Avertir le modérateur

24/04/2011

Une élection présidentielle 2012 à trois tours, les sondages étant le premier tour

La bipolarité : psychose maniaco dépressive de la vie politique en France

 

Les sondages prennent de plus en plus d'importance dans la vie politique et notamment à l'approche de grandes élections. En effet, leur prise en compte par l'électeur peut avoir un effet inductif et réflexif sur la décision de son vote, soit par effet d'entraînement sur un réflexe primaire, favorisant un candidat en hausse, soit par un effet plus secondaire et plus réfléchi quant à l'impact de son vote. Par ailleurs, les sondages sont également une base importante de décision des candidats à l'élection, influençant leur stratégie d'alliance, de soutien, de maintien ou de désistement.

Ainsi, les sondages, à l'approche du premier tour des présidentielles 2012, pourraient bien constituer une primaire aux élections, un premier tour avant le premier tour, d'une élection qui en comporterait finalement trois.

L'élection présidentielle en France s'effectue au suffrage universel et  selon deux tours : le premier où se présentent toutes les sensibilités, les candidats des différents partis, petits ou grands, voire sans parti, et le second tour où ne restent en lice que les deux candidats qui ont recueilli le plus de suffrages au premier tour. Ce mécanisme favorise la bipolarité, c'est à dire la prédominance des deux partis majoritaires, en général celui de droite (UMP) et celui de gauche (PS), qui tentent au second tour de bénéficier du soutien des candidats et des partis minoritaires qui n'ont pas passé le premier cap.

Du fait des élections législatives, qui suivent directement les élections présidentielles et qui sont également organisées à deux tours, selon un scrutin majoritaire et non proportionnel, cette bipolarité est renforcée et les soutiens du second tour de la présidentielle se monnayent souvent en places accordées par les partis majoritaires aux partis minoritaires, c'est à dire des promesses de non concurrence de candidats aux législatives pour favoriser l'élection de candidats de partis minoritaires.
Cette bipolarité renforcée conduit la France à une guerre permanente clan contre clan et finalement à la victoire d'un des clans, qui en fait a recueilli moins d'un tiers des suffrages du premier tour (quelquefois moins de 20%, même pas un Français sur 5, comme ce fut le cas en 2002 pour Jacques Chirac avec 17%) et un peu plus de 50% au second, ce qui signifie presque 50% de Français mécontents.

L'alternance, consistant tour à tour, du fait du balancier dont le poids du mécontentement fini par faire pencher la balance vers le parti majoritaire concurrent qui n'était pas au pouvoir, n'est en aucun cas une "alternative". Elle consiste souvent à déconstruire tout ce qu'à fait le gouvernement précédent. Ce cycle de haut et bas inflige une maladie mentale à la société qui n'est pas sans rappeler la bipolarité qui chez un être humain est une psychose maniaco dépressive, alternant les phases d'euphorie, d'expansion, d'excitation, avec les phases de dépression psychique et physique, de mélancolie, d'atonie.

L'élection présidentielle du 21 avril 2002, a vu exceptionnellement un parti minoritaire arriver au premier tour : le Front National. Ce parti étant aux extrêmes de l'échiquier, le vote de second tour n'était plus un vote d'adhésion mais un vote d'exclusion : je vote pour celui que je ne veux surtout pas ; c'est bien entendu Jacques Chirac qui l'a emporté avec 80% des voix. Mais ce dernier, qui devait sa victoire à tous ceux qui avaient voté contre le Front National, aurait dû en tenir compte et former un gouvernement d'union nationale, ce qu'il n'a pas fait. L'UMP a cassé le centre en imposant quasiment un ralliement de la majorité des députés de l'UDF, les plus courageux résistant à la pression autour de François Bayrou. Ceci a encore plus favorisé la bipolarité et le conflit entre clans, que nous payons encore aujourd'hui.

En 2007, un autre scénario a été à deux doigts de se réaliser : l'arrivée du troisième homme, François Bayrou, au premier tour. Il a frolé cette victoire. Les sondages qui précédaient le scrutin le donnait gagnant à 55%, à la fois face à Nicolas Sarkozy et face à Ségolène Royal, s'il avait atteint ce premier tour. Ce qui signifie que c'est le candidat qui aurait satisfait le plus de Français au final. Si l'on fait confiance aux sondages (je ne parle pas de leur interprétation dans la presse, mais bien de leur résultat lorsqu'il est franc et sans appel), ces derniers peuvent nous aider à prendre notre décision de vote. Les sondages donnaient en 2007 Ségolène Royal perdante face à Nicolas Sarkozy et ceci même si François Bayrou s'était désisté avant le premier tour en sa faveur et même s'il avait soutenu Royal au second tour. Un duel Sarkozy-Royal donnait Nicolas Sarkozy gagnant d'une façon franche. Ce qui signifie que les électeurs de gauche, s'ils avaient réfléchi, auraient dû voter François Bayrou pour ne pas laisser gagner Nicolas Sarkozy !
Cet épisode démontre que si un candidat situé plus au centre (comme François Bayrou ou Nicolas Hulot) arrive à atteindre le premier tour, même si c'est a priori plus difficile dans ce contexte de bipolarité, il a plus de chance de l'emporter au second car les voix des électeurs de l'aile déchue préfèreront se reporter sur le centre que sur l'aile opposée. Ce qui n'est pas le cas si une aile extrême (Front National ou Front de Gauche) arrive au premier tour face à un clan moins extrême.

Ce qui signifie que si les Français veulent vraiment changer cette alternance maniaco dépressive et au final obtenir un centre de gravité plus stable, optimisant la capacité de la France à se rassembler, c'est plus l'option du centre qui doit être favorisée.

Or que se passe-t-il en ce moment, notamment du fait des sondages donnant Marine Le Pen au premier tour devant Nicolas Sarkozy ? L'UMP est aux abois et va tout faire pour décourager les candidats de droite et de centre-droit pour maximiser au premier tour les chances de Nicolas Sarkozy (ou du candidat alternatif éventuel en cas de poursuite de sa pente descendante). La candidature Borloo, qui fait croire à une candidature du centre tout en s'avouant soutien de la majorité, ne pourra y résister et, s'il est candidat, il est certainement convenu qu'il se désistera avant le premier tour en fonction des sondages (son maintien n'étant prévu que si les sondages le montre en capacité d'atteindre le premier tour face au PS). A la limite la candidature Villepin, en opposition avec Nicolas Sarkozy, serait plus crédible à s'allier avec le centre de François Bayrou. C'est donc manifestement un leurre. De même, du côté du Front de Gauche et des Ecologistes, la pression est forte pour envisager une candidature de rassemblement juste avant le premier tour si jamais les sondages précédant ce dernier montrent qu'il y a un risque d'atteinte du premier tour par le Front National face à la droite UMP & Co.

Conclusion : ce sont les sondages juste avant le premier tour de la présidentielle 2012 qui vont servir de primaires au premier tour. Ils vont foisonner, s'affoler, imaginer toutes les combinaisons d'alliance, de ralliement, de désistement (à moins que les instituts de sondage subissent des pressions pour ne pas faire paraître des résultats qui donnent des "mauvaises" idées aux électeurs ou aux candidats minoritaires (quand on sait qui est derrière ces instituts, comme le rappelle cet article (Bolloré, Parisot, Pérol, Buisson), on peut s'interroger ...). Les électeurs devraient décider leur vote de premier tour en fonction des résultats des sondages pour le second tour, selon les hypothèses de premier tour (comme ils auraient dû le faire en faveur de François Bayrou en 2007 pour contrer Nicolas Sarkozy, au lieu de voter Royal) et les candidats vont décider leur éventuel désistement avant le premier tour dans le cas où ils ne soient pas annoncés vainqueur et que leurs voix perdues risquent de faire passer au premier tour et en particulier au second le candidat de l'aile opposé qui ne leur apportera rien aux législatives. Mais fait nouveau, ce ne sera peut-être pas cette fois un parti dit majoritaire qui atteindra  le premier et le second tour tant convoité ... Et si pour changer vraiment et sortir de la psychose maniaco dépressive, on songeait à une nouvelle polarisation au centre, avec Bayrou, Hulot et Villepin par exemple ?

20/04/2011

La candidature Borloo face à Villepin et Bayrou est-elle crédible et utile ?

On peut sérieusement s’interroger sur l’utilité de la candidature Borloo, face aux candidats potentiels Bayrou et Villepin. Le phénomène Borloo va-t-il faire pchitt... ?

 

 

Jean-Louis Borloo est la récente vedette des médias, présenté pratiquement comme un héros, depuis son annonce de rupture avec l’UMP et son intention affichée d’être candidat à l’élection présidentielle 2012. Il est qualifié de « centriste » et aussi d’« écologiste », avec une « fibre sociale et humaniste», alors que les faits ne l’attestent pas vraiment :

- pendant neuf années, il a été ministre des gouvernements Chirac et Sarkozy sans jamais émettre de réserve sur la politique du gouvernement : bouclier fiscal et suppression des droits de succession, intégration du commandement de l’OTAN, discours de Dakar, Discours de Grenoble, réforme de l’audiovisuel public, affaire Tapie, affaire Bettencourt, affaire Pérol, affaire Epad/Jean Sarkozy, etc.

- il y a tout juste un mois, il rêvait encore d’être premier ministre de Nicolas Sarkozy, lui faisant allégeance, ayant pris soin de changer sa coiffure pour se faire une mine moins chiffonnée. S’il avait été nommé, il n’aurait bien sûr pas eu cette posture et cette annonce d’intérêt pour la candidature à la présidentielle ...

- il n’a jamais été écologiste, d’après l’écologiste Fabrice Nicolino, qui vient de publier « qui a tué l’écologie ? ». Ce dernier disait ce matin à la matinale de France Inter: « il est arrivé là par hasard en héritant du ministère de l’écologie, mais n’a jamais eu cette sensibilité », le Grenelle de l’environnement a été médiatisé mais a accouché d’une souris, le gouvernement n’ayant même pas mis en place la mesure phare que devait être la taxe carbone, mal ficelée. Capable de signer les autorisations d'exploration de gaz de schiste sans même consulter le premier ministre et de dire ensuite qu'il a manqué de vigilance, il démontre son inconscience écologique et son irresponsabilité. Et qu’a-t-il dit quand le gouvernement a décidé de supprimer une aide fiscale à l’investissement en panneaux photovoltaïques ?

- des belles paroles peu suivies d'actions, des promesses non tenues : par exemple l’échec du programme visant à faciliter l’accès à la propriété des gens modestes avait été lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale et du Logement du gouvernement Villepin. Six ans après, sur les 20.000 logements prévus, seuls 600 sont sortis de terre. Ces « maisons Borloo » annoncées à 100 000 euro, coûtent finalement 150 000 euros aux familles, qui se plaignent de malfaçon et doivent se pourvoir en justice, comme le relate cet article, ou celui-ci ou encore celui-là.

- Fibre sociale ? François Chérèque, secrétaire général de la CFDT s’exprime : «Je ne reconnais aucune fibre sociale à une personne qui ne s'est pas exprimée sur le blocage du dialogue social pendant six mois.» Ajoutant aussi : «Il était le ministre du travail quand il y a eu le CPE (Contrat de première embauche), donc on a l'habitude de M. Borloo, qui a un double discours, qui ne dit rien alors qu'il a des responsabilités.»

- Rappelons-nous aussi, avant son élection à la mairie de Valencienne, sa vie passée de riche avocat d’affaires spécialisé dans le droit des faillites et les reprises d’entreprises en difficulté (avec financement à effet de levier gagés sur les actifs) et notamment dix ans auprès de Bernard Tapie comme l’explique cet article de Martine orange,

- Enfin, si l’on regarde ceux qui grenouillent autour de lui, comme le décrit bien cet article du site Marianne2.fr, tout montre l’opportunisme, les combinaisons, de ceux dans son entourage, élus radicaux valoisiens ou du Nouveau Centre, qui cherchent à se positionner, à monnayer leurs suffrages, surfant au gré des sondages, jouant sur deux tableaux : prêts à se rallier à Sarkozy au 2ème tour ou éventuellement juste avant le 1er s’il a encore une chance et si leurs voix peuvent peser pour ne pas être responsables d’un « 21 avril à l’envers » PS face au FN, ou si le vent a vraiment tourné court pour Nicolas Sarkozy, espérer être devant N.Sarkozy et fédérer des voix de Villepin et de Bayrou pour atteindre le 1er tour.

- De plus, notons une complicité médiatique présentant des sondages en faveur de Borloo, qui paraît suspecte, comme si tout cela était organisé : "Borloo serait considéré par 37% des Français comme le meilleur candidat du centre, loin devant Hervé Morin (7%) mais au coude à coude avec François Bayrou (36%)", selon un sondage IFOP pour le JDD il y a une semaine". Or c'est Bayrou qui est le candidat légitime du centre pour les électeurs centristes : chez les sondés situés au centre, Bayrou est plébiscité à 53% contre 27% pour Borloo, car ce sont les sondés sympathisant de l'UMP et du FN qui plébiscitent Borloo !

La plupart des commentaires des internautes attestent qu’ils ne sont pas dupes, comme le relate cet article du Point ou encore les commentaires de l’article de Marianne2.fr.

Alors, même s’il fait le « mec sympa », populaire, plus social que Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo est-il crédible ?

S’il est encore à droite mais en désaccord avec la dérive droitière de l’UMP, en rupture avec Nicolas Sarkozy, souhaitant une politique plus républicaine et plus sociale, pourquoi ne pas rejoindre Dominique de Villepin, qui occupe déjà ce créneau ?

S’il se prétend du centre, alors il doit être indépendant, et de surcroît démocrate et humaniste,  alors pourquoi ne pas rejoindre François Bayrou ?

01/09/2010

Une présidentielle 2012 sans Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages. Il révulse les sympathisants de gauche, les écologistes, comme ceux du centre et notamment du MoDem mais fait nouveau : il éructe des tenants de son camp, de l’UMP, parlementaires et même ministres, qui sont tenus de la fermer.

Nicolas Sarkozy est bien l’instigateur de cette récente polémique xénophobe et sécuritaire. Il croyait faire un coup gagnant mais ce coup s’est avéré doublement perdant pour lui : d’une part il a soulevé une partie de son propre camp contre lui, d’autre part il n’a pas rallié ou peu les voix du Front National et a au contraire légitimé les thèses de ce dernier, à la grande joie de Marine Le Pen qui s’en trouve ainsi renforcée.

Il est évident que cette polémique sur la sécurité et sur les Roms a été sciemment lancée par le pouvoir pour faire oublier l’affaire Woerth-Bettencourt et les graves problèmes des retraites et du chômage tout en essayant de rallier des voix du Front National. De plus, le problème se délinquance et de sécurité, qu’il ne faut pas nier, aurait pu être abordé d’une toute autre manière, invitant les différents partis et représentants de la vie civile à s’exprimer, à faire des propositions. Au lieu de cela, il fut abordé à partir d’un fait divers à Grenoble, suivi de phrases choc, amalgamant problèmes de délinquance et immigration, amalgamant aussi Roms et gens du voyage (95% sont pourtant Français depuis plusieurs générations dont une majorité respectent la loi).

Un président de la République se doit d’apaiser et rassembler les citoyens, pas de les monter les uns contre les autres ni d’allumer des mèches reliées à des tonnes de dynamite.

Aujourd’hui, c’est François Fillon qui tient ce rôle apaisant, sécurisant, rassembleur alors que Nicolas Sarkozy a voulu supplanter le rôle de 1er ministre en étant directement au front, aux commandes opérationnelles. Il y a bien dans les faits une inversion des rôles. Les Français le ressentent et traduisent ce sentiment dans les sondages. Position difficile de François Fillon, qui fait le dos rond, se doit de défendre le président et de calmer les insurgés de son camp, tout en n’en pensant pas moins et cherchant à calmer les pitbulls qui en rajoutent en aboyant un peu fort.

François Fillon a essayé avec brio de défendre la politique sécuritaire en conformité de l'application de la loi, avec des paroles très argumentées, mesurées, assez convaincantes (matinale de France Inter lundi dernier 30 août 2010) et aussi déploré ceux qui instrumentalisent le thème de la sécurité à des fins politiques, de tous bord de gauche comme de droite, exhortant ceux qui tirent contre leur camp à rester unis, mais a néanmoins concédé qu'il n'aurait pas employé les mots exprimés par Nicolas Sarkozy. Traduction : cette polémique aurait été déclenchée plus par un problème de forme qu'un problème de fond. Avouons que c'est aller un peu vite, que la "forme", les paroles, les mots choisis, sont extrêmement importants dans l'expression d'un chef d'Etat. Elles ont été comprises de la même manière par l'opinion, par la presse, française et internationale, par les représentants de l'ONU, par le pape et autres représentants ecclésiastiques…

Cet événement et le retournement des sondages, annonçant pour la première fois la gauche, le candidat du PS battant à plate couture Nicolas Sarkozy au 2nd tour des présidentielles (DSK à 59%, Aubry à 53%),, amorçant une pente descendante du candidat jugé naturel et incontournable de l’UMP, pourrait bien retourner complètement les hypothèses et les scénarios de cette présidentielle.

Même si elle n’ose pas l’avouer, l’UMP a bien du souci à se faire et devrait sérieusement envisager une solution de secours, un candidat alternatif à Nicolas Sarkozy au cas où cela tournerait mal. Elle a intérêt à le faire face à plusieurs risques : non seulement au risque d’impopularité croissante du chef de l’Etat, mais aussi à celui qu’il soit rattrapé par les affaires compromettantes, l’affaire Woerth-Bettencourt comme l’affaire Karachi (voir Mediapart), ou encore un scandale personnel lié à son couple, si Carla dérape ou ne supporte plus de couvrir une politique et une image contraire à son idéal.

Or aujourd’hui quels sont les candidats alternatifs pour l’UMP ? Je laisse de côté Alain Juppé, qui est intéressé mais loin derrière d’autres hypothèses plus probantes :

2139197003.JPG

1-François Fillon me paraît être le premier, aujourd’hui, à pouvoir revendiquer les meilleures chances. Dans le même temps, en mettant en avant ses valeurs républicaines et gaullistes, il gênerait Dominique de Villepin dont la candidature serait moins clivante et aurait intérêt à se retirer pour ne pas diviser les voix. En même temps, François Bayrou pourrait dialoguer plus favorablement avec lui, envisager des points d’accord, de même que la candidature de Hervé Morin ferait encore plus flop. François Fillon pourrait « recentrer l’UMP », en rassemblant plus facilement le centre, en tout cas en perspective d’un 2nd tour de présidentielle, mais à condition d’évincer tous les anciens pitbulls de la Sarkozy y compris Claude Guéant, et de construire un projet plus centriste, plus rassembleur, plus juste, plus républicain et plus démocrate.

2-Jean-François Copé, avec ses dents longues, est aux avant-postes. Il conduisait jusqu’à présent une stratégie de candidature UMP pour 2017, se positionnant chef parlementaire des députés UMP avec l’avantage de pouvoir narguer ou challenger parfois Nicolas Sarkozy, convoitant maintenant la présidence du parti en critiquant ouvertement son organisation aux dernières universités d’été de l’UMP, en concurrence frontale avec Xavier Bertrand. Il est aussi un des candidats potentiels au poste de 1er ministre. Une anticipation de sa candidature présidentielle pour 2012 ne serait pas à écarter dès que l’occasion se présentera. Mais ce candidat serait à mon avis un « Sarkozy-bis », avec même comportement médiatique et opportuniste, attiré par l’argent et les affaires, trop sûr de lui, attisant les braises plutôt que cherchant à rassembler et à calmer le jeu, clivant les gens de son camp, recueillant plutôt les voix de ceux qui veulent perpétuer le régime actuel.

3-Enfin, Dominique de Villepin, s’il arrive à conserver et même à amplifier l’élan récent de popularité à son égard, à rallier un nombre important de parlementaires UMP qui suivent leur électorat de droite déçus et même effrayés par Nicolas Sarkozy, pourrait bien reprendre la main, avec une revanche éclatante du panache sur le croc de boucher ! Si François Fillon ne souhaite pas être candidat et soutient Dominique de Villepin dans l’hypothèse d’une primaire UMP, ce pourrait être décisif. Mais je fais le pari qu’il n’y aura pas de primaires à l’UMP !

Je suis persuadée que le paysage politique va bien changer d’ici avril 2012. Les scénarios que nous présentent et nous imposent actuellement la presse, les médias et les sondages qui présentent des hypothèses pour acquises, seront à revoir. DSK ne sera probablement pas candidat malgré tout le battage médiatique imposant l’intérêt de sa candidature, car ce serait prendre un risque important de quitter son poste au FMI, qui lui assure honneurs et confortable rémunération (461 000 $/an), d’autant plus que l’UMP a semble-il en réserve un dossier compromettant en forme de peau de banane (dixit Frédéric Lefebvre devant trois journaliste). La gauche et notamment le PS, qui était l’an dernier décrit comme « un grand cadavre à la renverse » par BHL, ne doit pas se réjouir trop par avance. La partie n’est pas gagnée. Le PS a été regonflé non pas grâce à un projet ni à des propositions constructives et réalistes, notamment pour résoudre le déficit et les problèmes des retraites, d’éducation et de sécurité, mais bénéficie plutôt des retombées du rejet sarkozyste de l’opinion. De même pour les écologistes qui ont plutôt fait preuve de divisions internes et n’ont pas encore de programme, malgré l’élan médiatique de la candidature d’Eva Joly qui a masqué le reste.

 

Quant à François Bayrou et son Mouvement Démocrate, il est donné par la presse et les sondage comme perdant même si bayrou_3.jpgdémontrant une forte résistance, grignoté à la fois sur sa droite par de Villepin et sur sa gauche par les écologistes, mais il creuse son sillon, est le premier à avoir un projet humaniste cohérent qui servira de cadrage à un projet présidentiel, il incarne à la fois l’éthique en politique, la mesure sécurisante à laquelle les Français aspirent, la volonté de dialoguer et de rassembler au-delà des clans. Il est clairvoyant, avait dénoncé le grave problème du déficit et des inégalités croissantes, ainsi que les dérives de la sarkozie (dans son dernier livre Abus de Pouvoir), bien avant les autres. Et sur le plan humain, il est chaleureux, généreux et sympathique, il parle vrai et simplement, calmement, avec mesure et discernement. Certains devraient se rappeler le la fable de La Fontaine, Le lièvre et la tortue

19/08/2010

Simulateur présidentielles 2012 : le centre peut l'emporter avec une alliance écologiste

Les résultats des prochaines élections présidentielles dépendront d'une part du nombre de candidats présents au 1er tour, notamment de l'éventuelle division de la droite ou de la gauche dès le 1er tour, d'autre part d'alliance potentielle de 2nd tour. J'ai réalisé un petit simulateur tout simple (sous excel) et fait quelques hypothèses, que l'on peut changer à loisir (ci-joint pour les joueurs et aussi pour ceux qui n'arrivent pas à visionner l'image ci-dessous).

Je pars de candidats potentiels ou de personnalités pas forcément candidates mais représentant une sensibilité à laquelle j'attache un score en % de voix exprimées Le Pen,Sarkozy,Villepin,Morin,Bayrou,Eva Joly,Strauss-Kahn,Royal,Aubry,Hamon,Mélenchon,Laurent,Besancenot.

Hypothèse 1 : Candidat unique UMP (sans Villepin) et alliance de 2nd tour de EE avec le PS

=> Le PS l'emporte contre l'UMP  à 54% contre 37% si abstention du MoDem et à 58,5% contre 41,5% si répartition 50-50 des voix du MoDem. 

Hypothèse 2 : alliance centre + droite républicaine sociale dès le 1er tour

=> Cette alliance de centre-droit peut devancer l'UMP (Sarkozy) dès le 1er tour (19% face à 18%) mais le PS l'emporte avec 54% des voix.

Hypothèse 3 : alliance centre élargie à EE

=> Le centre républicain-écolo est au 1er tour (28%) face au PS (30%) et l'emporte au second tour avec 56% contre 45% et au pire si l'extrême droite s'abstient à 46% contre 45%.

Hypothèse 4 : alliance centre très élargie avec écologistes et sociaux-démocrates du PS

=> Le centre social-démocrate-écolo est au 1er toutr (44%) face à l'UMP sarkozyste (18%) et l'emporte haut la main à 73% ou au pire à 58% si l'extr^me gauche s'abstient contre 27% pour l'UMP.

 

CONCLUSION :

- il y a une réelle probabilité d'échec de la candidature UMP et notamment deu candidat Sarkozy,

- plutôt que s'arc-bouter sur le bipolarisme droite-gauche, l'hypothèse du centre est plausible,

- sans pouvoir l'emporter en finale, les écologistes ont un réel pouvoir de challenge, permettant soit par un report au second tour de leur voix sur le centre ou le PS, soit par l'éventualité d'un rassemblement de 1er tour dans un centre élargi, de challenger la victoire du PS. Dans tous les cas, ils peuvent négocier par avance en faisant monter les enchères des postes de ministres et des places aux législatives, que ce soit avec le centre ou avec le PS, et faire durer le suspense jusqu'au bout ...

Simulateur2012.xls

Simulateur2012.xls

30/07/2010

Villepin ou Bayrou ?

Dominique de Villepin vient de s'exprimer aujourd'hui sur une tribune offerte par Mediapart, dans un texte intitulé «Répondre à l'appel de la France». Je trouve très salutaire pour le pays que se forme, à l'initiative de Dominique de Villepin, un courant républicain à droite issu de l'UMP qui s'oppose à Nicolas Sarkozy, en tout cas aux dérives de sa présidence, intolérables, inadmissibles, insupportables, tant en termes de justice sociale, de démocratie, de valeurs morales.

Et après tout, une division de la droite donne moins de chance à Sarkozy pour le 1er tour en 2012, mais ce dernier pourra-t-il encore, osera-t-il encore, se présenter d'ici là ?

1cb12a8822e111de967b3479ebb9b69c.jpg

J'approuve son appel à un rassemblement républicain d'union nationale, comme l'a déjà fait François Bayrou, allant des Gaullistes républicains avec Villepin à la partie du PS plus proche du centre, ouverte au dialogue, en passant par le Mouvement Démocrate, en incitant aussi le Nouveau Centre à couper le cordon qui le lie à l'UMP.

DDV reprend beaucoup de points du discours de François Bayrou (déficit, démocratie, indépendance de la justice, valeurs républicaines, justice sociale, position sur les retraites ...). Je suis néanmoins étonnée qu'il prône plus de justice sociale sans parler de la remise en cause du bouclier fiscal. C'est sans doute parce qu'il l'a lui-même mis en place sous la présidence Chirac (à 60%) avant que Sarkozy baisse le seuil à 50% ? 

J 'aimerais beaucoup qu'il nous explique les éventuels points de désaccord avec François Bayrou, ce serait plus clair pour nous citoyens. Je constate en tout cas que, même s'il n'est jamais trop tard pour bien faire, pendant qu'il était au pouvoir D. de Villepin a laissé filer le déficit, il a mis en place le bouclier fiscal, il n'a pas valorisé suffisamment les petites retraites, il n'a pas proposé à l'époque de plus taxer le capital et en général de rendre la fiscalité plus juste, il n'a pas rendu la justice vraiment indépendante, il n'a pas proposé une loi électorale juste (introduction de 50% de proportionnelle à l'Assemblée comme en Allemagne par exemple), il n'a pas franchement soutenu les PME et l'innovation ...S'ils sont maintenant d'accord sur le fond, sur les idées, en tout cas sur l'essentiel, ils devraient se mettre ensemble et il ne resterait qu'à départager deux personnalités en vue de la présidentielle ...

Concernant l'homme lui-même, qui a du panache, de l'élégance, de la classe, du verbe, de la culture, de vraies valeurs républicaines et un certain sens du sacrifice pour la France qui sied à l'homme d'Etat, plusieurs choses lui manquent néanmoins à mon avis :

1- la simplicité, l'authenticité, la proximité du peuple, des gens "d'en bas" (je déteste ce terme !). Bayrou a été vraiment paysan, est issu d'une famille très modeste (et néanmoins très cultivée, son père récitait Virgile en latin en revenant des champs sur son tracteur, bibliothèque truffée de vieux bouquins depuis plusieurs générations ...). Mélenchon a aussi cette chaleur humaine, ce contact, cet amour des gens que je ne sens pas de Villepin qui reste un aristocrate, un représentant de l'élite intellectuelle du sérail de l'ENA, de la grande bourgeoisie, pas celle arriviste du bling-bling et de l'argent, mais celle d'une classe dominante qui reste entre-soi ;

2-  le sourire et la chaleur humaine. Quand il arbore un sourire, il est crispé et  l'oeil reste glacial. On dirait un aigle. Certes un bel aigle royal (sans jeu de mot sur Ségolène), mais bien celui d'un oiseau de proie. Il manque de chaleur humaine et paraît assez hautain. Moi, je ressens un être et en particulier un homme au regard et à la voix. Regardez-le bien dans les yeux quand il parle, observez la cohérence entre le regard, le sourire et les mots. Puis fermez les yeux et oubliez le fond, le sens des paroles. Ecoutez la musique des mots, le timbre, le souffle, la vibration. Ils révèlent souvent une personne. Par exemple, ce bégaiement sous contrôle de François Bayrou, détecté par de petites traces, ponctué parfois de "heu", me plait beaucoup. Il tempère le rythme de la parole en révélant une force psychique qui force le respect tout en rdévoilant une petite faiblesse qui l'empêche d'être prétentieux. C'est une faiblesse apparente qui donne du charme  et une force intérieure ;

3- la confrontation aux urnes, la reconnaissance des électeurs. Villepin n'a JAMAIS été élu, ni au niveau local, ni territorial ni national. Nommé conseiller, puis secrétaire général de l'Elysée, Ministre, mais jamais élu. Ce n'est pas obligatoire pour se présenter à la présidentielle, mais bon ...

4- le travail en équipe, les amis. Je l'ai toujours vu seul. Même si des gens le soutiennent parmi les députés UMP et bien qu'il ait des fans, je ne l'ai jamais vu "travailler vraiment en équipe", soutenir des amis politiques en campagne (à part Chirac). J'ai entendu François Bayrou appeler aussi au rassemblement et citer nommément Villepin, de même que Peillon, Valls, DSK pour appeler à travailler ensemble. Villepin aussi souhaite un rassemblement et il ressort dans son discours une partie du discours de François Bayrou, mais alors pourquoi ne le rejoint-il pas directement ? Pourquoi n'appelle-t-il pas clairement le Nouveau Centre dans ce rassemblement ? Peut-il nous expliquer ce qui le différencie de François Bayrou pour qu'on puisse y voir plus clair ?

5- l'humour. Certes ce n'est pas indispensable, mais il se prend un peu trop au sérieux. Il n'est pas drôle. Sa grandiloquence est un peu agaçante. Qu'il prenne exemple sur Obama, qui sait être élégant, sérieux et aussi avoir la pointe d'humour qui détend et permet de prendre du recul !

Bon, j'espère que si Dominique de Villepin lit mon billet, il ne sera pas vexé ni peiné de mes critiques et en prendra "de la graine" ...

19:32 Publié dans Analyse politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : villepin, bayrou |  Facebook | | |

23/06/2010

François Bayrou : "face aux dérives, il est urgent de refonder le modèle républicain"

François Bayrou était ce matin l'invité de France Info.

Une semaine de dérives et de naufrage". constate-t-il au lendemain du dernier match des Bleus. Le problème, c’est un problème de comportement, "les valeurs humaines n’ont pas respectées". Symptomatique d'un "modèle de société dans lequel la France s'est égarée : trop d’argent, peopolisation à l'excès, un faux star-system..." Alors que la France s'est construite sur un modèle contraire à celà. Il faut mettre de la "une dose élémentaire de morale" dans le football.

De même devant les manquements, dérives et accumulations de privilèges, qui sont dévoilés par la rare presse encore indépendante (Le Canard Enchaîné, Mediapart,...), il est urgent et indispensable d'agir "pour une république irréprochable". Il y a un "bloc républicain à reconstruire" : 

  • - interdiction du cumul des rémunérations et des retraites chez les élus et ministres, ce qui serait le début de l'arrêt du cumul des mandats (affaire Boutin)
  • - prudence élémentaire pour éviter les conflits d'intérêt, le mélange des intérêts publics et des intérêts privés (affaire Woerth-Bettencourt). Le pouvoir républicain devrait être insoupçonnable.
  • - indépendance de la justice, du parquet, à l'égard de l'exécutif (les écoutes révélées par Mediapart dans l'affaire Bettencourt laisse penser que l'exécutif agit sur la justice).

François Bayrou revient sur la visite de Nicolas Sarkozy dans les Pyrénées-Atlantiques, hier, à l’occasion de l’inauguration d’une usine de turbines. A ceux qui font croire à un "rapprochement", voire des "retrouvailles" entre les deux hommes, il rétorque qu'il n'en est rien, que n’est pas "une manœuvre politique". Il rappelle qu'il a rencontré le président de la république à propos des retraites, pour faire passer des idées, notamment celle de ne pas toucher au filet de sécurité des 65 ans où on peut prendre sa retraite sans pénalisation (il n'a pas été entendu). Ensuite, au sujet de cette dernière rencontre à l'occasion de la visite de Turbomeca pour l'inauguration de la 1ère usine de fabrication de moteurs d'hélicoptère au monde, c'est parfaitement normal que le président de la république  s'y soit déplacé ainsi que lui-même, député de cette circonscription.

Sur la question d’une alliance avec Dominique de Villepin, François Bayrou ne répond pas sur le terme "alliance", mais dit que "Tous ceux qui voudraient reconstruire le bloc républicain ont quelque chose à faire ensemble, on doit se parler, c’est une grande famille."

03/04/2010

De fortes convergences entre Martine Aubry, François Bayrou et Dominique de Villepin

Je retrouve dans ce discours de Martine Aubry  les valeurs et les propositions du Mouvement Démocrate (cf le projet humaniste). Tant sur la lutte contre les abus et la concentration de pouvoir, pour l'indépendance du parquet, contre les inégalités, contre la financiarisation de l'économie et remettre la finance au service de l'économie réelle, pour une forte régulation des marchés et pour la séparation des banques d'affaires et banques de dépôts (Bayrou a été le premier à le proposer), pour un fonds d'intervention public, pouvant accompagner les PME ou soutenir l'innovation, pour plus de décentralisation, pour l'égalité des chances, pour la souplesse dans le temps de travail au cours de sa vie, pour donner plus de pouvoir et plus d'importance aux corps intermédiaires (syndicats, associations, représentants des professions,...) et au débat public, laisser plus de liberté à la société pour développer l'innovation et la création,...  

Bref "porter un autre modèle de société: un autre modèle de développement, économique, social et durable, mais aussi un autre rapport des individus entre eux et avec le collectif",  "Une évolution fondamentale est le passage du matérialisme et du «tout-avoir» à une société du bien-être. " et "Donner un vrai poids aux collectivités territoriales dans leur action de proximité et dans leur autonomie" : c'est exactement ce que disait déjà François Bayrou.

Parfois j'ai même l'impression que François Bayrou est plus "à gauche" que Martine Aubry, dans la mesure où il est plus "radical", c'est à dire prend plus le mal à la racine, concernant le fonctionnement de la société, la manière de garantir les contrepouvoirs et l'égalité des chances, une régulation préventive (empêcher la spéculation financière, les paradis fiscaux, les hedge funds, encadrer fermement les stocks options et les rémunérations des dirigeants,...) avant même la régulation corrective (par la redistribution fiscale par exemple). Non seulement le PS n'a plus d'idéologie "socialiste", ne parle plus de nationalisations ni même de services publics gérés par l'Etat, mais il laisse le marché faire sa loi et régule ensuite par redistribution les inégalités qu'il a engendrées. C'est comme si on laissait polluer l'environnement puis taxait les pollueurs pour dédommager les victimes au lieu d'empêcher la pollution a priori. On laisse se dégager les mauvaises odeurs et on met du désodorisant ...

Il y a une grande convergence entre les discours de Martine Aubry, de François Bayrou et même de Dominique de Villepin qui récemment a repris aussi exactement le même contenu que François Bayrou sur l'équilibre des pouvoirs et les institutions, sur la justice sociale et la suppression du bouclier fiscal, sur la réduction des déficits, sur l'innovation. En revanche on peut s'interroger sur certaines divergences entre le PS, le Front de Gauche et Les Verts, sur le rôle de l'Etat et des services publics, sur le nucléaire, sur la croissance/décroissance sur les retraites,...

Il y a à mon sens un décalage entre la représentation que l'on donne des alliances politiques d'apparence et les vrais accords de fond des partis sur le modèle de société. D'ici les élections présidentielles, il s'agira de bien considérer le fond, le projet de société, le modèle de société, plutôt que les discours d'apparence sur "la gauche" et "la droite" et les alliances de circonstances, la petite cuisine politicienne et le marchandage aux postes.

Et si François Bayrou avait raison ? Si les Français préféraient un centre démocrate, juste et humaniste, qui aille de D. de Villepin au PS en passant par F.Bayrou, plutôt qu'une "droite" et une "gauche" dépassées ?

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu