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22/12/2007

Le Mouvement Démocrate : un projet de civilisation

2bf1f1b380dcc2af2e3ca5945cc17684.jpgLe projet du Mouvement Démocrate va bien au delà d'un programme politique, économique et social ; bien au delà des catalogues de mesure habituellement présentés par les partis politiques. C'est même plus qu'un projet de société : c'est un projet de civilisation.

 

Une civilisation lie des sociétés d’hommes qui se construisent sur des valeurs et une culture commune et dans un objectif commun, une même vision du progrès, dans la projection qu’elles se font de l’avenir en commun. Alors que le mot société désigne d’une manière générale un groupe de personnes ayant une forme de vie commune. La civilisation est à la société ce que l’espèce est à la race. De même que les espèces peuvent disparaître, Paul Valéry nous a avertis que «Nous autres, civilisations, nous savons désormais que nous sommes mortelles » .
Il se trouve que la civilisation actuelle connaît les premiers signes de sa mortalité, notamment au travers du défi écologique. Mais bien au delà de cette mortalité physique, elle souffre également de signes de mortalité morale et spirituelle, de perte d’humanité.
Le Projet Démocrate est un projet de civilisation car il repose sur des valeurs, résumées dans une charte des valeurs, et sur une culture (humaniste), une idée du progrès de l’homme et de l’humanité, ainsi que sur une éthique, un comportement politique et moral, résumée dans une charte éthique. Il vise un idéal humaniste, un monde de justice croissante, basé sur la confiance dans le respect de la démocratie et de la république.
Certains détracteurs du projet démocrate qualifient ce dernier d’utopie, car ils sont convaincus que l’homme est intrinsèquement mauvais et qu’il ne peut être motivé par des valeurs humaines. Selon eux, seuls l’appât du gain, la recherche du pouvoir personnel et du plaisir (physique) peuvent motiver ce dernier dans ses projets et ses actions. Ils sont cyniques et politiquement suivent les principes de Machiavel décrits dans « Le Prince » afin d’acquérir ou de conserver le pouvoir, reposant sur les postulats suivants :
1- la seule motivation doit être le pouvoir
2- Il faut absolument s’affranchir de toute morale pour conduire le pouvoir
3- L’homme, le peuple comme le Prince, est naturellement mauvais ; il ne regarde que son premier intérêt avant celui d’autrui.
Rappelons cependant la définition de l’utopie : l’utopie est un régime politique idéal, qui gouvernerait les hommes parfaitement, une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Callipolis de Socrate) ou encore une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie (l’Abbaye de Thélème, dans Gargantua, de Rabelais, en 1534). Ce terme a été dévoyé, désignant une réalité difficilement admissible, un monde irréaliste. Ainsi, qualifier un projet d’utopiste consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel. Comme si le fait d’envisager une société idéale, qui doit être un objectif, était du domaine du rêve irréalisable, l’idéal étant de fait incompatible avec le réel.
Il se trouve que cette utopie démocrate a le mérite de présenter au moins une cible, un projet de société et même comme nous l’avons dit de civilisation, plutôt que naviguer à vue sur des mesures à court terme et sans fondement de valeurs, et qu’elle s’inscrit par ailleurs dans la réalité de ce monde, ne niant pas la mondialisation et le fonctionnement capitaliste de l’économie. Il s’agit de reconnaître des priorités nouvelles dans nos actions personnelles, les actions des entreprises, de l’Etat, et de mettre en place des garde-fous, ceci dans un contexte plus global, d’abord européen, voire mondial. Il est tout à fait possible de réfléchir sur le réel, sur l’amélioration concrète de nos conditions de vie, par une représentation objective du monde que nous souhaitons.
Le modèle démocrate (appelons-le ainsi) s’oppose donc à un autre modèle de civilisation dominant, qui est celui du néo-capitalisme basé essentiellement sur des valeurs matérialistes, la recherche du profit, la valeur de l’argent, et le règne de l’image, du paraître, au détriment des valeurs humaines et spirituelles. Dans ce modèle règne la loi du plus fort. Ce modèle fertilise son pouvoir sur le terrain de la mondialisation. Il génère des inégalités croissantes dans le monde et dans chacune des sociétés qui le composent. Il ne sait pas venir à bout de la pauvreté dans le monde ni du désastre écologique qui menace la planète, car les intérêts matériels et particuliers à court terme l’emportent toujours sur l’intérêt général à long terme. Il ne paraît pas non plus rendre les gens plus heureux, contribuer à augmenter le niveau de bonheur des populations, sinon par une éphémère impression de bonheur représentée par l’argent, un pouvoir d’achat. La domination du monde par ce modèle induit implicitement cette civilisation à sa propre destruction.
Les partisans de ce modèle, au travers de partis politiques, ne clament pas bien sûr qu’ils recherchent les inégalités croissantes et la loi du plus fort, qui en fait sont implicites des valeurs matérialistes qu’ils érigent comme prioritaires. Ils aiment se proclamer tenants de la Démocratie et de la République, bien qu’ils n’en respectent pas des principes fondamentaux, galvaudant ces nobles termes pour épicer leurs discours ou les rendre convenables. Leur stratégie politique est basée sur la séduction, le pouvoir des médias, la soumission aux sondages, une forme de populisme, la conservation du pouvoir par les puissants tout en entretenant une volontaire léthargie, passivité des masses, en les divertissant par les jeux, les programmes télévisés, en les faisant rêver par l’entretien d’événements people, le star system, l’espérance de gains où chacun a sa chance (loterie et loto), … et l’illusion que le salut est dans l’action effrénée, quel que soit son aboutissement, du moment que « ça bouge ». C’est la société du « zapping » perpétuel.
Un autre modèle de civilisation a tenté de s’imposer au XXème siècle avec l’échec que l’on connaît matérialisé par la chute du mur de Berlin en 1989 et la période de la Perestroïka en URSS : le modèle socialo-communiste, très dirigiste, prônant l’appropriation des terres et bien de production par l’Etat, avec une centralisation extrême du pouvoir et de la redistribution des revenus. Ce modèle aboutit à un appauvrissement de la population, une déresponsabilisation des citoyens, à la prise de pouvoir par une oligarchie représentant l’Etat et s’octroyant des privilèges, à la dictature.
Il y a donc bien à présent deux modèles de civilisation qui s’affrontent aujourd’hui sur notre planète, dont la concurrence alimentera le combat politique des prochaines décennies, pas seulement en France mais également chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis et même dans le reste du monde, remplaçant le traditionnel clivage « Gauche-droite » en France, aujourd’hui dépassé :
-                      d’un côté le modèle néo-capitaliste basé sur des valeurs matérialistes, la loi du plus fort, qui génère des inégalités croissantes,
-                      de l’autre le modèle démocrate et humaniste, priorisant les valeurs humaines et spirituelles, visant une justice croissante et un développement humain. Sans cependant nier la réalité économique et le contexte de la mondialisation.
Quel Projet de Civilisation propose le Mouvement Démocrate ?
Comme nous l’avons dit, le Projet Démocrate vise un idéal humaniste, un monde de justice croissante, basé sur la confiance dans le respect de la démocratie et de la république. Décrivons ci-après les fondements de cet idéal, les valeurs qui l’animent.
L’idéal humaniste à pour objectif le progrès de l’Humanité. L’humanisme place l’Homme au centre, lui reconnaissant en tant qu’individu sa conscience, sa responsabilité, sa valeur et son potentiel, quelles que soient son identité, sa naissance, son origine sociale, ethnique et culturelle. Les valeurs de l’Humanisme sont des valeurs de confiance, de respect, de tolérance, d’authenticité, de transparence, de justice et de solidarité. Ainsi l’Humanisme s’oppose au matérialisme, qui gangrène de plus en plus nos sociétés aujourd’hui, laissant s’instaurer une domination par l’argent, confisquant le pouvoir au bénéfice des riches et des puissants, accréditant que nos motivations essentielles sont l’acquisition des richesses et la consommation, modèle aboutissant finalement à une société d'inégalités croissantes. Ce courant humaniste est résistant, révolutionnaire et pacifique.
Résistant car les valeurs qu’il prône sont des valeurs de résistance : la liberté individuelle doit se gagner face à un monde où ce qui est naturel, c’est la domination de l’autre. L’égalité entre les hommes ne va pas de soi non plus dans un monde où chacun cherche à défendre ses acquis. La solidarité et la fraternité ne sont pas non plus systématiques, l’égoïsme, l’individualisme et d’hédonisme étant aussi des attitudes plus faciles à adopter chez l’homme.
Révolutionnaire car il affronte la domination des esprits et de l’argent par les puissants, il bouleverse les pouvoirs établis.
Pacifique car il croit en une émancipation des hommes qui sont de plus en plus formés et informés pour élever leur conscience et prendre leurs responsabilités, notamment dans les pays qui fonctionnent en démocratie, par l’expression et le vote. Il a également l’espoir que les puissants eux-mêmes adhèrent aux valeurs de l’Humanisme et réalisent que seules ces valeurs sont à même de porter le progrès de l’Humanité et de sauver le devenir même de l’espèce humaine et de donner sens à son existence.
Inspirés d’Humanisme, les Démocrates veulent construire une société de confiance, tant au niveau individuel que sur le plan collectif, une société qui donne le sens de « vivre ensemble », où les relations entre les humains ne sont pas systématiquement monnayées ou « marchandisées ». La société de confiance s’oppose à une société de défiance, où l’inégalité germe dès la naissance, où domine la loi du plus fort et du plus riche, où l’apparence, la caste et le carnet d’adresse priment sur la compétence, où règnent l’anonymat, l’isolement, le « chacun pour soi » et le « sauve-qui-peut ».
Cette société s’inscrit dans un projet de civilisation transversal et universel, dans un univers mondialisé, se traduisant aussi bien au niveau individuel, de la famille, de la commune, de la région, de la nation, de l’Europe et du Monde. Ce projet doit viser la prospérité, pas seulement matérielle mais aussi humaine et spirituelle, redonner le goût de l’entreprise et de l’innovation, une motivation sur des objectifs industriels visant un progrès et une valeur humaine, pas seulement une « valeur ajoutée » financière, ne visant que la rentabilité financière à court terme.
Ce projet doit aussi viser la préservation de la planète et ce qu’on appelle le « développement durable ». Ce terme ne devrait pas être limité au souci de permanence des sources d’énergie et des ressources en général, mais considérer plus généralement le « devoir de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre pour autant la capacité des générations futures à répondre des leurs », quel que soit le domaine où il s’applique. C’est vrai notamment pour la gestion de la dette publique qui grève les générations futures.
Le Projet Démocrate veut réconcilier l’Europe avec les Nations. L’Europe ne doit pas être  réduite à un simple espace de libre échange. Elle doit être le lieu de rassemblement des problèmes communs des pays européens, pour protéger et promouvoir leurs ressources, leurs cultures, leurs valeurs. Les problèmes de ressources énergétiques, d’environnement, d’immigration, de défense doivent être traités au niveau de l’Europe.
Il s'agit également de protéger nos racines, notre identité, nos traditions, notre culture et nos langues régionales, face à la mondialisation et à l’uniformisation culturelle et idéologique.
Le Mouvement Démocrate est convaincu que l’organisation sociale et politique la mieux à même de répondre à cet idéal est la démocratie. La démocratie permet de construire l’Homme, reconnaît sa place en tant que citoyen autonome libre de corps et de pensée, ayant une conscience et une capacité de jugement, responsable de ses actes moralement. La démocratie donne la parole et le pouvoir au citoyen, pouvoir qu’il organise en le déléguant et en le contrôlant. Elle suppose idéalement que le citoyen bénéficie d’une transparence de l’information, d’un accès aux connaissances et à l’éducation.
Le Mouvement Démocrate propose une démocratie proche du citoyen, qui l’informe sur les problèmes du pays, de l’Europe, du Monde, lui explique les solutions proposées et lui donne les moyens de s’exprimer.
Il prône également la démocratie sociale, qui redonne au travail une valeur capitale, car ce qui fonde le lien entre les hommes, c’est essentiellement l’utilité sociale, c’est à dire le travail. C’est par là que l’individu acquiert une reconnaissance, donc une source d’épanouissement de ses talents, et non simplement par la garantie d’un revenu assuré.
Aussi faut-il être intransigeant sur les valeurs fondamentales de la Démocratie, tenir pour prioritaire le droit à l’expression, à l’éducation et à l’information du citoyen, défendre la juste représentation des courants d’opinion, le pluralisme, l’indépendance des médias et accorder priorité à l’éducation.
Le pouvoir du citoyen ne doit plus être limité à la désignation de ses dirigeants par son suffrage, qui ensuite peuvent régner et décider sans lui rendre de comptes ou bien en lui en rendant mais toujours à sens unique, sans concertation. Il faut aller plus loin en changeant le statut du citoyen, en lui  donnant un rôle d’acteur et tenir compte de son avis au sein d’une véritable concertation. Pas une consultation d’apparence où l’on fait mine d’écouter pour ensuite imposer ce qu’on a décidé. Le conflit est sain car permet l’expression des attentes et dénoue les tensions. La contradiction renforce ainsi l’autorité et donne légitimité à son exercice.
La République formalise et institutionnalise la démocratie en la dotant d’une constitution et d’institutions lui permettant de bien fonctionner. Comme le stipule notre constitution, la République est « démocratique, laïque et sociale ». Elle repose sur les valeurs de  « Liberté, Egalité et Fraternité » qui sont des droits du citoyen. Elle garantit aussi son identité, sa citoyenneté, sa sécurité physique et la propriété, la protection de ses biens. Elle confère au citoyen des droits mais en retour ce dernier  a aussi des devoirs : le respect de l’autorité, le civisme, une forme de patriotisme. La République impose la séparation des pouvoirs et l’impartialité de l’Etat.
Le Mouvement Démocrate défend ces valeurs de la République contre toutes les dérives. Ces valeurs sont bien souvent piétinées, bafouées, contournées. Il faut assainir les institutions et mieux garantir la séparation des pouvoirs, non seulement exécutif, législatif et juridique, mais aussi financier et médiatique. La République a ses espaces sacrés, certains lieux qui méritent d’être « sanctuarisés », notamment l’Ecole, le tribunal et le Parlement. Même si le rôle de l’Etat est important dans sa fonction régalienne, protectrice et re-distributive de richesses, le Mouvement Démocrate ne croit pas à un Etat omnipotent qui gère tout et laisse penser qu’il prend tout en charge dans la vie du citoyen et dans la gestion du pays. Pour redonner au citoyen un rôle acteur et participatif, organiser une concertation entre le pouvoir et le peuple, il propose une gestion plus décentralisée de certains problèmes et le renforcement des corps intermédiaires, des représentations citoyennes tels que les syndicats, les corporations, les associations. Il faut réinventer un modèle de société. C’est une tâche et une responsabilité immense qui nous incombe, à nous Démocrates, celle d’un véritable projet de civilisation. Le programme politique du Mouvement Démocrate traduit finalement en propositions concrètes la manière de réaliser cet idéal, en ayant tout d’abord évalué les moyens les plus judicieux pour y arriver sans compromettre pour autant ses valeurs, en étant attaché avec réalisme à l’efficacité de ces moyens, en ayant recours à une évaluation de ces derniers dans des contextes similaires, par expérience passée ou par comparaison avec d’autres pays les ayant employés. En ce sens ce programme s’inscrit dans une approche réaliste et non utopiste (dans le sens irréalisable).
                             Marie-Anne Kraft (alias "Marianne")
 
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