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04/04/2011

POUVOIR D'ACHAT : le scandale des chiffres !

 


Dans la série "On ne nous dit pas tout !", voici encore une annonce de chiffres en trompe l'oeil, qui agace les Français au plus haut point. Selon une étude de l'Insee parue le 25 mars 2011 (ici version en PDF résumée), le pouvoir d'achat des Français aurait augmenté de 1,2%,en 2010 (après +1,6 % en 2009). Mesuré par unité de consommation, ce qui permet de le ramener à un niveau individuel moyen, il aurait augmenté de 0,4 % (après +0,8 %).

En moyenne sur 2010, Le taux d'épargne a quant à lui baissé de 0,4 point, pour s’établir à 15,8 %. Notons aussi au passage que au total, le taux de marge des entreprises (SNF, Sociétés Non financières) diminue de 0,5 point, à 29,3 % fin 2010.

Or, les Français ont majoritairement l'impression que leur pouvoir d'achat et leur niveau de vie en général s'est bien dégradé : d'après un sondage CSA pour '20 minutes' rendu public le 4 avril 2011 (résultats complets ici), une grande majorité de la population française (77%) estime que son pouvoir d'achat a diminué au cours des derniers mois. Et ce n'est pas qu'une impression quand on regarde la réalité des hausses des prix face aux revenus des ménages qui ont augmenté de 2,4% en valeur nominale en 2010 (1,2 après prise en compte de l'inflation basée elle-même su un indice global). Les prix ont beaucoup augmenté à la consommation, dans l'alimentaire notamment, comme l'a montré cette étude de l'association de consommateur CLCV et comme l'expliquait un article de La rédaction du Post, et ce n'est pas fini ! cette augmentation s'ajoutant à celle de la flambée des prix de d'électricité (+6,4% en un an, 30% annoncé sur prochaines années), du gaz (+16%), des carburants (+17,3%).

Il se trouve que ces hausses de prix touchent beaucoup plus les ménages modestes et les classes moyennes que les plus favorisées, en proportion des revenus, car la structure de consommation des ménages est très différente selon les niveaux de revenus.

Il se trouve également que les hauts revenus ont beaucoup plus augmenté, notamment les revenus financiers (dividendes, plus-values, revenus immobiliers), en ligne avec la hausse des profits du CAC40 en 2010 (+85%, passant de 50 à 82 milliards d'euros) et des distribution de dividendes (40 milliards en 2010).

Conclusion : en moyenne l'Insee a probablement raison, le pouvoir d'achat par unité de consommation s'est accru de 0,4% mais c'est la hausse de pouvoir d'achat d'une minorité des plus riches qui compense une baisse notable du pouvoir d'achat des plus défavorisés et des classes moyennes !

Il faut exiger la transparence des chiffres. Demandons que l'Insee fournisse des chiffres par classe de revenu ! Bien sûr c'est plus difficile à faire car cela nécessite une analyse plus fine que la compilation macroéconomique des chiffres globaux de la comptabilité nationale. Il faudrait d'une part reprendre les données d'évolution des revenus par classe de revenu, différencier les revenus salariaux ou des professions commerçantes et libérales des revenus purement financiers, d'autre part les mettre en regard pour chaque classe d'une structure de consommation moyenne (part des dépenses contraintes de loyer (ou crédit immobilier), d'électricité, de gaz, de carburant/ transport, de téléphonie-internet,d'équipement, d'habillement, de loisir,...), chacune des rubriques étant soumise à une évolution de prix, ce qui permettrait de calculer un taux d'inflation par budget et donc un pouvoir d'achat réel moyen par classe de revenu.

C'est possible. Exigeons-le !

30/05/2010

Selon François Bayrou, la réforme des collectivités territoriales est anticonstitutionnelle et annonce un grand désordre

Décidément, jamais le mot le plus long de la langue française, ANTICONSTITUTIONNELLEMENT, n'aura tant qualifié un gouvernement que sous la Présidence de Nicolas Sarkozy : Hadopi, Burqa, ou des sujets annoncés incompatibles avec le droit européen (suppression du juge d'instruction, justice et médias sous l'emprise de l'exécutif ...) et maintenant ce nouveau sujet de la réforme des collectivités territoriales. C'est ce que dénonce François Bayrou à la tribune de l'Assemblée nationale jeudi dernier, à propos du mode de scrutin proposé, de même qu'il énonce les défauts intrinsèques de contenu de cette loi sur le statut des métropoles, vidant de leur substance les compétences des régions, départements et communes pour créer des gros machins, sortes de conglomérats concentrés et superpuissants dominés par quelques élus au superpouvoir (dans la même logique que le Grand Paris qui permet à l'Etat de faire une OPA sur la région Ile de France et prévoit de s'imposer aux communes en préemptant les terrains autour des gares pour financer le projet par des opérations immobilières), déconnectant encore plus les citoyens d'élus de proximité en prise avec les réalités du terrain et les problèmes de désertification des campagnes et des territoires, de cette intimité qui relie encore les gens de la vraie vie, dans les campagnes, dans les petites et moyennes communes, à la vie démocratique et à la confiance qu'ils peuvent encore avoir en l'Etat, en leurs institutions.

Les Français devraient s'intéresser de plus près à ce sujet de la réforme des collectivités territoriales qui paraît technique, ou du moins technocratique et rébarbatif. Cette réforme voulue par le gouvernement, fusionnant la direction de la région et de ses départements (les élus territoriaux siégeant à la fois au Conseil régional et au Conseil départemental) est motivée au départ (affichage d'un voeu vertueux) par un double objectif , que François Bayrou a lui-même le premier appelé de ses voeux dans son programme présidentiel :

- une optimisation de la gestion des territoires : le cloisonnement entre la gestion de la région et du département est absurde. Les deux institutions s'occupent de problématiques locales ayant trait au développement économique, social, culturel, des infrastructures de transport, des équipements sportifs et éducatifs (par exemple les lycées gérés par la région et les collèges par le département),

- une économie d'élus (3000 au lieu de 6000), réduisant les dépenses de l'Etat.

Seulement voilà. Le gouvernement veut en profiter pour changer le mode de scrutin des élus, généralisant le scrutin majoritaire à deux tours, qui est actuellement celui des Conseillers généraux (du département), alors que le mode de scrutin actuel de la région, est proportionnel (avec prime majoritaire de 25% au gagnant), basé sur des listes de partis concurrents, respectant la parité par alternance femme-homme, sur lesquelles sont élus dans l'ordre en proportion des voix, les représentant du peuple. Aujourd'hui environ 1/3 des élus territoriaux sont des conseillers régionaux élus sur ce mode et 2/3 sont des élus départementaux élus selon le scrutin majoritaire à deux tours, qui ne permet ni d'assurer la parité femme-homme, ni la représentation pluraliste des différents partis car c'est en général toujours les deux partis majoritaires qui emportent les sièges. La proposition du gouvernement est donc une régression, qui va à l'encontre de la constitution, de l'article 1 (parité, accès égal aux hommes et aux femmes aux fonctions électives) et de l'article 4 (pluralisme), comme le rappelle François Bayrou.

Comme le résume François Bayrou : "Le culte, l’obsession majoritaire conduit en réalité à la dictature des majorités sur les minorités."

Cette approche concentrationnaire est subie tant par les partis minoritaires, les petits territoires, les petites villes ou petites communes, les petits commerçants face à la grande distribution, les PME face aux puissances financières du CAC40 ...

Citoyens, réveillez-vous, secouez-vous, alertez vos élus députés et sénateurs sur cette dérive de nos institutions, de moins en moins démocratiques, de moins en moins représentatives, de plus en plus éloignées de leur base !

 

19/03/2010

Pourquoi, MoDem, je soutiens la liste de JP Huchon au 2nd tour

Vraiment dommage que Alain Dolium n'ait pas fait plus de 5% au 1er tour des élections régionales. Ses compétences, son expérience dans la vie de l'entreprise en particulier dans l'innovation et les nouvelles technologies ainsi que dans la vie associative pour les jeunes et les quartiers populaires, son enthousiasme, son professionnalisme et surtout sa simplicité, sa proximité des gens, étaient des atouts précieux pour compléter l'équipe des conseillers régionaux et peser dans ses décisions. Je ne doute pas que Jean-Paul Huchon l'aurait accueilli dans une liste de rassemblement, avec Cécile Duflot, même si le Front de gauche y aurait opposé quelque résistance.

Il semble que la direction du MoDem n'ait pas donné de consigne de vote au niveau national pour le 2nd tour de ces élections. Je dis "il semble" car je ne vois rien sur le site officiel du Mouvement Démocrate ni sur le site de campagne des régionales IDF de Alain Dolium et les adhérents n'ont pas reçu de message à ce sujet. Est-ce parce qu'il n'y a pas d'enjeu, les 4,5% de voix du MoDem ne pesant pas grand-chose dans une victoire d'avance annoncée de la liste de gauche ? Est-ce pour répondre au rejet de la bipolarité renforcée que nous ne souhaitons pas ? Nous sommes libre de conscience et orienterons notre choix sans avoir besoin de consigne. Alors je vous livre mon choix, qui rejoins je pense la majorité de celui des militants du MoDem, et les raisons de ce choix.

Huchon-Duflot-Laurent.jpgTout d'abord, sur le plan général et national, c'est d'abord une question de valeurs. Le MoDem partage les valeurs de gauche de justice sociale, d'égalité des chances, de générosité, de liberté, les valeurs républicaines, et partage les valeurs écologistes de protection de l'environnement, de prévention écologique, de développement durable. La droite Sarkozyste représentée par l'UMP s'est éloignée des valeurs républicaines d'égalité des chances et aussi renforcé les inégalités de revenus (renforçant les privilèges des plus aisés, supprimant des droits de successions et la carte scolaire, établissant le bouclier fiscal de nouvelles franchises médicales, ...). Elle porte atteinte à la séparation des pouvoir (réforme de l'audiovisuel public, suppression du juge d'instruction,...), aux libertés publiques (Hadopi, caméras de surveillance partout, ...). Certains républicains de droite qui font partie de l'UMP, commencent même à s'élever contre cela (D. de Villepin, N. Dupont-Aignan). Même si me MoDem n'est pas toujours d'accord avec les partis se disant "de gauche" sur la manière de mettre en oeuvre plus de justice sociale, plus d'emplois, d'élever le niveau d’éducation, etc. Par exemple, il prône plus de mixité sociale et le Front de gauche ne va pas en ce sens. Les villes communistes, cultivant leur électorat de prédilection, ont ghettoisé les quartiers, ont parfois 70% de logements sociaux. J'ajouterai que le Mouvement Démocrate est pour ainsi dire le seul à donner une dimension humaine et humaniste à son projet : une vie plus humaine, basée sur des relations humaines, un respect de l'autre, une façon de vivre humaine, un développement humain. Les autres, même de gauche, mêmes écologistes, sont dans un registre matérialiste, égrènent un programme articulé autour du "partage de richesses", d'accès à des services publics, et pour Europe Ecologie de protection de la nature mais souvent au détriment de l'humain (décroissance, privations, voire incitation à réduire la natalité par Yves Cochet,...), sans parler du mieux vivre. Le Modem apporterait cette dimension humaine qu'il manque tant à ces programmes.

Ensuite sur le plan de la politique régionale, je m'oppose fortement au projet Grand Paris soutenu par l’UMP, à la manière dont il est conçu sans concertation citoyenne et en s'imposant à la région, le pouvoir central de l'Etat s'imposant à la région, envisageant de préempter des terrains aux alentours de gares pour financer un projet extrêmement coûteux par une hypothétique espérance de revenus de promotion immobilère. Un projet pharaonique qui certes relierait des pôles économiques, des gares et des aéroports mais qui ne représentent pas l'essentiel du trafic, du besoin des Franciliens, qui avant tout ont besoin d'améliorer l'existant, de raccourcir et de fiabiliser leurs trajets quotidiens, d'avoir surtout plus d'emplois à l'Est pour rééquilibrer la région et minimiser le besoin de transport domicile-travail. Le projet de doublement de la Défense envisagé par l'Epad sans que la desserte en transport pour les Franciliens soit doublée  et aggravant encore le déséquilibre est aberrant.

Enfin, concernant la personnalité des candidats, j’ai un grand respect et une confiance en Jean-Paul Huchon, homme d’écoute, de consensus, de compétence et d’expérience sur les sujets régionaux. Les élus du MoDem au Conseil régional (Bernard Lehideux, Pierre le Guérinel, Chantal Brault, etc.) m’ont eux-mêmes confiés qu’ils ont pu vraiment bien travaillé ensemble, pour l’intérêt général de la région et sans lutte de clan. Valérie Pécresse a fait preuve d’absentéisme au Conseil régional. Pour moi c’est déjà éliminatoire. Elle a fait une campagne agressive, dénigrant en permanence avec de faux arguments et une très mauvaise foi le bilan de son adversaire, comportement que je n’admets pas. Lors du débat télévisé d’hier soir, elle était presque hégémonique, coupant la parole ou ne la laissant pas à son concurrent. L’UMP arrogante et sûre d’elle comme je l’exècre.

C’est décidé, je vote pour Jean-Paul Huchon et j’invite les abstentionniste du 1er tour ainsi que mes amis du MoDem à faire de même.

 

 

13/03/2010

Régionales Ile de France 2010 : 20minutes pour comparer les programmes

Suivant  attentivement la campagne électorale de ces élections régionales 2010, son actualité, les programmes des candidats, les articles de presse et des blogs, ainsi que les réactions des gens sur le terrain, dans la rue, chez les commerçants et au travail, je vous livre à la veille du scrutin mes principales impressions ainsi qu'un comparatif des contenus des programmes. Même si je soutiens personnellement un des partis, je me suis efforcée d'être non partisane dans cet exercice.

1- La presse et les médias ont très peu parlé des sujets de fond, des problématiques de la région.

palme dor.jpg

Ils se sont concentrés sur les sondages (songez que les gens étaient sondés sans savoir pourquoi ils votaient et sans savoir ce que les partis proposaient !), les querelles entre individus, les petites phrases assassines, les casiers judiciaires des uns ou des autres. Seuls deux journaux ont fait un effort pédagogique pour rappeler les compétences de la région, ses enjeux, ainsi qu'une petite actualité quotidienne sur des sujets : les deux gratuits Direct Matin et 20minutes. Il n'y a eu qu'un débat télévisé le 1er mars à 23h sur France2 (Mots Croisés) et un seul débat citoyen entre têtes de liste le 9 mars à Nogent-sur-Marne (94), organisé par l'association citoyenne "Le Forum Nogentais", à laquelle je rend 20minutes.jpghommage pour cette action citoyenne de chaque élection. Sur les blogs, j'ai trouvé ce comparatif de programmes fait par le PS, donc partisan et qui n'inclut ni le Mouvement Démocrate ni le Front National. Je le cite : "J’aurais pu ajouter MoDem d’autant qu’ils ont un programme solide, bien construit mais, je vais me concentrer sur la gauche et leur principal adversaire l’UMP." Affligeant !

Je donne la palme de la meilleure information citoyenne et de la meilleure analyse au quotidien 20minutes, en version papier comme en version site internet 20minutes.fr avec son club animé de blogueurs. En deuxième je citerai Mediapart.fr, le journal uniquement disponible sur le Net et par abonnement, qui livre des analyses de qualité, avec références, qui a fait une cartographie des régions mais qui s'est à mon avis trop concentré sur la bataille politicienne entre candidats, les enjeux des alliances (comme le prouve un aperçu du sommaire des articles sur le sujet), et pas assez sur le contenu des programmes. Le journal 20minutes a notamment publié une excellente analyse de ce qu'avait accompli la Région IDF lors du dernier mandat comparé aux promesses de campagne, avec arguments chiffrés et notation justifiée, démontrant que la Région a dans l'ensemble respecté dans l'ensemble plus de 50% de ses promesses. A fait pas mal avec ses moyens limités, mais peut mieux faire ! C'est également 20minutes qui a publié hier un double page donnant le résumé comparatif des programmes par thème. C'est écrit petit, tous à vos lunettes ! Je vous passe ci-dessous les deux pages concernées. 

2- Démocratie en danger - Les gens ne s'intéressent pas à cette élection

Paradoxe de la démocratie. Schizophrénie des citoyens. Plus ils ont la liberté et l'accès à l'information, plus ils ont le droit de vote, et moins ils s'intéressent à la politique, plus ils s'abstiennent. Ils disent être écoeurés de la politique et prétendent vouloir que ça change,... et ne font rien pour faire bouger les choses. Démobilisation citoyenne, chute du lectorat des journaux au profit du 20 heures de TF1, démobilisation syndicale, faible activité associative ... La participation électorale est plus forte pour les présidentielles, élection nationale emblématique qui trace la direction du pays et incarne son âme en un dirigeant, et les municipales, élection de proximité, relation forte des citoyens avec leur maire. La Région, elle, leur paraît lointaine, désincarnée. Presque 70% des Français ne connaissent pas leurs élus régionaux, leur président de région, ni ne savent quelles sont les compétences de la région. Et pourtant, il s'agit de la vie de tous les jours, concernant les transports, le soutien à l'emploi, aux entreprises, à la formation professionnelle et à l'apprentissage, aux activités culturelles, sportives et associatives. L'actualité politique nous impose de plus deux sujets importants confrontant politique nationale et politique régionale : le projet Grand Paris, projet gouvernemental qui va s'imposer à la région, aux départements et aux communes, et la réforme des collectivités territoriales, avec la fusion annoncée de la gouvernance de la région et du département et surtout une réforme du mode de scrutin anti-démocratique inacceptable telle qu'envisagé (scrutin  à un tour, qui éliminerait les partis minoritaires et sacrifierait la proportionnelle.

Je vous recommande cet article entretien de Jacques Attali qui regrette la manière dont la campagne a été traitée, néfaste pour la démocratie, que tout n'est pas joué d'avance et que les citoyens devraient vraiment réfléchir avant de voter et sur le sujet qui est l'objet du vote : la politique de la région.

3- Comparatif des programmes des candidats

Je vous invite à lire le double page de 20minutes, qui est assez fidèle à ce que j'ai examiné moi-même en m'informant sur les programmes. Malheureusement n'y figure pas les partis minoritaires pourtant d'envergure nationale comme le NPA, "Debout La République" et "L'Alliance des Ecologistes Indépendants". Ces deux partis présentent pourtant des idées tout à fait intéressantes et j'ai été impressionnée par la qualité de l'intervention de Nicolas Dupont Aignan au débat du 9 mars à Nogent, qui présente l'intérêt d'une alternative à droite autre que le Front National, plus républicaine et sociale que l'UMP, avec des arguments très concrets.

Examinons les points de convergences et de divergence, par thème, entre les partis :

Page 1 :

Sur les transports, ils sont tous d'accord pour rénover les lignes RER et les prolonger, ainsi que des lignes de métros et de tramways, simplifier la tarification, faciliter et développer la circulation de bus de préférence "propres". Le principal noeud de désaccord est sur le projet GRAND PARIS, entre d'un côté l'UMP qui est pour, soutenant bien sûr la décision de Nicolas Sarkozy, et de l'autre côté tous les autres partis qui sont contre, arguant que ce projet, imposé à la région et sans concertation citoyenne par le pouvoir central du gouvernement, ne va pas dans le sens d'une région plus humaine, mais va intensifier le bétonnage et le déséquilibre entre l'Est et l'Ouest, renforcer le pouvoir de l'Etat au détriment de la région et être un gouffre financier qui privera les autres projets de ressources, sans améliorer le maillage de la grande ...couronne.

En termes d'environnement, Europe Ecologie n'a pas l'exclusivité des propositions. Le MoDem et le PS ne sont pas en reste. Que ce soit sur l'isolation thermique et phonique, les économies d'énergie, le soutien aux énergies renouvelables, aux métiers et à la formation à développer dans ces secteurs, ainsi que le recyclage des déchets. L'UMP vient ensuite avec moins de propositions. Pratiquement rien du côté du Front de Gauche et du Front National.

Concernant le logement, beaucoup de convergences des partis, tant pour le soutien au logement social et respect de la loi SRU (Front de Gauche+PS+EE+Modem), à la construction et à la rénovation, la mise aux normes environnementales HQE des logements sociaux et des bâtiments publics. L'originalité de nouvelles propositions revient au PS et au MoDem : un guichet unique sur les offres de logement disponibles et pour coordonner le logement social. Le Front de Gauche axe ses propositions sur un développement énorme du logement social (50 000/an en petite couronne, alors que les villes communistes comme Vitry, Champigny, Bonneuil etc. dépassent les 60% de HLM, guettoïsant la banlieue et nuisant à la mixité sociale ...). Le FN ne propose que le soutien à l'accession à la propriété et au 1er logement.

L'économie, l'emploi, l'innovation,  la formation,doivent faire l'objet, selon tous les partis, d'un soutien aux PME et d'un développement accru de l'apprentissage, la formation des jeunes en alternance avec un travail en entreprise, qui maximise fortement leur chance de trouver un 1er emploi. C'est le MoDem qui présente le plus de propositions sur le développement de l'emploi, le soutien aux PME et aux TPE (fonds de garantie pour les prêts bancaires aux PME notamment), à l'innovation, à l'adéquation de la formation à l'offre d'emploi. On sent l'empreinte de Alain Dolium, entrepreneur de PME et animant une association développant les talents des jeunes ! L'UMP et Europe Ecologie insistent sur la formation des métiers de l’habitat durable et des énergies renouvelables.

Page 2 :

Les lycées devraient, pour l'UMP comme pour le MoDem, ouvrir leurs locaux le soir pour accueillir des universités populaires, des cours du soir, de même que les bibliothèques ouvrir tard le soir pour permettre aux étudiants, y compris ceux qui travaillent à temps partiel, d'étudier à ces heures. Proposition concrète du MoDem : rémunérer des étudiants qui ont besoin de financer leurs études en leur proposant des postes de surveillant en lycées et de tenue en soirée de bibliothèques ouvertes le soir, ainsi que d'animation de cours du soir et d'universités populaires.

Concernant la santé et le handicap, le PS et le MoDem ont des propositions convergentes, notamment pour les jeunes, les handicapés, les urgences médicales de proximité, l'évaluation préalable et la prévention des risques sanitaires. L'UMP est le moins convaincant (avec le FN qui ne propose pratiquement rien), proposant une "mise en réseau" des services d'urgences ou hospitaliers mais sans parler des moyens, alors que la politique du gouvernement restreint les moyens de l'hôpital et supprime des postes ... Hormis sa proposition de mutuelle pour les jeunes et de baisse du seuil d'exposition autorisé aux ondes électromagnétiques Europe Ecologie n'est pas clair : "plan qualité de vie" ... Le Front de Gauche soutient l'emploi des professionnels de santé dans les hôpitaux, des infirmières et puéricultrices. Le FN ne dit pas grand chose à part le soutien à l'installation de médecins dans les territoires ruraux (de l'Ile de France ?).

La culture, le sport et le tourisme sont les thèmes sacrifiés dans cette campagne. C'est le PS et le MoDem qui font le plus de propositions. Europe Ecologie , le Front de Gauche et le Front National peu diserts sur ces sujets. Europe Ecologie utilise un langage peu clair : "label tourisme durable IDF" pour valoriser et encourager l'écotourisme ... Le Front de Gauche parle d'augmenter le budget sans dire vraiment quoi faire. Quant au FN, il propose de "participer à l'entretien du patrimoine artistique et culturel", ce qui est déjà fait actuellement, dans les compétences de la région ... 

Sur la politique de la famille, des jeunes et des seniors, tous veulent développer les places en crèche (sauf le FN). Les seniors sont particulièrement choyés par l'UMP, le FN et Europe Ecologie. La maladie d'Alzheimer fait l'objet d'une particulière attention au PS, chez EE et au FN. Le Modem ayant de son côté plus de propositions pour les jeunes, le logement des jeunes, l'attribution des logements vacants pour les jeunes et les familles.

En termes de sécurité, le PS axe son attention sur la sécurisation des transports en commun et propose un service de consultation juridique gratuit. L'UMP sur la vidéo protection, des surveillants régionaux et des SMS d'alerte (proposition un peu gadget, car on peut déjà téléphoner aux secours à partir d'un portable et se faire repérer par GPS ...). Europe Ecologie est à nouveau dans le langage boisé (moins péjoratif et plus vert que la langue de bois ;-), en proposant "des Etats généraux de la tranquillité publique" et "des médiateurs de la tranquillité publique", avec un point d'honneur sur sa proposition de places d'accueil pour les femmes victimes de violence. Le MoDem développe la police de proximité, la mixité urbaine, la police de transport, bref la présence humaine plutôt que la vidéosurveillance sans intervenants actifs de proximité. Le FN veut renforcer la police et les contrôles, "rétablir la sécurité des HLM" (oui, certes, mais comment ?).

EN CONCLUSION :

- beaucoup de convergences des différents partis sur les transports (sauf clivage UMP contre les autres sur le Grand Paris), le soutien à l'emploi (PME et secteurs en développement), la formation et l'apprentissage, la prise en compte du durable, de la protection de l'environnement, qui n'est pas l'exclusivité et Europe Ecologie même s'il en porte l'étiquette.

- le PS a les propositions les plus développées, les plus détaillées, une meilleure connaissance des dossiers (normal puisqu'il était aux commandes !) mais peut souffrir d'un bilan mitigé, de critiques sur les points noirs surtout concernant le dysfonctionnement et les insuffisances des transports en commun en banlieue, des problèmes du RER notamment.

- l'UMP cherche à être en phase avec la politique du pouvoir central, du gouvernement (Grand Paris) et développe moins les propositions sur l'environnement que le PS, EE et le MoDem. Il vise clairement l'électorat âgé (politique sécuritaire, résidences personnes âgée, Alzheimer,...).

- le MoDem priorise les jeunes, l'égalité des chances et l'emploi, en particulier le soutien aux PME avec des propositions très concrètes sur ce sujet. Sa communication est sur le registre de la relation humaine, d'une façon de vivre plus humaine, du respect de la personne, de l'égalité des chances, de la mixité sociale et le vivre ensemble, de l'équilibre entre l'Est et l'Ouest, de l'équilibre des contre-pouvoirs (il est en ce sens "humaniste") alors que les autres sont plus sur un registre "matérialiste", y compris les partis de gauche (répartition des richesses, droits à des services publics gratuits) et Europe Ecologie (la nature prime sur l'homme, le respect de l'environnement prime sur le respect de l'homme, sur le vivre ensemble).

- le Front de Gauche et le Front National sont les partis qui affichent le moins de propositions pour la région. Pas d'originalité, pas d'idées vraiment nouvelles. Le FN est toujours dans les propositions sécuritaires et le front de gauche dans la défense de l'emploi public et le développement excessif des logements sociaux en particulier dans les zones déjà très urbaines en petite couronne.

Si l'on doit donner un avis sur l'attrait physique et le comportement des candidats, ce qui ne se fait pas mais je le ferai quand même à titre personnel, Alain Dolium est sans conteste le plus beau et le plus sympa, toutes les femmes le disent sur les marchés et dans la rue (et de surcroît très compétent et communicatif), et Cécile Duflot la plus jolie et la plus mignonne (mais elle devrait faire un peu moins la morale aux autres, c'est agaçant à la fin !). Jean-Paul Huchon a une fausse apparence molle et débonnaire. Il est compétent, professionnel, consensuel, constructif et respectueux de ses partenaires et adversaires, il sait travailler en équipe. Je n'aime pas, mais pas du tout, le comportement de Valérie Pécresse, agressive, irrespectueuse de ses adversaires, attaquant sans cesse. Elle ne siégeait que très rarement au Conseil régional et ne sait pas bien travailler en équipe avec des gens d'avis différent. J'ai apprécié Pierre Laurent, que j'ai écouté lors du seul débat du 9 mars, exposer un diagnostic juste et des propositions concrètes, même si je n'ai pas retrouvé d'originalité et de proposition concrète de développement économique et durable dans le programme du Front de Gauche.

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12/03/2010

Et vous, vous faites quoi dimanche?

Une tribune du collectif des Blogueurs Démocrates

vote.jpgUn bel exemple! Que s'est-il passé ce week-end? Plus de 62% des irakiens se sont déplacés, bravant les menaces terroristes, pour élire leurs représentants!
Dimanche, c'est pour nous tous le premier tour des élections pour nos régions. Si nous, nous n'y allons pas, que nous diront-ils? La démocratie et la liberté d'expression sont un combat de chaque jour, nos parents se sont battus pour l'obtenir, nombreux sont ceux dans le monde qui se battent chaque jour pour défendre la liberté de pensée. Nous, nous avons ce droit. Le premier tour ne repassera pas deux fois, c'est dimanche, ne le laissons pas passer. Ne lâchons rien: ce dimanche, votons! Et appelons à voter autour de nous!

Le premier tour des élections, c'est le tour du pluralisme!

On nous fait croire que de toute façon tout est plié, qu'on n'a pas le choix dans un combat de coqs national! Au contraire! Au premier tour, on n'a pas que deux listes qui se présentent. Dans chaque région, de nombreux mouvements se présentent pour porter un message. Un vrai choix de projets existe, le monde binaire, bipolaire qu'on nous présente fait penser au retour de la guerre froide! Mais ce n'est pas la réalité, le pluralisme existe et si des listes indépendantes se présentent à notre suffrage, c'est que des citoyens ont choisi de proposer une alternative. C'est à nous citoyens de transformer l'essai en donnant la possibilité à des voies nouvelles d'être entendues!

Les régions peuvent agir concrètement pour notre quotidien!

On nous parle de technique, de millefeuille? Ca paraît compliqué... Pourtant les régions, comme les autres collectivités locales, ont un rôle concret pour agir au quotidien. Elles sont un souffle pour la démocratie locale! Donnons-leur une vraie légitimité citoyenne en votant pour nos élus!

Et ce n'est pas aussi compliqué qu'on essaie de nous le faire croire: tous les jours on emprunte les transports en commun, on souhaiterait que le tissu de TPE et PME local soit favorisé et renforcé pour créer de l'emploi, on souhaiterait trouver des formations professionnelles adaptées, une meilleure orientation pour les jeunes. Il y a des choses à changer, à améliorer partout en France, et donc des raisons de voter pour ceux qui expriment ce changement. Ces personnes existent et se présentent à nos suffrages, écoutons-les!

Parce que notre combat de citoyens engagés est de faire vivre le débat démocratique ouvert, nous, blogueurs démocrates, appelons tous les citoyens à voter ce dimanche pour faire entendre leur voix! Nous irons voter et appellerons à voter autour de nous! Faisons tous de même!

31/12/2009

Voeux 2010 : oui, un autre monde est possible !

Oui un autre monde est possible, si on résiste à celui qu’on ne veut plus, si chacun y met du sien. C’est ce que François Bayrou nous souhaite en nous rappelant à l’essentiel, en priorisant le souci des générations futures dans toutes nos décisions, de l’égalité des chances, de la résistance à la globalisation telle qu’elle va aujourd’hui, de la solidarité, vertu la plus importante, et enfin "Retrouver l'optimisme, savoir qu'une autre politique est possible, la définir et la défendre et ne pas se laisser décourager ».

Pour compléter ces voeux de François Bayrou, voici les conclusions et les principales leçons que je tire de ces dernières années :

L’année 2009 marque la fin d’une décennie qui, au début de ce 3ème millénaire, a fait prendre conscience aux peuples du monde et à leurs dirigeants :

-          de l’inéluctable et incontrôlable globalisation dans un monde insuffisamment régulé, mal coordonné par des Etats et des organismes internationaux devenus impuissants, face aux pouvoirs financiers, aux organisations mafieuses et terroristes, ainsi qu’aux tyrannies,

-          d’un monde où règne la loi du plus fort et où les inégalités ne cessent de croître, entre pays riches et pays pauvres ainsi qu’au sein des pays riches ou pauvres,

-          de la menace imminente de la survie de la planète, de la biodiversité des espèces et de l’homme lui-même, par le réchauffement climatique et la pollution, si l’ensemble de l’humanité ne prend pas dès maintenant des dispositions drastiques visant à changer ses comportements de consommation et les modes de production.

 

Les causes de ces maux sont intrinsèques au modèle de nos sociétés occidentales, que nous avons transmis aussi aux pays émergents, valorisant la recherche du profit individuel à court terme, la recherche du bien-être au travers de la richesse matérielle et du divertissement, dans un contexte d’économie de marché où le plus fort gagne au détriment du plus faible, ou la compétitivité est préférée à la coopération et à la solidarité, inscrivant même ces principes de fonctionnement dans des normes de négociation au sein de l’OMC et de l’Union européenne.

Ainsi, la visée de la somme d’une maximisation des intérêts individuels à court terme n’a pas optimisé l’intérêt général à long terme et l’a au contraire mis à mal. La croissance économique, que l’on croyait être source de progrès pour l’humanité, qui devait « retomber en pluie » et bénéficier à tous, était basée sur une illusion et s’est avérée bénéficier essentiellement à quelques uns devenus richissimes, au détriment des autres, au prix d’une stagnation des salaires et du pouvoir d’achat, particulièrement au sein des populations défavorisées. La grande pauvreté s’est accrue dans le monde, la famine aussi. Si le libre marché dans un contexte mondialisé et dérégulé a favorisé d’une part la sortie de l’extrême pauvreté d’une partie de la population de pays émergents ainsi que d’autre part, pour le bénéfice des consommateurs de pays riches, la baisse de prix de certains biens fabriqués dans des pays à main d’œuvre bon marché, il a en même temps ruiné une grande part de l’activité industrielle de ces mêmes pays riches par l’effet des délocalisations, accroissant le chômage et la pression sur les salaires dans ces mêmes pays, sans pour autant procurer un pouvoir d’achat, un bien-être et une protection sociale aux salariés des pays émergents, qui soit à la hauteur même relative de ceux des pays riches. L’essentiel de l’accroissement de la richesse, de la valeur ajoutée, a été captée par le capital plutôt que par une valorisation des salaires, par une minorité constituée d’actionnaires des entreprises, soit directs (grosses fortunes devenues héréditaires et bénéficiant des avantages des paradis fiscaux) soit indirects via les fonds de pension destinés à rémunérer des rentes et des retraites par capitalisation. De surcroît, ce fonctionnement est destructeur de l’environnement.

Dans ce contexte, la récente prise de conscience est salutaire et mobilisatrice. Mais au-delà des vœux pieux des différents sommets internationaux, les actions peinent à se concrétiser, comme l’ont démontré la non réalisation des objectifs du Millénaire en 2000 (notamment consécration de 0,7% du PIB des pays riches à l’aide au développement, réduction de la moitié de la pauvreté dans le monde) ou encore l’échec récent du sommet de Copenhague. Les dirigeants des pays occidentaux sont pris en étau entre d’un côté le désir de répondre à des obligations d’intérêt général, à la volonté générale de leur population à prendre des dispositions vertueuses pour réguler la planète, changer les comportements de consommation, assurer plus de solidarité, et de l’autre côté un manque de moyens nécessités par de nouveaux investissements, l’impossibilité d’accentuer une pression fiscale ou une dette publique déjà trop importante, ainsi qu’une forte hésitation à adopter un comportement plus vertueux avant les autres pays en terme de régulation et de normes sociales ou environnementales, au risque de voir fuir les entreprises et donc les emplois. 

Durant toute dette dernière décennie et même pendant les trente dernières années, (depuis les années 1980), les gouvernements de droite comme de gauche ont été impuissants à résoudre ces problèmes d’environnement et d’inégalités sociales, à éradiquer la pauvreté et la précarité. Une forme de désespoir et de renoncement s’est emparé des populations, expliquant un désintérêt croissant pour la politique, voire un écoeurement, et un abstentionnisme électoral croissant dans les démocraties, notamment en France. Or, une démocratie où le peuple ne vote plus et ne prend plus ses responsabilités, ou encore une démocratie où le citoyen vote sans conscience, manipulé par les médias, ou à la « note de gueule », sans réfléchir vraiment au sens et aux conséquences de son vote, comme dans une pseudo démocratie de certains pays où le vote est truqué, ce n’est plus une démocratie de fait. 

Lors des dernières élections en 2009, les écologistes ont bénéficié à la fois d’un positionnement en marge des partis traditionnels et d’un engouement pour la cause environnementale, ou plutôt, vu sous un angle psychologique, d’un besoin de déculpabilisation des citoyens face aux problèmes du réchauffement climatique et de la pollution. Mais une politique de décroissance et d’austérité, de préservation de la nature au détriment de l’homme, sans résoudre le problème des emplois, de la précarité, de baisse du niveau de vie, n’est-elle pas vouée à l’échec ? De même qu’une vision angélique ou irréaliste d’une application autoritaire de la solidarité et de l’orientation des investissements par un rôle accru du pouvoir central et redistributeur de l’Etat associé à une ponction fiscale importante, sur les entreprises ou sur les actionnaires des entreprises, ne risque-t-elle pas de nuire à la créativité, au développement de l’activité économique et à la responsabilité personnelle des citoyens ?   

Mais le pire serait de continuer comme aujourd’hui, de mentir aux citoyens en leur laissant croire par l’affichage de vœux pieux que l’on fait quelque chose, que l’on a su contenir le réchauffement climatique, les inégalités, l’immigration, la délinquance, la crise financière et économique, que l’on a éradiqué les paradis fiscaux, ... , de continuer à vivre à crédit au dépens des générations futures, d’accepter que soient bafouées les valeurs de la république, que le parlement et l’indépendance de la justice ne soient plus respectés, que les abus de pouvoirs croissants imposent leur loi, qu’un pouvoir toujours plus autoritaire et centralisateur paraisse rassurant et protecteur dans ce contexte d’inquiétude.

Si la prise de conscience de l’intérêt général passe par une mise sous contrainte des aspirations individuelles (baisse de consommation, du confort matériel, contribution supérieure à la solidarité …), elle sera à tout le moins plus acceptable si les individus sont intimement convaincus et motivés par les valeurs altruistes et humanistes de solidarité, de respect, de partage, que s’ils continuent à viser en priorité des valeurs individualistes et matérialistes, un profit financier à court terme, un confort matériel et à oublier le reste, leurs responsabilités et la conscience d’un monde menaçant, par refuge dans le jeux et le divertissement. Il faut trouver un juste équilibre entre la priorité environnementale, un développement humain et solidaire, favoriser la création, tout en retrouvant les valeurs essentielles, fondamentales, du vivre ensemble et en reprenant conscience et responsabilité.

Souhaitons donc pour 2010 de nos gouvernants une exigence de vérité et de transparence, des actions concrètes plutôt que des vœux pieux ou des effets d’annonce, marquant le respect des valeurs fondamentales de notre république, de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité, plus de justice sociale, notamment plus de garantie d’égalité des chances. Souhaitons leur aussi de manifester plus de démocratie en respectant mieux la séparation des pouvoirs non seulement entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, mais également médiatique et financier. Et plus d’humanité dans le traitement des sans-papiers, des migrants et de leur famille, des prisons, des exclus, des agriculteurs et des pêcheurs, comme dans l’urbanisation des villes et la désertification des campagnes.

Souhaitons aussi de la part des citoyens, des Français comme des autres Européens, une meilleure prise de 2088934562.jpgconscience individuelle de l’importance de leur vigilance et de leur vote, de leurs actions personnelles, de leur implication à la fois dans la vie civile, associative, et politique.

Oui, un autre monde est possible !

 

 

Bonne année 2010 !

 

 

 

 

19:35 Publié dans Analyse politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bayrou, voeux, 2010, modem |  Facebook | | |

 
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