raciste d'ailleurs dans les conveersations reportées il n'en est pas fait mention, il ne prononce pas le mot "quota". C'est un homme bien, équilibré, mesuré. Cette affaire intervient à la veille d'élections, il peut y avoir des enjeux, de la manipulation, je ne sais pas"."En tout cas cette affaire est révélatrice. Je suis opposé aux quotas, à tout ce qui stigmatise la couleur de peau, l'origine. L'extrémisme surfe sur cette vague. Les responsables doivent donner l'exemple, que ce soit les politiques, l'école. Même si je suis pour la séparation des pouvoirs, que le politique ne se mêle pas de la gestion de la FFF, sur ce sujet le ministère de tutelle doit rappeler à l'ordre".

Au sujet de la polémique sur la voiture de luxe utilisée par DSK :
"La campagne électorale fait feu de tout bois et notamment le moins honorable. Le niveau du débat n'est pas à l'honneur de ce que devrait être ce grand rendez-vous national. Cependant, il faut prendre très au sérieux l'impression qu'ont les citoyens qu'il y a une paroi de verre entre d'un côté les dirigeants, les élites, qui ont des privilèges,et de l'autre le peuple. Le président de la république n'est pas un citoyen "normal" car il doit avoir une vision à long terme et porter de grandes responsabilités, mais il doit néanmoins rester enraciné dans la vie des gens. "

19/08/2010

Simulateur présidentielles 2012 : le centre peut l'emporter avec une alliance écologiste

Les résultats des prochaines élections présidentielles dépendront d'une part du nombre de candidats présents au 1er tour, notamment de l'éventuelle division de la droite ou de la gauche dès le 1er tour, d'autre part d'alliance potentielle de 2nd tour. J'ai réalisé un petit simulateur tout simple (sous excel) et fait quelques hypothèses, que l'on peut changer à loisir (ci-joint pour les joueurs et aussi pour ceux qui n'arrivent pas à visionner l'image ci-dessous).

Je pars de candidats potentiels ou de personnalités pas forcément candidates mais représentant une sensibilité à laquelle j'attache un score en % de voix exprimées Le Pen,Sarkozy,Villepin,Morin,Bayrou,Eva Joly,Strauss-Kahn,Royal,Aubry,Hamon,Mélenchon,Laurent,Besancenot.

Hypothèse 1 : Candidat unique UMP (sans Villepin) et alliance de 2nd tour de EE avec le PS

=> Le PS l'emporte contre l'UMP  à 54% contre 37% si abstention du MoDem et à 58,5% contre 41,5% si répartition 50-50 des voix du MoDem. 

Hypothèse 2 : alliance centre + droite républicaine sociale dès le 1er tour

=> Cette alliance de centre-droit peut devancer l'UMP (Sarkozy) dès le 1er tour (19% face à 18%) mais le PS l'emporte avec 54% des voix.

Hypothèse 3 : alliance centre élargie à EE

=> Le centre républicain-écolo est au 1er tour (28%) face au PS (30%) et l'emporte au second tour avec 56% contre 45% et au pire si l'extrême droite s'abstient à 46% contre 45%.

Hypothèse 4 : alliance centre très élargie avec écologistes et sociaux-démocrates du PS

=> Le centre social-démocrate-écolo est au 1er toutr (44%) face à l'UMP sarkozyste (18%) et l'emporte haut la main à 73% ou au pire à 58% si l'extr^me gauche s'abstient contre 27% pour l'UMP.

 

CONCLUSION :

- il y a une réelle probabilité d'échec de la candidature UMP et notamment deu candidat Sarkozy,

- plutôt que s'arc-bouter sur le bipolarisme droite-gauche, l'hypothèse du centre est plausible,

- sans pouvoir l'emporter en finale, les écologistes ont un réel pouvoir de challenge, permettant soit par un report au second tour de leur voix sur le centre ou le PS, soit par l'éventualité d'un rassemblement de 1er tour dans un centre élargi, de challenger la victoire du PS. Dans tous les cas, ils peuvent négocier par avance en faisant monter les enchères des postes de ministres et des places aux législatives, que ce soit avec le centre ou avec le PS, et faire durer le suspense jusqu'au bout ...

Simulateur2012.xls

Simulateur2012.xls

 
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