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14/03/2011

François Bayrou à "C Politique"

Dimanche 13 mars 2011, François Bayrou était l'invité de  l'émission "C Politique" sur France 5.


Evoquant le cataclysme du Japon, pays d'où il revient d'un voyage récent, qui vit sous la menace permanente des séismes, préparé à les affronter, renouvelant en permanence ses bâtiments, dont la construction est spécialement étudiée pour y résister, il s'étonne néanmoins que des centrales nucléaires aient été construites en zone sensible. Ceci doit nous interpeller en France et relance le débat sur le nucléaire. Certes, l'énergie nucléaire, produisant 80% de notre électricité sans émanation de CO2, a des avantages, mais exige une "transparence absolue sur les facteurs de risque qui existent sur nos centrales nucléaires".

François Bayrou s'est aussi exprimé sur la dette publique, rappelant qu'il avait fait le premier la proposition d'inscrire dans la constitution l'interdiction du déficit public de fonctionnement, sauf en cas de récession. Il est irresponsable de faire peser sur les générations futures nos dépenses d'aujourd'hui [il met à part l'investissement qui finance les infrastructures du futur qui elles bénéficieront aux futures générations]. Ceux qui prétendent que l'on peut ainsi inconsidérément accroître les dépenses publiques sans les financer, qui font des promesses excessives, sont dangereux pour le pays. De plus, la dette publique financée sur les marchés nous place dans une dépendance, celle à l'égard des agences de notation, des spéculateurs, avec le risque de subir des taux d'intérêt élevés et insupportables, comme la Grèce, celle d'être à la merci d'autres puissances investissant dans cette dette, comme la Chine. Concernant la Grèce, il déplore à nouveau que l'Europe n'ait pas mis en place un dispositif solidaire limitant ainsi les taux d'intérêt abusivement élevés, qui plombent encore plus le pays affaibli.

Interrogé à propos du débat sur l'identité nationale et sur la place de l'Islam dans la république, François Bayrou avertit que nous somme là sur une pente extrêmement sensible, dangereuse, source de division, d'affrontement d'une partie de la population contre une autre. Les mots de la députée UMP Chantal Brunel, qui a proposé de "renvoyer les migrants dans leurs bateaux" sont entendus par la population issue de l'immigration, comme un message de rejet. Certains exagèrent le risque d'immigration alors que nous n'avons pas vu dans la réalité la vague annoncée (4000 en tout à ce jour). En fait les peuples insurgés du Maghreb se libèrent de l'oppression pour retrouver chez eux liberté de vivre et de se développer sans être épongés par la corruption, pas pour partir ailleurs, en Europe, où d'ailleurs il ne trouve pas toujours une situation enviable ...

Sur la réforme fiscale, François Bayrou affirme être contre la suppression de l'ISF, en changeant son mode de calcul pour le rendre plus juste, à proportion du patrimoine, sans exempter les plus fortunés. Il est pour l'ajout d'une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu (45%, alors que la dernière tranche est actuellement de 41%) et il n'est pas opposé à une réflexion sur la TVA, à condition de bien se servir de l'argent obtenu (il rappelle qu'il avait proposé en 2007 la création de 2 emplois sans charge par entreprise, financé par 1% de TVA supplémentaire).

Quand Géraldine Muhlmann l'asticote sur son positionnement politique "ni à gauche, ni à droite", difficilement tenable surtout dans le cas d'un FN au 1er tour, François Bayrou réplique qu'il ne veut pas la laisser faire de Marine Le Pen le jeu central de la politique, que le centre qu'il représente est indépendant et ne se conçoit pas comme un supplétif d'un camp ou de l'autre. Il faut arrêter de vivre la politique en France comme un affrontement clan contre clan où au final l'un gagne contre l'autre. Il est temps de s'unir, d'unir toutes les forces démocratiques et républicaines, à gauche comme à droite et au centre, pour reconstruire le pays, pour proposer une nouvelle vie politique sans sectarisme où l'on peut dialoguer plutôt que se combattre en permanence, où les courants soient bien représentés, avec une dose importante de proportionnelle afin que se tiennent vraiment des débats au parlement au nom de tous les citoyens. Sur de nombreux exemples (par exemple la dette), on retrouve des positions communes dans les différents clans.

Mais la question centrale, dont découle tout le reste, est celle-ci : "a-t-on la volonté politique de produire en France dans les secteurs que l'on a abandonnés ? Pas de production, c'est pas d'équilibre budgétaire, pas d'emplois, pas de bonne éducation ni de bonne intégration,...". Et l'on dit beaucoup de choses inexactes aux Français, par exemple sur l'Allemagne. Le gouvernement veut nous faire croire que c'est la compétitivité, un coût du travail moins élevé qu'en France, qui fait l'avantage de l'Allemagne. Or l'Allemagne est non seulement à un niveau social, de taux d'équipement, mais aussi de coût du travail équivalent à la France ! Si elle est à l'équilibre budgétaire, c'est grâce à ses exportations, au maintien de sa production, sur des produits de qualité, haut de gamme (par exemple dans l'automobile), ce qui implique des rentrées fiscales et des excédents de balance commerciale. "Vouloir nous entraîner toujours plus vers des bas salaires est une idée mortifère ! Il faut plutôt aller vers ce qui est plus apprécié par le consommateur" ...

 
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