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11/12/2010

François Bayrou pour le "Parti de La Fontaine"

François Bayrou fait souvent référence aux fables de La Fontaine, qu'il adore et connait presque toutes par coeur. Beaucoup de circonstances de la vie politique actuelle trouvent en ces fables une illustration, démontrant à la fois leur puissance et leur actualité. A tel point que François Bayrou propose de créer le PLF, le "Parti de la Fontaine".

Invité de l'émission "Vivement Dimanche" le 5 décembre 2010, il a récité avec talent la fable "Le loup et le chien", qui traduit parfaitement sa position politique : il préfère être le loup, affamé mais libre, que le chien bien nourri, qui a la faveur de ses maîtres, leur obéissant, mais privé de liberté, attaché la corde au cou. Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, comparés à lui, sont des chiens, ce qui n'est pas sans rappeler le cynisme politique (Le terme « cynisme » provient du grec ancien κύων / kuôn, qui signifie "chien"). Je ne résiste donc pas à vous passer l'extrait de cette émission.


loup3
envoyé par ddruze. - L'info video en direct.

François Bayrou a également fait référence à la fable "Les animaux malades de la peste", citant la phrase finale : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir." l'illustrant de multiples exemples concrets et vécus, notamment :

-  la campagne présidentielle de 1995 :  les comptes de campagne de Chirac et de Balladur n’auraient pas dû être validés par le Conseil constitutionnel, mais ils le furent car il n’était pas « pensable » de ne pas le faire, alors même qu’un petit candidat, Jacques Cheminade, avec 0,28% des voix, fut ruiné par cette campagne.

- Liliane Bettencourt a pratiqué l'évasion fiscale à grande échelle (Iles d'Arros), n'est pas inquiétée, est censée "régulariser sa situation" sans tracas, alors qu'une femme de ménage qui n'a pas déclaré 8 heures de ménage devra rembourser 3000 euros et plus en pénalités,...

J'ai trouvé très bonne l'idée de ce Parti de La Fontaine. Cela permet  de remoraliser la politique avec humour, sur des références que connaissent les gens, sans être un moraliste austère et ennuyeux. Comme j'aime composer des fables et en ai revisité une de La Fontaine, "Le Corbeau et le Renard", transposée en "Leuro et le dollar", je la propose ci-dessous à ce nouveau parti. J'ai aussi composé la petite fable "Arx Tarpeia Capitoli Proxima" à l'attention des centristes qui ont quitté le MoDem pour prendre des postes de ministres, comme les chiens dont nous venons de parler.

 

L'EURO ET LE DOLLAR

Maître Euro, sur Reuters coté, pavoisait au certain sur les pages
Le Dollar, se sentant de côté, lui tint à peu près ce langage :
Eh bonjour Monsieur de l'Euro !
Comme vous êtes joli, comme vous me semblez beau !
Si votre figure sur cette page se rapporte à votre noble image,
Vous êtes sans mentir phénix des monnaies avant moi !
A ces mots, l'Euro ne se sent plus de joie,
Et tout à son comble ravi,
Il ouvre un large spread et laisse tomber son prix.
Le trader s'en saisit et dit :
Mon bon ami, tout trader vit au dépens de ceux à qui il coûte,
Cette leçon vaut bien quelques ticks sans doute.
L'Euro, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu'on ne le collerait plus.

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ARX TARPEIA CAPITOLI PROXIMA

Tous ceux-là, malgré la réception des honneurs,
Devraient méditer sur ce bel antique adage
Qui rappelle que nul même sous projecteurs
N'est à l'abri d'une chute après les hommages :
Le "Arx tarpeia Capitoli proxima " :
"La Roche Tarpéienne est près du Capitole"
Voilà ce dont prévient, maxime a minima,
Que même la tête des vrais preux dégringole.

L'adulé d'aujourd'hui peut être honni demain,
Quand le banni d'hier a aujourd'hui la main !

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LE LOUP ET LE CHIEN


Un Loup n'avait que les os et la peau ;
Tant les Chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers.
Mais il fallait livrer bataille
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? Rien d'assuré, point de franche lippée.
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
........Sans parler de mainte caresse.
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
Qu'est-ce là  ? lui dit-il.  Rien.  Quoi ? rien ? Peu de chose.
Mais encor ?  Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ?  Pas toujours, mais qu'importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

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LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

 

Un mal qui répand la terreur,

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),

Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

On n'en voyait point d'occupés

A chercher le soutien d'une mourante vie ;

Nul mets n'excitait leur envie ;

Ni Loups ni Renards n'épiaient

La douce et l'innocente proie.

Les Tourterelles se fuyaient ;

Plus d'amour, partant  plus de joie.

Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,

Je crois que le Ciel a permis

Pour nos péchés cette infortune ;

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents

On fait de pareils dévouements :

Ne nous flattons  donc point ; voyons sans indulgence

L'état de notre conscience.

Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons

J'ai dévoré force moutons ;

Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense  :

Même il m'est arrivé quelquefois de manger

Le Berger.

Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense

Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi

Car on doit souhaiter selon toute justice

Que le plus coupable périsse.

Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;

Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;

Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce.

Est-ce un péché ? Non non. Vous leur fîtes, Seigneur,

En les croquant beaucoup d'honneur;

Et quant au Berger, l'on peut dire

Qu'il était digne de tous maux,

Etant de ces gens-là qui sur les animaux

Se font un chimérique empire.

Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.

On n'osa trop approfondir

Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances

Les moins pardonnables offenses.

Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples Mâtins ,

Au dire de chacun, étaient de petits saints.

L'Âne vint à son tour, et dit : J'ai souvenance

Qu'en un pré de Moines passant,

La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense

Quelque diable aussi me poussant,

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.

Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.

A ces mots on cria haro  sur le Baudet.

Un Loup quelque peu clerc  prouva par sa harangue

Qu'il fallait dévouer ce maudit Animal,

Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !

Rien que la mort n'était capable

D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de Cour  vous rendront blanc ou noir.

 

 

 

14/06/2010

Pourquoi Hervé Morin est dans une impasse

Afficher l'image en taille réelleLe Nouveau Centre a tenu ce week-end un congrès à Tours, reconfirmant Hérvé Morin à sa tête. Comme le décrypte Mediapart dans un article intitulé " 2012: comment Nicolas Sarkozy joue avec les centristes", Hervé Morin a un plan, celui de se présenter au premier tour de la présidentielle de 2012 (avant de rallier Nicolas Sarkozy au second), pour doper sa notoriété et peser enfin dans la majorité. Mais son plan est contrarié par l'opposition de Nicolas Sarkozy à cette éventualité, qui ne ferait que lui retirer des voix au 1er tour sans lui en apporter plus au second. Bien vu Nicolas ! Et le rusé Nicolas a plus d'un tour dans son sac : il ressort la menace les députés du Nouveau Centre de leur mettre un candidat UMP en concurrence du candidat Nouveau Centre aux Législatives de 2012, comme il l'avait fait en 2007 pour rallier leur soutien entre les deux tours.

CONCLUSION :

- soit Morin ne se présente pas et se couche devant la volonté du Prince Nicolas Sarkozy, préservant sans certitude les mandats de ses députés pour 2012, mais l'identité du Nouveau Centre perd tout crédit, et le parti fait définitivement pchitt !

- soit il se présente et il perd une majorité de ses élus qui :

  • soit l'auront quitté pour l'UMP ou le parti Valoisien aligné à l'UMP pour ne pas avoir de concurrent UMP aux législatives,
  • soit iront au casse-pipe aux législatives avec concurrence UMP, se faisant encore plus rétamer que s'ils étaient du MoDem dont l'honneur est sauf.

Bref dans les deux cas Morin est mort.

Un autre scénario : François Bayrou reprend du poil de la bête et ses anciens amis députés (sauf Morin et Leroy qui ont trop daubé sur lui !) le rejoignent en espérant gagner sous ses couleurs en 2012, qui sait ?

10/04/2010

Hervé Morin, le "Besson" de l'ex-UDF

Morin 31032010.jpgHervé Morin appelle au rassemblement des "centristes" et à une candidature pour les représenter aux prochaines élections présidentielles de 2012 (la sienne étant une éventualité probable). Oui, mais "centriste" pour lui, pour eux, cela veut dire allié à l'UMP, comme le dit cette dépêche AFP, rappelant sur Europe1 que "l'UDF a toujours été l'alliée de la droite", affirmant "Je n'ai pas trahi François Bayrou c'est lui qui est parti" a rappelant que le courant centriste véhiculait des valeurs qui ne "sont pas compatibles avec celles de la gauche".

Or de quelles valeurs parle-t-il ?

Dans cet article des Echos, il définit les « marqueurs » et les formules clefs du centrisme : Europe, libertés publiques, « humanisme refondé ,« une société apaisée, une société de la reconnaissance et une société de la tolérance ».  Il se trouve que justement ce sont des valeurs clamées par la gauche, par le PS, ... ainsi que par François Bayrou !

Cherchez l'erreur ... dans la cohérence avec les actes !

Sous ce langage sirupeux d'« humanisme refondé » et de « société apaisée, société de la reconnaissance et une société de la tolérance », il a voté le budget et sa politique fiscale inégalitaire, cautionné la politique sarkozyste du bouclier fiscal, des inégalités croissantes, de la neutralisation des contre-pouvoir, de l'emprise sur les médias notamment avec la réforme de l'audiovisuel et l'alignement atlantiste avec la réintégration dans le commandement armé de l'OTAN.

Hervé Morin se proclame "centriste" tout en étant soumis à la droite ... C'est en fait tout simplement le "Besson" de l'ex-UDF !

Pense-t-il vraiment avoir l'envergure pour porter l'habit présidentiel ? Probablement pas. Tout au plus aura-t-il l mérite, ainsi que D. de Villepin, de contribuer à la division des voix de droite grâce à laquelle l'UMP n'atteindra peut-être pas le 2ème tour.

J'ai hâte de voir un 2nd tour Bayrou-Aubry (ou DSK) en 2012. L'un ou l'autre sera toujours mieux que ce régime scélérat et ces traitres soumis et baveux avec leurs phrases sirupeuses et les actes qui ne suivent pas leurs beaux discours dégoulinants.

11/04/2008

Bayrou : une mise à mort organisée par l'Elysée

 ba25caae3cbe9ee16ef9cab20ea96d05.jpg                                        Selon un article du Monde d'hier, une "note stratégique" a été adressée lundi 7 avril à Nicolas Sarkozy en vue d'une réunion le mercredi suivant appelée "comité de liaison" avec les ministres  et parlementaires centristes "ralliés" et en cours de ralliement (+ JM Cavada).

Voici son contenu intégral diffusé par Le Monde.

Cette note prouve l'orchestration organisée de la mise à mort de François Bayrou par l'Elysée, la malveillance des uns, la traitrise des autres, attirés par les prébendes ou intimidés par les menaces. Après Hervé Morin, Maurice Leroy et autres anciens parlementaires qui avaient soutenu François Bayrou puis soudain lâché entre les deux tours des élections présidentielles, Jean-Marie Cavada ensuite, voici maintenant la vague annoncée de sénateurs, entraînés par Jean Arthuis et Michel Mercier, sans omettre Thierry Cornillet. La cohorte des Judas est en marche ...

Mercredi,  François Bayrou avait réprouvé  ce "comité de liaison" de la majorité annoncé par l'Elysée, y voyant un "réseau de cuisine politique" et déclarant à la presse dans les couloirs de l'Assemblée : "Ce n'est pas la fonction du président de la République d'être un animateur des partis politiques". La fonction du président devrait être au-dessus des partis, il ne devrait pas être un des acteurs. Le MoDem n'est pas englué dans ce réseau de cuisine politique de la majorité. Les militants du MoDem sont libres et indépendants".

Ces manoeuvres dépassent les bornes, les limites acceptables de la tactique politicienne élevée à l'école de Machiavel. Les journalistes, la presse et les médias, les journaux citoyens, devraient relayer cette note et dénoncer cet abus du gouvernement, cette honte à la démocratie, qui salit la vie politique et en dégoûte les Français.

Il ne s'agit pas ici de défendre personnellement Monsieur Bayrou, seul contre tous, mais de défendre la République et la Démocratie, d'imposer un peu de moralité en politique !

Je relaie aussi le message des Démocrates :

"Devant les attaques répétées et injustifiées visant le Mouvement Démocrate , et à travers lui François Bayrou ,nous adhérents ou sympathisants déclaront soutenir ceux qui ,à la tête ce de ce mouvement, continuent de résister à la politique de la compromission. Nous souhaitons leur réaffirmer ici notre soutien, leur adresser nos encouragements et témoigner de notre volonté d'avancer. Ceux qui choisissent la voie de la facilité et de la servilité ne font que nous renforcer dans l'idée qu'il est grand temps de faire de la politique autrement. Quoiqu'il arrive, nous affirmons être fiers d'être MODEM et nous continuerons à travailler au renouveau politique de notre pays, pour que le projet d'espoir devienne réalité pour chacun."

 
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