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19/09/2010

Pour François Bayrou, entre une droite à la dérive et une « gauche des illusions », le « Centre » ne peut être qu’indépendant


François Bayrou, dimanche soir Politique
envoyé par franceinter. - L'info internationale vidéo.

Invité ce dimanche soir à l'émission "Dimanche soir politique" Itélé/France Inter/Le Monde/Dailymotion, François Bayrou a dénoncé la « gauche des illusions » sur le dossier des retraites. Il considère que la réforme des retraites est indispensable, vitale pour parvenir à l’équilibre en conservant le système par répartition, mais à condition qu’elle soit juste. Autant il concède que le report de l’âge minimal de départ en retraite de 60 à 62 ans ainsi qu’un allongement de la durée de cotisation est raisonnable, face à l’allongement de l’espérance de vie, autant le report de 65 à 67 ans de l’âge auquel on peut faire valoir ses droits proportionnels aux années cotisées (l’expression « à taux plein » étant trompeuse) est cruellement injuste surtout pour les femmes et les plus faibles. François Bayrou continuera à se battre contre le passage de 65 à 67 ans sans décote. Il a affirmé que l'amendement sera défendu au Sénat par ses amis. Il pense que l'on peut faire changer le gouvernement sur ce point et rendre la réforme plus juste et équilibrée.

En revanche, quand les forces de gauche et en particulier le PS prônent un retour à la retraite à 60 ans, elles ne mentionnent ou alors « à voix basse » que cette retraite n’est pas à taux plein, qu’elle subit une forte décote. C'est la retraite à 60 ans avec des pénalisations presque doublées, puisque le PS propose d'augmenter la décote et l'allongement sans limite, au-delà de 42 ans, de la durée de cotisation. Les gens qui défilent aux manifestations en sont-ils conscients ?

François Bayrou a espéré pendant longtemps que le PS allait faire une mutation très importante, attendue par beaucoup de gens y compris en son sein, qui était de choisir la réalité contre l'illusion, regrettant que le parti de Martine Aubry ait "fait un autre choix".

"La gauche qui est en train de se constituer représente un risque pour la France, parce que c'est la gauche des illusions. Et, la gauche des illusions se transformera pour le pays en désillusion", a-t-il prédit.

Entre d'un côté une droite à la dérive, en perte de valeurs, qui défend les intérêts privés de quelques uns plutôt que l’intérêt général et de l'autre côté une « gauche des illusions », il y a la place pour un centre indépendant qui représente un vrai choix différent pour la France, qui s'inscrit dans un courant majoritaire républicain et démocrate, réformiste et réaliste, juste et équilibré. Ce Centre là ne peut être qu’indépendant. Ceux qui s’en prétendent en restant inféodés à l’UMP sont des leurres.

26/06/2010

Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

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Position du Mouvement Démocrate sur la réforme des retraites

Résolution du Conseil National du Mouvement Démocrate

Adoptée le 26 juin 2010

 

 

1- La réforme des retraites est vitale et ne saurait être différée.

Il s’agit de la première des trois réformes que nous devons concevoir pour la France, retraites, santé et dépendance, finances publiques. Soutenir devant les Français cette démarche réformiste, c’est un acte de courage nécessaire. Si la France ne réussissait pas à conclure cette réforme, à la rendre humainement acceptable par tous, ou si la réforme était insuffisante, alors le pays se trouverait en danger.

 

2- Avant tout, la réforme des retraites doit s’accompagner d’une conquête de la production et donc d’une reconquête du travail tant en nombre d’emplois qu’en qualité du travail.

L’absence d’une réflexion et d’une politique compréhensibles par les Français sur une stratégie industrielle, agricole, agro-alimentaire, des services, ou touristique, de notre pays se fait cruellement sentir. Si l’activité productrice de la nation est trop faible pour créer de l’emploi, pour les jeunes autant que pour les seniors, alors toutes les réformes échoueront.

 

3- Cependant, pour sauver les retraites par répartition, la réforme ne peut éviter de répondre au défi démographique.

C’est le rapport déséquilibré entre le nombre des actifs et le nombre des pensionnés qui crée l’urgence. Le nombre des actifs ne cesse de baisser, notamment, c’est vrai, en raison de l’actuelle crise économique. Le nombre des pensionnés ne cesse d’augmenter, sous l’influence de la longévité, du dispositif « carrières longues » et de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations de l’après-guerre.

 

4- Nous considérons qu’il est raisonnable de faire glisser progressivement l’âge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans.

Si on choisissait de ne jouer que sur l’augmentation de la durée de cotisation, on créerait une situation dans laquelle tous les Français qui ont fait des études, tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes seraient condamnés à ne pouvoir partir à la retraite que dans la zone des 70 ans ! Pour tous ceux qui seraient contraints de partir à la retraite avant cet âge, ce serait des retraites réduites, des pensions insuffisantes.

 

5- Trois conditions de justice doivent être satisfaites pour que la réforme soit acceptable par les Français.

La première, c’est l’ouverture d’une retraite plus précoce pour les salariés entrés dans la vie professionnelle très tôt. Sous réserve d’expertise, la proposition de maintenir l’âge de 60 ans pour les carrières longues (entrée dans la vie professionnelle avant 18 ans) nous paraît raisonnable.

 

6- La proposition liant la reconnaissance de la pénibilité à unei nvalidité constatée de 20 % donnant lieu de surcroît au versement d’une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail n’est pas recevable.

Pour nous, la pénibilité doit être prise en compte, à l’image des accidents du travail, par une caisse autonome, alimentée par les entreprises au prorata des risques qu’elles font encourir à leurs salariés ce qui entraînera une évolution vers des parcours professionnels diversifiés et les incitera à augmenter la prévention.

 

7- La volonté de déplacer de 65 à 67 ans l’âge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carrières incomplètes est inacceptable ! 62 ans oui, 67 ans non !

Ce sont les salariés les plus fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler après avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont « galéré » qui se trouvent ici en cause. Cette décision repose d’ailleurs sur un artifice comptable : quand elles font valoir leurs droits à la retraite un très grand nombre de ces personnes ne travaillent plus ; elles sont au chômage, en fin de droits, aux minima sociaux ou sans ressources. Ce sont donc les caisses chômage ou les budgets sociaux qui doivent assumer la charge de leurs ressources.

 

8- Manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice très attendue des Français : l’égalité devant la retraite.

L’unification des régimes de retraite doit lever les injustices si profondément ressenties par nos compatriotes : régimes spéciaux ; fonctionnaires par rapport aux salariés du privé ; travailleurs indépendants ; parlementaires ; retraites « chapeau ». Ces avantages plus ou moins secrets ou discrets font régner un sentiment de profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits acquis dans le passé mais donnant à tous les mêmes règles pour l’avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux privilèges. Nous croyons que la transparence généralisée, l’individualisation des droits, la connaissance de ces droits à tout moment de la carrière, le libre choix de la retraite à partir d’un âge légal, la simplification des régimes entraînant des gains de gestion, « retraite par points », ou par compte individualisé, doivent être

l’horizon proche de nos systèmes de retraite.

 

9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation.

En particulier « l’augmentation » de 1 % (de 40 à 41 % !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés, épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui

doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste, proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie exonérés.

 

 

 

09/06/2010

François Bayrou fait ses propositions sur la réforme des retraites

Lors d'une conférence de presse tenue ce jour, François Bayrou s'exprime sur les déficits (retraites, sécurité sociale, comptes publics) et aussi sur sa vision de la réforme souhaitable des retraites, non sans avoir consulté les adhérents du MoDem.

Ses exigences : le filet de sécurité des 65 ans pour une retraites à taux plein, prise en compte des carrières longues des personnes ayant commencé à travailler très jeunes, ainsi que de la pénibilité. De plus, il propose d'unifier progressivement le système vers un système de retraites à points ou à compte notionnel, garantissant justice, souplesse et équilibre, transparence des droits acquis.

Il pourra soutenir la réforme proposée par le gouvernement si elle va dans ce sens et surtout préserve le filet de sécurité des 65 ans, qui selon lui est plus important que l'âge légal minimal de 60 ans, grevant notamment les personnes n'ayant pas cotisé un nombre d'années suffisant, par exemple les jeunes qui ont fait des études jusquà 25 ans, voire plus, ce qui est fréquent de nos jours.

Ces propositions me paraissent justes, raisonnables, équilibrées et ... originales. En effet, qui d'autre à droite comme à gauche a parlé du seuil de 65 ans (tous sont polarisés sur celui des 60 ans ...), qui a proposé ce système de retraites à points ou compte notionnel, qui pourtant a fait ses preuves notamment en Suède ?

23:17 Publié dans Analyse politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : bayrou, retraites |  Facebook | | |

05/05/2010

François Bayrou sort de son silence : Grèce et Europe, dette publique, retraites, burqa ...

Enfin, François Bayrou sort de son silence depuis les Régionales ! Il était l'invité ce mercredi de la matinale de France Inter.  

 

Le Président du Mouvement Démocrate a répondu aux questions relatives à la situation de la Grèce, de l'état des finances en France et des perspectives pour résoudre la crise qui affecte le pays.

Il a également donné son point de vue sur la législation relative au port du voile intégral, mais aussi sur les élections législatives en GrandBretagne et l'émergence d'un "troisième homme" en la personne de Nick Clegg, leader des Lib-Dem.

 

1ère partie :  http://www.dailymotion.com/video/xd6vx1_francois-bayrou-f...

 

François Bayrou s'exprime sur la Grèce et les problèmes du décifit, de la dette publique. Et l'effet domino de la crise en Europe. Comme la Grèce, la France est un des dominos. La Grèce est le premier touché mais la France fait partie de la chaîne, et la France a moins de "réserves" que la Grèce, ayant un taux de prélèvements obligatoires (Taxes et charges sociales) un des plus élevé d'Europe (45%) alors que celui de la Grèce s'élève à 32% et en plus 30% de l'économie de la Grèce est "au black" donc non soumis à taxes ni à charges, donc il y a une marge possible d'augmentation des prélèvements (sans compter une réduction des dépenses d'armement les plus élevées d'Europe du fait du conflit sur Chypre ...). Il est urgent de rééquilibrer les comptes, en diminuant les dépenses, en trouvant de nouvelles ressources auprès de groupes favorisés qui n'ont aucune raison de ne pas participer à l'effort (suppression du bouclier fiscal et d'avantages fiscaux) et surtout aussi en créant plus de richesses, en développant l'emploi, en redéployant des secteurs de l'industrie...

 

2ème partie :  http://www.dailymotion.com/video/xd6w9p_francois-bayrou-f...

 

François Bayrou est convaincu que pour sortir de ses graves problèmes, notre pays doit se rassembler en un point d'équilibre au centre plutôt que continuer le combat droite-gauche stérile, rassembler les "réformistes" de la gauche, du centre et de la droite républicaine, pour travailler sur un "réformisme dans le sens de l'intérêt général" plutôt que "au service de groupes particuliers". Oui la réforme des retraites est indispensable, à la fois en trouvant de nouvelles ressources, en élargissant des bases de cotisation, ce qu'il a discuté récemment avec les syndicats, et aussi en tenant compte de l'allongement de la durée de vie (1 trimestre par an !), donc de la durée des cotisations et de l'âge de la retraite tout en tenant compte des spécificités des carrières longues.

Concernant l'Europe et l'aide à la Grèce, nous aurions dû avoir un Fonds Monétaire Européen plutôt que faire appel au FMI et nous n'aurions pas dû faire de l'argent en sauvegardant un membre de la famille (en prêtant à 5% et en se refinançant à 3,28%, alors que le FMI prête à 3,75%)...

 

Quant à la Burqa, c'est une erreur de faire passer ce texte en urgence, alors qu'il aurait dû suivre la procédure parlementaire normal, avec un débat, normal sur un sujet de société. Il y aurait eu consensus sur un texte qui est raisonnable (principe de montrer son visage dans un espace public).

 

11/04/2010

Réchauffement+Pollution+Dette+retraites+chômage : un cocktail explosif

 

 

Nous sommes conscients des épées de Damoclès pointées aux dessus de nos têtes, mais c'est la concomitance de l'imminente menace de ces épées qui risque de déclencher une bombe :

 

 

 

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-         Celle du réchauffement climatique qui oblige préventivement à investir dans de nouvelles énergies durables, non émettrice de CO2, en économie d’énergie,

-         Celle de l’atteinte à l’environnement et à la biodiversité, qui oblige à investir aussi dans la protection de l’environnement, dans une agriculture durable et non agressive pour l’environnement, plus biologique et faisant moins l’usage d’engrais chimiques et de pesticides, dans une gestion durable des ressources de la planète et de l’accès à l’eau.
Ces deux risques, de plus en plus conscientisés par la population mais jugés lointains, sont maintenant considérés de plus en plus rapprochés, toucheront nos propres enfants et petits enfants et commencent déjà à se concrétiser aujourd’hui par des perturbations, cyclones, inondations.

-         Celle de la dette publique, qui avait déjà atteint un niveau considérable en France, avec un coût de charge d’intérêt qui s’élevait déjà à 3% du PIB avant la crise (environ 50 milliards d’euros, équivalent à tout l’impôt sur le revenu), sans compter le nécessaire remboursement du capital (ce qui équivaut à obérer 3% de croissance, car cet argent aurait pu être utilisé à autre chose ou à une réduction d’impôt). Le déficit public, qui atteignait 3%, limite maximale autorisée par le traité de Maastricht, a atteint 7,5% en 2009 et va atteindre 8% en 2010, pour descendre à 6% en 2011, 4,6 en 2012 et 3% en 2013. Or la dette publique, qui était de 1250 milliards avant la crise fin 2007, à atteint 77,6% du PIB en 2009, est estimée à 1500 milliards fin 2010, du fait de l’accroissement du déficit dû en partie à la crise du fait du plan de relance et de la baisse des recettes en impôt, suite à la dégradation de la situation des entreprises et des ménages, et en partie au creusement devenu endémique du déficit de fonctionnement, de la dette sociale (et encore, le déficit public devrait être de 20 milliards de plus et la dette de la Sécurité Sociale très diminuée si l’Etat daignait rembourser ce qu’il doit à la Sécurité Sociale …). Il faut donc logiquement s’attendre à une hausse notable de la charge financière des intérêts sur cette dette de 20% à niveau égal de taux, soit une charge financière de 3,6% (en fait ce calcul est simplifié car la dette a été contractée par des emprunts publics sous forme d’OAT et de bons du Trésor de différentes durées à différents taux et leur renouvellement dépend de l’échéancier des tombées d’emprunt, ce qu’on peut calculer précisément en ayant toutes les information sur le site de l’AFT (Agence France Trésor). Cependant, les taux ayant été relativement bas les dix dernières années, en ce moment à 3,40% pour les OAT 10 ans, cette hypothèse est optimiste. Les taux peuvent à tout moment remonter, comme on le voit pour la Grèce, si le risque souverain augmente, renchérissant le coût de la nouvelle dette, tout en dépréciant la valeur de l’ancienne dette à taux plus faible … Pour que cette dépréciation se concrétise en baisse de la dette, il faut rembourser cette dernière par anticipation. Mais s’il est nécessaire de réemprunter, même moins grâce à la plus value, à un taux plus élevé, la charge financière annuelle à court terme augmente …

-         Celle des retraites, gros dossier à venir du gouvernement, qui fera l’objet en 2010 d’une réforme importante. En 1970, on comptait 3 cotisants pour un retraité. Ce ratio est tombé à 1,9 cette année et continue sa chute. En 2040, il devrait être compris entre 1,3 et 1,7. Le montant moyen de la retraite était de 1288 euros par mois fin 2004 (1617 euros pour les hommes et 782 euros pour les femmes). En l’absence de réforme, les taux de remplacements nets des prélèvements sociaux (retraites en % du dernier salaire) vont se dégrader. Dans l’hypothèse d’un retraite à 65 ans pour une carrière continue de 40 ans, ce taux passerait, entre 2003 et 2050, de 83,6% à 73,5% pour un non-cadre du privé, de 64,1% à 53,2% pour un cadre du privé, mais de 68,7% à 69,2% pour un fonctionnaire territorial. Pour sauver le régime par répartition actuel financé par les cotisations, sur la base de l’évolution démographique subie (nombre d’actifs/nombre de retraités), nous savons qu’il faut jouer sur trois paramètres : le niveau des cotisations, le niveau des reversions de retraites et la durée des cotisations (donc l’âge de départ à la retraite compte tenu du vieillissement de la population). Sachant qu’on peut envisager de nouveaux paramètres : de nouvelles sources de financement (TVA sociale, taxe sur le capital), une politique d’immigration ou d’incitation forte à la natalité pour augmenter le nombre d’actifs (à condition qu’ils aient du travail !). L’équation est imparable, implacable. Les solutions préconisées de retraites par point, engendrent de la souplesse au dispositif, permettant à chacun de choisir ses propres paramètres, mais en subissant de toute manière l’équation. Quant au système de retraite par capitalisation, système anglo-saxon qui suppose un fonctionnement assis sur des capitaux considérables gérés par les fonds de pension investis en bourse, en actions et en obligations, il n’assure par une solidarité intergénérationnelle, étant plus dans une logique du chacun-pour-soi. Il comporte aussi des risques de dégradation des pensions suite à la chute des bourses (les retraités américains ont vu leurs pensions se dégrader de 20 à 40% suite à la crise financière), subit de la même manière un risque démographique comme l’on démontré des économistes (le rachat des parts aux retraités liquidant leur pension par moins d’actifs faisant baisser les prix d’achat) et nous interroge sur le modèle de société qu’il implique. En effet, l’exigence de forte rentabilité des fonds propres, dit ROE (Return On Equity), la forte pression des actionnaires sur les grandes entreprises et sur les banques pour atteindre des taux de rentabilité irréalistes (de l’ordre de 15% alors que la croissance de l’économie n’était que de 5% pendant les 10 et même 20 dernières années, surtout dans cet environnement concurrentiel des marchés financiers) proviennent surtout des fonds de pension qui gèrent l’épargne des assurés, des retraités et des futurs retraités, plus encore en termes d’enjeux que les actionnaires fortunés des entreprises. Les fonds de pension détiennent 15% de la richesse mondiale en 2006, les investisseurs étrangers, majoritairement des fonds de pension, détiennent 50% des actions du CAC40 (voir cet article) ainsi que 42% du patrimoine immobilier d’entreprise en France (voir cet article) et 40% du patrimoine immobilier parisien !

-         Et enfin celle du chômage et de la récession, qui s’aggravent fortement avec la crise, le taux de chômage atteignant un niveau de 10% en Europe et en France. Comme je l’avais estimé dans un article l’an dernier sur le bilan financier mondial de la crise, qui pointait sur les conséquences de la crise, extrapolait des chiffrages, une baisse de 1 point de croissance se traduit en une perte de recettes publique d’environ 0,5 points, aggravant le déficit public d’autant. Comme le décrivent une étude de Natixis et une étude récente du Pôle emploi reprenant les chiffres de l’Insee, après une croissance de 2,4% en 2006 et de 2,3% en 2007 (avant la crise financière), devenue quasi-nulle en 2008 (+0,3%), l’année 2009 restera dans les mémoires comme une année noire en terme d’activité.  le PIB s’est en effet contracté de 2,2%, soit la plus forte récession enregistrée depuis l’après-guerre. Les destructions d’emplois devraient se poursuivre tout au long de 2010, permettant d’estimer une croissance de 1,6% en 2010 et de 1,4% en 2011.

-         il y a même une 6ème épée de Damoclès : celle du vieillissement de la population, pesant gravement non seulement sur les retraites mais aussi sur l'assurance maladie. Les progrès considérables de la médecine ont permis d'allonger la vie mais pas forcément de rester en bonne santé dans la dernière étape du 4ème âge : Alzheimer, diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires ... Comme le montre une étude sur l'impact du vieillissement sur les dépenses de santé, la consommation de soins est maximale dans les deux années qui précèdent la mort quel que soit l’âge du malade et dépasse souvent le coût de santé de la personne sur la totalité de sa vie précédent ces deux années ! les sujets âgés de 78 ans ou 79 ans en 2000 dépensaient deux fois plus qu’un patient du même âge en 1992.  La logique malthusienne voyait une régulation naturelle d'une surpopulation face aux ressources alimentaires, par les guerres et les épidémies. Est-ce que de nouvelles pandémies (grippe, ...) ou une généralisation de l'eutanasie volontaire (on se rappelle du roman de science fiction "Soleil Vert" ...) donneront raison à Malthus ?

 

Ce dont nous devons maintenant prendre conscience, c’est de la concomitance imminente de ces risques, qui non seulement convergent au même moment dans les prochaines années, mais aussi de la réaction en chaîne, tel dans un réacteur nucléaire, entre ces risques, du fait de leur interdépendance :

 

-         plus de chômage et récession, allant aussi avec stagnation des salaires, c’est moins de recettes fiscales, donc plus de déficit et plus de dette, et moins de cotisations pour les retraites. Le chômage des seniors est aussi incompatible avec la prétendue solution de prolongation de l'âge de la retraite ou des durées de cotisation, qui se traduira au mieux en transfert de déficit entre la caisse des retraites et la caisse du Pôle Emploi ...

-         plus de déficit public, c’est plus d’impôts sur les générations futures actives si la croissance n’est pas au rendez-vous,

-         une augmentation des cotisations retraites sur les générations futures sera-t-elle soutenable en même temps qu’une augmentation des impôts, de surcroît dus aux générations précédentes qui ont vécu à crédit, finançant des dépenses de fonctionnement, leurs déficits sociaux, par de la dette ? La révolte des jeunes risque de se retourner contre leurs parents, contre les retraités, dégénérant en conflit entre générations …

-         l’augmentation du déficit entretient l’augmentation de la dette et donc de la charge financière de la dette et donc, du déficit,… Le piège infernal se referme sur nous. L’Etat emprunte déjà pour rembourser les intérêts de sa dette. Effet boule de neige, comme celui de la pyramide de Ponzi pratiqué par Bernard Madoff .

-         plus d’investissements dans le développement durable et la protection de l’environnement permettrait de générer des emplois et de contribuer à la croissance, mais au prix d’un accroissement de la dette pour financer cet investissement, donc de la charge financière de la dette et des impôts futurs. Ce coût additionnel sera-t-il compensé par la croissance générée par ces nouveaux emplois ? Il faut absolument en faire d’avance le calcul et en connaître la rentabilité escomptée à la fois dans le court terme et à long terme.

 

Si nous sommes entrés dans la crise économique qui a suivi la crise financière, ce n’est rien à côté de ce que nous allons vivre dans les prochaines années. Nous allons probablement entrer dans une très grave crise sociale. L’étincelle qui peut déclencher l’explosion pourrait être une brutale remontée des taux d’intérêt, notamment dans la continuité de la crise de la dette publique grecque qui risque de contaminer d’autres pays européens comme le Portugal, l’Espagne, la France, sans oublier la Grande Bretagne. Le déficit public s’aggravant brutalement et les marchés financiers exigeant des garanties au risque d’augmenter encore les taux d’intérêt exigés sur la dette souveraine, il faudra payer. Arrivera-t-on à faire payer les riches et dans quelle proportion ? Les classes moyennes et plus défavorisées vont forcément souffrir et se rebeller fortement contre les riches, contre les injustices sociales, de même que les jeunes contre les vieux.

 

Les hommes politiques en responsabilité et les partis politiques vont-il oser dire la vérité aux Français et proposer des plans d’actions concrets ? Pour le moment cette vérité, qui n’est pas bonne à dire sous peine de démoraliser les Français, sourd insidieusement mais n’est pas encore franchement avouée et ceux qui l’annoncent, comme François Bayrou ou Jacques Attali, sont montrés comme les Cassandre, voir des populistes attisant les peurs.

 

Les discours politiques sont actuellement dérisoires, axés sur les luttes de clans, sur les questions d’alliances, de droitisation de la droite, de gauchisation de la gauche, d’explosion du ou des centres … François Bayrou, depuis les élections présidentielles, est sans doute l’homme politique qui avait eu la meilleure vision prospective de cette concomitance des dérives de la financiarisation de l’économie, de la dette et du déficit public, de la menace sur les retraites, du report insoutenable de ces problèmes sur les générations futures, du devoir de dire la vérité aux Français, de la nécessité d’une prochaine unité nationale de toutes les forces politiques afin de résoudre ces questions non clan contre clan mais tous ensemble. Sa mise au ban actuelle du terrain de jeu politique par ses concurrents et par la sphère médiatique est-elle raisonnable et responsable ? Quand sera-t-il enfin écouté ? En tout cas, il va falloir du cran et du courage au futur président de la république, car ça ne va pas être de la tarte ! Qui aura encore envie d’être candidat en 2012 ?

 

 

 
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