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28/02/2012

Le double enfumage de François Hollande sur la création des 60 000 postes dans l'éducation

Une des propositions phares de François Hollande pour l'éducation nationale, c'est la création de 60 000 postes dans l'éducation nationale pendant son futur mandat de cinq ans s'il est élu, alors que Nicolas Sarkozy en aura supprimé 50 000 pendant le sien. Or cette proposition n'est pas honnête, même si elle part d'une bonne intention.

Signalons d'abord que François Hollande a nuancé la proposition depuis son annonce initiale de création de postes d'enseignants présentée comme une dépense supplémentaire, comme il est familier de cette pratique, revenant souvent sur ses annonces : "suppression" puis finalement "réforme" du quotient familial, "fusion" puis finalement "rapprochement" de la CSG et de l'IR, ajout timide d'une tranche marginale de l'IR à 45% puis ajout d'une autre à 75% trois semaine après, "déclaration de guerre à la finance" et "séparation stricte" des activités de marché et des activités bancaires puis dans un entretien au Guardian il rassure la City et dans un article de l'AGEFI  il précise écarter une scission radicale des banques, en précisant que ces activités seront simplement à séparer dans les groupes bancaires (filialisation) ....

En effet, comme il l'a dit lundi soir 27 février 2012 lors de l'émission "Parole de candidat", ces postes ne seront pas seulement des postes d'enseignants (combien ?) mais également des postes d'accompagnement : surveillants, infirmières scolaires, psychologues, assistantes sociales,... (dans quelle proportion ?). Il avait aussi laissé entendre récemment que des créations de postes seraient faites au détriment d'autres postes de fonctionnaires (lesquels ? Dans quels domaines ?).

Mais je ne qualifierais pas cette ambiguïté d'enfumage. Il s'agit de précisions dénotant que l'annonce initiale était quelque peu précipitée et irréaliste, donc une intention louable de la rendre plus crédible, mais laissant de nombreuses questions sans réponse.

En revanche, quand on évoque le financement de cette mesure, évaluée à 1,7 milliards d'euros par an (représentant 12 000 postes par an qui cumulés sur 5 ans arrivent à 60 000, soit 5,2 milliards d’euros sur la durée du quinquennat, sans compter les futures pensions à payer, sachant que les pensions des fonctionnaires ne sont pas provisionnées en France, comme le soulignait le rapport Pébereau 2005), François Hollande botte en touche en disant : " c'est exactement le coût du manque à gagner de la baisse de l'ISF décidée par Nicolas Sarkozy [en compensation de la suppression du bouclier fiscal], alors, préférez-vous faire un tel cadeau aux riches ou recruter des postes dans l'éducation ?" Ce qui conduit habilement à soutirer l'adhésion du public sur la proposition, ... sans répondre à la question du financement. J'appelle cela de la manipulation et de l'esquive de la question. Donc premier enfumage.

Le deuxième enfumage est plus grave, car vise la faisabilité de la proposition : est-ce vraiment possible de recruter plus d'enseignants dans les conditions actuelles ? Comme l'a déjà signalé François Bayrou lors de l'annonce initiale de François Hollande, et comme le rappelle Luc Châtel, ministre de l'éducation, "« C’est irréaliste, car c’est faire preuve d’une méconnaissance totale du système de recrutement des enseignants. Or aujourd’hui, nous avons déjà des difficultés de recrutement et le doublement aboutirait mécaniquement à une baisse du niveau des enseignants recrutés. ». 

Regardons les chiffres :
- 16 000 postes supprimés dans l'éducation nationale en 2011, comme l'a prévu la PLF 2011 :  8.967 postes d'enseignants supprimés dans le premier degré, 4.800 dans le secondaire et 600 dans les services administratifs, dans le cadre du non-remplacement du départ à la retraite d'un fonctionnaire sur deux (voir cet article reprenant les chiffres de la rentrée 2011) ;
- 13 434 enseignants ont été recrutés par concours pour la rentrée 2011 (voir cet article, source Ministère de l'Education nationale) ;
- En 2011, 20% des postes offerts aux Capes (4 880 places) n'ont pas été pourvus, faute de candidats à niveau, car il y a bel et bien une crise de vocation, dans une profession devenue de plus en plus difficile, mal considérée et mal rémunérée (rappelons que les enseignants allemands ont un salaire deux fois plus élevé). Voir aussi cet article).

Si dans les conditions actuelles de suppression de postes on n'arrive même pas à recruter les enseignants sur les postes vacants, on n'est pas près d'en recruter plus sans reprendre complètement la question de la revalorisation de la profession et du rehaussement du niveau des candidats, à moins de baisser l'exigence en rabaissant le niveau des professeurs recrutés.

Ou bien François Hollande ne compte-t-il que des postes d'accompagnement non enseignants dans les 60 000 recrutement ?

Le Parti Socialiste devrait méditer la célèbre citation de Georges Clémenceau : "La France est un pays extremement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impots".

26/02/2012

Libre, François Bayrou est le seul à pouvoir véritablement moraliser la vie politique

Samedi 25 février 2012, François Bayrou a tenu son quatrième grand forum thématique, sur les questions de justice, de démocratie, des contre-pouvoirs (notamment sur l'indépendance de la presse). Edwy Plénel était invité de la troisième table ronde, ainsi que  Jean-François Kahn, délectant l'auditoire d'excellentes interventions bruyamment applaudies, Edwy Plénel citant Tocqueville qui  menaçait la démocratie du risque de "dictature douce" ou encore, à propos des atteintes faites à la démocratie, Péguy qui disait "Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse. C'est d'avoir une âme habituée". 

Retenons aussi le remarquable discours de clôture de François Bayrou, dénonçant les dérives et abus du pouvoir, les conflits d'intérêt, les relations incestueuses du pouvoir avec le monde des médias et des puissances financières, annonçant s'il est élu président en 2012 un référendum sur la moralisation de la vie politique, le 10 juin, le même jour que le premier tour des élections législatives, incluant les propositions suivantes :

Les 12 propositions de François Bayrou :

1/ Fixation des règles de composition d'un gouvernement resserré de moins de 20 ministres.

2/ Cumul des mandats "interdit" pour les députés dès les législatives de juin, "limité" pour les sénateurs.

3/ Délégation de vote supprimée et donc présence obligatoire des députés pour voter les lois; tous les votes seront publics.

4/ Fixation des principes d'une nouvelle loi électorale et d'une nouvelle composition de l'Assemblée nationale: nombre des députés diminué d'un tiers, "de l'ordre de 400" au lieu de 577 aujourd'hui. Elus pour trois-quarts au scrutin majoritaire actuel et pour le quart restant à la proportionnelle. Réduction du nombre de sièges applicable au Sénat.

5/ Reconnaissance du vote blanc à toutes les élections.

6/ Obligation effective de parité hommes-femmes.

7/ Suppression de "la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance".

8/ Définition du conflit d'intérêts pour les responsables politiques, pour les hauts fonctionnaires (obligation de déclaration publique des intérêts privés avant l'entrée dans la fonction et lors de toute modification, fixation des incompatibilités), création d'une Autorité de déontologie de la vie publique pouvant être saisie par les citoyens.

9/ Interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption.

10/ Indépendance de la justice. Le ministre de la Justice aura un statut particulier. Sa nomination, proposée par le duo exécutif, devra être soumise à l'approbation d'une majorité qualifiée du Parlement, devant qui il sera individuellement responsable et par qui il pourra être censuré. C'est lui qui conduira au nom du gouvernement la politique pénale de la nation.

11/ Indépendance des médias. Abrogation de la procédure "scandaleuse" qui fait de la nomination des présidents de l'audiovisuel public l'apanage personnel du chef de l'Etat.

12/ Procédure nouvelle pour éviter les nominations de complaisance et les soumettre à une approbation du Parlement et non pas à la "pseudo-approbation" actuelle.

Compte tenu de toutes les affaires, les casseroles, que traînent l'UMP et le PS depuis des années où il ont conduit le pays en alternance et en monopolisant le pouvoir, seul un homme (ou une femme) honnête, intègre et libre de ces appareils, non tenu par des parlementaires qui n'accepteront jamais de lâcher leurs privilèges, peut proposer une telle refondation, peut s'engager enfin à ce que ces promesses, tant attendues par nombre de Français, soient enfin traduites dans les actes. Et ceci dès le vote en référendum, approuvé par les Français eux-mêmes (notamment le non cumul des mandat pour les députés élus en mai prochain !). Seul le point 4 sur la nouvelle loi électorale, diminuant le nombre de députés et instituant 25% de scrutin à la proportionnelle, ne peut être mise en place que pour la prochaine législature, car elle nécessite un travail préparatoire, un redécoupage des circonscriptions).

François Bayrou est cet homme-là. Il a de plus de l'expérience et vise réellement la reconstruction du pays, dans un esprit d'unité nationale et non plus d'affrontement camp contre camp. Eva Joly aurait pu aussi, en tant que femme intègre et soucieuse des mêmes objectifs, mais son parti, trop lié au PS, n'est pas libre. Jean-Luc Mélenchon non plus n'est pas libre et quand il prône une Assemblée constituante et exhorte les citoyens à "reprendre le pouvoir" dans un esprit révolutionnaire, alors qu'il annonce son ralliement au PS, ce n'est pas crédible. Corinne Lepage également, mais qui pèse si peu électoralement et qui n'a pas la potentialité de François Bayrou d'atteindre le second tour.

Il est temps de tourner la page, de donner un grand coup de balai ("Escoubat !" comme on dit en béarnais ...).

Extrait du discours de François Bayrou :

"Cette moralisation de la vie publique qui traîne depuis trente ans, dont tout le monde parle depuis trente ans sans que jamais rien ne change, cette moralisation de la vie publique, je considère qu'il est vital, vital pour la France, de la conduire maintenant à son terme. 

... Je ferai une vie politique honnête et insoupçonnable parce que je serai un président libre, lié à aucun réseau, ne trimbalant aucune affaire lointaine et que j'aurai pour le faire le soutien des Français.

... J'en suis arrivé à une certitude : le monde politique tel qu'il est dominé par les deux partis du monopole du pouvoir est incapable de se réformer lui-même. Or la réforme est vitale pour retrouver l'estime du peuple envers ses élus et ses dirigeants et pour que cessent les manipulations et les manoeuvres. Elle est nécessaire en particulier et surtout pour redresser la France et la sortir de la crise, car la condition du redressement, c'est la confiance retrouvée. Pour rétablir les principes de la République, les simples principes de l'éducation civique, il faut donc en passer par la seule autorité qui vaille, qui est l'autorité directe des Français. 

... Le référendum du 10 juin  rétablira les principes d’une vie démocratique saine et équilibrée. Elle mettra un terme aux risques de comportements abusifs et de conflits d’intérêt. Elle rétablira les principes de la séparation des pouvoirs. Elle rendra intangible et protègera pour l’avenir l’indépendance de la justice. Elle protègera l’indépendance des médias et notamment des médias publics. Elle posera les principes d’une loi électorale juste et elle reconnaîtra le vote blanc. Elle réformera les règles de financement de la vie publique pour en extirper les abus. Elle imposera la parité dans la représentation." 

 


AGENDA 2012/2020, 4ème Forum, Démocratie... par bayrou

Libre, François Bayrou est le seul à pouvoir véritablement moraliser la vie politique

Samedi 25 février, François Bayrou a tenu son quatrième grand forum thématique, sur les questions de justice, de démocratie, des contre-pouvoirs (notamment sur l'indépendance de la presse). Edwy Plénel était invité de la troisième table ronde, ainsi que  Jean-François Kahn, délectant l'auditoire d'excellentes interventions bruyamment applaudies, Edwy Plénel citant Tocqueville qui  menaçait la démocratie du risque de "dictature douce" ou encore, à propos des atteintes faites à la démocratie, Péguy qui disait "Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse. C'est d'avoir une âme habituée". 

Retenons aussi le remarquable discours de clôture de François Bayrou, dénonçant les dérives et abus du pouvoir, les conflits d'intérêt, les relations incestueuses du pouvoir avec le monde des médias et des puissances financières, annonçant s'il est élu président en 2012 un référendum sur la moralisation de la vie politique, le 10 mai, le même jour que le premier tour des élections législatives, incluant les propositions suivantes :

Les 12 propositions de François Bayrou :

1/ Fixation des règles de composition d'un gouvernement resserré de moins de 20 ministres.

2/ Cumul des mandats "interdit" pour les députés dès les législatives de juin, "limité" pour les sénateurs.

3/ Délégation de vote supprimée et donc présence obligatoire des députés pour voter les lois; tous les votes seront publics.

4/ Fixation des principes d'une nouvelle loi électorale et d'une nouvelle composition de l'Assemblée nationale: nombre des députés diminué d'un tiers, "de l'ordre de 400" au lieu de 577 aujourd'hui. Elus pour trois-quarts au scrutin majoritaire actuel et pour le quart restant à la proportionnelle. Réduction du nombre de sièges applicable au Sénat.

5/ Reconnaissance du vote blanc à toutes les élections.

6/ Obligation effective de parité hommes-femmes.

7/ Suppression de "la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance".

8/ Définition du conflit d'intérêts pour les responsables politiques, pour les hauts fonctionnaires (obligation de déclaration publique des intérêts privés avant l'entrée dans la fonction et lors de toute modification, fixation des incompatibilités), création d'une Autorité de déontologie de la vie publique pouvant être saisie par les citoyens.

9/ Interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption.

10/ Indépendance de la justice. Le ministre de la Justice aura un statut particulier. Sa nomination, proposée par le duo exécutif, devra être soumise à l'approbation d'une majorité qualifiée du Parlement, devant qui il sera individuellement responsable et par qui il pourra être censuré. C'est lui qui conduira au nom du gouvernement la politique pénale de la nation.

11/ Indépendance des médias. Abrogation de la procédure "scandaleuse" qui fait de la nomination des présidents de l'audiovisuel public l'apanage personnel du chef de l'Etat.

12/ Procédure nouvelle pour éviter les nominations de complaisance et les soumettre à une approbation du Parlement et non pas à la "pseudo-approbation" actuelle.

Compte tenu de toutes les affaires, les casseroles, que traînent l'UMP et le PS depuis des années où il ont conduit le pays en alternance et en monopolisant le pouvoir, seul un homme (ou une femme) honnête, intègre et libre de ces appareils, non tenu par des parlementaires qui n'accepteront jamais de lâcher leurs privilèges, peut proposer une telle refondation, peut s'engager enfin à ce que ces promesses, tant attendues par nombre de Français, soient enfin traduites dans les actes. Et ceci dès le vote en référendum, approuvé par les Français eux-mêmes (notamment le non cumul des mandat pour les députés élus en mai prochain !). Seul le point 4 sur la nouvelle loi électorale, diminuant le nombre de députés et instituant 25% de scrutin à la proportionnelle, ne peut être mise en place que pour la prochaine législature, car elle nécessite un travail préparatoire, un redécoupage des circonscriptions).

François Bayrou est cet homme-là. Il a de plus de l'expérience et vise réellement la reconstruction du pays, dans un esprit d'unité nationale et non plus d'affrontement camp contre camp. Eva Joly aurait pu aussi, en tant que femme intègre et soucieuse des mêmes objectifs, mais son parti, trop lié au PS, n'est pas libre. Jean-Luc Mélenchon non plus n'est pas libre et quand il prône une Assemblée constituante et exhorte les citoyens à "reprendre le pouvoir" dans un esprit révolutionnaire, alors qu'il annonce son ralliement au PS, ce n'est pas crédible. Corinne Lepage également, mais qui pèse si peu électoralement et qui n'a pas la potentialité de François Bayrou d'atteindre le second tour.

Il est temps de tourner la page, de donner un grand coup de balai ("Escoubat !" comme on dit en béarnais ...).

Extrait du discours de François Bayrou :

"Cette moralisation de la vie publique qui traîne depuis trente ans, dont tout le monde parle depuis trente ans sans que jamais rien ne change, cette moralisation de la vie publique, je considère qu'il est vital, vital pour la France, de la conduire maintenant à son terme. 

... Je ferai une vie politique honnête et insoupçonnable parce que je serai un président libre, lié à aucun réseau, ne trimbalant aucune affaire lointaine et que j'aurai pour le faire le soutien des Français.

... J'en suis arrivé à une certitude : le monde politique tel qu'il est dominé par les deux partis du monopole du pouvoir est incapable de se réformer lui-même. Or la réforme est vitale pour retrouver l'estime du peuple envers ses élus et ses dirigeants et pour que cessent les manipulations et les manoeuvres. Elle est nécessaire en particulier et surtout pour redresser la France et la sortir de la crise, car la condition du redressement, c'est la confiance retrouvée. Pour rétablir les principes de la République, les simples principes de l'éducation civique, il faut donc en passer par la seule autorité qui vaille, qui est l'autorité directe des Français. "


AGENDA 2012/2020, 4ème Forum, Démocratie... par bayrou

12/02/2012

La campagne présidentielle 2012 se fera-t-elle sur « les valeurs » ?

Samedi 11 février 2012, François Bayrou tenait son troisième forum, sur le thème des solidarités et du contrat social. Dès le début, il donne le ton, s’en prenant violemment à Nicolas Sarkozy, sur le registre des « valeurs », en témoigne cet extrait de son discours d’ouverture au forum :

"Nous n'avons pas écrit le scénario en connaissant tous les événements qui donneraient son sens à cette journée.

Mais chacun d'entre vous mesure que le déroulement de la campagne électorale, les déclarations faites hier ou ce matin par Nicolas Sarkozy et qui montrent l'axe qu'il va suivre pour sa campagne électorale, donnent tout leur sens à cette journée. Et les mots qu'il a employés, je dirai cet après midi ce que j'en pense tant ils me paraissent révélateurs d'une orientation qui n'est pas la nôtre, en particulier le mot de « valeurs », ces mots donnent tout leur sens à cette journée parce qu'en effet, c'est « valeurs » contre « valeurs ».

Les valeurs qui sont les nôtres ne sont pas celles qui sont exposées dans ses déclarations qui dessinent une campagne électorale, en réalité celle de la division des Français, du choix d'un certain nombre de cibles proposées à l'exaspération collective. Et cela ne peut être à nos yeux qu'un immense affaiblissement pour un peuple, pour une société, pour une nation comme la nôtre.

Nous aurons toute la journée à illustrer notre projet de société à nous. Et notre projet que je crois profondément en phase avec le projet de société historique de la France, le projet républicain de la France, notre projet de société à nous porte un nom tout simple, il s'appelle «humanisme » !

C'est cet humanisme-là qu'il va falloir défendre contre des stratégies qui, en réalité, le fragilisent et le ruinent.

Cette journée prend naturellement à nos yeux tout son sens puisque nous allons aborder le cœur de ce qu'un projet de société humaniste signifie, c'est-à-dire la solidarité qui fait qu'un peuple, une nation, une société ne sont pas formés de personnes individuelles étrangères les unes aux autres, chacune s'occupant de son propre avenir, de sa propre situation, mais qu'il y a entre nous des liens qui font que nul n'est abandonné, singulièrement pas le plus faible, nul n'est oublié, singulièrement pas celui qui a des difficultés, nul n'est laissé de côté, singulièrement pas le plus fragile.

Vous voyez bien à quoi correspondent ces valeurs dans l'histoire des idées, des convictions du monde.

C'est l'idée que chaque être humain est, en soi, un absolu. Il peut être malade, il peut être paralysé, il peut être sans capacité de production, il peut être génial, il peut être formidablement entreprenant, il n'y a pas de différences, il n'y a pas de balance où l'on pèse celui qui sert et celui qui ne sert pas et où on peut soutenir l'un et abandonner l'autre.

C'est cela notre choix. Ce choix-là est en effet, puisqu'ils aiment tant utiliser le mot, un choix de « civilisation » !

De même dans son discours de clôture :

"Or, ce que l'on nous propose aujourd'hui, ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est à mes yeux la négation même d'un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France ! L'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants !

Il y a peut-être dans le rang des chômeurs, probablement ou sans doute, quelques abus, mais pas davantage que dans le monde de la finance, pas davantage que dans le monde de certains élus lorsqu'ils abusent des fonds publics ! S'il y a des abus, il faut y répondre, corriger, mais pas en faisant des chômeurs le symbole des dérives d'une société dont ils sont les victimes et pas les coupables ! Vous voyez ce que le référendum veut dire. Le référendum, nous le savons bien, chaque fois qu'un sujet est passionnel, c'est l'assurance de faire flamber les passions. Et lorsque le sujet du référendum, ce sont des personnes, chômeurs ou étrangers, alors c'est contre ces personnes que les passions flambent et nous savons bien que pour obtenir le oui, s'il y a référendum, il faudra exposer, étaler largement des exemples d'abus. Alors, on votera contre le voisin d’immeuble, le voisin de pallier, le voisin de village, et on déchirera ainsi la société française.
Les hommes politiques ne devraient pas s'y prêter. Les hommes d'Etat devraient se l'interdire et le président de la République en fonction plus que tout autre car sa mission, sa fonction, c'est d'avoir charge de tout un peuple non pas pour le diviser, mais pour l'unir. C'est cela la fonction d'un président de la République."

François Bayrou présente l’idéal républicain comme les valeurs de l’humanisme qu’il souhaite incarner, comme il l’avait décrit dans la préface de mon livre « La révolution humaniste » (éditions Salvator). Dans son texte, d’une grande profondeur, François Bayrou s’exprime sur la nature des crises que nous traversons et  sur la République vue comme un projet politique, un projet de société et même un principe de civilisation.

 

Liberté-Egalité-Fraternité, triptyque de valeurs unies et indissociables, se tenant comme une clé de voûte, marque la devise de cette République qui vise à libérer l’homme, à l’émanciper et à l’assurer, à l’épanouir, à le lier aux autres dans un destin commun.

François Bayrou poursuit, dans son discours de clôture :

« Nous pensons qu'humanisme signifie en même temps liberté et solidarité.
La liberté n'est pas un acquis, elle n'est pas naturelle, elle se construit et elle se construit contre un certain nombre de tendances naturelles de l'humanité. Ce qui est naturel, si on laisse faire, c'est la domination des forts sur les faibles, l'aliénation. La liberté se gagne par des conditions matérielles de dignité, de logement, de santé, de revenu, elle se protège par la loi, elle se construit par la culture et le parler droit.
La solidarité non plus n'a rien de naturel. Ce qui est naturel, c'est l'égoïsme. La solidarité au contraire exige le partage, l'élaboration de mécanismes de soutien, d'alerte. Donc la liberté et la solidarité, ensemble, sont le fruit de politiques décidées en commun, soutenues, encouragées, conduites par la puissance publique.
Eh bien la France est ce pays qui, sous le nom de République, a fait de l'humanisme son idéal national.
La République libère de toutes les dépendances et garantit le vivre ensemble. C'est pourquoi elle protège les consciences par la laïcité.
La République n'abandonne pas les plus faibles. C'est pourquoi elle construit des sécurités : assurance maladie, assurance vieillesse, assurance accident du travail, assurance-chômage.
La République investit dans l'avenir. C'est pourquoi elle a porté la politique familiale la plus déterminée de tout le monde occidental. C'est pourquoi elle considère que l'école, dont nous avons parlé ici même la semaine dernière, est l'alfa et l'oméga, le commencement et le but de son projet.
La République sait que la solidité d'une chaîne se juge à la solidité de son maillon le plus faible, c'est pourquoi elle considère le handicap et la dépendance comme son affaire, la lutte contre la précarité et les discriminations comme son affaire. 
Voilà les convictions qui sont les nôtres et celles de la République. Elles ont été portées avec constance au travers du temps par les courants de pensée démocratiques et républicains qui ont fait la France.
Or, ce que l'on nous propose aujourd'hui, ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est à mes yeux la négation même d'un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France ! L'idée, pour gagner des voix, d'un référendum organisé sur le droit des chômeurs, c'est la négation de ce qu'un chef d'État doit à un pays comme la France. Ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables du chômage, ce sont les gouvernants ! »

Invité au 20 heures de France 2 ce dimanche 12 février 2012, François Bayrou a estimé que "le détournement des valeurs de la France" par Nicolas Sarkozy constitue "une fracture" : "Je ne dirai pas qu'il s'agit d'un virage à droite, car je n'aime pas cette expression. Il y a des valeurs de droite qui sont honorables et respectables. Ce que fait Nicolas Sarkozy, c'est un détournement d'une partie des valeurs qui ont fait la France". "Les responsables de la crise ne sont évidemment pas ceux qui sont au chômage" et que  "personne n'est au chômage par plaisir". "Il est profondément blessant que tout ce que trouve à dire Nicolas Sarkozy, c'est qu'on va faire un référendum sur les chômeurs. Ces déclarations constituent une ligne de fracture. Je ne peux accepter ce qu'il est en train de faire".

Déjà en 2007, lorsque François Bayrou avait déclaré entre les deux tours de l’élection présidentielle qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, il justifiait sa décision par une confrontation de « valeurs », alors que son absence de soutien pour Ségolène Royal était sur un autre registre, celui du manque de crédibilité de son projet, insoutenable sur le plan financier notamment.

Nous comprenons avec le recul tout le sens de cette décision. D’ailleurs, de nombreuses personnalités politiques issues de la droite ne se reconnaissent plus dans l’UMP de Nicolas Sarkozy et rejoignent maintenant François Bayrou, ne supportant plus viscéralement  les orientations de Nicolas Sarkozy, justement sur la question des « valeurs ». Parmi ses nouveaux soutiens citons par exemple Dominique Versini (ex défenseur des enfants et co-fondatrice du Samu Social), d’anciens gaullistes proches de Philippe Seguin, d’anciens compagnons politiques de François Bayrou, soit issues des rangs de l’UDF avant 2002 comme les anciens ministre Alain Lambert, Philippe Douste-Blazy ou Anne-Marie Idrac, soit qui avaient rejoint Nicolas Sarkozy en 2007 avec le « Nouveau Centre », comme Philippe Folliot, ainsi que des proches de Dominique de Villepin comme Daniel Garrigues ou encore de Jean-Louis Borloo.

Cependant, il faut s’interroger sur un clivage politique marqué par « les valeurs » …

Les prétendues valeurs républicaines ne sont-elles pas elles-mêmes relatives ou à nuancer et n’est-ce pas plutôt dans l’orientation et l’interprétation que l’on donne à ces valeurs, dans leur équilibre entre elles, que l’on doit trouver le « bien commun » ?

En effet,la liberté, source de l’émancipation de l’homme, peut aussi vouloir dire » individualisme, égoïsme, primauté de soi sur l’autre, dérégulation nuisible sur le plan du commerce, d’un libre-échange incontrôlé.

De même quel’égalité, entendu comme garantie de l’égalité des chances, reconnaissance égale de la dignité de l’homme, qu’il soit fort ou faible, dans ses potentialités, peut aussi nier l’altérité à la source de la personnalité humaine, voire la notion de mérite et d’effort.

Quant à la fraternité, base de l’altruisme, de la reconnaissance de l’autre comme un frère par sentiment d’appartenance à une famille de destin, d’une communauté humaine, fondement de la solidarité entre les hommes, peut aussi a contrario signifier communautarisme, solidarité forcée ou organisée, qui peut remplacer le lien social en remplaçant la relation humaine par une forme matérielle de solidarité, par une relation au système.

On peut donc se proclamer républicain, qu’on soit de gauche, du centre ou de droite, adhérer aux mêmes valeurs proclamées, mais avec un dosage ou des priorités différentes …

Nicolas Sarkozy, dans son entretien au Figaro, avait lui-même annoncé son intention de battre campagne sur les valeurs, en vantant «  le travail, la responsabilité, l'autorité, ». En soi, ces valeurs prônées par la droite ne sont pas antagonistes avec l’humanisme prôné par François Bayrou. Ce sont plutôt les valeurs sous-jacentes, non exprimées explicitement par Nicolas Sarkozy mais implicites dans ces déclarations, que réfute François Bayrou.

D’ailleurs, François Bayrou a réagi contre les propos de Claude Guéant sur la prétendue supériorité des civilisations, à la fois en relativisant cette affirmation, rappelant que notre civilisation occidentale a généré le colonialisme, le fascisme, le matérialisme, l'individualisme, et surtout ressenti que cette affirmation avait une intention malveillante, s'attaquant indirectement mais avec évidence à l'islam et aux cultures arabes, visant à opposer les Français les uns contre les autres.

Entre les valeurs proclamées et pas forcément respectées d’un côté, et les valeurs sous-jacentes révélées par les actes ou des sous-entendus et non exprimées de l’autre, il peut y avoir un espace immense, un précipice dans lequel tombent les citoyens peu vigilants, où prospère la haine et le ressentiment en même temps que la bonne conscience … Cocktail explosif !

09/01/2012

Marine Le Pen à 30% : Libération et Le Parisien font mentir un sondage ...

La campagne commence, Marine Le Pen et François Bayrou sont les deux bê-bêtes qui montent ... au grand dam des deux partis favoris, l'UMP et le PS, qui risquent gros une élimination au premier tour de l'élection présidentielle.

A peine commencée, voilà la pluie des sondages et à nouveau la manipulation d'information, avec notamment ce dernier sondage Viavoice commandé par Libération.

A la Une de Libé, "30%  n'exclueraient  pas de voter Le Pen" (avec une faute d'ortographe en prime ...) :

http://www.liberation.fr/politiques/01012382163-marine-le...

Et sur Le Parisien :

Sondage : 30 % des Français pourraient voter Marine Le Pen

http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/can...

Extrait de Libé : "Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, 18% des Français voteraient «certainement» ou «probablement» pour Marine Le Pen. Mais là n’est peut-être pas l’essentiel, car si 12 % supplémentaires répondent qu’ils n’envisagent pas de lui donner leur voix, ils ajoutent que leur décision n’est pas encore absolument arrêtée. Au final, 30% de personnes n’excluent pas de voter pour Marine Le Pen ! Un chiffre saisissant, et «actuellement on ne sait absolument pas quel est son plafond», ajoute François Miquet-Marty."

Et Le Parisien de reprendre Libé sans se poser de question (ni même lire le contenu de l'article visiblement) :

"D'abord, un sondage fort fait la une de Libération. Dans une étude commandée par le quotidien, 30 % des personnes interrogées envisageraient de voter pour Marine Le Pen, au premier tour de l'élection présidentielle."

Or, si vous lisez le détail des résultats, et c'est même indiqué dans l'article de Libé, seuls 18% des sondés prétendent vouloir voter pour Marine LePen. Ont été ajoutés 12% qui n'envisagent pas de lui donner leur voix même s'ils n'ont pas arrêté leur décision ! 

Pour rappel, la question du sondage était :  "Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, pourriez vous voter pour Marine Le Pen ?" et les réponses s'échantillonnaient ainsi : NSP2%, Oui certainement 8%, probablement 10%, non probablement pas 12%, non certainement pas 68%.

Cela me rappelle les jours précédant le premier tour de l'élection présidentielle de 2007,  une rumeur a été volontairement orchestrée d'un présumé (et faux) sondage qui donnait Le Pen passant le 1er tour, suivi de l'injonction de Colombani dans l'éditorial du Monde la veille du premier tour, jetant l'opprobre sur François Bayrou comme sur Le Pen pour appeler "au seul vote démocratique", le vote utile, le vote bipolaire, pour l'UMP et le PS.

Ces méthodes doivent être vivement dénoncées  !

30/12/2011

Comparaison France-Allemagne : quel modèle privilégier ?

L’Allemagne est souvent citée en exemple, voire comme modèle en ce moment. Je vous propose donc ici une synthèse des caractéristiques du modèle allemand, quelques arguments sur le niveau du coût du travail, de la productivité et la fiscalité allemande, ainsi qu'un tableau de synthèse comparatif ci-dessous, afin de vous forger vous-même une opinion.
Comp France-Allemagne 2009-2010.xls

L’Allemagne est cité en exemple notamment par François Bayrou pour la force de son industrie, de ses exportations, de sa compétitivité, ainsi que par Nicolas Sarkozy maintenant pour sa rigueur budgétaire et la rigueur salariale qu’elle a su imposer pendant dix ans pour absorber le coût de la réunification et s’imposer plus compétitive, renouant avec les excédents de balance commerciale et abaissant son taux de chômage à un niveau en dessous de 7% pendant que la France atteint presque 10%. En 25 ans, la part de l'industrie en France est tombée de 30% à 14% du PIB contre 29% en Allemagne. Pendant que la France acceptait et même favorisait sa désindustrialisation, profitant des productions à bas prix des pays émergents, l'Allemagne, elle, a profité de ces 20 dernières années pour renforcer sa compétitivité par un soutien d'un tissu local de grosses PME dynamiques à l'export, la spécialisation dans le haut de gamme qui lui a permis de construire une image de marque « made in Germany » et un transfert partiel de charges sociales surla TVA (TVA sociale).

Nous trouvons aussi des détracteurs, dénonçant la hausse de la pauvreté et des inégalités en Allemagne, l’absence de salaire minimum, l’augmentation de la précarité, des contrats à temps partiel et à durée déterminée, la stagnation des salaires, préférant citer en exemple les pays nordiques, qui ont su allier croissance économique et protection sociale, certes au prix d’un taux très élevé de prélèvements obligatoires (50%, le plus élevé d’Europe).

 

Qu’est ce qui caractérise le modèle Allemand ?

On parle souvent de « capitalisme rhénan » ainsi décrit (cf. Wikipedia) :

·  un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la bourse dans le financement des entreprises,

·  une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés,

·  un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l'État dans la vie des entreprises,

·  un système de protection sociale très développé,

·  une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements.

 

Citons aussi le dynamisme des entreprises allemandes, le tissus industriel de leurs nombreuses PME qui maillent le territoire, la décentralisation territoriale et l’équilibre des régions, la puissance des syndicats et de la négociation entre le patronat et les partenaires sociaux, l’importance des corps intermédiaires et enfin leur modèle politique bien plus démocratique qu’en France en termes de représentation des partis (50% de proportionnelle pour les élections des députés pour les partis ayant obtenus plus de 5% des voix).

 

Politique économique des dix dernières années
Depuis dix ans, l’Allemagne a pratiqué une politique de l’offre, favorisant les entreprises : flexibilité du travail, modération salariale, pas de salaire minimum, … Ce qui a induit au début pendant cinq ans une faible croissance puis un effet positif sur les cinq années suivantes : gain de parts de marché, amélioration de la rentabilité des entreprises, hausse des exportations et c’est maintenant qu’on améliore les salaires (+3% en 2011). L'industrie allemande a cru de 33% de 1997 à 2007.
Selon une étude du DIW, le principal organisme de recherches économiques, le pouvoir d'achat réel des Allemands a baissé de 4,7% sur les dix dernières années.
En France en revanche, nous avons pratiqué pendant dix ans une politique de la demande, une hausse des salaires (sur cette période la part des salaires dans le PIB a augmenté), ce qui a induit une croissance supérieure à celle de l’Allemagne pendant cinq ans, mais la France a perdu 50% de ses parts de marché à l’exportation et 40% de ces emplois industriels.
Maintenant, il faudrait une politique de l’offre en France et une politique de la demande en Allemagne …

Source : http://www.franceculture.fr/emission-l-economie-en-questi...


Coût du travail et productivité
Même après une politique de modération salariale pendant 10 ans, les salaires bruts et nets sont en moyenne toujours plus élevés en Allemagne qu'en France :
- le coût du travail est plus élevé en Allemagne, en brut (+34%) commet en net (+6%),
- pas de salaire minimum en Allemagne, si bien qu’on trouve des employés rémunérés 6 euros nets de l’heure (contre 9 en France pour le salaire minimum), l’Allemagne compte 6,5 millions de travailleurs pauvres touchant moins de 10 € brut de l’heure (soit environ 20% de la population active), mais Angela Merkel s’est récemment prononcée en faveur d’un SMIC par secteur d’activité,
- les charges sociales patronales sont plus élevées en France mais les charges sociales salariales sont plus élevées en Allemagne et donc au final les salaires allemands sont plus élevés en moyenne pour permettre aux salariés de payer leur couverture sociale, avec aussi plus de recours à des complémentaires privées santé et retraite,
- les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France en % du PIB (43% comparé à 37% en Allemagne) mais la part des prélèvements sociaux et de l'impôt sur le revenu dans le coût du travail est supérieure en Allemagne (52% contre 49,3%),
- la productivité (PIB/heure travaillée) est en moyenne meilleure en France qu'en Allemagne,
- la durée effective hebdomadaire moyenne est presque équivalente (41,7h en Allemagne contre 41h en France),
- marge brute des entreprises non financières bien supérieure en Allemagne (42% contre 30% en France), permettant aux entreprises allemandes de s’autofinancer alors que les entreprises françaises empruntent aux banques ou aux marchés.
Sources :
http://www.securite-sociale.fr/comprendre/dossiers/compte...
http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/02/23/salaires-cout-du-...
http://www.ifrap.org/Cout-du-travail-une-comparaison-Fran...)

 

Emploi 
Avant la crise, en 2007, le taux de chômage était équivalent en France et en Allemagne (8,4%). Fin 2011, il passe en dessous de 7% en Allemagne alors qu’il passe à presque 10% (9,7%). L’Allemagne a beaucoup utilisé le chômage partiel notamment pendant la crise, pour maintenir les emplois au prix d’une réduction salariale, ce qui a permis une reprise ensuite sans perte de compétences pour les entreprises.
Le taux d’emploi est de 67% en Allemagne contre 63% en France.
La population active représente 51% de la population en Allemagne contre 45% en France.

 

Innovation
Les dépenses en R&D sont supérieures en Allemagne (2,54% du PIB contre 2,09% en France) et la part des brevets déposés sur le total européen (en 2008) est de 18,2% pour l’Allemagne contre 6,2% pour la France.

 

Commerce extérieur
Le solde commercial extérieur est très excédentaire en Allemagne (154,3 milliards d’€ en 2010) alors qu’il est très déficitaire en France (-68 milliards en 2010 et il atteindra -75 milliards fin 2011), déficitaire face à tous les pays de la zone euro sauf la Grèce !
L’Allemagne demeure le premier client de la France et absorbe 16,25% des exportations françaises. La France est également le premier client de l’Allemagne, celle-ci y réalisant 10,1% de ses exportations.

Dépenses publiques

« D’après la Commissioneuropéenne, les dépenses publiques seront en 2011 de 45,3 % du PIB en Allemagne et de 55,8 % en France, soit une différence de 10,5 % du PIB. Si la Franceavait les mêmes dépenses publiques que l’Allemagne, elle en aurait  212 milliards d’euros de moins (10,5 % x 2017= 212), ce qui lui permettrait de baisser les impôts de 100 milliards d’euros avec un budget en équilibre. L’enjeu justifie une analyse sérieuse de la différence. » «Source avec détail des dépenses comparées par secteur : http://www.lecri.fr/2011/06/19/depenses-publiques-compara...

 

Déficit public et dette publique

Le déficit public allemand (3,3% du PIB en 2010, 2,5% en 2011) est bien inférieur au déficit public français (7,7% en 2010, 7% en 2011) et il est lié uniquement au plan de relance de crise et à la charge d’intérêt de la dette importante, alors que pour la Francela crise n’explique que un tiers du déficit.
La dette publique allemande est importante (73,4% du PIB en 2010 et 79% en 2011 comparé à 78,1% en 2010 et 91% en 2011 en France). L’importance de la dette allemande est expliquée par le coût de la réunification conduite depuis la chute du mur de Berlin.
Notons que l’Allemagne a inscrit une règle d’or dans sa constitution, interdisant les déficits publics de fonctionnement.

Démographie
C’est clairement le point fort de la France (plus de 2 enfants/femme contre 1,4 pour l’Allemagne et population moins âgée avec 16,7% de personnes de plus de 65 ans contre 20,2% pour l’Allemagne et avec 18,4% de moins de 15 ans contre 13,5% pour l’Allemagne.
L’Allemagne devra compenser ce déficit démographique, ce vieillissement de population qui pose un problème de financement des retraites, par une immigration. Elle est déjà en train de se produire : voir cet article sur le rebond de l’immigration en Allemagne sur 2011, essentiellement d’origine européenne, notamment de Grèce, d’Espagne, du Portugal et des pays de l’est qui en général parlent bien allemand, de jeunes bien formés en l’occurrence :

http://www.challenges.fr/monde/20111222.CHA8580/l-allemagne-attire-de-plus-en-plus-d-etrangers.html

 

Fiscalité
Le poids de la fiscalité atteint 14,5% de la valeur ajoutée en France contre 7,8% en Allemagne.L’impôt sur les sociétés est équivalent (entre 30 et 33% en Allemagne, 33,3% en France mais avec des allègements (niches fiscales) qui profitent plus aux grandes entreprises qu’aux petites.
L’impôt sur le revenu est prélevé à la source. Voir explications : http://www.connexion-francaise.com/articles/les-impots-en...
La TVA est de 19% en Allemagne, comparé à 19,6% en France hors taux réduits.
L'Allemagne a dû financer la réunification, un chômage très important à l'Est et les Allemands ont consenti à cette solidarité. Les 3% de hausse de TVA ont servi en partie à cela : 2 points, alors que 1 point seulement au titre de TVA dite sociale, pour financer la santé en diminuant d'autant les cotisations assises sur le travail. On ne peut pas dire qu'ils ont en cela eu une attitude non coopérative à l'égard des autres pays européens. Ils partaient d'une TVA à 16% et donc sont arrivés à 19%, qui est le taux moyen de TVA dans l'UE.

Education
Le classement PISA 2009 montre que partout la France est rétrogradée alors que l’Allemagne progresse, passant devant la France. Comparé à 2003, la France est passée du 13e au 22e rang en mathématique et du 17e au 22e rang en lecture, alors que l’Allemagne est restée au 16e rang en mathématique et est passée du 21e au 20e rang en lecture.

Pauvreté et inégalités
Le taux de pauvreté et les inégalités sont plus fortes en Allemagne : le taux de pauvreté est de 7% contre 6% en France et le rapport inter quintile mesurant les inégalités de 5 en Allemagne contre 3,8 en France. De même le taux de chômage longue durée est aussi plus élevé en Allemagne (4,7% contre 3,3% en France).

Confiance de la population
Avant la crise, le taux de confiance était meilleur en France (54% contre 46%) et le taux d’épargne équivalent (15% contre presque 17% pour l’Allemagne mais il a grimpé à 17% en France ensuite).

Energie et environnement
L'Allemagne est beaucoup plus en avance que la Franceen matière de protection de l'environnement, d'investissement en faveur de l'écologie et de développement des énergies renouvelables de type photovoltaïque et éoliennes, mais du fait de l'énergie hydroélectrique qui représente 12% de la production électrique en France, contre 3% pour l'Allemagne, la part totale des énergies renouvelables est à peu près équivalente (12-13% en 2008, passé à  15% en France et presque 17% en Allemagne en 2010).

http://www.enr.fr/docs/2011150456_Etatdeslieuxetperspecti...

Le nucléaire a une part prépondérante en France dans la production d'électricité (76% en France contre 23% en Allemagne) alors que c'est le charbon qui est majoritairement utilisé en Allemagne (44% contre 4% en France). Il en résulte une émission de CO2 bien plus importante en Allemagne qu'en France (958 millions de tonnes contre 527 en France, et 10,1/habitant contre 6,1 en France).

Logement

Le coût du logement est deux à trois fois moindre en Allemagne qu’en France, tant à l’acquisition que concernant les loyers.
En France, les prix d’acquisition ont doublé en 25 ans, alors que les loyers ont subi une hausse modérée (à surface et qualité constantes, ils ont globalement évolué comme le revenu disponible moyen. La dépense de logement a néanmoins augmenté (éclatement des familles,…). Cette hausse généralisée ne semble pouvoir être expliquée que marginalement par l’augmentation du coût de la construction ou un déficit généralisé de construction. La croissance relativement modérée des loyers infirme l’hypothèse d’une pénurie généralisée de logements. En revanche, la rareté du foncier dans les zones les plus demandées contribue probablement assez fortement à la hausse des prix. Cette hausse a aussi été favorisée par l’amélioration de la capacité d’emprunt des ménages, alliée à une fiscalité favorable, qui alimente la demande.
En Allemagne, les prix du logement sont restés stables. L’Allemagne bénéficie d’un vaste parc locatif et a un très faible taux de propriétaires : autour de 43% contre près de 60% en France. Depuis le début des années2000, l'Allemagne construit autour de 290 000 logements neufs par an, de quoi absorber une demande évaluée à "280 000 par an sur la période 2006-2010.La France met elle en chantier autour de 300 000 logements neufs chaque année, mais les besoins sont estimés à 500 000.

Sources :
http://lexpansion.lexpress.fr/immobilier/comment-l-allema...
http://www.politiquessociales.net/IMG/pdf/CAS.pdf

23/10/2011

Il y a tout ce qu'on dit sur les banques. Et puis il y a la vérité.

Tel est le titre d'une communication de la FBF (Fédération des Banques Françaises), qui vise à contredire les accusations tant entendues jetant l'opprobre sur les banques, à savoir :

- "Les banques ne font plus leur travail de financement à l'économie",

- "L'argent des Français est joué sur les marchés financiers",

- "Les banques vont demander à être recapitalisées",

- "Les banques françaises ont spéculé sur la dette grecque".

 

 

Communication FBF 19 octobre 2011


 

L'an dernier en décembre 2010, afin de réagir aux accusations dont les banques faisaient l'objet, la FBF avait déjà publié une plaquette intitulée « Parlons clair » pour donner des chiffres concernant notamment les aides de l’Etat français aux banques et sur les financements des banques françaises à l’économie. J'avais publié un article à ce sujet "La vérité sur le banques et la crise", pédagogique, expliquant la formation du profit et des risques bancaires et discernant les responsabilités et expliquant les vraies causes de la crise.

 

Affiche des chômeurs rebellesCertes, on peut dénoncer un système centré sur l'argent, sur le profit, déplorer les dérives d'un néolibéralisme dans la mondialisation sans garde-fous, s'accommodant des paradis fiscaux, s'indigner des rémunérations indécentes des dirigeants (y compris ceux qui ont mis leur banque sur la paille !) et des traders. Mais je pense que la dénonciation générale du "libre-échange", de la "mondialisation", de "l'Europe", de l'Euro", des "banques", des "marchés», des "agences de notations" ou encore de "La Chine" ou de "l'immigré" pour livrer des coupables et faire croire qu'on peut sortir comme ça du système, est une attitude populiste, démagogique et irresponsable. Ce langage est un leurre et nous détourne des vrais problèmes. La sortie de l'Euro serait dramatique, coûterait très cher au pays et le mènerait directement à la faillite (la charge financière de la dette, de 3% du PIB, doublerait instantanément par l'effet de hausse des taux d'intérêt, l'encours passé de notre dette resterait libellé en euro donc renchéri). La tentation protectionniste d'appliquer des droits de douane à l'importation, même aux frontières de l'Europe, à l'égard de la Chine notamment, conduirait immédiatement à des mesures de rétorsion sur nos exportations (1 emploi sur 4 dépend des exportations en France) et renchérirait le prix de quantités de produits de base, textiles, électroniques etc. au détriment du pouvoir d'achat des classes moyennes et modestes. Nos pertes d'emplois industriels des trente dernières années ne sont expliquées que pour 13% par des délocalisations (dont une partie en UE) et d'autres pays de l'UE s'en sortent bien, comme l'Allemagne et les pays nordiques, ont une balance commerciale excédentaire.

 

Il faut donc arrêter d'affirmer des choses fausses de manière péremptoire, cesser d'employer un langage trompeur et accusatoire, en finir avec la politique de séduction, de mensonge, qui joue sur les peurs et l’inquiétude des Français en leur livrant de fausses solutions !

 

Bien sûr il faut lutter contre les dérives, contre la spéculation, et oeuvrer pour un monde plus juste et mieux gouverné, mieux régulé, au niveau européen et mondial, qui mette sur le même plan l'économie, le social et l'écologie. Mais cela ne dépend pas que de la France et prendra plusieurs années. Le projet présidentiel pour la France mérite plus que de la dénonciation et des voeux pieux : un véritable plan d'attaque pour redresser les finances publiques, une réforme fiscale et surtout une politique de ré industrialisation du pays, ainsi qu'une remise à niveau de l'éducation, sans oublier la justice fiscale et sociale ainsi qu'une véritable démocratie qui doivent redonner confiance aux citoyens, sans laquelle les efforts ne seront pas possibles.

Cette approche est celle de François Bayrou, de François Hollande (s'il ne doit pas trop céder à la pression dépensière de ses alliés à gauche), d'une partie de EE-Les Verts et de plus en plus nombreux aussi à droite qui ont pris conscience des dérives du sarkozysme. C'est pourquoi il devient urgent de penser une nouvelle majorité centrale pour le redressement du pays.

 

Quelques chiffres pour rappel :

La dette publique française s'élève à 1700 Mds € : 80% du PIB, plus de 28 000 € par habitant, ou encore 57 000 € par habitant de foyers fiscaux payant l'impôt sur le revenu (IR) ce qui donne une idée de l'effort citoyen s'il fallait la rembourser avec nos revenu, notre patrimoine. L'IR s'élève à 50 Mds €, il faudrait donc payer 1700/50 soit 34 fois ce que nous payons actuellement au titre de l'IR pour rembourser la dette publique du pays, qui est théoriquement une avance sur nos impôts, sur les impôts de nos enfants.

Il serait aussi intéressant de faire la part entre la partie de dette publique qui a financé des dépenses de fonctionnement courant (salaire des fonctionnaires, déficits sociaux de retraite et de sécurité sociale,...) et des gabegies (Crédit Lyonnais 16 Mds, amende des Frégates de Taiwan 700 millions, affaire Tapie 280 millions en net,...) et la partie ayant financé des investissements (construction d'hôpital, de routes et d'université, ...) qui profiteront aux générations futures, dont il est légitime que leur impôt en finance le remboursement. En mettant à part les dépenses de recherche et d'éducation, qui sont un investissement d'avenir. Malheureusement la comptabilité publique ne fait pas ce décompte (une idée de réforme !) et pour l'évaluer, il faudrait analyser tous les déficits publics cumulés face aux catégories de dépenses pour reconstituer ces chiffres (qui est volontaire ?).

A cette dette publique, il faudrait théoriquement ajouter l'engagement de l'Etat à payer les retraites de ses fonctionnaires, comme doivent le provisionner les entreprises lorsqu'elles ont des engagements de ce type. Le rapport Pébereau le recommandait en 2005. Cette dette est de presque 1000 milliards d'euros, ce qui porterait la dette publique à 127% ! D'ailleurs, les pays anglo-saxons, Etats-Unis et Grande Bretagne, dans la logique de retraite par capitalisation, comprennent cet engagement en incluant dans leur dette la valeur du fonds d'investissement qui sert à rémunérer les retraites des fonctionnaires. La dette des Etat-Unis, évaluée à 100% du PIB, est donc moins élevée que la nôtre sur cette base commune de comparaison.

Si l'Etat devait liquider tout son patrimoine (évalué environ à 500 Mds €), le privatiser, pour rembourser sa dette, il ne couvrirait que à peine 30% de cette dette (en droit privé il serait déclaré en faillite !).

Comparée à un encours des prêts bancaires à l'économie de 1900 Mds €, les dépôts bancaires s'élevant à 1530 Mds et finançant à 80% les crédits bancaires. En tout, la dette privée de la France s'élève à 130% du PIB, dont 90% du PIB en crédits bancaires et 40% sous forme obligataire. La dette totale publique+privée =130+80 = 210% du PIB.

 
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