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26/06/2012

François Bayrou l’incompris

Après son échec relatif aux élections présidentielles  et la défaite de presque tous ses candidats aux législatives sauf deux, l’heure est au bilan pour François Bayrou : analyse des causes avant de penser au futur, remontée des rancœurs des militants, et le goût amer de voir les coucous pseudo-centristes ralliés à la droite prétendre s’installer dans le nid encore tout chaud d’un Centre revendiqué « à droite ». Comme eux avec la protection de l’UMP, EELV a négocié avec le PS et réservé ses places en s’assurant de ne pas avoir de concurrent PS aux législatives, pour avoir un groupe à l’Assemblée, alors que son candidat aux législatives, Eva Joly, avait fait un score bien inférieur à celui de François Bayrou (2,31% contre un malgré tout honorable 9,13%).

Pourquoi cet échec ?

Alors que François Bayrou est estimé pour ses analyses justes, pour ses propositions constructives et réalistes (sur l’équilibre des finances publiques sans sacrifier la croissance, sur l’éducation, sur la moralisation de la vie publique notamment), pour les valeurs qu’il prône (socle de la république, démocratie, solidarité et justice, responsabilité, valorisation de la création et du mérite). Les derniers sondages avant la présidentielle le donnaient au top de la cote de popularité, de confiance et de qualité des propositions. Cependant, les intentions de vote ne suivaient pas avant le premier tour, alors qu’il n’avait pas annoncé son vote personnel en faveur d’Hollande pour le second tour. L’annonce de ce vote, pourtant bien expliquée par François Bayrou sur la question des valeurs, n’a pas été comprise par une partie de son électorat traditionnel, interprétée comme un ralliement au PS (alors qu’il n’en était rien). Or l’annonce d’un vote pour Sarkozy aurait été également mal comprise, de même que celle d’un vote blanc, sachant qu’au second tour des présidentielles les électeurs de Bayrou se sont répartis à tiers quasi-égal entre les trois choix. Le résultat aurait probablement été le même, sauf pour lui-même s’il avait négocié avec l’UMP ou le PS une non concurrence sur sa circonscription. Au moins François Bayrou n’a pas renié ses valeurs et prouvé son courage, même s’il a sacrifié son poste de député.

En tout cas une chose est claire : l’engouement n’était pas le même qu’en 2007, la crise est passée par là, les positions se sont radicalisées avec la montée des extrêmes à la fois sur la gauche et sur la droite, au détriment du centre. Les trois prétendants à la présidentielle ont été évincés : Sarkozy, Royal et Bayrou. La bipolarité s’est à nouveau imposée, la chambre rose a remplacé la chambre bleue. La crise est encore là et plus encore devant nous, les belles promesses seront difficiles à tenir et le retour à la réalité va s’imposer.

La leçon de l’histoire :

-          le courage ne paie pas. En tout cas pas à court terme. Préférer défendre ses valeurs et ses idées que se vendre pour des postes ou se rallier par avance en sacrifiant ses idées, en effet, cela n’est pas payant dans le contexte de nos institutions et du vote majoritaire ;

-          François Bayrou avait fait un pari risqué : celui de dire la vérité (au sens de la réalité des faits et du pragmatisme des solutions) et d’être compris par les Français. Même si les élus, pris par leurs appareils, leurs investitures, n’osaient par franchir le pas de lui apporter leur soutien malgré un accord sur le fond, les électeurs eux-mêmes se chargeraient de les faire changer d’avis en lui donnant leur confiance lors de l’élection présidentielle. Pari perdu. Les Français n’ont pas compris. Ils n’ont pas voulu de la vérité, de l’appel aux efforts pour vaincre les temps difficiles, et ont préféré les promesses intenables et l’illusion plus confortables, et tant pis si le déficit public continue de filer, la dette déjà abyssale de s’enfler encore … après tout on a vécu longtemps comme cela, continons comme avant.

Certains déçus du Mouvement Démocrate parlent d’erreur de stratégie, renoncent à croire que l’on peut faire bouger les lignes, retombent dans le cynisme politicien, prônent de se ranger à la loi de la bipolarité en ralliant soit la droite, soit la gauche.

Certains font remonter les rancœurs : lacunes d’organisation et de communication, manque d’écoute des militants, manque de moyens, direction trop autocratique, François Bayrou mal entouré ou trop mis en avant dans les médias au détriment de son entourage … Certes, on peut toujours mieux faire. Le Modem est un parti récent qu’il a fallu construire, avec peu de moyens, mais je ne pense pas que ces questions internes soient la raison de l’échec électoral. Le goût amer de la défaite pousse à désigner des coupables, à rejeter hors de soi la marque de l’échec pour s’en laver, ne pas porter la faute. Exactement comme en temps de crise on désigne facilement à la vindicte du peuple des causes extérieures, des boucs émissaires. C’est mortel car au lieu de se serrer les coudes pour renforcer collectivement le groupe, on l’affaiblit et on introduit un poison de méfiance.

Pour enfoncer encore plus l’animal blessé, voilà que Mediapart s’en mêle avec sa Cruella de service, Valentine Oberti, qui a trouvé la géniale idée de « s’interroger » sur le label suspect du « Centre pour la France », utilisé à la place du Mouvement Démocrate pour les candidats aux élections législatives, qui serait (bien sûr ça n’est qu’une « hypothèse » !) une coquille toute trouvée pour organiser la liquidation financière d’un Modem supposé endetté (alors qu’il ne l’est pas, facile à vérifier), orchestrée en loucedé par la bande des 6 de Bayrou, bref que Bayrou est en train de se tirer avec la caisse !

Je ne dis pas que cette décision rapide avant le dépôt des candidatures ait été de toute transparence, en effet elle méritait d’être mieux expliquée. Mais Mediapart fait là un procès d’intention indigne et dépassant son rôle journalistique d’information et d’investigation, sombrant dans une autre catégorie de presse malveillante. Curieusement d’ailleurs, Cruella n’a rien dit de l’URCID, créée dans les mêmes conditions juste avant le dépôt des candidatures par Jean-Louis Borloo et une autre bande des 6, pour une affiliation financière des candidats, qui eux ont démontré moins de transparence car n’ont même pas annoncé cette affiliation à leurs électeurs, le terme URCID leur étant parfaitement inconnu !

Ceci démontre une volonté farouche d’éliminer Bayrou, non seulement de le mettre à terre mais de le tuer, de salir sa réputation d’honnête homme. Mediapart ne cache pas son positionnement à gauche, très à gauche. On aurait attendu un article pour saluer la position de Bayrou, son courage d’avoir annoncé son vote en faveur de Hollande, et rien, pas une ligne, seul mon article de blog en a témoigné sur le site.

Une volonté aussi de prétendus intellectuels bien-pensants (comme Jean-Marie Colombani à la veille du premier tour des présidentielles en 2007 avec son éditorial du Monde) d’éliminer un centre indépendant, l’idée dérangeante d’une « majorité centrale » qui pour certain est « anti-démocratique » car empêche l’alternance et risquerait de figer la position centrale entre des partis extrêmes devenus impuissants (voir le dernier éditorial de Jacques Julliard dans le dernier Marianne, « lettre à Jean-François Kahn sur un centrisme imaginaire »). Décidément, les représentations mentales sont tenaces ! Comment encore simplifier et catégoriser ainsi une "droite" en y assimilant FN et UMP (qui se sont rapprochés sur des questions d'immigration et de frontières, de valeurs conservatrices contre le mariage homosexuels ou sur le cannabis, en même temps que très éloignés sur la politique économique, l'Europe) ou en y assimilant PS, écologistes et extrême gauche (qui prônent des valeurs communes d'égalité et de solidarité, de liberté des mœurs, en même temps qu'éloignés aussi sur la politique économique, le nucléaire et d'autres sujets).

Décidément, François Bayrou dérange. Pourtant il dit vrai, ses analyses sont justes, ses propositions certainement les mieux à même de nous sortir vraiment de la crise et d’unir le pays dans l’effort. D’ailleurs ses idées seront forcément appliquées mais sans doute plus maladroitement par le gouvernement confronté à la réalité.

Les Français n’ont pas voulu entendre la vérité, la réalité des faits, le réalisme des propositions.

Les Français aiment être bercés d’illusions. Ils aiment qu’on leur désigne des coupables, des boucs émissaires : Europe, Euro, Chine, mondialisation, banques, finance, riches … et sont donc tentés par les explications « faciles » et des solutions simplistes et souvent contre-productives ou induisant de graves conséquences (sortie de l’euro, protectionnisme, création monétaire,…). Alors que nos pertes d’emplois et la chute du niveau scolaire sont surtout dues à nos propres faiblesses qu’il faut savoir affronter et corriger.

La presse et les médias ont préféré continuer à traiter la politique comme un terrain de jeu d’affrontement, comme le football à deux équipes, comme une émission de téléréalité. Mediapart ne fait pas exception.

Les Français d’ailleurs ne lisent pratiquement plus la presse ou zappent les nouvelles des JT, sans approfondir, sans se rendre compte de ce qui se passe, de ce que d’autres sont en train de décider pour eux. Après tout, ils ont élu des gouvernants qui ont laissé filer pendant trente ans ces déficits cumulés dans une dette devenue presque insurmontable, dont les intérêts seuls sont égaux au total de l’impôt sur le revenu, devenu le premier poste budgétaire avant l’éducation, 2,5% du PIB, autant qui aurait pu être employé en croissance, en création d’emplois, en dépenses utiles. L’Etat protecteur est là et veillera au grain, croient-ils !

Mais un jour, ils vont se réveiller ! A nouveau ils diront « Bayrou avait raison » …

26/05/2012

Marie-Anne Kraft- Profession de foi

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Après l’élection présidentielle et ses affrontements, nous avons besoin d’apaisement pour faire avancer notre pays.

La France traverse des difficultés très lourdes, les plus graves depuis longtemps : dette publique abyssale, déficits, chômage, échec scolaire, crise morale.

Pour résoudre les difficultés, nous avons besoin de plus d’unité et de moins de divisions.

Il faut au Parlement une force centrale et libre, qui sache défendre ses idées sans être prisonnière d’un clan, qui refuse la posture d’opposition systématique bloquante et qui ne soit pas non plus la chambre d’enregistrement d’un gouvernement qui déciderait tout d’en haut avec un parti qui détiendrait tous les pouvoirs.

Il faut une mobilisation de toutes les forces pour redresser le pays, assainir les finances publiques, créer de vrais emplois en France en retrouvant la croissance,  notamment grâce à une stratégie nationale. 

Conjuguons efforts et solidarité, dans une Europe plus forte et plus efficace.

Nous parlerons à l’Assemblée de votre vie quotidienne et de vos attentes. Nous n’oublierons pas que trop souvent la politique divise, et que les difficultés obligent à s’unir.

Voilà pourquoi nous sommes candidates du « Centre pour la France ».


MES ENGAGEMENTS :

·        C’est dans un esprit vigilant et constructif que je conduirai la mission de député au service de la France : pas d’opposition systématique au gouvernement mais selon l’intérêt du pays : soutien aux mesures de justice et de relance de notre économie, priorité à l’emploi et à l’éducation, moralisation politique, équilibre des finances publiques et justice fiscale sans excès confiscatoire ;

·        Comme François Bayrou, je défendrai les valeurs républicaines, démocrates et humanistes pour guider mes propositions et mes décisions à l’Assemblée ;

·    Renouer le lien entre vous citoyens et vos élus est une exigence démocratique. Je serai à votre écoute et tiendrai compte de vos préoccupations et de vos aspirations.

·        Je m’engage à vous rendre compte régulièrement des choix à faire pour notre pays, à recueillir vos avis, lors de réunions publiques trimestrielles et sur un forum Internet ;

·    Je défendrai aussi au niveau national les intérêts de notre circonscription, ses emplois, son commerce de proximité, son cadre de vie, une urbanisation à échelle humaine.


VOTRE RESPONSABILITE :

·        En votant pour une femme, rééquilibrez l’Assemblée nationale qui n’en compte aujourd’hui que 18% !

·  Ne donnez pas tous les pouvoirs à la gauche, ce serait dangereux pour la démocratie !

·    Ne donnez pas la majorité à la droite, car une cohabitation serait paralysante, surtout en temps de crise !

·     Ne laissez pas les extrêmes diviser le pays et le conduire à l’impasse !

·        Votez pour le CENTRE libre et indépendant !

 

Marie-Anne Kraft candidate du CENTRE POUR LA FRANCE aux législatives 2012

Sur la 1ère circonscription du Val de Marne (Saint-Maur, Bonneuil, Champigny-Ouest et Créteil Nord)

Affiche V2.JPG

08/05/2012

La droite buissonnière et l'usurpation du centre

Ces élections présidentielles auront révélé le vrai visage de la droite, de l'UMP et de ses alliés : une droite qui a sacrifié ses valeurs sur l'autel des calculs politiciens, une droite désormais extrême et populiste, qui a préféré "l'école buissonnière" guidée par les sondages et les mauvais sentiments fondés sur la peur, l'ostracisme, la xénophobie. Ou du moins une droite qui a remplacé clairement les valeurs républicaines liberté-égalité-fraternité par les valeurs "travail-identité-frontières", plus proche aussi des valeurs pétainistes "travail-famille-patrie"comme l'a annoncé Nicolas Sarkozy dans ses derniers discours de campagne, désirant changer le modèle social français.

on sent bien ces tensions au sein de la droite, composée de différents courants et cherchant artificiellement à afficher l'union au sein de l'UMP, que Nicolas Sarkozy arrivait à cimenter par la menace, les chantages électoraux, la conviction qu'il fallait privilégier les chances électorales sur tout le reste. Cette union artificielle devrait semble-t-il selon Nicolas Sarkozy s'afficher jusqu'aux élections législatives de juin 2012, au risque sinon de perdre encore plus de sièges de députés du fait des nombreuses triangulaires prévisibles avec la montée du Front national, favorisant ainsi le PS. C'est entre les deux tours de ces élections législatives que la fissure de l'UMP éclatera au grand jour : la partie qui souhaitera l'alliance avec le FN face au PS et l'autre qui ne voudra pas franchir ce pas et préfèrera laisser passer le PS plutôt que faire passer des candidats du FN même contre des désistements FN pour l'UMP.

Voir aussi cet article de Rue89 "UMP : les cinq familles de l’après-sarkozysme". Après la défaite de Nicolas Sarkozy, l’heure est à la recomposition à l’UMP. De la Droite populaire aux « humanistes ».

On remarquera que les "centristes", ou plutôt les pseudo-centristes (Morin, Sauvadet, Lagarde & Co) et les Radicaux (Borloo & Co) n'apparaissent même pas dans le schéma, au profit de Raffarin et Jouanno : "A l’UMP, on ne dit plus « centristes », mais « humanistes ». En octobre, les anciens de l’UDF avaient déjà tenté de se regrouper au sein d’une association, la Droite humaniste. Une initiative soutenue par Jean-François Copé, inquiet du poids pris à l’autre bout de l’UMP par la Droite populaire. Les humanistes n’ont pas apprécié la droitisation de la campagne, mais la plupart ont préféré ne rien dire. Sauf Chantal Jouanno, qui avait osé dénoncer avant le second tour le « mirage douloureux » de la droitisation."

J'ai en effet trouvé cette "droite humaniste et modérée" bien silencieuse ! Hormis Dominique Paillé (radical proche de Borloo) et Dominique de Villepin, qui a pris ses distances avec l'UMP en 2011, qui a osé critiquer la ligne droitière populiste de Nicolas Sarkozy ?

Celui qui l'a fait de la manière la plus courageuse et la plus claire, c'est François Bayrou, qui a eu droit à un hommage appuyé de Nicolas Demorand dans Libération : "Ces mots de François Bayrou, l’un des hommes politiques les plus populaires de France, ayant jadis gouverné à droite, resteront comme ceux d’un homme d’honneur. Et d’un homme d’Etat. Combien de ses amis, qui pensent exactement la même chose, auraient dû les prononcer mais se taisent, alors qu’ils assistent depuis le premier tour à la radicalisation extrême de la droite de gouvernement ? "

Ceux qui se taisent à droite, les soi-disant gaullistes, républicains, sociaux ou humanistes, voire "centristes", devraient avoir honte de leur silence. Ils sont ces âmes habituées que Péguy jugeait pires que les âmes perverses :

Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse. C'est d'avoir une âme habituée. "

Dans une séquence vidéo datant de 2009, François Bayrou parlait de Sarkozy, de Hollande, de ces anciens "amis centristes", de sa vision de l'échéance 2012 et du temps de l'alternance. Il avait déjà tout dit ! C'est impressionnant.

 

 

 

 

 

François Bayrou disait en 2009 que ses anciens amis centristes seraient probablement les derniers à le rejoindre dans cette démarche de rassemblement central pour une alternance. Il n'avait sans doute pas tort. En témoigne cette déclaration de François Sauvadet :  "Je trouve que c'est du foutage de gueule", avait dit l'élu bourguignon. "Franchement, laisser les électeurs comme ça en déshérence, en leur disant choisissez qui vous voudrez, moi je choisis François Hollande en rupture totale avec ses convictions, franchement, je trouve ça pas bien." Pierre Méhaignerie, ancien garde des Sceaux, confirme que la rupture avec Bayrou est consommée : "François Hollande n'a pas dit la vérité au pays, n'a pas abordé les problèmes de fond et se trompe sur les questions de la compétitivité et de l'endettement. C'est quand même aussi lourd et même plus lourd que le reste". Par cette phrase, il avoue que les questions techniques de programme sur le retour à l'équilibre budgétaire priment sur les valeurs !

Or, ce qui a fait d'abord l'identité des centristes, depuis les démocrates chrétiens, le MRP (mouvement de centre-gauche  inspiré par les catholiques de gauche ou sociaux avec Marc Sangnier puis Emmanuel Mounier), ce sont les valeurs, la primauté des valeurs sur les questions politiciennes et techniques.

Quelles sont les valeurs  du centrisme ?  Comme le décrit ce site lecentrisme.com , ses principales valeurs sont la Liberté, le Respect, la Solidarité et la Tolérance. Son principe d’action politique est le Juste Equilibre. Sa règle comportementale est la responsabilité. Les valeurs de  la République "liberté, égalité et fraternité" et de la Démocratie, que Marc Sangnier définissait comme "l'organisation sociale qui porte à son maximum la conscience et la responsabilité des citoyens", un comportement humaniste qui fait primer  l'humain sur l'argent et sur l'Etat.

Ainsi, ceux qui se proclament encore "centristes" dans cette droite devenue extrême et populiste, usurpent l'identité du centre, car ne sont plus centristes. Comme la "gauche moderne" de Jean-Marie Bockel avait usurpé l'identité de gauche au sein de l'UMP. Comme la "droite populaire" usurpe le mot "populaire" et devrait plutôt s'appeler la droite "populiste". Si  la droite républicaine et gaulliste veut retrouver ses lettres de noblesse, elle devra se distinguer de cette droite buissonnière, populiste, rance, à l'opposé de ses valeurs.

Il est vrai qu'il est toujours délicat de parler de "valeurs", comme je le disais dans un précédent billet intitulé "La campagne présidentielle se fera-t-elle sur les valeurs ?", il faut s’interroger sur un clivage politique marqué par « les valeurs » :

"Les prétendues valeurs républicaines ne sont-elles pas elles-mêmes relatives ou à nuancer et n’est-ce pas plutôt dans l’orientation et l’interprétation que l’on donne à ces valeurs, dans leur équilibre entre elles, que l’on doit trouver le « bien commun » ?

En effet, la liberté, source de l’émancipation de l’homme, peut aussi vouloir dire » individualisme, égoïsme, primauté de soi sur l’autre, dérégulation nuisible sur le plan du commerce, d’un libre-échange incontrôlé.

De même que l’égalité, entendu comme garantie de l’égalité des chances, reconnaissance égale de la dignité de l’homme, qu’il soit fort ou faible, dans ses potentialités, peut aussi nier l’altérité à la source de la personnalité humaine, voire la notion de mérite et d’effort.

Quant à la fraternité, base de l’altruisme, de la reconnaissance de l’autre comme un frère par sentiment d’appartenance à une famille de destin, d’une communauté humaine, fondement de la solidarité entre les hommes, peut aussi a contrario signifier communautarisme, solidarité forcée ou organisée, qui peut remplacer le lien social en remplaçant la relation humaine par une forme matérielle de solidarité, par une relation au système.

On peut donc se proclamer républicain, qu’on soit de gauche, du centre ou de droite, adhérer aux mêmes valeurs proclamées, mais avec un dosage ou des priorités différentes …

Nicolas Sarkozy, dans son entretien au Figaro, avait lui-même annoncé son intention de battre campagne sur les valeurs, en vantant «  le travail, la responsabilité, l'autorité, ». En soi, ces valeurs prônées par la droite ne sont pas antagonistes avec l’humanisme prôné par François Bayrou. Ce sont plutôt les valeurs sous-jacentes, non exprimées explicitement par Nicolas Sarkozy mais implicites dans ces déclarations, que réfute François Bayrou.

D’ailleurs, François Bayrou a réagi contre les propos de Claude Guéant sur la prétendue supériorité des civilisations, à la fois en relativisant cette affirmation, rappelant que notre civilisation occidentale a généré le colonialisme, le fascisme, le matérialisme, l'individualisme, et surtout ressenti que cette affirmation avait une intention malveillante, s'attaquant indirectement mais avec évidence à l'islam et aux cultures arabes, visant à opposer les Français les uns contre les autres.

Entre les valeurs proclamées et pas forcément respectées d’un côté, et les valeurs sous-jacentes révélées par les actes ou des sous-entendus et non exprimées de l’autre, il peut y avoir un espace immense, un précipice dans lequel tombent les citoyens peu vigilants, où prospèrent la haine et le ressentiment en même temps que la bonne conscience … Cocktail explosif !"

Si on y réfléchit bien, les valeurs nous rassemblent plus que les questions techniques de programme. Ce clivage paraît bien plus lourd que celui du retour à l'équilibre budgétaire et la compétitivité des entreprises. D'ailleurs, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et François Hollande visaient tous un retrour à l'équilibre, Bayrou en 2015 (avec des hypothèses de croissance plus réalistes) en jouant pour moitié sur les recettes fiscales et pour moitié sur les dépenses publiques en les gelant, Sarkozy en 2016 avec plus de réduction de dépenses publiques sans augmenter les impôts, Hollande en 2017 en acceptant une hausse de 1% des dépenses publiques et en augmentant les impôts. C'est finalement bien dérisoire au regard des valeurs ...

Peut-on sérieusement encore parler de "droite" en mettant dans une même famille des clans qui ont des valeurs différentes et qui ont une vision opposée du modèle de société, l'un européen et prétendument républicain et humaniste, l'autre anti-européen et xénophobe ?

L'heure de vérité a sonné et les masques doivent tomber. Laissons à la droite cette deuxième vision, celle que Sarkozy a défendue dans sa campagne, et construisons ce "vrai centre" cher à François Bayrou, ou bien ce repère euclidien droite, centre, gauche, ne signifie plus rien.

14/09/2011

IL Y A CENT ANS, LA JEUNE REPUBLIQUE OUVRAIT UN CHEMIN

La JR (Jeune République), conçue fin 1911, et née officiellement le 1er juillet 1912, n'a jamais été un grand parti. Mais quel incroyable apport à la société et à la vie politique française ! Quel souffle ! Elle est méconnue des jeunes générations. Dommage. Cela peut changer avec cette nouvelle soif de repères et d'exigences morales politiques. Connaître son histoire nous conduit au Mouvement Démocrate qui, en fin de compte, est son héritier.

 

Marc Sangnier, Maurice Schumann, l'abbé Pierre, Jacques Delors. Il faudrait ajouter Germaine Malaterre-Sellier, Léo Hamon, Eugène Claudius-Petit, Anicet Le Pors, Georges Montaron et tant d'autres. Ces personnalités, si fortes et si différentes, avaient ou ont encore cette "âme commune", puisée dans leur formation politique à la Jeune République. "La Jeune République, c'est la filiation directe du Sillon", explique Jean Chappet, un ancien de la JR, aujourd'hui adhérent MoDem du Havre. "Le rayonnement et la mémoire de Marc Sangnier ont été notre ciment", explique l'avocat de gauche Claude-Roland Souchet, qui fut le dernier sécrétaire-général de la JR (1960-1985).

 

Tous les JR contre Pétain

 

L'histoire pourrait ne retenir que cela de cette épopée de 73 ans: le 10 juillet 1944 seuls 57 députés, sur 544 votèrent contre les pleins pouvoirs à Pétain. Or, parmi eux, les quatre"Jeune République" présents. C'est le seul parti qui puisse en dire autant. Aucun de gauche, aucun de droite ne peut s'en prévaloir, très loin de là. Ils méritent, que nous les citions tant ils font honneur à la France et à notre famille d'esprit. Ce sont Philippe Serre, qui fut à deux reprises membre des gouvernements de Front populaire et qui était l'ami personnel du général De Gaulle depuis longtemps. (De Gaulle lui-même, sans en être, assistait à des réunions de la JR et y trouvait ses meilleurs soutiens dans les années 30, en particulier M. Serre et un autre dirigeant, André Leconte), Maurice Delom-Sorbé,  également membre d'un gouvernement de Front populaire (conduit par Camille Chautemps). Maurice Montel, qui devait après guerre rejoindre la SFIO, et Paul Boulet, futur député MRP, qui fut maire de Montpellier avant et après guerre. Le cinquième, Jean Leroy, était alors prisonnier en Allemagne. Tous étaient des anti-munichois.

 

Le 25 août 1910, Marc Sangnier avait été sommé par le pape anti-moderniste Pie X de placer le Sillon dans la soumission des évêques. Marc Sangnier, ce chrétien social dont le mouvement Le Sillon (1894-1910) réconcilia les catholiques et la démocratie et en rallia un grand nombre à la République. Selon l'écrivain Joseph Folliet, qui ne fut pas toujours tendre avec Marc, mais appartint à la JR, ce mouvement "fut le plus important du christianisme depuis le Moyen-Age". Marc Sangnier est souvent ignoré au sein même du MoDem. Pourtant, l'article deux de sa Charte des valeurs, s'inspirant directement et textuellement de Marc Sangnier, définit la démocratie comme ce "qui vise à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens", et "exige le respect scrupuleux de la personne humaine". Cette dernière formule, inspirée aussi d'Emmanuel Mounier, et qui imprégna la Jeune République après la seconde guerre mondiale, se trouvait déjà dans les statuts de la JR en 1912.....

 

En fait, c'est depuis 1906 que Sangnier n'était plus en odeur de sainteté. Il avait eu le front d'intégrer dans "Le plus grand Sillon" des protestants et des juifs, de dialoguer avec des non-croyants, d'accepter la séparation des Eglises et de l'Etat, de prôner la démocratie. Et, plus inacceptable encore aux yeux de ce Pape, la laïcité. Sans aucunement jamais cacher sa foi chrétienne, Sangnier n'aimait pas du tout le cléricalisme. Pie X lui accorda -et oui, même pour un journal, un chrétien devait avoir l'accord du Vatican ! - de poursuivre la publication de son tout nouveau quotidien "La démocratie". L'action politique lui paraissait une nécessité absolue.

 

Des combats d'avant-garde

La Ligue de la Jeune République était créée, se définissant comme un parti social, démocratique, laïc -même si la quasi-totalité de ses membres étaient chrétien - au départ. Sangnier en était président. Ses responsables, notamment Henry du Roure, Léonard Constant et Georges Hoog, entendaient "réhabiliter la politique", et se lancer dans des combats alors d'avant-garde contre les taudis, -préfigurant l'action de l'abbé Pierre-, le travail de nuit des femmes, l'alcoolisme, pour la journée de huit heures, le repos hebdomadaire, la syndicalisation, le droit à la retraite, et dès 1914 le "code du travail", un temps appelé "charte du salariat". Il verra le jour en 1922, et la JR y sera pour beaucoup. Un membre du Sillon, proche de la Jeune République, Jules Rimet, sera le fondateur de la Coupe du monde de football.

Deux objectifs majeurs: la lutte pour l'éducation égale pour tous, et l'abolition du "sweating system", ce quasi-esclavagisme imposé aux ouvrières à domicile. La JR est favorable à la proportionnelle et à la suppression du Sénat qui serait remplacé par une "Chambre des intérêts économiques et sociaux". Elle récuse les thèses marxistes, et la notion de lutte de classe, condamne le capitalisme "païen" et veut lui substituer "une structure à trois étages: le privé, l'étatique, le coopératif". La JR s'inquiète de la montée de l'endettement du pays. En 1925, bien avant la crise, elle s'insurge contre "un endettement de 20 milliards à court terme" sur un budget de 32,5 milliards de francs. Elle prend aussi la défense des minorités, combat toute forme de racisme, soutient les mouvements de revendication dans les colonies.....

Ne retrouve-t-on pas là les préoccupations essentielles, sans doute dans un contexte fort différent, du MoDem?  

Le journal La Démocratie est lui-même une coopérative, et la JR en crée une dizaine à Paris -des boulangeries, des magasins de vêtements- et en province (Fougères, Angers).

En avril 1913, Georges Hoog, rédacteur en chef du journal La Jeune République, publie une série d'articles contre Charles Maurras, l'homme du "nationalisme intégral" et de l'"antisémitisme national" qui sera aussi l'idéologue de Vichy, et dénoncera des résistants, notamment de la JR à la Gestapo..

La JR est le principal adversaire de l'Action française, dont le Front national est le fils naturel...

Parmi ses principaux dirigeants de la JR, membres du Conseil national, une femme, ce qui était rarissime dans les formations politiques. C'était Germaine Malaterre-Sellier, considérée comme une des plus grandes féministes, Croix de guerre avec palmes en 1915, qui lutta sans relâche pour le vote des femmes.

Les rangs de la JR s'enrichissent de personnalités comme Francisque Gay, futur fondateur de la Vie catholique et de l'Aube, puis vice-président du Conseil MRP, en 1945-1946, qui refusera de choisir en 1924 quand se créé le Parti démocrate populaire (PDP, centre-droit), Henri Teitgen et Victor Diligent, (qui, eux, rejoindront le PDP) figures, comme leurs fils respectifs, André et Pierre-Henri, de ce courant de pensée. 

"Les instruments de travail doivent appartenir aux ouvriers", demande la JR dans son programme. Pendant la "grande guerre", la plupart des "Ligueurs" sont au front. Après l'armistice, le mouvement se relance, les adhérents, qui ont désormais leur organe hebdomadaire "La Jeune République", sont environ 15.000.

 

Le pacifisme d'action

Déjà Marc Sangnier, qui avait eu deux échecs électoraux avant guerre en banlieue parisienne, veut concilier l'action politique et pacifisme d'action. La JR, qui voit dans le Traité de Versailles les germes d'un "revanchisme" de l'Allemagne humiliée, soutient à fond la politique de rapprochement avec l'Allemagne, notamment les initiatives d'Aristide Briand. Sangnier lance les Congrès de la paix, avec des personnalités de toute tendance, -tel Ferdinand Buisson, président très laïc de la Ligue des droits de l'homme, l'abbé allemand Franz Stock, le jeune Pierre Mendès France, notamment à Bierville, près d'Etampes, en 1926.

Les premiers succès électoraux viennent en 1919. Marc Sangnier, qui s'inscrit au Bloc national pour en démissionner très vite car "il vire à droite" est élu avec quatre autres "ligueurs". Marc Sangnier et ses amis sont de tous les combats sociaux et démocratiques. Sangnier se distingue en défendant le communiste Marcel Cachin, en 1923.1924 et 1928 ne sont pas des années fastes électoralement! Aucun élu en 1924, un en 1928, Louis Rolland...qui rallie le PDP, présidé par le futur président du Conseil de la République, Augustin Champetiers de Ribes.

Ce parti se dit aussi héritier de Marc Sangnier lequel restera toujours de coeur JR, participant à toutes les réunions importantes, même s'il le quitta en mai 1932 pour se consacrer à son action pour la paix. Il n'y eut en 1932 qu'un député élu, Guy Menant, -ce revers compta beaucoup dans la décision de Marc- deux le rejoignant à la faveur de partielles, Philippe Serre et Albert Blanchoin. Hoog comme secrétaire-général, contrairement au PDP, rejoint le Front populaire. Ces hommes, pacifistes et sans doute, avant l'avènement du nazisme, parfois peut-être naïfs, mais aussi soucieux de la défense de la France et de la nécessité de préparer la guerre, prendront tous une part active à la Résistance. Parmi les nouveaux adhérents, de nombreux jeunes, tel Jean Dannenmüller, futur grand résistant et journaliste, qui sera aussi le beau-père de Lionel Jospin. 

L'imprimerie de la Démocratie, de Marc Sangnier et de son fils Jean -qui nous a quittés en août- est à la disposition de la Résistance et publie, à quelques mètres de l'Abwehr, le renseignement militaire allemand installés à l'hôtel Lutetia, Défense de la France, Témoignage chrétien, les interventions du général de Gaulle... Car la JR, qui aura tout tenté pour que les jeunesses française et allemande se rapprochent, est résistante et gaulliste de la première heure. Maurice Schumann, Jeune Républicain depuis 1935, après avoir quitté la SFIO -le 23 août 1936, en manchette de la Jeune République, il avait appelé à un "Front populaire international"- est la principale voix à la radio de la France libre.

 

Le réseau Valmy

Un professeur JR du lycée Buffon à Paris, Raymond Burgard, lance le "réseau Valmy". Des jeunes mènent à Paris de multiples actions de résistance. Cinq élèves de Buffon seront fusillés par les nazis le 8 février 1943. Eugène Petit, dit "Claudius" et Antoine Avinin, deux JR qui rejoindront plus tard l'UDSR de René Pleven et François Mitterrand, représentent le mouvement Francs Tireurs au Conseil national de la Résistance, présidé successivement par Jean Moulin et Georges Bidault, un dirigeant du PDP. Les héritiers spirituels de Marc Sangnier représentent près du tiers des membres du CNR!!!!

Il y a aussi Maurice Lacroix, peut-être le plus grand helléniste français du dernier siècle, président de la JR de 1944 à 1960, qui se spécialise dans l'action clandestine à Paris et la fabrication de faux papiers pour les juifs. Comme Georges Hoog, qui subira plus de dix descentes de la Gestapo et mourra peu avant la Libération en juin 1944, et Francisque Gay, ces résistants ont choisi de rester à Paris, prenant des risques inouïs qu'ils mesuraient et déjouaient très consciencieusement. Hélas, beaucoup ont aussi été déportés, et certains ne sont pas revenus.....

Francisque Gay, qui a sabordé son quotidien l'Aube, accueille à plusieurs reprises dans ses bureaux de la rue Garancière, le CNR, et élabore, avec Pierre-Henri Teitgen, comment pourra vivre la presse libre. Pendant la guerre, la distinction s'estompe entre JR et PDP qui, ensemble, à la Libération, forment le Mouvement républicain populaire, qui sera, avec Schumann comme président et Sangnier comme président d'honneur, le premier parti de France aux différentes élections de 1945 et 1946, à égalité avec le PC, et loin devant la SFIO. Tous trois, derrière le général de Gaulle jusqu'en janvier 1946, forment le "tripartisme", qui reconstruit la France et construit le "modèle social français" tellement "détricoté" depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

 

La JR continue, après la création du MRP

Le 26 novembre 1944, lors de la naissance du MRP, -où les ex-PDP sont prédominants malgré Sangnier et Schumann-, Maurice Lacroix entend maintenir la JR, car il juge la nouvelle formation "trop confessionnelle". C'est une nouvelle histoire qui commence que Marc Sangnier suit avec bienveillance et amitié jusqu'à sa mort, à la Pentecôte 1950.  Le député savoyard Lucien Rose (de la première Constituante), grand résistant, -et futur maire adjoint socialiste de Rennes- devient secrétaire général. Mais la JR a perdu nombre de ses troupes.

La JR intègre aussi, dans son éthique, le "personnalisme" d'Emmanuel Mounier, et appelle à une "révolution des consciences". Elle se maintient, vaille que vaille, et trouve en 1950, pour une petite année, un député à l'Assemblée nationale, Henri Grouès, alias l'abbé Pierre, qui a démissionné avec fracas du MRP, trop à droite à son goût. Dans la législature suivante, une des figures à la fois du MRP et du gaullisme de gauche, Léo Hamon, rejoint la JR, qui se démarque complètement du MRP en s'opposant à la CED (Communauté européenne de Défense).

Puis, en 1955, avec un nouveau secrétaire général, Jean Bauché (élu en 1950, remplacé en 1957 par Bertrand Schreiner, et en 1960 par M. Souchet), la JR devient une des composantes de la gauche, et soutient Mendès France. Georges Montaron, directeur de Témoignage chrétien, et le jeune Anicet Le Pors, futur ministre communiste de François Mitterrand, la rejoint.

En 1955, un cadre de la Banque de France, syndicaliste CFTC avant d'être un des créateurs de la CFDT, Jacques Delors adhère à la JR, après un bref passage au MRP. C'est dans ce parti qu'il fit son apprentissage politique, et l'ancien président de la Commission européenne évoque souvent ce qu'il doit à Marc Sangnier et à la JR.  En 1956, la JR participe au Front républicain avec la SFIO et Mendès.

La fin des années 50, c'est le temps des recompositions. Les petites formations de gauche "dissidentes" cherchent à s'unir au sein de l'Union des Forces démocratiques (UFD), autour de Mendès, Mitterrand, Jean Poperen et Maurice Lacroix. La Jeune République est en première ligne contre la guerre d'Algérie.

Le Parti communiste, déçu par Mollet, lui propose de constituer un "Front de gauche".  Pas question d'être "compagnon de route" du PC, même si la JR n'a jamais fait d'"anti-communisme primaire", une expression née dans les colonnes de son journal peu après le Congrès de Tours de 1920.

Cette discussion, comme toutes les autres échouent. "Je me rappelle nos débats animés. Mitterrand était très optimiste pour l'avenir de la gauche, Mendès n'y croyait plus", confie Me Souchet.

 

Jamais inféodée, toujours libre

Le 3 avril 1960 naît le PSU, avec Mendès et Michel Rocard. L'UDSR s'éteint, et disparaît totalement en 1965.  Pas la JR. Même si la plupart de ses membres rallient le PSU ou la SFIO, ou bien encore, comme Léo Hamon ou François Sarda, le gaullisme. Il reste bien une forte minorité pour continuer. Quelques combats, comme ceux de Me Souchet, et de son épouse Marcelle Leconte, aux municipales de 1965 ou aux législatives de 1973 à Paris (5è).

Le 30 novembre 1970, la JR organise un grand meeting de solidarité avec les Grecs victimes de la dictature en présence de Mitterrand et de Georges Marchais.

Puis, la JR, comme le PSU un temps revivifié par les fortes initiatives de Mendès ou Rocard, perd peu à peu du terrain.

En 1985, la JR, qui a refusé à Mitterrand, éberlué, d'être un "courant" du PS, cesse toute activité, sans pour autant disparaître juridiquement.

Comme Marc Sangnier, la JR, qui est son enfant au même titre que le MRP, a éveillé des millions de gens à la conscience civique, à la démocratie, à la solidarité.

Voilà un immense succès qui, tant des acquis sociaux et des aires de liberté que la France connaît, lui est dû.

Ce n'est pas seulement le mode de scrutin, la bipolarisation soi-disant inévitable qui l'a fait souffrir avant-guerre. La JR, comme le MRP, autre enfant de Marc Sangnier, pouvaient seuls former cette "majorité centrale", ce Centre jusqu'ici introuvable dans la politique française. MRP "virant à droite", JR "virant à gauche", et bien d'autres familles d'esprit, -radicales, socialistes, libérales, et désormais écologistes- peuvent inspirer très profondément le Mouvement démocrate. C'est un ancrage.

C'est au tour du Mouvement Démocrate, de former cette "majorité centrale", vitale.

La présidentielle et les législatives en seront l'occasion à saisir. Il peut, il doit puiser dans ces décennies, parfois douloureuses, de la JR, complexes mais jamais chaotiques.

Nous l'avons vu, Marc Sangnier avait quitté, en mai 1932 la JR, officiellement par constat de carence électorale. Dans une lettre aux adhérents, le 15 mai, il expliquait avoir tout fait pour la réussite électorale de la JR, étant lui-même candidat à La Roche-sur-Yon. Mais son constat est que ces efforts sont vains, que les "grands partis" laminent les "petits". "En s'installant sur le terrain électoral dans une circonscription, la JR prend nécessairement une position qui l'isole à droite comme à gauche, dresse contre elle tous les partis organisés, et ne faisant elle-même pas figure de parti sérieux, ne garde qu'un nombre infime de suffrages isolés", écrivait-il.

C'était l'analyse de Sangnier il y a 80 ans, dans un contexte très particulier. Elle était constructive puisque l'urgence des urgences, c'était la paix mondiale. Et, très démocratiquement, la JR a décidé de poursuivre le combat électoral, parfois avec succès.

Dans un tout autre esprit, destructeur celui-là, ces propos ne sont pas éloignés de ce  que disent aujourd'hui aux partisans du MoDem ceux qui lui veulent du mal, et ceux qui  disent, hypocritement, l'apprécier. Le cantonner à être une puissance morale, mais, avec peu d'élus, une force d'appoint politique, cela leur plairait bien! PS et UMP ont pour le MoDem ce regard candide ou condescendant qu'avaient la SFIO ou les radicaux pour la JR. D'accord, admettaient-ils, les "démocrates d'inspiration chrétienne" ont joué un rôle moteur dans la Résistance, puis pour le logement, le droit à la retraite, la justice sociale, la paix mondiale, l'indépendance de la presse, la décolonisation....

Nulle personnalité politique, sans pouvoir, n'a reçu autant de louanges à ses obsèques que Marc Sangnier. Mais lui, il ne demandait pas d'honneur.

Et ces partis que l'on dit grands, tels les coucous, prenaient les idées de la JR ou de sa famille d'esprit, se les appropriait. Et ils gagnaient les élections. Sans appliquer leurs promesses.

Tel ne saurait être le sort du Mouvement démocrate. Il y perdrait tout. Il n'y a nulle fatalité à ce que celui qui a raison avant les autres perde dans les urnes! Chacun lui reconnaît, et reconnaît notamment à François Bayrou d'avoir le premier décelé le danger du surendettement de la France, de la nécessité d'une réponse européenne à la crise, de l'impossibilité pour le monde politique, comme pour la presse, d'être liés à celui des affaires. Des candidats aux "primaires socialistes", comme François Hollande, ont repris le terme de "politique crédible" dans leur campagne, et s'interdisent des promesses intenables, à l'instar de François Bayrou, mais en contradiction totale avec la pratique de leurs aînés.

 

Puissance morale et victoire électorale

La tâche d'aujourd'hui, des sept mois qui viennent, c'est de conserver cette puissance morale tout en ne se laissant pas voler les idées et les voix par tel homme ou telle femme de gauche qui découvrirait d'un coup de baguette magique l'humanisme, la priorité à accorder à l'éducation, ou l'économie coopérative; ou tel homme de droite ou du centre-droit qui brûlerait tout, le bouclier fiscal comme la "chasse aux Roms" ou les millions d'euros reversés à Bernard Tapie, pour se refaire une virginité politique en retenant par coeur des passages d'"Abus de pouvoir" et d'"Etat d'urgence".

Gagner en disant la vérité aux Français, en restant soi-même, en accueillant les "déçus" du sarkozysme ou du PS, et même ceux qui se sont égarés par malheur au Front national, en convainquant les millions d'abstentionnistes de ces dernières années, doit être possible, est possible.

L'univers politique est plus cruel encore que dans les années 20, 30 ou 50. Internet fourmille de rumeurs malfaisantes, et multiplie tout par mille. Le temps est venu en cette période où la production française s'éteint, où l'Education perd ses moyens et son niveau, où l'insécurité gagne du terrain, où les banlieues se paupérisent, s'embrasent parfois, tandis que la corruption explose, d'imposer dans ce monde de mensonges médiatiques, d'abandons moraux, des objectifs précis, enthousiasmants de reconquête économique, sociale et morale.

Il a fallu une guerre, la Résistance, la victoire pour que JR et PDP triomphent, de façon bien trop éphémère. Le temps, heureusement, n'est plus à la guerre en Europe, et le MRP, avec Robert

Schuman y est pour beaucoup. Il demeure néanmoins des conflits dans le monde entier, des peuples affamés, et une crise financière, économique et sociale sans précédent depuis 1929.

Ce monde politique n'est pas une forteresse inexpugnable. Rien n'est joué; tout est à gagner. Les partis se gonflent et se dégonflent au rythme des joutes et des postures artificielles.

Le Mouvement Démocrate ne se lance pas dans des joutes, et ignore les postures.

C'est sa force. Les Français ne sont pas dupes. Ils votent pour les plus convaincus.

Par une campagne comparable, sinon meilleure que celle de 2006-2007, par l'implication plus forte -et tant pis s'il y a moins d'élus- dans chaque localité d'adhérents ou de sympathisants à l'écoute des besoins d'une population souvent délaissée, d'une jeunesse désoeuvrée, la victoire est possible. La Jeune République et Marc Sangnier ont montré un chemin.

 

Par Jean-Michel Cadiot, journaliste et écrivain[1]

 

 



[1] Ses publications :

·         Quand l'Irak entra en guerre (L'Harmattan, 1989).

·         Mitterrand et les communistes (Ramsay, 1994)

·         Francisque Gay et les démocrates d'inspiration chrétienne (Salvator, 2006)

·         Les Chrétiens d’Orient (Salvator, 2010)

 

15/06/2011

Faites entrer la GENERATION DEMOCRATE au Conseil national du MoDem !

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L'élection des représentants franciliens au conseil national du Mouvement Démocrate a commencé et se déroule par Internet jusqu'au 24 juin 2011.

Les six listes en concurrence pour l’Ile de France partagent toutes les valeurs et le projet démocrate et humaniste de notre mouvement, ainsi que le soutien à son président François Bayrou. Cependant elles ont des profils et des sensibilités différentes, qu’il vous appartient d’apprécier, par les priorités mises en avant, par la manière de concevoir la mission des élus au Conseil national, ainsi que par la qualité et la représentativité des candidats présentés.

La liste Génération Démocrate, conduite par Christophe Grébert et Christelle Carcone,  rassemble des militants engagés dans les 8 départements d'Ile-de-France :

- pour beaucoup élus dans leur ville (Christophe Grébert à Puteaux, Jean-François Vigier maire de Bures-sur-Yvette, Pierre Creuzet à Nanterre, Fabienne Gambiez à Issy-les-Moulineaux, Michèle Houssin à Chatoux, Tiziana Zumbo Vital à Saint-Ouen, Cécile Déniard à Villejuif, …), anciens candidats aux élections et/ou responsables de sections locales (moi-même, Claire Vigeant à Paris,),

- plusieurs très actifs dans les commissions de travail dont deux responsables de commission (Sylvain Canet à la commission éducation et Nicolas Meary à la commission économie/croissance-emploi, moi-même contribuant beaucoup aussi à la commission économie, ainsi qu’Alain Dolium),

- deux présidents des Jeunes Démocrates dans leur département (Antoine Carette pour le 94 et Flavien Bazenet pour le 78),

- certains particulièrement actifs sur le terrain associatif (Alain Dolium avec le lancement de « Echelle Humaine », expériences innovantes dans le développement économique des PME, l’éducation et l’aménagement du territoire),

- des fidèles de notre mouvement déjà du temps de l’UDF, qui ont été attachés parlementaires et membres du cabinet de François Bayrou (Christelle Carcone et Maud Gatel),

- enfin des personnes qui sont des porte-voix par leur visibilité au travers de leurs actions novatrices, de leur participation à des débats publics et de leur forte présence dans les médias et sur Internet, comme Alain Dolium, Christophe Grébert, membre de Anticor et qui mène avec brio le combat à Puteaux contre un clan UMP « dur » et a lancé avec succès la pétition contre la nomination de Jean Sarkozy à l’EPAD (plus de 100 000 signatures), moi-même y participant aussi en faisant porter la voix du MoDem sur la blogosphère et dans des débats thématiques.

- représentants tous une variété d’expériences et de compétences.

Pourquoi suis-je candidate sur cette liste et vous recommande de la soutenir ?

Génération Démocrate, avec deux conseillers nationaux sortants (Jean-François Vigier et Pierrre Creuzet), met en avant des profils de renouvellement, apporte un nouveau souffle, de la jeunesse, des idées neuves et aussi de l’expérience.

Elle a pour ambition d’être un porte-voix efficace de la réflexion et l’action des militants, de libérer les capacités de chacun, de faire naître et de relayer des propositions pertinentes, voire impertinentes. Il faut aussi que notre mouvement soit plus écouté, plus entendu et nos candidats sont un relais de transmission de cette voix, dans les réseaux, sur Internet, dans les médias. La situation très préoccupante du pays impose à notre mouvement une capacité sans faille à relayer les initiatives purement politiques mais aussi associatives cultivées sur le terrain local, afin de disposer d’un socle structurant, cohérent et crédible au projet de société qui sera porté par François Bayrou et son équipe dirigeante en 2012.

Enfin, la liste Génération démocrate veut être garante de la réflexion et l’action en circuit ouvert. Pour nous il importe tout autant de travailler avec les sympathisants, les adhérents qu'avec la société civile et les réseaux portés sur des intérêts catégoriels afin d’accroître notre valeur ajoutée politique au sein du Conseil National.


Pour participer, il faut être à jour de cotisation 2011 ( ré-adhésion ici avant de voter par internet). Lien pour voter (en utilisant ses codes d'accès reçus par Internet) : https://consultation.mouvementdemocrate.fr

Notre site ( http://generationdemocrate.lesdemocrates.fr)pour y lire notre profession de foi (en PJ), la présentation des candidats et la composition de notre liste

Chaque voix va compter : 1 siège devrait représenter une trentaine de voix. Je suis en position éligible (8ème position) si notre liste recueille au moins 25% des voix. Mon département, le Val de Marne, est particulièrement bien représenté sur cette liste (Alain Dolium, Christelle Carcone bien que récemment passée au 75, moi-même, Antoine Carette et Cécile Déniard).

Nous comptons sur vous !

Marie-Anne Kraft

(VP du MoDem 94, Resp.section de Saint-Maur, Commission Economie,

activités associatives Anticor, Pauvreté et Politique, AdiAFP)

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12/05/2011

TOUT part de la langue !

 

bentolila.jpgLe linguiste et humaniste Alain Bentolila a fait une brillante intervention le 11 mai 2011 dans le cadre de l'Université Populaire du Mouvement Démocrate sur le thème « Démocratie et langue commune ». Il nous démontre que TOUT part de la langue, du langage, de la manière dont il se construit lors de la petite enfance, quand les mots prennent forme et que l'enfant relie le sens aux sons, puis aux signes écrits.

La langue est ce qui construit notre pensée, notre conscience, notre rapport à l'autre. Celui qui ne la maîtrise pas, en tout cas pas suffisamment, se met en position d'exclusion sociale. C'est le principal problème des ghettos urbains, qui développent un langage simplifié, insuffisant pour exprimer une pensée complexe et même pour pouvoir expliquer ses actes, décrire un argumentaire. D'où la violence des banlieues. L'origine de cette violence provient souvent d'une incapacité à s'exprimer par les mots. Je ne puis m'empêcher de penser à Jacqueline de Romilly : "Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l’autre, c’est être capable de dialoguer, c’est le seul moyen d’endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s’exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n’est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle.” (Le Point, 25 janvier 2007.)

La formation du langage et l'apprentissage de la lecture, se font dans la petite enfance, étape primordiale à la construction d'un enfant. Tout se joue là. L'apprentissage d'une deuxième langue nécessite d'abord la maîtrise d'une première langue. Il ne suffit pas de déchiffrer des mots, des syllabes (être un "syllabant"), il faut appréhender le sens des mots pour devenir un "comprenant". A l'entrée en maternelle, un enfant maîtrise normalement environ 2000 mots, mais un enfant issu de milieu défavorisé dont on s'est peu occupé, avec qui on a peu parlé, ne maîtrise que 600 mots et aura dès l'entrée à l'école un référentiel trois fois moindre pour relier du sens aux sons, pour comprendre et relier les mots.

Beaucoup de problèmes de notre temps proviennent d'une incapacité à maîtriser la langue : éducation, violence, banlieues, et même la démocratie, la citoyenneté, la compréhension du discours politique.

J'ajouterai une autre cause majeure à la dégradation du niveau d'éducation des élèves, notamment de la grammaire et de l'orthographe : l'omniprésence de la télévision (plus de trois heures par jour en moyenne dans les foyers français), qui prend le temps disponible au détriment de la lecture et qui incite à une attitude passive, contrairement à la lecture, qui fait appel à l'imaginaire, au questionnement, à une zone différente du cerveau (signes écrits vs image visuelle).

Nous perdons aussi progressivement le sens des mots. C'est particulièrement vrai en politique, où il est facile d'employer des mots-valises, sans en préciser le contenu ("réformes", "valeur travail",...) ou des mots qui ne veulent plus rien dire ("formidable", qui étymologiquement signifie "qui fait peur" !) ou qui décorent le discours officiel, l'humanisent ("démocratie", "républicain", "humaniste",...), ou encore des oxymores ("droite sociale", "gauche moderne"). Même le nom des partis ont perdu leur sens : l'UMP n'est plus "populaire", le parti socialiste n'est plus "socialiste" (au sens initial de l'économie administrée par un Etat possédant les moyens de production), le parti radical n'est plus "radical" (initialement ce terme signifiait l'extrême, éloigné du centre, sur l'échiquier politique), le Nouveau Centre n'est pas au "centre" puisque rallié à la droite et même, selon les dires de Hervé Morin, une "deuxième droite" !

Comme François Bayrou aime souvent le rappeler par cette citation (semble-t-il apocryphe) d' Albert Camus : "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Les nommer précisément, justement, exactement, n'ajouterait pas au malheur du monde. Les nommer en plus joliment, avec élégance, ce serait ajouter au bonheur du monde et pour le grand bien de tous !

Ainsi la langue nourrit, structure la pensée et c'est à partir d'une pensée claire et structurée que s'énoncent une parole et un écrit justes et compréhensibles pour autrui.

Déjà au XVIIème siècle, Boileau exprimait en dans "L'Art poétique" :

 "Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont, d'un nuage épais, toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

..."

Alain Bentolila, professeur à l'université Paris V-Descartes et auteur de Parle à ceux que tu n'aimes pas. Le défi de Babel (Odile Jacob)
 
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