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29/11/2010

Un tiercé gagnant DSK-Fillon-Bayrou pour 2012 ?

Loin de la scène politique française, sans rien faire, sans rien dire et sans avoir annoncé un projet, DSK est plébiscité candidat socialiste préféré des Français (pour 32%) et aussi des Socialistes (41%) très loin devant Martine Aubry puis autres concurrents. Voir ce dernier sondage IFOP pour le Journal du Dimanche d'hier.

Pourquoi ce succès ? Sans doute car il incarne l'oxymore du "libéralisme social" et une forme de solidité, d'expérience et de responsabilité. Il marque aussi une préférence pour un PS moins à gauche, peut-être plus réaliste et responsable, plus ouvert sur des réformes nécessaires.

Parallèlement, Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages et cependant dans le journal Marianne d'hier, Jean-François Kahn nous avertit qu'il pourrait bien être réélu grâce à la division de l'opposition, grâce au pouvoir énorme que lui et ses amis détiennent sur les médias bienveillants, grâce à des moyens de campagne et de communication sans pareils, enfin grâce à l'adaptabilité du discours opportuniste dans lequel il excelle, qui fera oublier toutes les promesses qu'il n'a pas tenues et les mensonges qu'il a tenus, tout en fustigeant les coupables de la crise, les banquiers voyous, la mondialisation déloyale, etc., séduisant l'électorat populaire tout en donnant des gages à ses soutiens habituels du Fouquet's.

Or un autre scénario se profile à mon avis. Celui où Nicolas Sarkozy pourrait bien ne pas être candidat. Soit du fait des scandales qui le rattrapent et vont lui coller à la peau jusqu'à l'élection présidentielle, où bien tout simplement quand les sondages vont oser présenter des candidats alternatifs (Fillon, Copé, Juppé, Villepin) qui le dépasseront et optimiseront les chances pour l'UMP de gagner l'élection.

Ainsi, je ne serais pas étonnée de voir François Fillon arriver en tête du candidat UMP préféré des Français et des sympathisants UMP, plus apte que Nicolas Sarkozy à capter les voix centristes au deuxième tour, face à un DSK qui les attireraient aussi.

Un autre sondage de la semaine dernière (voir cette dépêche AFP ou cet article) dit que François Bayrou est le candidat qui représente mieux le centre, devançant nettement Jean-Louis Borloo. Il paraît bien être celui qui tient la route pour représenter un centre indépendant.

DSK_Fillon_Bayrou.JPGOn pourrait alors voir un premier tour où les trois candidats Fillon, Bayrou et DSK, auraient des scores assez proches.

La France, au lieu de se radicaliser sur les pôles, serait alors peut-être mûre pour une Union nationale plus équilibrée, avec des hommes capables de s'entendre, de se parler, de gouverner ensemble ...


24/11/2010

Lactualité démontre que François Bayrou avait raison sur tout

L’actualité démontre que FRANCOIS BAYROU AVAIT RAISON SUR TOUT :

- l’insignifiance d’un centre inféodé, proclamée par François Bayrou depuis la création de l’UMP en 2002, indépendance qu'il a payé cher et avec courage mais qui lui donne raison et dont il récoltera maintenant les fruits, car c’est LE SEUL a pouvoir représenter maintenant ce centre indépendant,

- LES ABUS DE POUVOIR du "régime sarkozyste", que F.Bayrou a dénoncés le premier, avant le PS et bien mieux que le PS, et qui éclatent au grand jour, L'affaire Tapie, l'affaire Jean Sarkozy, ... et maintenant l'affaire Woerth-Bettencourt et l'affaire Karachi et des rétrocommissions en sont des exemples emblématiques,

- Le problème crucial du déficit, de la dette publique, qui nous plombaient déjà avant la crise et risquent de nous entraîner vers la faillite, comme la Grèce, l’Irlande, ...

- le délitement de notre modèle social et de notre pacte républicain, le dysfonctionnement du modèle capitaliste dérégulé dans la mondialisation, générateur d’inégalités croissantes, le pouvoir destructeur de l’argent roi, du règne de la cupidité et de l’individualisme, du pouvoir des puissances financières qui ont la main sur les Etats et les médias, médias ...

- la dénonciation d’une idéologie qui cherche à aligner notre modèle sur le modèle anglo-saxon et qui justifie, voire prône les inégalités croissantes.

F.Bayrou avait déjà pointé ces problèmes avant la crise financière. Il était très visionnaire. Il mérite d'être plus écouté par les Français.

Comme il le disait au micro d'Europe1 ce matin, il ne votera pas la confiance au gouvernement Fillon à l'Assemblée cet après-midi, car il estime que la politique du gouvernement n'est pas la bonne, qu'il s'agisse de l'emploi, de l'éducation, de la fiscalité et du déficit, ... bien qu'il ait personnellement de l'estime pour l'homme François Fillon.


“Purger les affaires“ Karachi et Bettencourt
envoyé par Europe1fr. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

01/09/2010

Une présidentielle 2012 sans Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages. Il révulse les sympathisants de gauche, les écologistes, comme ceux du centre et notamment du MoDem mais fait nouveau : il éructe des tenants de son camp, de l’UMP, parlementaires et même ministres, qui sont tenus de la fermer.

Nicolas Sarkozy est bien l’instigateur de cette récente polémique xénophobe et sécuritaire. Il croyait faire un coup gagnant mais ce coup s’est avéré doublement perdant pour lui : d’une part il a soulevé une partie de son propre camp contre lui, d’autre part il n’a pas rallié ou peu les voix du Front National et a au contraire légitimé les thèses de ce dernier, à la grande joie de Marine Le Pen qui s’en trouve ainsi renforcée.

Il est évident que cette polémique sur la sécurité et sur les Roms a été sciemment lancée par le pouvoir pour faire oublier l’affaire Woerth-Bettencourt et les graves problèmes des retraites et du chômage tout en essayant de rallier des voix du Front National. De plus, le problème se délinquance et de sécurité, qu’il ne faut pas nier, aurait pu être abordé d’une toute autre manière, invitant les différents partis et représentants de la vie civile à s’exprimer, à faire des propositions. Au lieu de cela, il fut abordé à partir d’un fait divers à Grenoble, suivi de phrases choc, amalgamant problèmes de délinquance et immigration, amalgamant aussi Roms et gens du voyage (95% sont pourtant Français depuis plusieurs générations dont une majorité respectent la loi).

Un président de la République se doit d’apaiser et rassembler les citoyens, pas de les monter les uns contre les autres ni d’allumer des mèches reliées à des tonnes de dynamite.

Aujourd’hui, c’est François Fillon qui tient ce rôle apaisant, sécurisant, rassembleur alors que Nicolas Sarkozy a voulu supplanter le rôle de 1er ministre en étant directement au front, aux commandes opérationnelles. Il y a bien dans les faits une inversion des rôles. Les Français le ressentent et traduisent ce sentiment dans les sondages. Position difficile de François Fillon, qui fait le dos rond, se doit de défendre le président et de calmer les insurgés de son camp, tout en n’en pensant pas moins et cherchant à calmer les pitbulls qui en rajoutent en aboyant un peu fort.

François Fillon a essayé avec brio de défendre la politique sécuritaire en conformité de l'application de la loi, avec des paroles très argumentées, mesurées, assez convaincantes (matinale de France Inter lundi dernier 30 août 2010) et aussi déploré ceux qui instrumentalisent le thème de la sécurité à des fins politiques, de tous bord de gauche comme de droite, exhortant ceux qui tirent contre leur camp à rester unis, mais a néanmoins concédé qu'il n'aurait pas employé les mots exprimés par Nicolas Sarkozy. Traduction : cette polémique aurait été déclenchée plus par un problème de forme qu'un problème de fond. Avouons que c'est aller un peu vite, que la "forme", les paroles, les mots choisis, sont extrêmement importants dans l'expression d'un chef d'Etat. Elles ont été comprises de la même manière par l'opinion, par la presse, française et internationale, par les représentants de l'ONU, par le pape et autres représentants ecclésiastiques…

Cet événement et le retournement des sondages, annonçant pour la première fois la gauche, le candidat du PS battant à plate couture Nicolas Sarkozy au 2nd tour des présidentielles (DSK à 59%, Aubry à 53%),, amorçant une pente descendante du candidat jugé naturel et incontournable de l’UMP, pourrait bien retourner complètement les hypothèses et les scénarios de cette présidentielle.

Même si elle n’ose pas l’avouer, l’UMP a bien du souci à se faire et devrait sérieusement envisager une solution de secours, un candidat alternatif à Nicolas Sarkozy au cas où cela tournerait mal. Elle a intérêt à le faire face à plusieurs risques : non seulement au risque d’impopularité croissante du chef de l’Etat, mais aussi à celui qu’il soit rattrapé par les affaires compromettantes, l’affaire Woerth-Bettencourt comme l’affaire Karachi (voir Mediapart), ou encore un scandale personnel lié à son couple, si Carla dérape ou ne supporte plus de couvrir une politique et une image contraire à son idéal.

Or aujourd’hui quels sont les candidats alternatifs pour l’UMP ? Je laisse de côté Alain Juppé, qui est intéressé mais loin derrière d’autres hypothèses plus probantes :

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1-François Fillon me paraît être le premier, aujourd’hui, à pouvoir revendiquer les meilleures chances. Dans le même temps, en mettant en avant ses valeurs républicaines et gaullistes, il gênerait Dominique de Villepin dont la candidature serait moins clivante et aurait intérêt à se retirer pour ne pas diviser les voix. En même temps, François Bayrou pourrait dialoguer plus favorablement avec lui, envisager des points d’accord, de même que la candidature de Hervé Morin ferait encore plus flop. François Fillon pourrait « recentrer l’UMP », en rassemblant plus facilement le centre, en tout cas en perspective d’un 2nd tour de présidentielle, mais à condition d’évincer tous les anciens pitbulls de la Sarkozy y compris Claude Guéant, et de construire un projet plus centriste, plus rassembleur, plus juste, plus républicain et plus démocrate.

2-Jean-François Copé, avec ses dents longues, est aux avant-postes. Il conduisait jusqu’à présent une stratégie de candidature UMP pour 2017, se positionnant chef parlementaire des députés UMP avec l’avantage de pouvoir narguer ou challenger parfois Nicolas Sarkozy, convoitant maintenant la présidence du parti en critiquant ouvertement son organisation aux dernières universités d’été de l’UMP, en concurrence frontale avec Xavier Bertrand. Il est aussi un des candidats potentiels au poste de 1er ministre. Une anticipation de sa candidature présidentielle pour 2012 ne serait pas à écarter dès que l’occasion se présentera. Mais ce candidat serait à mon avis un « Sarkozy-bis », avec même comportement médiatique et opportuniste, attiré par l’argent et les affaires, trop sûr de lui, attisant les braises plutôt que cherchant à rassembler et à calmer le jeu, clivant les gens de son camp, recueillant plutôt les voix de ceux qui veulent perpétuer le régime actuel.

3-Enfin, Dominique de Villepin, s’il arrive à conserver et même à amplifier l’élan récent de popularité à son égard, à rallier un nombre important de parlementaires UMP qui suivent leur électorat de droite déçus et même effrayés par Nicolas Sarkozy, pourrait bien reprendre la main, avec une revanche éclatante du panache sur le croc de boucher ! Si François Fillon ne souhaite pas être candidat et soutient Dominique de Villepin dans l’hypothèse d’une primaire UMP, ce pourrait être décisif. Mais je fais le pari qu’il n’y aura pas de primaires à l’UMP !

Je suis persuadée que le paysage politique va bien changer d’ici avril 2012. Les scénarios que nous présentent et nous imposent actuellement la presse, les médias et les sondages qui présentent des hypothèses pour acquises, seront à revoir. DSK ne sera probablement pas candidat malgré tout le battage médiatique imposant l’intérêt de sa candidature, car ce serait prendre un risque important de quitter son poste au FMI, qui lui assure honneurs et confortable rémunération (461 000 $/an), d’autant plus que l’UMP a semble-il en réserve un dossier compromettant en forme de peau de banane (dixit Frédéric Lefebvre devant trois journaliste). La gauche et notamment le PS, qui était l’an dernier décrit comme « un grand cadavre à la renverse » par BHL, ne doit pas se réjouir trop par avance. La partie n’est pas gagnée. Le PS a été regonflé non pas grâce à un projet ni à des propositions constructives et réalistes, notamment pour résoudre le déficit et les problèmes des retraites, d’éducation et de sécurité, mais bénéficie plutôt des retombées du rejet sarkozyste de l’opinion. De même pour les écologistes qui ont plutôt fait preuve de divisions internes et n’ont pas encore de programme, malgré l’élan médiatique de la candidature d’Eva Joly qui a masqué le reste.

 

Quant à François Bayrou et son Mouvement Démocrate, il est donné par la presse et les sondage comme perdant même si bayrou_3.jpgdémontrant une forte résistance, grignoté à la fois sur sa droite par de Villepin et sur sa gauche par les écologistes, mais il creuse son sillon, est le premier à avoir un projet humaniste cohérent qui servira de cadrage à un projet présidentiel, il incarne à la fois l’éthique en politique, la mesure sécurisante à laquelle les Français aspirent, la volonté de dialoguer et de rassembler au-delà des clans. Il est clairvoyant, avait dénoncé le grave problème du déficit et des inégalités croissantes, ainsi que les dérives de la sarkozie (dans son dernier livre Abus de Pouvoir), bien avant les autres. Et sur le plan humain, il est chaleureux, généreux et sympathique, il parle vrai et simplement, calmement, avec mesure et discernement. Certains devraient se rappeler le la fable de La Fontaine, Le lièvre et la tortue

 
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