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17/08/2011

François Bayrou : « Attaquons-nous aux causes plus encore qu’aux symptômes !»


Crise financière, crise de l’Europe et de l’euro, crise des dettes souveraines, panne de croissance de l’économie, … Face aux extrêmes qui prônent le protectionnisme aux frontières, la démondialisation ou la sortie de l’euro voire de l’UE, nous constatons une convergence de diagnostic ainsi qu’un consensus sur les propositions, venant à la fois du gouvernement de droite (UMP), de la gauche (PS et EE-Les Verts) et du centre (Modem), avec des variantes sur les degrés des mesures proposées :

-il est indispensable d’endiguer la dette publique, à commencer par le déficit public qui incrémente cette dernière. Nous arrivons à un stade appelé « boule de neige » où l’ampleur de la dette génère des charges financières dépassant l’impôt sur le revenu, 3% du PIB, au-delà du taux de croissance qui devrait être deux fois supérieur au taux déficit public/PIB pour engendrer des recettes fiscales complémentaires permettant de combler le déficit ;

-il faut à la fois trouver des économies dans les dépenses de l’Etat et trouver des recettes fiscales pour endiguer cette dette ;

-mais il faut le faire de manière plus juste, en faisant contribuer plus les plus hauts revenus (François Bayrou propose en plus d’une baisse de 20 milliards d’euro d’exonérations sur les niches fiscales sur un total de 70 et d’une hausse de 2 points de la TVA, 2 tranches d’impôts supplémentaire à 45% et à 50% tandis que le gouvernement s’en tient pour le moment à « rogner » 5 à 10 milliards sur les niches fiscales, Gilles Carrez ose timidement proposer de taxer 1% les très hauts revenus et Martine Aubry pour le PS propose de réduire les niches fiscales de 50 milliards) ;

-ne pas être tenté par la génération volontaire d’inflation (voir cet article du Monde) au motif de dévaloriser la dette en haussant le recettes fiscales relativement, car cet apparent avantage est compensé par un accroissement très élevé du taux d’intérêt sur le renouvellement des émissions souveraines, creusant d’autant plus le déficit et durablement … en même temps qu’il se traduit in fine par une perte de pouvoir d’achat des classes moyennes et défavorisées, surtout si la croissance est faible et le chômage élevé ;

-les eurobonds ou euro-obligations, émissions souveraines mutualisées sur la zone euro, à un taux d’intérêt moyen de la zone, pour garantir des taux d’intérêt plus bas et plus supportables aux pays de la zone en difficulté tout en endiguant la spéculation des marchés sur ces pays;

-une taxe de type Tobin sur les transactions financières (par exemple de 0,01%), qui mettrait un « grain de sable » dans la spéculation et génèrerait de nouvelles ressources (50 milliards par an au niveau de la zone euro) ;

-autorisation de la BCE à acheter les dettes souveraines, plutôt que prêter à 1% aux banques qui ensuite placent les fonds à 4% et plus en se faisant rémunérer un risque qui au final est pris en charge quand même par les Etats, le Fonds de stabilité FESF, … donc ne justifiant plus ce spread ;

-un renforcement de l’Europe, de la gouvernance de la zone euro, de l’efficacité des institutions, pour une coordination renforcée, des investissements communs, une meilleure harmonisation fiscale et sociale, pour peser plus face au dumping monétaire de la Chine …

Mais ce consensus et ces mesures s’attaquent aux symptômes, en écopant l’eau qui inonde le bateau, sans vraiment réparer le bateau ni lui redonner le cap. Même si François Bayrou a été parmi les premiers à prôner ces mesures au début de la crise financière en 2008, il ne s’arrête donc pas là.

Dans son nouvel essai à paraître jeudi 18 août 2011 chez Plon, « 2012, état d’urgence », François Bayrou nous donne son diagnostic sur les causes profondes en amont de ces crises en particulier en France et s’attache à défendre deux priorités pour s’attaquer aux racines du mal : « produire à nouveau en France » et « redonner à la France la meilleure éducation du monde ». Il rappelle les chiffres désastreux et en dégradation croissante du commerce extérieur (déficit de 75 milliards d’euros par an, comparé à l’excédent de 150 milliards pour l’Allemagne, et cela avec la même monnaie et les mêmes salaires que les nôtres). L’échec scolaire qui s’est accentué fortement ces quinze dernières années (notre éducation perdant plus de 20 places dans le classement international), explique aussi en partie le chômage, notamment des jeunes sans qualification. Ces chiffres démontrent un appauvrissement continu de la France ces dernières années, expliquant des pertes d’emplois, une baisse de recettes fiscales, donc au final nos déficits. Pour juguler le mal à la racine, François Bayrou s’intéresse aux atouts de la France et propose des pistes.

Lire interviews de François Bayrou sur Le NouvelObs, le JDD, Le Figaro, L’Express, La Croix,France Soir, La République des Pyrénées avec extraits, Midi Libre, sans oublier le Point qui y consacre sa couverture et le journal du 20h de TF1 invitant François Bayrou ce soir).

11/08/2011

Les vraies causes de la crise de la dette publique ... et les faux discours démagogiques

Nicolas Dupont-Aignan vient d'écrire cette tribune intitulée "Les vraies causes de la crise de la dette publique".

Tout en étant de droite, il utilise les mêmes arguments que Marine Le Pen sur l'extrême droite et qu'Arnaud Montebourg (voir mon article) et Jean-Luc Mélenchon à gauche, contre la mondialisation, cause des délocalisations et donc des pertes d'emplois en France, et affirme la nécessité de sortir de l'UE et de l'euro, jugés responsables de la perte de compétitivité de la France, de l'industrie française. Il affirme ici également qu'ils sont la vraie cause de la crise de la dette publique. Or, si certains arguments et constats sont vrais, attirant l'adhésion et l'approbation du lecteur, l'argumentation est fallacieuse et la conclusion bien hâtive pour être crédible.

 

Une chose me paraît juste sur le fond dans cet article : "Plutôt que de se polariser sur les déficits budgétaires, on ferait mieux d’analyser les déficits extérieurs qui révèlent la fuite des emplois vers les pays émergents, et notamment la Chine."

Les médias ou les responsables politiques (à l'exception de François Bayrou) parlent rarement de la balance commerciale. Or cet instrument de mesure essentiel de la bonne santé de l’économie. Le déficit de la balance extérieure (importations > exportations), qui est le reflet d'un appauvrissement relatif de la France en production, expliquant lui-même une partie de la baisse de nos emplois. François Bayrou, dit dans cette intervention sur France Inter lundi 20 juin 2011 : « La thèse de la démondialisation exposée par les deux extrêmes est un mensonge. La seule question que nous devons nous poser, c'est comment la France peut-elle continuer à produire?' L’Allemagne montre qu’on peut parfaitement produire et exporter en étant un pays de la zone euro, et donc améliorer le niveau social du pays", a-t-il souligné. "Je plaide pour une France forte et productrice ! »

Mais le déficit commercial d'un pays ne doit pas être confondu avec son déficit public.
Le déficit public naît de la différence entre les recettes (impôts) et les dépenses de l'Etat. Il y a un lien entre les deux mais très indirect. Par exemple le Japon a pu être en excédent commercial extérieur et en même temps avoir un déficit public et une dette publique (>200% du PIB) qui elle-même est financée à 95% par les Japonais eux-mêmes (placement de l'épargne des fonds postaux).
La dette publique est alimentée par l'incrémentation du déficit public chaque année.
Un ralentissement de la croissance augmente le déficit public car diminue les recettes (fiscale) et augmente mécaniquement les dépenses (sociales).

Nicolas Dupont-Aignan déclare : "tout est fait pour culpabiliser les peuples et leur faire croire que ces déficits et cette dette s’expliquent par un excès de dépenses, une mauvaise gestion et une politique sociale trop généreuse. C’est un véritable mensonge qu’il faut dénoncer en expliquant que cette crise de la dette a d’autres causes bien plus profondes : les états développés sont avant tout confrontés aujourd’hui à un manque de recettes budgétaires et sociales lié à une mondialisation qui nivelle tout par le bas."

C'est aller un peu vite ... L'évolution de la fiscalité (baisse de 100 à 120 milliards d'euros des recettes fiscales annuelles depuis l'an 2000 dont 2/3 en diminution d'impôt comme en attestait  Gilles Carrez l'an dernier ) et la charge financière de la dette publique (équivalente à l'impôt sur le revenu, 50 milliards d'euros) sont bien plus responsables du déficit public ( presque 150 milliards d'euros en 2010 et plus de 100 milliards estimés pour 2011) que l'impact des délocalisations.

Beaucoup de points affirmés par Nicolas Dupont-Aignan sont faux ou approximatifs, passent allègrement d'un constat partiellement vrai (perte d'emplois dues aux délocalisations) à une conclusion abusive (sortir de l'euro car pertes d'emploi expliquées par délocalisations qui elles-mêmes sont dues à un euro cher et à une UE complaisante vis à vis d'une mondialisation sans frontières). Explications :

1- Les délocalisations n'expliquent que 13% des pertes d'emplois. D'après un document officiel du ministère de l’Economie et des Finances, « La désindustrialisation en France » : « En trente ans, environ 2 millions d’emplois industriels ont été détruits en France (1 913 500 entre 1980 et 2007). Cela représente 71 000 emplois détruits en moyenne chaque année, et un total de 36% des effectifs industriels ». Mais lorsqu’on lit ce rapport de Bercy, il est précisé que sur ces chiffres, seuls 13% des destructions d’emplois sont expliqués par les échanges internationaux, selon une approche comptable fondée sur le contenu en emplois des échanges. Ce taux étant plus élevé sur la période plus récente 2000-2007 (28%). 25% des destructions d’emplois étant dus à des transferts de l’industrie vers les services par externalisation (donc pas une destruction d’emploi au total) et 29% dus à des gains de productivité (65% sur la période 2000-2007).

2- Ce n'est pas l'euro qui est la cause du manque de compétitivité de la France. L'Allemagne, en excédent commercial, ne pâtit aucunement de l'euro. Entre 60 et 70% de nos échanges extérieurs sont d'ailleurs en euro, au sein de l'UE. L'euro a été un facteur de stabilisation et de protection contrairement à ce certains essaient de faire croire. En revanche, nous avons laissé filer des pans entiers de l'industrie française, par exemple dans la machine outil, l'électroménager et les biens d'équipement. Le même phénomène se passe avec l'agriculture face à la concurrence espagnole, qui pourtant est elle aussi en euro !). Les allemands ont su préserver leur industrie et leur tissu industriel, leurs PME, en se concentrant sur les produits sur lesquels ils sont très performants (machine outil et automobile) même s'ils sont chers et en euro.

3- une sortie de l'euro serait dramatique pour les finances publiques notamment parce que la dette publique est libellée en euro. Comme l'a averti François Bayrou dans ses récentes interventions, la sortie de l'euro avec un hypothétique retour au franc reviendrait à une dévaluation brutale avec une dette à rembourser en euro dont la valeur serait donc relativement accrue comparée à notre nouvelle monnaie, donc la dette ne serait pas dépréciée (ce qui n'est pas le cas pour une dévaluation monétaire avec une dette libellée dans cette même monnaie). La charge financière de la dette se verrait donc non seulement accrue par cet effet, mais aussi par une hausse très importante du taux d'intérêt sur les nouvelles émissions (pour notamment réémettre de la dette pour rembourser celle arrivant à échéance), à un taux 2 voir 3 fois plus élevé. La charge financière étant actuellement égale à l'impôt sur le revenu, un doublement signifie multiplication de l'IR par 2 pour payer cet accroissement de charge sans creuser encore le déficit ! Une sortie de l'euro n'est envisageable qu'en cas de faillite déclarée de la France, d'une incapacité déclarée à rembourser sa dette actuelle. Or une telle faillite serait la ruine de notre économie, de nos services publics, de notre système social, au détriment de tous et notamment des personnes les plus fragiles. Prôner une telle solution est IRRESPONSABLE.

Gardons-nous de ces faux discours démagogiques et simplistes. 2012 approche ... avec son cortège de faux discours et de fausses explications, d'impostures, de désignation de boucs émissaires. Comme le dit François Bayrou, il faut d'abord un discours de vérité : "Le choix politique qui est le nôtre, c'est de dire la vérité aux Français parce que seule la vérité est mobilisatrice et peut permettre le redressement. Partir de la vérité pour arriver à la volonté politique, c'est notre maxime, c'est notre choix".

10/08/2011

Tragédie euroïque

Début d'une tragédie "euroïque" écrite pour le passage à l'Euro en 1998, qui redevient d'actualité ...

iphigenie_4.jpg

C'est Eonia qui déclame :

Euro, l'unique objet de mon pressentiment !
Euro, à qui l'Europe confie son ralliement !
Est-ce donc à ce sort qu'à présent nous destine
ce nouveau Dieu ? Déjà quelque guerre intestine
Entre ces pays commence à faire rage
Et demande aux sujets bien plus de courage
qu'ardemment dépensé en ces mille années.
Gestation difficile, sera-t-il mort-né ?
Ou clône de l'ECU renaissant de ses cendres,
Monstre contre nature que pour nous engendrent,
Nos rois et nos ministres tous en coeur ralliés,
Afin de nous conduire vers notre destinée ?
Ou bien est-ce un miracle, un Messie attendu,
Qui embaume les coeurs et de son arc tendu,
Lancera sans faiblir une flèche d'espérance,
Qui guérira les maux et même l'abcès qui lance
Torture dans nos plaies ouvertes du chômage,
Fantômes qui projettent leur affreuse image,
Paysages nécrosés, puanteur de mort,
Balayant ces démons, il sauvera notre sort !
Inexorable avancée vers une terre promise,
L'euro nous le clamons, devient notre devise !


Voir aussi mon "Slam de la finance", commencé à la même époque et actualisé ensuite (peut être scandé sur un rythme rap)  :

 

tourbillon-euro.jpg

 

Slam de la Finance

Les monnaies déstabilisant le monde,
L'inflation peu à peu creuse la tombe
De la valeur de l’argent des Nations
C’est pire encore avec la déflation :
Chômage, chantage, telle est la rançon,
Baisse des salaires, ça servira de leçon.
Avec Bretton-Woods, ils ont essayé
Les parités fixes, mais ça s’est planté :
En soixante et onze, le système éclate,
Plus de parités, échec et mat.
Alors ils inventent le serpent
Monétaire, reptile virtuel, mais sans
Adam, ni Eve, ni la pomme, dommage,
Ca aurait agrémenté le paysage.
Après toutes ces analyses, le moral à zéro,
Maintenant leur seule devise c’est l’Euro.

Qu’est-ce qu’on va faire de ces billets verts
Comment je compte : en balles, en briques ? Mystère.
Ils veulent avoir le Beur et l’argent du Beur,
La conversion du Franc, encore un leurre.
On te baise, on te lèse et on te pique ton pèze,
On te blouse, et on te pique ton flouze.
C’est pour t’obliger à changer ton fric
Tout ça pour mettre fin au trafic.
Marché artificiel des convertisseurs,
Jetés à la poubelle, à l’équarisseur,
L’Euro, en fait, en nouveau plan Marshall
Pour relancer l’économie qui va mal,
Pour occuper Pasqua, Le Pen ou Chevènement,
Ca nous laissait tranquilles pour un moment,
Afin que la France , soumise, par ce nouveau héros,
Ait une nouvelle devise, c’est l’Euro !

Et maintenant voici la mondialisation
Qu’on appelle aussi la globalisation,
Le fric devenu le roi de notre planète,

Et tout communiquant au travers d’internet.
Tu vois ces golden boys, les camés de Wall Street,
Devenus des héros et des faiseurs de mythes,
Les stars des dérivés, des produits exotiques,
Qui ont même fourgués tous leurs produits toxiques
En titrisant des crédits appelés « subprimes »
Cotés en triple A et déclenchant le drame,
Quand toute la Finance mondialisée
A bien fini enfin par le réaliser,
Tout ça n’était que de la fausse monnaie,
Et tous ces beaux produits n’étaient que des faux nez !
Et le monde a compris que la belle Amérique,
Soit tu la baises soit elle te nique,
Maintenant le dollar c’en est trop,

La meilleure devise, c’est l’Euro !

11:33 Publié dans Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, crise financière, slam, rap, poème |  Facebook | | |

27/03/2011

Sortir de l’Euro : pour ou contre ?

 

Deux thèses s’affrontent au sujet d’une hypothétique sortie de l’Euro (retour au Franc) : nous apporterait-elle un avantage économique, une indépendance une fois libérés des contraintes de Maastricht, permettant de maîtriser notre monnaie et nos outils de relance de l’économie ? Ou au contraire serait-elle annonciatrice d’un grand péril, comme l’a proclamé récemment François Bayrou pour le Mouvement Démocrate, de même que l’ont aussi averti des représentants de l’UMP et du PS ?

Comme le remarque François Bayrou, sur ce sujet comme sur bien d’autres (déficit, guerre en Libye, éducation, hôpital,…), la ligne de clivage entre les deux positions n’est pas celle qui départage « la gauche » de « la droite ». En effet :

- Les partis favorables à la sortie de l’Euro sont : pour la droite le FN et les souverainistes (Debout La République) et pour la gauche le Parti de Gauche et le NPA ;

- Les partis qui au contraire alertent sur les dangers et les conséquences catastrophiques d’une sortie de l’Euro par la France sont l’UMP, le PS et même le PC par la voix de Pierre Laurent. Et surtout le MoDem avec François Bayrou, qui avertit qu’une telle hypothèse conduirait à une catastrophe économique, voire à des « larmes de sang », touchant notamment encore plus durement les plus défavorisés. Voir ses interventions récentes sur France Inter et sur la chaîne parlementaire LCP.

- A noter, une position intermédiaire : l’économiste Christian Saint-Etienne, du Nouveau Centre, qui prône quant à lui une scission de la zone Euro en deux : d’un côté une zone Euro fort, avec l’Allemagne et en général les pays du Nord, les moins endettés, de l’autre côté une zone euro faible avec les pays du sud les plus endettés : la Grès, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, … et la France, auxquels s’ajoute l’Irlande. Ce scénario reviendrait au même pour la France qu’une sortie de l’Euro : une dévaluation de sa monnaie accompagnée d’une forte hausse des taux d’intérêt, donc de la charge de la dette publique.

 

Quels sont les arguments avancés pour soutenir ces deux thèses et comment pouvoir en juger ?

Tout d’abord un rappel pédagogique sur quelques notions simples d’économie, comme je l’avais fait lors d’un précédent article « Equations économiques : la quadrature de la crise » :

· La valeur relative d’une monnaie reflète la solidité de son économie comparée à celle des autres pays, son pouvoir d’achat relatif comparé à celui d’une autre monnaie. Plus un pays est endetté, plus sa dette publique est élevée, plus il a de risque de rencontrer des difficultés à la rembourser, plus le taux d’intérêt exigé sur cette dette par les investisseurs est élevé, d’autant plus si ces derniers anticipent un risque de dévaluation de sa monnaie par rapport à la leur. La politique budgétaire impacte la valeur de la monnaie, pas seulement en termes de dette et de déficit public. L’anticipation d’inflation, notamment du fait de création monétaire (augmentation de la monnaie en circulation, des crédits, sans création de richesse en contrepartie, traduite au final par une hausse des prix), fait baisser la valeur de la monnaie. D’où la théorie de parité des pouvoirs d’achat établissant une équation d’équilibre entre trois variables : le taux de change entre deux monnaie, taux d’intérêt et taux d’inflation (voir définition Wikipedia ou plus d’explications dans cet article de Christian Biales).

· Lorsqu’un pays est autonome sur sa monnaie (ce qui n’est pas le cas s’il fait partie de la zone euro, contraint par les critères de Maastricht et la soumission à la politique de la BCE sur les taux d’intérêt), il peut utiliser la dévaluation comme un outil de relance des exportations (ce que fait la Chine en maintenant le Yuan sous-évalué). Il peut le faire en menant une politique budgétaire ou monétaire laxiste (augmentation exagérée des crédits consentis par le système bancaire ou rachat des titres de dette publique du Trésor par la Banque centrale), laissant filer sa monnaie sans contrainte.

Effets multiples d’une dévaluation monétaire :

L’inflation peut impliquer une dévaluation, de même qu’une dévaluation peut se traduire en inflation. Une politique monétaire ou budgétaire laxiste crée de l’inflation, provoquant mécaniquement une baisse du cours de la monnaie car les marchés vont anticiper cette baisse de valeur relative comparée aux autres monnaies. Ceci a aussi pour effet de faire mécaniquement baisser de prix des exportations pour les pays tiers, mais aussi de renchérir le prix des importations. Ce qui est un facteur positif si le pays est exportateur en net (balance commerciale excédentaire). En revanche, l’inflation va faire baisser le prix des valeurs mobilières (titres d’actions ou d’obligations) et immobilières, ce qui grève le patrimoine des épargnants et des investisseurs. De plus, l’inflation renchérit le prix des biens à la consommation alors que les salaires ne suivent pas ou suivent avec retard (surtout en période de chômage ou de récession), ce qui provoque une baisse de pouvoir d’achat des consommateurs, touchant en particuliers les plus défavorisés. Par ailleurs, si l’Etat est endetté vis-à-vis de l’étranger, la valeur relative de sa dette publique s’en trouvera diminuée (le cours du titre souverain libellé en monnaie étrangère baisse). Mais en contrepartie, les investisseurs qui souhaitent rentrer dans leurs fonds exigeront un taux d’intérêt bien plus élevé qu’avant, représentant une prime de risque, de dépréciation de leur actif. Un renouvellement de la dette (permettant de rembourser les échéances de la vielle dette) ne pourra se faire par l’Etat qu’à un taux plus élevé, ce qui renchérira considérablement la charge financière annuelle de cette dette, donc le déficit public, qui lui-même incrémente la dette publique. Il arrive même un seuil critique où la dette devient quasi impossible à rembourser, entrant dans un « effet boule de neige », qui justement se situe au-delà des critères de Maastricht de 60% du PIB pour la dette publique et de 3% du PIB pour le déficit public annuel). Plus encore que ces indicateurs, c’est le ratio déficit public/ recettes fiscales (capacité à couvrir le déficit par l’impôt) qui est un critère déterminant. La charge accrue de la dette handicape la croissance, obligeant l’Etat à augmenter les impôts ou à diminuer les dépenses publiques.

Au vu de ces multiples facteurs, la résultante des effets d’une dévaluation ne peut être anticipée, mesurée et appréciée qu’au regard d’une situation initiale dépendant des enjeux suivants :

- Niveau de la dette publique et niveau relatif des taux d’intérêt sur cette dette, impactant le déficit et nécessitant éventuellement une augmentation des impôts,

- Niveau relatif des exportations et des importations, ainsi que leur sensibilité aux prix (on a vu par exemple que l’Allemagne, grande exportatrice vers les pays émergents et la Chine, est peu sensible à l’augmentation de l’Euro),

- Impacts relatifs sur la relance de l’économie de l’effet sur les exportations et les importations,

- Effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages.

 

Quel serait vraiment sur la France l’impact d’une sortie de l’Euro ?

1- Compte tenu de la situation très dégradée de nos finances publiques (dette publique atteignant 1600 milliards d’euros) et de notre balance commerciale (les importations excèdent les exportations), une sortie de l’euro se traduirait immédiatement par une dévaluation très forte de notre monnaie (certains économistes l’ont évalué à 20%, soit une valeur de 0,85 euros au lieu de 1 initialement) ;

2- L’effet positif sur les exportations serait neutralisé par l’effet négatif sur les importations. Comme le relate le Figaro dans cet article daté du 20 décembre 2010, un économiste de banque, Mark Cliffe, responsable de la recherche d'ING Bank, a chiffré les conséquences d'un retour général aux monnaies nationales : pour la France une récession avec baisse de 10% du PIB sur trois ans, hausse du chômage à 13,8%, le prix de l’essence qui s’envole à 1,75 euro le litre (à traduire en monnaie nationale). De plus l’inflation aurait un impact négatif sur le pouvoir d’achat des Français;

3- Libérés des contraintes de Masstricht, nous pourrions créer de la monnaie à notre gré, comme le préconise Marine Le Pen, afin de rembourser notre dette publique. Il suffirait que la Banque centrale rachète les bons du trésor au Trésor. Facile ! Sur les 1600 milliards de dette publique française, 2/3 sont détenus par des investisseurs étrangers (1200 milliards). La dévaluation relative de cette dette serait de 20%x1200 = 240 milliards. Continuer à emprunter à l’étranger nous contraindrait à payer un taux d’intérêt bien plus élevé : alors qu’il est de 3,5% aujourd’hui, il monterait facilement à 7%. Or la charge de la dette (intérêts), devenu en 2011 le premier poste budgétaire juste devant l’éducation, est actuellement de 45 milliards d’euros, soit l’équivalent du total de l’impôt annuel sur le revenu. Il faudrait donc soudain doubler l’impôt sur le revenu des Français pour ne pas déclarer l’Etat en faillite ! Faire racheter les créances publiques par la Banque centrale revient aussi à de la pure création monétaire, traduite en taux d’inflation, qui lui-même est intégré dans le taux d’intérêt exigé par les investisseurs, étrangers ou Français, répercuté sur toute l’économie, prêts aux particuliers comme crédits aux entreprises …

 

La conclusion paraît évidente : une sortie de l’euro serait catastrophique pour la France et ceux qui la prônent sont irresponsables, compte tenu de ces enjeux.

09/05/2010

L’épargne privée au secours de la dette publique ?

 

L’épargne privée au secours de la dette publique ?

 

Plutôt que célébrer la victoire du 8 mai 1945, rendons hommage aujourd’hui à Lavoisier, cet éminent agronome, philosophe, chimiste et économiste aussi, guillotiné le 8 mai 1794 par les révolutionnaires, sous la Terreur.  On lui attribue la maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », qui en fait est la reformulation d'une phrase d'Anaxagore de Clazomènes, philosophe présocratique (premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide comme élèves) : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

 

Si Lavoisier et Anaxagore pouvaient observer la crise financière actuelle, ils pourraient valider leur théorie sur le plan économique, au sujet de la dette, dans la globalisation, avec la séquence suivante :

1-     la dette privée des subprimes aux Etats-Unis s’est transmise aux banques par la titrisation,

2-     la dette privée des banques a été ensuite transmise à des Etats qui, en renflouant ces banques ainsi qu’en finançant des plans de relance à l’économie souffrant des conséquences de la crise, notamment du financement, ont financé ces dépenses par du déficit public, incrémentant la dette publique,

3-     la dette publique d’Etats emprunteurs, comme la Grèce, se transmet ensuite à d’autres Etats qui financent les premiers qui ont du mal à trouver prêteurs ou à un taux prohibitif, en empruntant eux-mêmes, en creusant leur propre déficit.

4-     Et maintenant que tous les Etats pratiquement sont endettés (la dette publique de la zone euro s’élève fin 2009 à 78,7% du PIB comme le montre Eurostat), interrogeons-nous sur les nouveaux créanciers de ces Etats …

 

Je posais déjà le problème il y a plus d’un an dans cet article faisant le bilan financier mondial de la crise et les conséquences, les leçons à en tirer. Je faisais remarquer que « L’émission massive de dette publique va ponctionner des liquidités sur les marchés financiers. Les fonds souverains ne pourront pas l’absorber, ayant eux-mêmes subi des pertes. » et aussi que « Les bons du Trésor et obligations d’Etat vont donc être achetés par des acteurs investisseurs, particuliers et banques (en partie via des fonds) à la recherche d’investissements sûrs, en remplacements d’actifs moins sûrs, d’actions et d’obligations privées… »  

… « Nous assistons dans un premier temps de la crise à une baisse des taux, favorisée par les banques centrales, au risque de provoquer comme l’a connu le Japon dans la décennie 1990 une « trappe à liquidité » (la notion de trappe à liquidité apparaît avec Keynes et désigne une situation où la politique monétaire n’est d’aucun recours pour stimuler l’économie). Puis au fur et à mesure des émissions massives d’emprunts d’Etat (bons du Trésor et obligations d’Etat) et du phénomène de tension sur les taux bancaires et obligataires du fait de la demande des entreprises en financement, ainsi que de la concurrence entre les différents emprunts publics, les Etats vont devoir émettre de nouveaux emprunts à des taux plus élevés, ce qui risque de dégrader sur le marché secondaire la valeur boursière de la dette publique déjà émise à des taux plus faibles, obligeant les banques centrales à soutenir ces dernières en achetant des bons du Trésor et obligations d’Etat (c’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer la Fed). Ce qui revient à de la pure création monétaire, s’ajoutant à celle induite par la hausse des encours de crédits bancaires. On risque alors, après une première période de déflation, d’entrer dans une période d’inflation et même d’hyper-inflation, qui du reste serait une manière de déprécier la dette des Etats, leur permettant de la rembourser plus facilement  plutôt qu’en augmentant les impôts. »

 

Nous y sommes donc. Les taux se tendent sur les dettes souveraines, d’une part par le double effet de la demande conjointe des Etats sur les marchés face à une offre constante de liquidités, d’autre part pour rémunérer le risque croissant pris par l’emprunteur sur des Etats désormais suspectés de pouvoir faire faillite, avec un effet domino.

 

La Grèce accuse un déficit public record de -13,6% et une dette publique de 115,1% en 2009. Son cas est aggravé par la spéculation qui accentue toutes les tendances haussières ou baissières (les marchés jouant un rôle déstabilisateur plutôt que autorégulateur).

 

Fin 2009, la dette publique de la France s’élève à 1457 milliards d’Euro (77,6% se son PIB, 84% étant anticipé en 2010) et son déficit public à -7,5% du PIB. Or la dette publique française est par ailleurs plutôt sous-estimée, comme le rappelait le rapport Pébereau en 2005, car elle ne comprend pas les factures impayées et autres créances diverses qui sont pourtant aussi dans le passif comptable. Elle ne tient pas non plus compte des engagements hors bilan selon la norme comptable adoptée (une autre norme comptable du privé imposerait de les inclure dans le bilan) incluant, entre autres engagements réels de l'État, les retraites des fonctionnaires non financées qui représentent des engagements des administrations publiques, estimés à environ 900 milliards d'euros. Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique, l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette compris entre 790 et 1 000 milliards d'euros[3]. Si l’on intégrait ce montant, la dette publique serait de 2500 milliards d’euros, soit 134% du PIB ! Imaginez que le FMI ou la BCE demande à la France de rectifier ses comptes en provisionnant les retraites des fonctionnaires ! On dirait que comme l’Etat grec, la France a maquillé ses chiffres et la note de la France plongerait soudain … Il serait très intéressant d’ailleurs de savoir si les autres pays européens ont provisionné les retraites de leurs fonctionnaires. Sachant que pour ceux qui fonctionnent en retraite par capitalisation, l’abondement du fonds qui sert à générer le revenu des retraites est compris dans la dette publique, comme aux Etats-Unis (c’est, je crois aussi, le cas du Royaume-Uni).

 

En juin 2009, le rapport annuel de la Cour des comptes[1] sur la situation et les perspectives des finances publiques souligne le risque d'« emballement de la dette » conduisant notamment à une possible « remise en cause de la signature de la France ».

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Cependant, il y a des cas apparemment pires que la Grèce et la France. Au Japon[2], l'endettement public devrait dépasser cette année les 200% du PIB et son déficit public en 2009 est à un niveau de 10%.  Mais l'un des points forts du Japon est que sa dette est détenue à plus de 93% par des investisseurs japonais, notamment la Banque de la Poste du Japon. Autrement dit la majorité de la dette publique est détenue par les japonais eux-mêmes, qui ont un taux d’épargne très important (17% fin 2009). Au Japon[3] la poste est une gigantesque machine à transformer l'épargne privée en dette publique. 80% de l'épargne de ses clients (dépôts postaux) est réinvesti dans la dette publique. Donc le risque de défaut de l’Etat nippon est faible, donc les marchés sont rassurés.

Qui détient la dette publique ? Là semble donc être la clé de la confiance que les marchés ont en cette dette, ainsi que de l’effet transmetteur de la dette, selon le principe de nos amis Anaxagore et Lavoisier.

Pour s’endetter, l’Etat émet sur les marchés financiers des obligations OAT ou des bons du Trésor. Ces titres sont achetés par d’autres agents (assurances, établissements de crédit, organismes communs de placement, non-résidents...).  Sur le site de l’Agence France Trésor (AFT), qui gère les émissions d’obligations OAT et de bons du Trésor de l’Etat français, on voit[4] que deux tiers de notre dette est détenu par des non résidents (25 % pour les Etats-Unis (en 2007), quasiment nulle au Japon. D’ailleurs quand on dit que la Chine finance la dette des Etats-Unis, c’est largement exagéré : les non-résidents représentent un quart des détenteurs, et parmi eux la Chine arrive en tête avec un quart de cette part, soit au total (un quart de un quart) soit un peu plus de 6 %). Le site de l’AFT[5] indique aussi que 34% de la dette publique française est détenu par des assurances et établissements de crédits nationaux et 6% par des OPCVM ou « autres », c'est-à-dire des épargnants français. Comme le remarque Philippe Herlin[6], « jusqu’ici tout va bien et nos émissions obligataires sont largement souscrites. Mais si une défiance envers la signature de la France venait à apparaitre, cela nous mettrait immédiatement en situation de faillite puisque notre économie ne pourrait pas suppléer d’un coup à ces investisseurs étrangers. Il y a donc ici une fragilité très grande qu’il faut prendre en compte, au-delà du montant de la dette. »

Une dégradation de la note de la France peut déclencher la rupture de confiance des investisseurs dans le monde.

Pour sécuriser la dette publique française, on peut donc se demander si, par acte patriotique ou par intérêt, les Français seraient prêts à souscrire ces bons du trésor, à l’instar des citoyens nippons, soit directement, soit via l’épargne collective en OPCVM (SICAV et FCP).

Intéressons-nous donc au taux d’épargne des ménages en France. Il est particulièrement élevé comparé à la zone euro. Ci-dessous comparaison avec quelques pays européens en 2007 (chiffres Eurostat) :

 

Chiffres 2007 UE France Danemark Finlande Suède Norvège
Taux Epargne des ménages 10.75 15.34 5.13 6.38 11.72 4.64

Allemagne Espagne Italie Royaume-Uni
16.69 10.23 14.53 2.46

Il s’est accru semble-t-il avec la crise, passant à 17% fin 2009, un record depuis la fin de l’année 2002[7] (13,3 en UE et 15,1 en zone euro[8]). Malgré la stagnation de leurs revenus, les Français n'ont jamais autant épargné depuis sept ans, une "épargne de précaution" sur laquelle ils préfèrent miser face à la hausse du chômage. Eric Heyer, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), explique à l’AFP que « face à la hausse du chômage et même s'ils ne sont pas directement touchés, les Français ont tendance à faire de "l'épargne de précaution". A l'inverse, entre 2002 et 2008, quand le chômage avait reculé, le taux d'épargne avait baissé ». Les Français ont d'ailleurs plébiscité cette année les placements les plus sûrs, souvent moins rémunérateurs, comme le livret A et l'assurance-vie.

Ce comportement validerait la théorie économique de l’« équivalence ricardienne [9]». Selon ce théorème, « il y aurait, sous certaines conditions, équivalence entre l'augmentation de la dette publique aujourd'hui et l'augmentation des impôts requise demain pour le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. Si les agents économiques  se comportent de manière rationnelle, une politique de relance (distributions de revenus financée par la dette publique) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser (augmentation des taux d'épargne), en prévision de hausse d’impôts future. »

Une étude de la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique (DGTPE) a suggéré que les ménages de la zone euro et en France, pouvaient suivre un comportement ricardien : « une hausse de 1 point de PIB du déficit public structurel serait compensée par une augmentation de 3/4 de point de PIB de l'épargne privée, ce qui serait cohérent avec un comportement largement ricardien des ménages de la zone euro. »

Ainsi, il existe un équilibrage naturel qui consiste à financer la dette publique par l’épargne privée, cette dernière étant encline à le faire en tant de crise qui implique une augmentation de cette dette publique. Ce qui transfère finalement le risque sur les ménages … leur capacité d’épargne, de financement, de renouvellement de l’encours de dette publique. En effet, si avec la crise  leurs revenus stagnent ou baissent, ils n’auront pas une capacité croissante d’épargne. De plus ils vont substituer ce placement à d’autres placements sans doute moins sûrs (actions, obligations privées, immobilier,…) et à la consommation, ce qui accentuera les problèmes de l’économie par ailleurs.

On peut continuer la chaîne à l’infini. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme … »

        



 
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